Piégon

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Piégon
Beffroi du vieux village médiéval.
Beffroi du vieux village médiéval.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Drôme
Arrondissement Nyons
Canton Nyons et Baronnies

Nyons (avant mars 2015)

Intercommunalité Communauté de communes des Baronnies en Drôme Provençale
Maire
Mandat
Serge Roux
2014-2020
Code postal 26110
Code commune 26233
Démographie
Population
municipale
267 hab. (2014)
Densité 26 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 18′ 04″ nord, 5° 07′ 37″ est
Altitude Min. 259 m – Max. 805 m
Superficie 10,21 km2
Localisation

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Piégon
Sculpture La Belle Vendangeuse

Piégon est une commune française située dans le département de la Drôme en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune de Piégon s'étend essentiellement sur les contreforts et des terrasses dominées par les premières montagnes des Baronnies. L'essentiel du territoire terres sont situées entre 250 et 350 mètres d'altitude. La montagne de Buisse et celle de Gourbeau constituent les points culminants de la commune (787 et 704 mètres). Elle est traversée par deux petits cours d'eau : le ruisseau du Grand Vallat qui devient la Gaude en entrant sur la commune de Mirabel-aux-Baronnies et le Gourbeau. Au sud, le Lauzon forme la limite avec Puyméras (dans le Vaucluse).

Piégon est situé à 10 km au sud de Nyons et à 10 km au nord de Vaison-la-Romaine.

Les communes les plus proches sont Mirabel-aux-Baronnies, Puyméras et Saint-Romain-en-Viennois.

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Les plus anciennes traces d’occupation humaine sur le territoire de la commune de Piégon datent de la période néolithique. Au début des années 1980, en effet, René Gras et René Enguent repèrent, sur le site de la colline de La Garenne, les traces d’un probable atelier de taille de silex. Ils réalisèrent aussi un sondage archéologique sur le versant occidental de la colline de Fontatières qui leur permit de découvrir les traces d’un four de la période néolithique.

Antiquité[modifier | modifier le code]

Pour la période protohistorique, aucun vestige n’a été retrouvé, mais l’occupation du territoire de Piégon est probable. La région relève alors de la confédération des Voconces, dont Vaison est la capitale méridionale. C’est d’ailleurs probablement en lien avec cette agglomération, devenue cité alliée de Rome, que des villae se développent sur le territoire de Piégon. Des traces de villae ont ainsi été repérées dans les quartiers du Jas, de Grange Neuve, de Grande Basse ou du Haut Lauzon. Le long de la route départementale 538, de petits autels votifs ont également été retrouvés. Au cours du haut Moyen Âge, le territoire qui va former la commune de Piégon est probablement sous la domination d’une agglomération, peut-être fortifiée, installée dans les environs de Mirabel-aux-Baronnies. Au cœur de ce territoire, une chapelle dédiée à saint Martin, et entourée d’un cimetière, est bâtie au nord-est de l’actuelle ferme de Grange Basse. Elle sert d’église paroissiale pendant une partie du Moyen Âge.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Il faut en fait attendre le milieu du XIIe siècle pour trouver la première mention de Piégon. Certains membres d’une famille de Podio Guigonis, alliés aux Artellar (des environs de Sahune), aux Humbert (de Rochebrune) ou aux Cairanne, assistent alors à plusieurs donations à la commanderie de Roaix (entre 1165 et 1219). Au début du XIIIe siècle, le fief entre dans l’aire d’influence des Mondragon-Montauban qui dominent la région de Nyons et, à ce titre, est officiellement intégré au Dauphiné en 1315 et au royaume de France en 1349. Le village de Piégon se développe à l’ouest et en contrebas d’un château, fondé au XIe siècle qui occupe le sommet de la colline. Deux rues desservent une cinquantaine de maisons, entourées de murailles. Une seule porte, au nord, permet d’accéder au village et au château. La possession du château permet de contrôler la route principale qui allait de Nyons au Buis, ce qui explique l’existence d’une châtellenie à Piégon au début du XIVe siècle. A l’ouest du village, une chapelle, Notre-Dame de Cadenet, est peut-être le siège au Moyen Âge d’un prieuré qui dépend, depuis le milieu du XIIIe siècle au moins, du chapitre cathédral de Vaison. Elle ne devient église paroissiale qu’au début du XVIIe siècle après la destruction, au cours du XVIe siècle, de l’église du village, anciennement église castrale et dédiée à saint Pierre.

Période moderne[modifier | modifier le code]

Les seigneurs occupèrent jusqu’à la Révolution une place très importante dans l’économie villageoise : ils possèdent les terres les plus riches et les fermes les plus prospères. À partir du XVIe siècle, ils disposent du moulin à huile et prélèvent un pourcentage important de la presse de l'huile d'olive.

Après les Piégon (XIIe-XIIIe siècles), les Bourdeaux (XIVe siècle), les Autanne (XVe-XVIe siècle), ce sont deux familles, les Planchette et les Agoult qui, à partir du début du XVIe siècle et jusqu’en 1790, possèdent principalement la seigneurie de Piégon. Leurs rivalités séculaires aboutissent en 1675 à un accord et à la constitution de deux seigneuries indépendantes, toutes les deux situées sur le territoire de la commune : Piégon, d’une part, qui regroupe l’essentiel des droits et des terres qui restent possession des Agoult, et Le Pontillard, autour d’une bâtie noble, installée à proximité d'un antique passage entre Nyons et Vaison et qui revient aux Planchette. Les relations entre le communauté d’habitants et le seigneurs sont donc marquées par la domination, mais aussi des tentatives d’émancipation ou de résistance, comme en 1747 face au nouveau seigneur de Piégon, le duc de Montpezat, époux d’une Agoult.

