Prise de Tripoli (1551)

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Siège de Tripoli (1551)
Description de cette image, également commentée ci-après
Navires ottomans assiégeant Tripoli. Gravure française anonyme du XVIe siècle.
Informations générales
Date -
Lieu Tripoli
Issue Victoire ottomane
Changements territoriaux Tripoli capturée par les Ottomans
Belligérants
Flag of the Order of St. John (various).svg Ordre de Saint-JeanDrapeau de l'Empire ottoman Empire ottoman
Pavillon royal de la France.svg Royaume de France
Commandants
Flag of the Order of St. John (various).svg Gaspard de VallierDrapeau de l'Empire ottoman Sinan Pacha
Drapeau de l'Empire ottoman Dragut
Pavillon royal de la France.svg Gabriel de Luetz
Forces en présence
30 chevaliers
400–630 mercenaires
10 000 hommes[réf. souhaitée]
36 canons
Pavillon royal de la France.svg 2 galères et 1 galiote
Pertes
InconnuesInconnues

Guerres austro-turques

Coordonnées 32° 54′ 08″ nord, 13° 11′ 09″ est

Le siège de Tripoli est une opération militaire menée du au par l'amiral ottoman Sinan Pacha contre la forteresse de Tripoli, alors sous le contrôle des Hospitaliers, et gouvernée par Gaspard de Vallier. Les espagnols avait construit un fort à Tripoli en 1510 et Charles Quint l'avait donné aux Hospitaliers en même temps que l'île de Malte et l'île de Gozo.

Le siège de la ville a consisté à un bombardement pendant 6 jours, et la reddition de la ville à lieu le .

Déroulement[modifier | modifier le code]

Carte historique de Tripoli par Piri Reis

La ville était sous le commandement de Gaspard de Vallier[1],[2],[3], avec 30 chevaliers et 630 mercenaires calabrais et siciliens[3] (certain comme Vertot ne donnent que 200 soldats calabrais et 200 Maures alliés de l'Ordre[4]). Depuis 1531, les Ottomans avaient une base dans la ville de Tadjourah, à 20 kilomètres à l'est. Les Ottomans ont encerclé le fort et ont établis 3 batteries de 12 canons chacune[3].

L'ambassadeur de France auprès l'Empire ottoman, Gabriel de Luetz d'Aramont, a rejoint la flotte ottomane à Tripoli, avec deux galères et une galiote[3],[5]. La mission de l'ambassadeur était de dissuader les Ottomans de capturer la ville, à la demande du grand maître des Hospitaliers, car Malte n'était pas identifiée comme ennemi dans l'alliance franco-ottomane contre les Habsbourg[6],[7]. Selon des rapports ultérieurs, quand l'amiral Sinan Pacha et Dragut ont refusé de lever le siège, sur motif qu'ils avaient reçu l'ordre d'éradiquer les Hospitaliers du littoral nord-africain, d'Aramon menaça de prendre la mer pour Constantinople afin de faire appel au sultan Soliman, mais il a alors été interdit de quitter la ville jusqu'à la fin du siège[6],[7].

Bientôt, les soldats du fort se sont mutinés et la négociation pour la reddition a commencé[3]. La ville a été capturée le par Sinan Pacha après six jours de bombardement[8],[5]. Les Hospitaliers, dont beaucoup étaient français, furent renvoyés à Malte sur l'intervention de l'ambassadeur de France[5], et embarqués à bord de ses galères, tandis que les mercenaires furent réduits en esclavage[3](selon certains auteurs, comme Vertot et Setton, 200 membres de la garnison furent libérés[5]). Mourad Agha, le commandant ottoman de Tadjoura depuis 1536, a été nommé pacha de la ville[9].

De retour à Malte, Nicolas Durand de Villegagnon, chevalier-Hospitalier et futur explorateur du Brésil, étant présent lors du siège de Tripoli en 1551, en a écrit un compte rendu en 1553[10].

