Paul Belloni Du Chaillu

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Paul Belloni Du Chaillu
Description de l'image Paul Belloni Du Chaillu.jpg.
Naissance
Saint-Denis, (La Réunion)[Note 1].
Décès
Saint-Pétersbourg
Nationalité Drapeau de la France France
Drapeau des États-Unis États-Unis
Activité principale
explorateur, naturaliste

Paul Belloni Du Chaillu (Saint-Denis, - Saint-Pétersbourg, ), est un explorateur et naturaliste franco-américain.

Fils d'un négociant français qui ne le reconnaît pas et d'une mère métis, n'ayant reçu aucune instruction scientifique, entretenant dans ses œuvres des légendes sur sa vie, ses origines, son âge..., Paul Du Chaillu effectue d'importantes explorations au Gabon, riches en découvertes de toutes sortes, à la recherche de voies d'accès vers le Congo à partir des estuaires et des bras de mer de la côte.

Si la qualité et la réalité de ses travaux est aujourd'hui démontrée, ses aventures furent pourtant fortement critiquées et mises en doute par la communauté scientifique de son temps. Pour le grand public, Paul Du Chaillu est entré dans la légende comme le premier Occidental à avoir rencontré un gorille.

S'il voyagea encore en Scandinavie, ce sont surtout ses écrits et ses nombreuses conférences qui le rendirent célèbres, mais qui aussi le discréditèrent. Vulgarisateur, aimant l'exagération, l'exubérance, le pittoresque et le lyrisme, il a fallu attendre la fin du XXe siècle et le début du XXIe, pour que des chercheurs voyageant sur ses traces, puissent faire reconnaître tout ce que la science lui doit.

Biographie

Il est né à Saint-Denis (île Bourbon)[Note 1] d'une mère mulâtre et d'un père immigré depuis la métropole pour faire fortune. La controverse sur son lieu et sa date de naissance est résolue par le dire même de l'intéressé qui, dans Voyages et Aventures en Afrique équatoriale, page 106, dit qu'il fête son vingt-cinquième anniversaire chez le chef Dayoko le 31 juillet 1856[AM 1]. Cette précision, recoupée avec la biographie de son père, Claude-Alexis Eugène Duchaillut, permet d'identifier, malgré l'absence étonnante de tout acte d'état-civil, son lieu de naissance qui est bien l'île Bourbon.

Origine

Son père : Claude-Alexis Eugène Duchaillut

Paul Du Chaillu évoque quatre fois son père[Note 2] dans son Voyages et Aventures..., dans la préface et au chapitre VII. Il le rejoint au Gabon en 1848. Les indigènes le nomment alors en l'honneur de son père Mona dee Chaillée (« fils de Chaillu »)[VA 1].

Claude-Alexis Eugène Duchaillut, qui se fait plus tard appeler Duchaillu, est né le 28 juillet 1800, rue des Granges à Besançon, d'une famille dont l'origine remonte à un tisserand de Mâcon, Étienne du Chelieu (1635-1682), qui épouse le 19 février 1667 à Notre-Dame de Jussa-Moutier (aujourd'hui dans Besançon), Marguerite Régnault. Toute leur descendance jusqu’à Claude-Alexis, naît et meurt sur le territoire de la paroisse de la Madeleine à Besançon. Ainsi, toute origine liée à une famille huguenote exilée en Louisiane ou en Caroline du Nord, ne s'avère que légendaire[AM 1]. Annie Merlet, qui a étudié les documents paroissiaux et d'état-civil, remarque par ailleurs que l'orthographe du nom n'est pas fixée et qu'il n'existe évidemment aucun Belloni Du Chaillu[AM 1].

Le père de Claude-Alexis est fripier, comme son grand-père, lequel demeure rue de l'Abreuvoir à Besançon. Les listes militaires de sa classe d'âge indiquent qu'en 1820 Claude-Alexis tire le no 149 et est libéré. Il s'engage pourtant dans l'artillerie de marine et part pour l'île Bourbon. Il y demeure en garnison plusieurs années avant d'ouvrir à Saint-Denis une chapellerie et d'y faire rapidement — trop rapidement pour certains — fortune. Il est alors soupçonné de pratiquer de manière clandestine la traite[AM 2].

Proche du mouvement des Francs-Créoles, Claude-Alexis va de procès en procès, pour pratique de la traite, de 1827 à juillet 1830. Au renversement de Charles X et alors que le gouverneur Duval d'Ailly tente d'en garder le secret, il parvient à s'emparer d'un journal échappé à la rafle et en fait lecture devant une foule en délire de plus de 1 500 personnes. Des troubles éclatent alors à Saint-Denis. Le lendemain, 30 octobre, il fait de même à Saint-Benoît, fabrique un drapeau tricolore et harangue la foule dans les rues[2].