Ces tensions s’expriment à nouveau au moment de la Révolution. La possession des propriétés du seigneur, devenues bien national après l’émigration des Agoult, est en effet un enjeu de discordes entre des spéculateurs extérieurs à la commune et la population qui escomptait récupérer les plus belles terres. Jusqu’à la Restauration, le village est aussi réfractaire aux tentatives de normalisation, notamment religieuses, entamées à partir de l’Empire. Mais à partir des années 1830, les oppositions semblent s’atténuer et la commune est dominée par deux familles qui possèdent les domaines agricoles les plus importants et qui occuperont tour à tour le poste de maire. En 1870, Piégon bascule toutefois dans le camp républicain, voire radical puis « avancé ». À partir de cette date, et jusque dans les années 1970, elle est une des communes les plus à gauche du canton de Nyons.

Période contemporaine[modifier | modifier le code]

Le village, en partie abandonné au cours de la fin du Moyen Âge et réoccupé au XVIe siècle, concentre jusqu’au début du XXe siècle, l’essentiel de la population et des activités économiques de la seigneurie puis de la commune. Il est toutefois progressivement abandonné à partir des années 1880 et définitivement au milieu des années 1930, après des menaces d’écroulement de la mairie et de l’école. Une nouvelle mairie-école est construite en contrebas de la butte du village et à l’ouest de l’église Notre-Dame de Cadenet. Les fermes qui se sont développées à partir du XVIe siècle à l’extérieur du village abritent désormais tous les habitants de la commune. Depuis les années 1970, la population s'est profondément renouvelée, même si, au contraire des autres communes environnantes, les élus de Piégon ont cherché à contrôler l'expansion démographique de la commune.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2001 mars 2008 Aline Eichenberger    
mars 2008 en cours Serge Roux[1] DVD Agriculteur

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[2]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[3],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 267 habitants, en augmentation de 4,3 % par rapport à 2009 (Drôme : 3,24 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
361 342 379 442 498 474 476 491 461
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
464 480 511 456 468 416 400 406 345
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
314 304 325 300 283 266 252 228 207
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
205 220 205 232 268 274 239 256 267
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2006[5].)
Histogramme de l'évolution démographique

Enseignement[modifier | modifier le code]

Mairie-école de Piégon.

Piégon dépend de l'académie de Grenoble, circonscription de Nyons[6]. Les élèves débutent leur scolarité à l'école primaire communale, composée d'une classe, pour 14 enfants[7].

Économie[modifier | modifier le code]

Vignoble à Piégon.

L'agriculture représente près de 65 % de l'activité économique de Piégon[8]. La commune fait partie de la zone d'appellation des côtes-du-rhône (AOC). Les viticulteurs locaux se répartissent majoritairement, mais dans différentes proportions, dans les caves coopératives de Vinsobres (la Vinsobraise), de Nyons (Vignolis) et de Puyméras (la Comtadine).

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Chapelle Notre-Dame-de-Cadenet, à Piégon (26).
  • La chapelle Notre-Dame-de-Cadenet : cette chapelle, qui est l'église paroissiale de la commune depuis le début du XVIIe siècle, est inscrite au titre des Monuments Historiques, depuis 1994[9]. Elle devrait son nom aux cades pluri-centenaires qui se trouvent à proximité. Une légende veut en effet qu'une statue de la Vierge ait été trouvée au pied d'un de ses arbres où s'agenouillait régulièrement une des vaches du paysan qui la retrouva. Le nom de Cadenet vient peut-être d'une population gallo-romaine, les Cadienses, mentionnée dans une inscription gallo-romaine trouvée sur le territoire de Mirabel-aux-Baronnies au XVIIIe siècle. Cette chapelle est de fondation romane, mais elle a été très remaniée. Une petite ouverture, ainsi que des modillons le long du mur sud extérieur de la nef, attestent cette origine. À l'intérieur, le nef est composée de trois travées irrégulières, d'une travée de chœur qui ouvre sur deux chapelles situées de part et d'autre et d'une abside semi-circulaire. Le tout est voûté en plein cintre, alors que l'abside est recouverte d'une voûte en cul de four. De la terrasse qui est au sud, on peut admirer un large panorama sur la campagne de Piégon[10].
  • Vestiges de l'enceinte du village déserté au XIXe siècle.
  • Pontillard : maison forte du XIVe siècle.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Piégon sur le site de l'association des maires et présidents de communautés de la Drôme (consulté le 14 novembre 2014).
  2. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  3. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  4. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  5. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  6. Fiche académique de la commune
  7. école primaire
  8. économie à Piégon
  9. Notice no PA00132812, base Mérimée, ministère français de la Culture
  10. Anne et Fabian Da Costa, églises romanes de la Drôme, Châtillon-sur-Chalaronne, La Taillanderie, , 64 p. (ISBN 9782876291904), p. 61

Liens externes[modifier | modifier le code]