Pterois volitans

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Rascasse volante.

Rascasse volante, Poisson-scorpion, Poisson-lion

Rascasse volante rouge.
Rotfeuerfisch.JPG
Pazifischer Rotfeuerfisch - Red lionfish - Pterois volitans.jpg
Pterois volitans 1.jpg
Pterois volitans anagoria.JPG
Pterois volitans - squelette mnhn Paris

La Rascasse volante (Pterois volitans) est une espèce de poissons très venimeux de la famille des Scorpaenidae. Il ne faut pas confondre ce poisson avec d'autres du même genre, appelés aussi des rascasses volantes : Pterois miles et Pterois antennata.

Dénominations[modifier | modifier le code]

  • Nom scientifique : Pterois volitans (Linnaeus, 1758)
  • Noms vulgaires (vulgarisation scientifique) et Noms vernaculaires (langage courant), pouvant désigner aussi d'autres espèces : Rascasse volante, laffe volant, poisson scorpion, poisson volant, poisson-dindon, poisson de feu[1] et encore crapaud de mer, diable de mer, rascasse-poule[2], poisson-cobra, poisson-lion ou scorpène[3].

Description[modifier | modifier le code]

Détail de la tête.

Pterois volitans mesure de 30 à 38 cm de long.[4]Certains spécimens capturés dans les Caraïbes dépassaient les 40 cm.[5]

Sa coloration est variable en fonction de son habitat. Par exemple, les espèces formes sont plus sombres et presque noires dans les estuaires.

Ces poissons possèdent des appendices au-dessus des yeux. Ils capturent leurs proies par aspiration.

Ils possèdent des épines venimeuses dans chaque rayon de leurs nageoires dorsales, anales et pelviennes.[6]

Piqûre[modifier | modifier le code]

Sa piqûre est très douloureuse. La toxine peut même être mortelle pour les humains dans de rares cas[7]. Le venin contient de l’acétylcholine et une neurotoxine qui affectent les transmissions neuromusculaires[8] et qui peut avoir des effets cardiovasculaires, neuromusculaires et cytologiques allant d'un simple gonflement à une intense douleur ainsi qu'une paralysie des membres supérieurs et inférieurs.[9]

Son puissant venin explique certainement le fait qu'elle n'ait que peu de prédateurs.[10]

Son venin peut être détruit par la chaleur (thermolabile) et l'inflammation réduite par l'application de corticoïdes[7].

Biologie et écologie[modifier | modifier le code]

C'est un poisson commun, migrateur, qui vit en solitaire ou en petits groupes autour des récifs marins, et est actif la nuit ou au crépuscule.

La rascasse volante se nourrit principalement de poissons de moins de 15 cm en général mais également de petits crustacés et de petits mollusques. Il semblerait qu'elle devient de plus en plus piscivore en grandissant.[11]

Reproduction[modifier | modifier le code]

La rascasse volante est un poisson ovipare. La femelle fraye deux masses d’œufs contenus dans du mucus contenant en tout entre 10 000 et 40 000 œufs. Le mâle féconde les œufs ensuite.[12] Le taux de mortalité est important. Quelques jours plus tard, les larves éclosent, ne mesurant alors que quelques millimètres.[13] Le stade larvaire dure 20 à 40 jours avant de devenir des alevins.[14]

Répartition[modifier | modifier le code]

Pterois volitans se trouve dans l'océan Pacifique et dans l'est de l'océan Indien de 2 à 55 m de profondeur[15].

Dans le reste de l'océan Indien et en mer Rouge, on trouve l'espèce extrêmement voisine Pterois miles, également appelée rascasse volante.

Pterois volitans est présent depuis quelques années dans l'Atlantique et la mer des Caraïbes. Quelques spécimens ont été signalés par les plongeurs de Malendure, au cours de l'année 2010, dans la Réserve Cousteau et les environs de Bouillante en Guadeloupe[16].

certaines personnes disent l'avoir aperçus aux bords de la mer Méditerranée jusqu'au large des côtes tunisiennes

Espèce invasive[modifier | modifier le code]

Cette espèce a été introduite par l'homme et crée un déséquilibre écologique dans les récifs des Caraïbes. Dans son nouvel habitat, ce poisson n'a pas de prédateur naturel, et la mortalité des œufs et alevins est insuffisante. Sa prolifération est foudroyante, aux dépens des espèces naturelles de poissons de récifs.

On pense que les requins peuvent être des prédateurs de Pterois volitans sans être affectés par les épines vénimeuses[17]. Une expérience est menée depuis 2011 au Roatan Marine Park du Honduras pour « dresser » les requins à se nourrir de rascasses volantes dans le but de maîtriser les populations invasives des caraïbes[18].

Cette espèce est si invasive que l'Observatoire de l'eau de Martinique a créé un site de suivi de sa prolifération[19].

Usage[modifier | modifier le code]

Pterois volitans.001 - Aquarium Finisterrae.JPG

Le poisson est recherché tant pour les aquariums que pour l'alimentation. Dans certaines îles des caraïbes, on prête à sa chair des vertus aphrodisiaques[réf. nécessaire].