Il ne cesse alors de conspuer le gouvernement, les jésuites et tout ce qui touche à la Restauration. Emprisonné à diverses reprises, il est mis sous surveillance. L'affaire des Deux-frères le fait bannir de l'île en 1831. En effet, le navire dont il est propriétaire, les Deux-frères, est arraisonné le 5 novembre 1830 au large de l'île Bourbon, avec à son bord 154 Noirs. Le capitaine du navire, un Arabe d'origine portugaise, jure avoir sauvé des naufragés au large du Mozambique. Les autorités forcent alors Duchaillu à rapatrier, à ses frais, les « naufragés » qui disparaissent mystérieusement.

À la suite du scandale, le Conseil privé fait bannir Charles-Alexis le 25 mai 1831. Ainsi que la loi l'autorise, il choisit d'être expulsé vers la France et abandonne ainsi la mère du futur Paul[AM 3]. Il embarque le 5 juillet 1831 sur Le Navarin et arrive à Nantes à la fin du mois de décembre, puis il rejoint Besançon. Dans un mémoire présenté au gouvernement en février 1832, il se pose en victime : De l'île Bourbon, depuis les premières nouvelles de la révolution de juillet (28 octobre 1830). Il est pourtant débouté[AM 4].

Sa mère

Neuf mois après le départ de son père, Paul naît à Saint-Denis, le 31 juillet 1831[AM 1]. L'absence du moindre document d'état-civil laisse penser qu'il est vraisemblable que sa mère ne l'a pas déclaré. Son père, lui, ne le reconnaît pas.

Paul est le fils d'une mulâtresse, fille d'un Européen et d'une femme noire. Le nom « Belloni » vient d'elle, comme le confirment les services culturels de Saint-Denis[AM 4]. Sa mère l'élève jusqu'à sa mort vers la fin des années 1830. Son enfance n’est pas connue et la date de son arrivée en France pour ses études reste incertaine. Le seul témoignage sur le sujet reste son Voyages et Aventures... où il écrit « Même dans ce grossier pays du Cap Lopez, être né d'une mère esclave est une défaveur qui retire à l'enfant une grande partie du respect et de l'autorité dont jouissent ses compagnons, et cela quoique cet enfant soit en réalité né libre, puisqu'il suit la condition de son père (p. 87) ».

Jeunesse

Portrait en noir sur fond bleu d'un homme sur fond de motif végétal tenant un calicot indiquant PAUL DU CHAILLU.
Portrait de Paul du Chaillu jeune.

Charles-Alexis Duchaillu revient à l'île Bourbon en février 1840 mais rien ne permet d'affirmer qu'il y ait rencontré son fils. Il se marie avec Marie-Julie Bréon et a sept esclaves à son service. De cette union naissent Eugénie (17 avril 1840) puis Julie (22 avril 1843) que leur père déclare. La famille quitte l'île à la fin de l'année 1843 après avoir vendu son luxueux mobilier et ses deux dernières esclaves[Note 3]. Annie Merlet suppose pourtant que le départ pour Paris et le financement des études de Paul, doivent être l’œuvre de son père[AM 4], même s'il reste tenu à l'écart par sa famille bisontine[AM 5].

En 1844, par des relations d'affaires, Charles-Alexis s'installe au Gabon. Il publie à cette date son Projet d'un établissement à créer au Gabon, avec le concours des négociants, manufacturiers et capitalistes et fonde le Comptoir nantais du Gabon pour le développement de la culture de la canne à sucre, du café et pour l'exploitation forestière. Après trois campagnes infructueuses, la faillite a lieu en 1847. Charles-Alexis devient alors directeur de la factorerie Lamoisse près du fort d'Aumale.

Paul, quant à lui, entre en 1846 en apprentissage chez le taxidermiste Jules Verreaux qui rapidement estime son élève et l'engage à son service. Après un voyage de son père à Paris fin 1847 et même si rien ne prouve que les deux hommes se soient rencontrés, Paul part pour le Gabon où il arrive en mai 1848[AM 6]. Il n'a pas encore 17 ans lorsqu'il rejoint les établissements Cousin et Duchaillu[AM 6].

Son père, chargé de redresser la situation des établissements Lamoisse, est souvent absent et Paul demeure seul. Régulièrement, il rejoint la mission catholique puis sympathise avec le pasteur John Leighton Wilson et sa femme, Jane, à la mission américaine de Baraka. Il y trouve une véritable famille et le pasteur demande aux missionnaires spiritains d'Okolo et aux presbytériens de Baraka de lui donner des cours comme s'il était son propre fils. En 1849, il le fait entrer dans l’administration d'un comptoir comme greffier du conseil commercial mais comme l'instance ne se réunit jamais, il travaille en réalité comme magasinier[AM 6]. Il ne satisfait pas pour autant ses employeurs[3] et si l'expérience prend vite fin, elle a le mérite de lui attribuer pour la première fois dans un document officiel le nom de son père[4].

