Bataille de Balaklava

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Bataille de Balaklava
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La charge de la brigade légère, huile sur toile de Richard Caton-Woodville, 1894.
Informations générales
Date
Lieu Au large de Balaklava (Mer Noire)
Issue Indécise
Belligérants
Drapeau de l'Empire britannique Empire britannique
Drapeau de l'Empire français Empire français
Drapeau de l'Empire ottoman Empire ottoman
Drapeau de l'Empire russe Empire russe
Commandants
Lord Raglan
Lord Cardigan
Lord Scarlett
François Certain Canrobert
Pavel Liprandi (en)
Jabrokristki
Forces en présence
Environ 12 000 hommesEnviron 25 000 hommes
Pertes
615 morts[1]627 morts[1]

Guerre de Crimée

Batailles

Chronologie de la guerre de Crimée

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Coordonnées 44° 34′ 18″ nord, 33° 34′ 23″ est
Géolocalisation sur la carte : Crimée
(Voir situation sur carte : Crimée)
Bataille de Balaklava
Géolocalisation sur la carte : Ukraine
(Voir situation sur carte : Ukraine)
Bataille de Balaklava

La bataille de Balaklava est un affrontement qui eut lieu le entre l'armée russe et une coalition franco-britanno-turque qui assiégeait la ville de Sébastopol lors de la guerre de Crimée. Elle s'acheva sans véritable vainqueur.

Contexte[modifier | modifier le code]

Comme leurs adversaires européens avaient établi leurs ouvrages de siège et deux ports d'approvisionnement à Kamiesch (Français) et Balaklava (Britanniques), les Russes réunirent une armée de secours - 25 000 hommes (4 régiments d'infanterie, lanciers, hussards, cosaques et artillerie) - pour s'emparer de ce dernier port.

Bataille[modifier | modifier le code]

Au petit matin, à h, les coalisés sont réveillés par une canonnade du côté de Balaklava. Ils découvrent alors l'armée russe s'étendant dans la plaine, en restant hors de portée de tir de l'artillerie. La cible du général Liprandi est, dans un premier temps, les redoutes tenues par le contingent turc qui défendent le port. Elles sont soutenues par deux régiments d'infanterie du général Jabrokristki sorti d'Inkermann.

En dehors du contingent turc, le port est défendu par la cavalerie britannique sous les ordres de Lord Lucan, la brigade lourde de Lord Scarlett, la brigade légère de Lord Cardigan - (soit quelque 1 500 hommes), le 93e régiment d'infanterie ("Higlanders") de Colin Campbell (650 fantassins) et enfin les défenseurs de la ville : 100 hommes de l'infanterie de marine et une centaine d'invalides armés à la hâte.

Des renforts sont dépêchés sur des positions de siège mais ne peuvent être en ligne avant plusieurs heures. Seule l'artillerie peut, dans l'immédiat, apporter son soutien.

Les Turcs évacuent rapidement les redoutes. Les Highlanders, plutôt que de former un carré, s'étendent en 2 lignes au lieu des 4 règlementaires, présentées par un observateur sur les hauteurs par une formule qui deviendra fameuse : « une mince ligne rouge… »

Vers h 30, la cavalerie russe s'ébranle. Elle se compose de 3 000 à 4 000 hussards et cosaques de l'Oural. Face à eux, les Highlanders restent stoïques et ne déchargent leur tir qu'au dernier moment, brisant net l'assaut russe. Au même moment, la cavalerie lourde de Lord Scarlett charge, transperçant littéralement la cavalerie russe qui est défaite. Mais Lord Scarlett, pour des raisons de conflit personnel, ne continue pas à cet instant où il pouvait achever de mettre en déroute les Russes.

Plan de la bataille de Balaklava

La charge de la brigade légère[modifier | modifier le code]

Mémorial de la bataille de Balaklava. En mémoire de la brigade légère britannique dans la guerre de Crimée, à l'occasion de son 150e anniversaire.

Lord Raglan souhaite que la cavalerie de Lord Lucan, stationnée à une extrémité de la vallée, empêche les Russes d'emporter les canons des redoutes, mais l'ordre, mal rédigé, est transmis avec retard. Il est confié au Capitaine Nolan qui va l'accompagner de compléments oraux, sujets à caution, et parvient à son destinataire alors que la situation a évolué. Les canons ne sont plus visibles depuis les positions de la cavalerie, dont dépend la brigade légère de Lord Cardigan. Seuls sont visibles, à l'autre extrémité de la vallée, les canons de l'artillerie russe derrière laquelle se replient les cavaliers ennemis. Après s'être interrogé sur le bien fondé de l'action envisagée (les principes d'engagement alors en vigueur déconseillent vivement les charges frontales de cavaliers sur des positions défendues par des pièces d'artillerie), Lord Cardigan finit par lancer l'assaut avec ses 5 régiments, (13e dragons légers, 17e lanciers, 11e hussards, 4e dragons légers et 8e hussards) — mais seulement 660 hommes. Très rapidement, l'avancée des cavaliers attire l'attention médusée des forces russes, situées sur les hauteurs, et qui les fauchent alors par centaines. Fortement décimée, la brigade parvient aux canons et sabre les servants mais doit immédiatement se replier en subissant une contre-attaque de lanciers russes, suivie du contact avec un corps d'infanterie. Seuls 180 cavaliers en reviennent, la légende de la « charge de la brigade légère » est née. Tennyson composera à ce sujet son célèbre poème, The Charge of the Light Brigade (1854). La brigade légère n'est sauvée de la destruction totale que grâce à l'intervention des cavaliers français du 4e régiment de chasseurs d'Afrique. Les Britanniques ont perdu 360 hommes sur les 600 que comptait la brigade, les Français environ 250, alors que les pertes russes sont estimées à 600[1].

Le groupe Iron Maiden s'inspire de cette charge dans sa chanson The Trooper (album Piece of Mind - 1983).

Le groupe "Pearls Before Swine" donne le titre à son deuxième album 33t. "Balaklava" (1968) dont la première piste (Face A, titre 1 "Trumpeter Landfrey" 0:33) reproduit un enregistrement audio de 1880 d'un survivant de la charge de la Brigade légère: "I am trumpeter Landfrey, one of the surviving trumpeters of the charge of the light brigade at Balaklava. I am now going to sound the bugle that was sounded at Waterloo and sound the charge as was sounded at Balaklava on that very same bugle on the 25th of oct., 1854." {Pearls Before Swine, "Balaklava" LP Album, ESP DISK 1075, 1968}

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c (en) Kinglake, The Invasion of the Crimea, vol. V, p. 350. Ces chiffres sont ceux donnés par Kinglake. Les différentes sources donnent des chiffres légèrement différents.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alain Gouttman, La guerre de Crimée : 1853-1856 : la première guerre moderne, Paris, Perrin, coll. « Tempus » (no 124), (1re éd. 1995), 438 p. (ISBN 978-2-262-02450-5).
  • (en) Alexander William Kinglake, "The Invasion of the Crimea : Its Origin, and an Account of its Progress down to the Death of Lord Raglan", 8 volumes, 1863-1887, Edinburgh.

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