Philatélie[modifier | modifier le code]

Ce poisson figure sur une trentaine de timbres-poste, dont ceux émis par l'Australie en 1986, l'île Christmas en 1968, la Belgique en 1972 pour l'aquarium du zoo d'Anvers, Chypre en 1993, l'île de la Dominique en 1996 et en 1997, les États-Unis en 2004, le Koweït en 2002, la Micronésie en 1995, Monaco en 1960 pour le cinquantenaire du Musée océanographique de Monaco et 1988, la Nouvelle-Calédonie de 1959 (valeur faciale : 1 F), les Nouvelles Hébrides en 1965 et en 1967, le sultanat d'Oman en 2000, les Palau en 1995, la Papouasie-Nouvelle-Guinée en 1975, la Polynésie française en 1962 et en 1995, Singapour en 1977, la Thaïlande en 2001, les îles Tokelau en 1975, les îles Tonga en 1984, le Vanuatu en 1999.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Noms vernaculaires français d'après Dictionary of Common (Vernacular) Names sur Nomen.at
  2. [PDF] Fiche IFRECOR
  3. « Rascasse volante »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) (consulté le 30 mars 2013) dans Meyer C., ed. sc., 2009, Dictionnaire des Sciences Animales. consulter en ligne. Montpellier, France, Cirad.
  4. « Fishes of the Great Barrier Reef and Coral Sea », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant, paramètre « année » ou « date » manquant (lire en ligne)
  5. (en) « Lionfish Events | Reef Environmental Education Foundation (REEF) », sur www.reef.org (consulté le 21 janvier 2018)
  6. B. W. Halstead, M. J. Chitwood et F. R. Modglin, « The anatomy of the venom apparatus of the zebrafish, Pterois volitans (linnaeus) », The Anatomical Record, vol. 122, no 3,‎ , p. 317–333 (ISSN 0003-276X, PMID 13249095, lire en ligne)
  7. a et b DORIS, consulté le 11 janvier 2012
  8. A. S. Cohen et A. J. Olek, « An extract of lionfish (Pterois volitans) spine tissue contains acetylcholine and a toxin that affects neuromuscular transmission », Toxicon: Official Journal of the International Society on Toxinology, vol. 27, no 12,‎ , p. 1367–1376 (ISSN 0041-0101, PMID 2560846, lire en ligne)
  9. K. W. Kizer, H. E. McKinney et P. S. Auerbach, « Scorpaenidae envenomation. A five-year poison center experience », Journal of the American Medical Association, vol. 253, no 6,‎ , p. 807–810 (ISSN 0098-7484, PMID 3968819, DOI 10.1001/jama.253.6.807, lire en ligne)
  10. (en) Hiatt R.W. and Strasburgd W., « Ecological relationships of the fish fauna on coral reefs of the Marshall Islands. », Ecological Monographs,‎ , p. 65-127
  11. (en) James A. Morris et John L. Akins, « Feeding ecology of invasive lionfish ( Pterois volitans) in the Bahamian archipelago », Environmental Biology of Fishes, vol. 86, no 3,‎ , p. 389 (ISSN 0378-1909 et 1573-5133, DOI 10.1007/s10641-009-9538-8, lire en ligne)
  12. (en) James Adiel Jr. Morris, The biology and ecology of the invasive Indo-Pacific lionfish, Raleigh, North Carolina, , 183 p. (lire en ligne)
  13. (en) Imamura, H. (Tohoku National Fisheries Research Inst., Shiogama, Miyagi (Japan)) et Yabe, M., « Larval record of a red firefish, Pterois volitans, from northwestern Australia (Pisces: Scorpaeniformes) », Bulletin of the Faculty of Fisheries - Hokkaido University (Japan),‎ (ISSN 0018-3458, lire en ligne)
  14. (en) « An integrated assessment of the introduction of lionfish (Pterois volitans/miles complex) to the western Atlantic Ocean - NCCOS Coastal Science Website », NCCOS Coastal Science Website, {{Article}} : paramètre « année » ou « date » manquant (lire en ligne)
  15. FishBase, consulté le 5 octobre 2013
  16. Teddy Albert, « Caraïbes : alerte au poisson-lion », france Ô,
  17. (en) Nicola S. Smith & Kathleen Sullivan Sealey, « The Lionfish Invasion in the Bahamas: What do We Know and What to do About It? », Proceedings of the 60th Gulf and Caribbean Fisheries Institute (November 5–9, 2007 Punta Cana, Dominican Republic), Gulf and Caribbean Fisheries Institute,‎ , p. 419–423 (lire en ligne)
  18. (en) Brian Handwerk, « Shark's Lionfish Lunch », National Geographic Daily News, (consulté le 31 décembre 2011)
  19. http://cartes.observatoire-eau-martinique.fr/poisson_lion/flash/

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bases de référence :