De 1848 à 1852, Paul participe aux activités de son père et l'accompagne dans ses prospections commerciales dans tout le Gabon[AM 7]. Jane, l'épouse du pasteur Wilson lui apprend l'anglais et l'amitié avec le couple devient si grande, qu'il finit par s’installer chez eux. Il se convertit alors au protestantisme et dresse de nombreux liens avec les Mpongwe de son âge. Ceux-ci lui apprennent leur langue, le myènè. Paul étudie aussi leurs coutumes, leurs pratiques commerciales, leurs fêtes et assiste en 1848 aux cérémonies officielles en l'honneur de la proclamation de la Deuxième République ainsi qu'en 1849, qu'à celles de l'abolition de l'esclavage[AM 7].

Avec son père ou avec les missionnaires américains, il visite l'île de Corisco et réalise des reconnaissances commerciales ou des parties de chasse sur les cours d'eau du Gabon. Il est alors missionné, sans doute par l'entremise de Jules Verreaux, pour des commandes zoologiques qu'il doit expédier en France. Si une première commande arrive bien à destination, une seconde sombre dans un naufrage[AM 8].

Fin 1851-début 1852, Paul fait un voyage à Paris pour expliciter l'embarras que provoque la perte du second chargement et rencontre Jules Verreaux. Il amène en dédommagement une nouvelle collection mais les commanditaires s'avèrent intraitables et exigent le remboursement, ce que Paul ne peut faire. Il réside au 18, rue Martel, à Paris et envisage alors de revenir au Gabon et de s'y installer comme planteur de café et commerçant[AM 8]. Il écrit en ce sens une lettre au Ministre de la Marine et des Colonies qui ne retient pas le projet. Il décide alors de s'enfuir aux États-Unis tout en gardant l'entière estime de Verreaux qui loue sa droiture[5].

Revenu au Gabon[Note 4], le pasteur Wilson facilite son départ pour les États-Unis et le recommande à un ami de New York. Celui-ci lui obtient dès son arrivée un poste de répétiteur de français dans un collège pour jeune fille de bonne famille, la Carmel School[AM 8]. C'est à cette date (1852) qu'il prend son nom de « Belloni Du Chaillu ». Il signe alors toutes ses lettres « P.B. Du Chaillu » et devient populaire en racontant ses périples africains[6]. Il publie aussi des articles dans le New York Tribune et est remarqué par John Cassin. Paul offre alors ses découvertes au Muséum des Sciences naturelles de Philadelphie et Cassin en fait systématiquement une description enthousiaste dans les Proceedings de l'Académie. Les deux hommes deviennent de grands amis. Cassin encourage alors Du Chaillu à entreprendre des expéditions scientifiques uniquement tournées vers les sciences naturelles, dont il se charge de trouver les financements[AM 9].

En 1855, Paul Du Chaillu fait une demande de naturalisation américaine[7] dont on ne sait pas si elle a été agréée, aucun document sur le sujet n'ayant été retrouvé[AM 10]. Néanmois, il se proclame, à partir de ce moment, de nationalité américaine[AM 10].

Voyage au Gabon (1855-1865)

Premier voyage (1855-1859)

Dessin en noir et blanc d'un homme mettant en joue un gorille dans la forêt.
Paul Belloni Du Chaillu rencontre un gorille.

Paul Du Chaillu embarque pour le Gabon en octobre 1855 et arrive à Libreville en décembre 1855. Même s'il écrit que son père est décédé au Gabon en 1851, la vérité est que celui-ci est mort à la fin de 1855. Annie Merlet suppose qu'« une rupture s'était alors produite entre les deux hommes »[AM 10].

Du Chaillu s'installe à la mission américaine de Baraka et se ré-acclimate à Libreville de janvier à fin avril 1856. Il dresse alors l'inventaire des spécimens d'histoire naturelle qu'il a récoltés aux alentours de Libreville et fait un premier envoi à l'Académie des sciences naturelles de Philadelphie[VA 2].

Il entreprend un premier voyage chez les Orungu au cap Lopez où il peut observer les camps de regroupements des esclaves et les cimetières d'esclaves. Parlant la langue, il prend de nombreux contacts locaux et rapporte du périple des itinéraires, des descriptions géographiques et ethnographiques, de nombreuses notes et expédie une deuxième collection à Philadelphie[AM 11]. Mi-juillet 1856, il part pour l'île de Corisco[VA 3]. Il remonte le Muni et ses affluents, rencontre quelques ethnies et arrive en août 1856 au nord des monts de Cristal (dans les environs de l'actuelle Medouneu), chez les Fangs. Il les étudie et participe avec eux à des chasses d'éléphants. Il rencontre aussi des Shiwa. Les pages qu'il écrit sur le sujet des Fangs[VA 4] le discréditent longtemps auprès du milieu scientifique.

De retour à Libreville en novembre 1856, il prépare son prochain voyage jusqu'en février 1857. