Président de la République de Corée

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Président de la République de Corée
(ko) 대한민국의 대통령
Image illustrative de l’article Président de la République de Corée
Sceau du président de la République de Corée

Image illustrative de l’article Président de la République de Corée
Titulaire actuel
Moon Jae-in
depuis le

Création
Durée du mandat 5 ans, non renouvelable
Premier titulaire Syngman Rhee
Résidence officielle Maison Bleue, Séoul
Site internet http://www.president.go.kr

Le président de la République de Corée (en coréen 대한민국 대통령) est, selon la constitution sud-coréenne, chef de l'exécutif , commandant en chef des forces armées, et chef de l'État de la Corée du Sud. La Constitution définit son élection au suffrage uninominal direct, majoritaire et secret à un tour, pour un mandat de cinq ans, sans réélection[1]. En cas de vacance présidentielle, son successeur doit être élu dans un délai de soixante jours, période pendant laquelle les fonctions de président sont assumées par le Premier ministre ou d'autres hauts membres du gouvernement dans l'ordre de priorité fixé par la loi. Pendant son mandat, le président exerce ses fonctions depuis la résidence de la Cheong Wa Dae (la "Maison Bleue"). Il est notamment exonéré de responsabilité pénale (à l'exception de l'insurrection ou de la trahison).

Moon Jae-in, ancien avocat spécialisé en droits de l'homme et chef de cabinet sous la présidence de Roh Moo-hyun[2], assume la fonction de Président de la Corée du Sud depuis le 10 mai 2017[3] après avoir été élu à une forte pluralité de 41,1 %, comparativement aux 24,0 % et 21,4 % de ses principaux adversaires, le conservateur de Hong-Joon-pyo et le centriste Ahn Cheol-soo[4]. Les principales nominations au cabinet, y compris celle de Premier ministre et de chef du Service National de Renseignement, ont été annoncés lors de l'inauguration[5] à l'Assemblée Nationale[6].

Pouvoirs et fonctions du président[modifier | modifier le code]

Le chapitre 3 de la constitution Sud-coréenne définit les fonctions et les pouvoirs du président. il est ainsi tenu de :

  • Respecter la Constitution
  • Préserver la sécurité de la patrie de la Corée du Sud
  • Travailler pour la réunification de la Corée, agissant en général en tant que Président du Conseil Consultatif pour l'Unification Nationale

Le président dispose notamment du pouvoir de :

Si l'Assemblée Nationale vote contre une décision présidentielle, elle est considérée comme nulle et non avenue.

La Constitution de 1987 a amendé les dispositions de la constitution de 1980 autorisant le gouvernement à suspendre temporairement les droits et libertés des personnes. Ainsi l'approbation par l'assemblée nationale de ces suspensions est désormais nécessaire sous peine de nullité. Le point selon lequel ces mesures d'urgence pourrait permettre de suspendre temporairement des parties de la Constitution elle-même reste discuté.

En matière de ratification de traités ou de déclaration de guerre, la Constitution précise simplement que l'Assemblée Nationale "a le droit de consentir aux actions présidentielles" .

Néanmoins, depuis 1987 le président n'est plus autorisé à dissoudre l'Assemblée Nationale.

Organes constitutionnels liés à la présidence[modifier | modifier le code]

La résidence officielle du président est Cheong Wa Dae. une traduction littérale en serai "la Maison aux tuiles bleue", mais on la désigne habituellement dans la presse internationale sous le nom de "Maison Bleue". Le président y dispose d'une équipe personnelle dite Secrétariat Présidentiel, dirigé par un chef de cabinet ayant un rang ministériel.

Outre son Conseil d'État, ou son gouvernement, le président dirige plusieurs organes constitutionnels.

Le Conseil National de Sécurité ou est discuté et définit la politique nationale en matière de sécurité. Il a comme membres permanents le Premier ministre, le vice-Premier ministre, les ministres des affaires étrangères, de l'intérieur, des finances, de la défense nationale, le directeur de l'Agence pour la Planification de Sécurité Nationale (ANSP). Des membres non titulaires peuvent être librement désignés par le président.

