Bataille de Sardarapat

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Bataille de Sardarapat
Description de cette image, également commentée ci-après

Mémorial dédié à la victoire arménienne à la bataille de Sardarapat près d'Araks, Armavir, Arménie.

Informations générales
Date 21 - 29 mai 1918
Lieu Près de Sardarapat (aujourd'hui Nor Armavir, en Arménie)
Issue

Victoire arménienne décisive

Belligérants
Flag of the First Republic of Armenia.svg Conseil national arménien Drapeau de l'Empire ottoman Empire ottoman
Commandants
Daniel Bek-Piroumian
• Movses Silikian (commandant du détachement d'Erevan)
Tovmas Nazarbekian (commandant des Armenian Army Corps)
Aram Manoukian (dictateur d'Erevan)
Vehib Pacha
• Kâzım Karabekir (commandant du I Caucasian Corps)
• Rüştü Bey (commandant de la 9e Division caucasienne)
• Zihni Bey (commandant du Détachement Zihni Bey)
Forces en présence
9 000 ~10-13 000, dont 1 500-3 000 de cavalerie kurde
Pertes
Inconnues 3 500 entre les 22 et 26 mai

Campagne du Caucase
Première Guerre mondiale

Batailles

Offensive Bergmann · Sarikamis · Ardahan (en) · Van · Manzikert (en) · Kara Killisse · Erzurum · Trébizonde (en) · Bitlis · Erzincan (en) · Expédition allemande · Sardarapat · Abaran · Karakilisa · Bakou
Coordonnées 40° 05′ 37″ nord, 43° 56′ 48″ est

La bataille de Sardarapat (en arménien : Սարդարապատի ճակատամարտ ; en turc : Serdarabad Savaşı) est une bataille de la campagne du Caucase lors de la Première Guerre mondiale livrée près de la ville de Sardarapat (aujourd'hui Armavir en Arménie) du 24 mai au 26 mai 1918. Sardarapat n'étant qu'à quarante kilomètres d'Erevan, la bataille n'est pas seulement vue comme stoppant la progression de l'envahisseur turc mais surtout comme ayant empêché l'anéantissement de la nation arménienne.

Contexte[modifier | modifier le code]

Juste deux mois après la signature du traité de Brest-Litovsk, l'Empire ottoman attaque les territoires arméniens de Russie. En violation du traité signé précédemment avec la République socialiste fédérative soviétique de Russie, la cinquième armée ottomane traverse la frontière en mai 1918 et attaque Alexandropol (aujourd'hui Gyumri) d'où l'armée russe s'est retirée à la suite de la Révolution de 1917. L'armée ottomane souhaite écraser l'Arménie et s'emparer de la Transcaucasie pour relier les États turcs entre eux (panturquisme)[1]. Le gouvernement allemand n'approuve guère l'initiative de son allié et refuse d'aider les Ottomans sur ce front[2].

À ce moment, seule une petite partie du territoire de l'Arménie russe n'est pas encore occupée par les Ottomans et ces régions ont accueilli un flot de trois-cent-cinquante-mille réfugiés arméniens fuyant le génocide arménien[3].

Les forces ottomanes entreprennent une stratégie d'attaque sur trois fronts, en trois colonnes, pour faire tomber l'Arménie. Après la chute d'Alexandropol, la 3e armée de Vehib Pacha s'engage dans la vallée d'Ararat — le cœur de l'Arménie. Cependant, les troupes arméniennes sous les ordres du général Movses Silikyan vainquent les troupes ottomanes dans une bataille de trois jours à Sardarapat ainsi qu'à Abaran et à Karakilisa. Ces victoires arméniennes successives sont instrumentalisées par le Conseil national arménien de Tiflis pour déclarer l'indépendance de la République démocratique d'Arménie.

Suites[modifier | modifier le code]

Effrayée par l'invasion ottomane de sa voisine arménienne, la République démocratique de Géorgie située plus au nord demande et reçoit la protection allemande. La République démocratique d'Arménie est contrainte d'accepter le Traité de Batum le , alors que l'armée ottomane stationne à sept kilomètres d'Erevan et seulement à dix d'Etchmiadzin[réf. souhaitée]. Deux jours plus tard, après la bataille de Sardarapat le , le Conseil national arménien à Tiflis proclame l'indépendance de la République démocratique d'Arménie, effective jusqu'à l'invasion bolchévique du pays en novembre 1920.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Claude Mutafian, « 1918. Échec turc en Arménie orientale », Imprescriptible.fr, (consulté le 15 décembre 2009).
  2. Anahide Ter-Minassian, 1918-1920 — La République d'Arménie, éditions Complexe, Bruxelles, 1989 (réimpr. 2006) (ISBN 2-8048-0092-X), p. 68.
  3. Jean-Varoujean Gureghian, « Le génocide des Arméniens : résumé historique », Imprescriptible.fr, (consulté le 15 décembre 2009).

Articles connexes[modifier | modifier le code]