Conséquences[modifier | modifier le code]

L'ambassadeur de France auprès de l'Empire ottoman, Gabriel de Luetz d'Aramont, était présent lors du siège.

De Malte, d'Aramon a écrit une lettre à propos de son intervention à Henri II[5]. Le rôle de d'Aramon a été largement critiqué par Charles Quint et Jules III sur le soupçon qu'il avait encouragé les Ottomans à prendre la ville[5]. Il sembla que d'Aramon avait participé au banquet de victoire des Ottomans, soulevant d'autres soupçons sur son rôle dans le siège, et menant à des affirmations de Charles Quint que la France a participé au siège[6],[7]. Dans tous les cas, d'Aramon avait une relation spéciale avec les Ottomans, et était clairement conscient que la chute de Tripoli représentait un revers majeur pour Charles Quint[5].

À son retour à Malte, Gaspard de Vallier a été fortement critiqué par le grand maître Juan de Homedes qui a voulu lui attribuer tout le blâme pour la défaite[11]. Il a été amené devant un tribunal, dépouillé de l'habit et de la croix de l'Ordre. Il avait cependant été fermement défendu par Nicolas Durand de Villegagnon, qui exposait la duplicité de De Homedes[12].

En 1553, Dragut fut nommé commandant de Tripoli par Soliman, faisant de la ville un important centre de raids pirates en Méditerranée et la capitale de la province ottomane de Tripolitaine.

En 1560, une puissante force navale est envoyée afin de reprendre Tripoli mais elle est défaite lors de la bataille de Djerba[13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) María Antonia Garcés, Cervantes in Algiers: A Captive's Tale, Vanderbilt University Press, (ISBN 9780826514707, lire en ligne), p. 25
  2. (en) Ira M. Lapidus, A History of Islamic Societies, Cambridge University Press, (ISBN 9780521779333, lire en ligne), p. 255
  3. a, b, c, d, e et f (en) Fernand Braudel, The Mediterranean and the Mediterranean World in the Age of Philip II, University of California Press, (ISBN 9780520203303, lire en ligne), p. 919-920
  4. René Aubert de Vertot, Histoire des chevaliers hospitaliers de saint-Jean de Jérusalem, appelez depuis les chevaliers de Rhodes, et aujourd'hui les chevaliers de Malte, vol. 4, Paris, Lequien fils, , p. 200
  5. a, b, c, d, e, f et g (en) Kenneth Meyer Setton, The Papacy and the Levant, 1204-1571, American Philosophical Society, (ISBN 9780871691613, lire en ligne), p. 555
  6. a, b et c (en) Society for the Diffusion of Useful Knowledge (Great Britain), The Biographical Dictionary of the Society for the Diffusion of Useful Knowledge, Longman, Brown, Green, and Longmans, (lire en ligne), p. 230
  7. a, b et c (en) John Platts, A Universal Biography: 3d series. [15th-16th cent, Sherwood, Jones & Company, (lire en ligne), p. 49
  8. (en) Eur, The Middle East and North Africa 2003, Psychology Press, (ISBN 9781857431322, lire en ligne), p. 748
  9. (en) Jamil M. Abun-Nasr, A History of the Maghrib in the Islamic Period, Cambridge University Press, (ISBN 9780521337670, lire en ligne), p. 190
  10. (en) Christopher Marlowe, The Jew of Malta, Manchester University Press, (ISBN 9780719016189, lire en ligne), p. 6
  11. (en) Alexander Sutherland, Achievements of the Knights of Malta, Carey & Hart, (lire en ligne), p. 108
  12. (en) Pierre Marie Louis de Boisgelin de Kerdu, Ancient and Modern Malta: Containing a Description of the Ports and Cities of the Islands of Malta and Goza, as Also the History of the Knights of St. John of Jerusalem, (lire en ligne), p. 47
  13. (en) A History of the Ottoman Empire to 1730, CUP Archive (lire en ligne), p. 101

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]