Le conseil de l'Unification Nationale du Conseil Consultatif qui œuvre au rapprochement pacifique des 2 corées. Sans pouvoir d'action politique bien définie ce conseil sert d'organe de réflexion, de relais politique ou de caisse de résonance sur ces sujets. Y être nommé est généralement considéré comme une récompense pour de hauts dignitaires politiques ayant bien œuvré pour la nation.

Le conseil d'audit et d'inspection quioutre la vérification des comptes de toutes les institutions publiques, analyse la performance des organismes gouvernementaux et des fonctionnaires publics. Ses rapports sont remis au président et à l'Assemblée Nationale. Les membres de ce conseil sont nommés par le président.

Le Conseil Consultatif des Aînés et des hommes d'état qui est présidé par l'immédiat et l'ancien président et dispose de quatre-vingts membres ayant le rang de ministre. Sans pouvoir d'action bien défini, il est souvent décrié par la presse qui le considère comme un organe inutile et coûteux permettant de grassement récompenser des amis politiques.

Ordre de succession[modifier | modifier le code]

L'article 71 de la Constitution de la Corée du Sud précise que dans le cas où le président n'est pas en mesure de remplir les devoirs de son office, l’intérim est exercé par son Premier ministre ou à défaut par ses ministres selon un ordre de succession bien défini. En cas d’empêchement définitif, de nouvelles élections doivent être organisées dans les 60 jours suivants.

Conformément à l'article 12, à l'article 2 et de l'article 22, l'article 1 de la Loi sur le conseil, l'ordre de succession est le suivant:

  • Le Premier ministre ;
  • Le vice-Premier ministre et ministre de la Stratégie et des Finances ;
  • Le vice-Premier ministre et ministre de l'Éducation ;
  • Ministre de la Science, des TIC et de la Planification de l'Avenir ;
  • Le ministre des Affaires étrangères ;
  • Le ministre de l'Unification ;
  • Le ministre de la Justice ;
  • Le ministre de la Défense nationale ;
  • Le ministre de l'Administration du Gouvernement et des Affaires intérieures ;
  • La ministre de la Culture, des Sports et du Tourisme ;
  • Le ministre de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales ;
  • Le ministre du Commerce, de l'Industrie et de l'Énergie ;
  • Ministre de la Santé et du bien-être ;
  • Ministre de l'Environnement ;
  • Ministre de l'Emploi et du Travail ;
  • La ministre de l'Égalité des sexes et de la Famille ;
  • Ministre des Terres, des Transports et des Affaires maritimes ;
  • Ministre des Océans et de la Pêche.

Liste des présidents[modifier | modifier le code]

Liste des vice-présidents[modifier | modifier le code]

Anciens présidents encore en vie[modifier | modifier le code]

Nom Durée du mandat Âge Notes
Chun Doo-hwan De 1980 à 1988 88 ans, 243 jours Condamné à mort en aout 1996 pour trahison, mutinerie et corruption avant que la cour suprême transforme cette peine en prison à vie en 1997[8]. Il est libéré après avoir été emprisonné deux ans, sur l'intervention du nouveau président Kim Dae-jung élu fin 1997[9]
Roh Tae-woo 1988-1993 85 ans, 288 jours Condammé à mort également en aout 1996 pour trahison, mutinerie et corruption. Sa peine est commué en vingt-deux ans et demi de prison, a été réduite à dix-sept ans en appel, avant qu'il ne soit libéré début 1998, sur l'intervention du nouveau président Kim Dae-jung[10].
Lee Myung-bak 2008-2013 77 ans, 273 jours Le , il est accusé de corruption[11]. Le 9 avril 2018, il inculpé pour corruption, abus de pouvoir, détournements de fonds et évasion fiscale[12]. Au total, seize charges pèsent contre lui et il est incarcéré le 22 mars 2018[13]. Le 5 octobre 2018, il est condamne pour quinze ans de prison ainsi que d'une amende de 13 milliards de wons (environ dix millions d'euros)[14]
Park Geun-hye 2013-2017 67 ans, 228 jours Le , elle est inculpée pour plusieurs chefs d'accusation, dont abus de pouvoir, coercition et corruption[15]. Le , elle est condamnée à 24 ans de prison[16]. Le 20 juillet, elle est condamnée à une peine supplémentaire de huit ans de prison, ce qui fait une peine totale de 32 ans[17]. Le 24 août, sa première peine est aggravée à 25 ans de prison en appel[18].

Le président ayant vécu le plus âgé a été Yun Bo-seon, mort le 18 juillet 1990 (à l'âge de 92 ans, 326 jours).

Le plus récent décès d'ancien président est celui de Kim Young-sam, qui est mort le 22 novembre 2015 (à l'âge de 87 ans, 337 jours).

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Du 26 avril au 15 juin 1960 puis du 23 juin au 7 août 1960, Heo Jeong fut président par intérim entre la démission de Syngman Rhee et l’investiture de Yun Bo-seon.
  2. Du 16 août au 1er septembre 1980, Pak Choong-hoon fut président par intérim entre la démission de Choi Kyu-hah et l’investiture de Chun Doo-hwan.
  3. Du 12 mars au 14 mai 2004, Goh Kun fut président par intérim à la suite de la destitution de Roh Moo-hyun. Roh redevint president après que la Cour constitutionnelle de Corée a invalidé la procédure de destitution.
  4. À partir du 9 décembre 2016, Hwang Kyo-ahn est president par intérim à la suite du vote de la destitution de Park Geun-hye du parlement. Hwang conserve le poste de president par interim après que la destitution de Park ait-été officiellement entérinée le 10 mars 2017 par la Cour constitutionnelle de Corée.
  5. Il sera en fonction jusqu’à la fin du mandat prévu de Park Geun-hye, c’est à dire jusqu’à février 2018, puis pendant les cinq ans de son propre mandat.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Article 70 of the Constitution of the Republic of Korea.
  2. (en-GB) Justin McCurry, « Who is Moon Jae-in, South Korea's new president? », The Guardian,‎ (lire en ligne)
  3. (en) Choe Sang-hun, « South Korea Elects Moon Jae-in, Who Backs Talks With North, as President », The New York Times,‎ (lire en ligne)
  4. « Moon Jae-in Elected South Korea's New President », sur Time (consulté le 10 mai 2017)
  5. (en) hermesauto, « New South Korea president Moon Jae In vows to address North Korea, broader tensions ‘urgently’ », The Straits Times,‎ (lire en ligne)
  6. (en) « Moon Jae-in sworn in as South Korea's president, vows to unify bruised country », ABC News,‎ (lire en ligne)
  7. Article 53 of the Constitution of the Republic of Korea.
  8. Lee Kyung-mi et Ha Eo-young, « Former dictator comes out of isolation to salute military academy cadets », The Hankyoreh, le 11 juin 2012.
  9. Source : New York Times et Archives du New York Times
  10. (en) « 2 Ex-Dictators Leave Korea Jails, Pardoned After 2 Years », sur le site du New York Times (consulté le 9 janvier 2008)
  11. « Corée du Sud: l'ex-président avoir reçu 100.000 dollars de fonds secrets », sur LExpress.fr (consulté le 16 mars 2018)
  12. « L’ancien président sud-coréen Lee Myung-bak inculpé pour corruption », sur Le Monde.fr (consulté le 9 avril 2018)
  13. Kyunghyang Shinmun, « Corée du Sud. Pour l’ancienne présidente, une sanction exemplaire », sur Courrier International, (consulté le 17 novembre 2018).
  14. « Corée du Sud : l’ancien président Lee Myung-bak condamné à quinze ans de prison », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 5 octobre 2018)
  15. « Corée du Sud : l'ex-présidente et le président de Lotte inculpés », sur Le Parisien, (consulté le 17 avril 2017).
  16. « L’ex-présidente sud-coréenne Park condamnée à vingt-quatre de prison pour abus de pouvoir et corruption », sur Le Monde.fr (consulté le 6 avril 2018)
  17. « Corée du Sud : l’ex-présidente Park condamnée à huit ans de prison pour de nouvelles affaires », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 20 juillet 2018).
  18. « Corée du Sud : 25 ans de prison pour l’ancienne présidente, Park Geun-hye », sur Le Monde.fr (consulté le 25 août 2018)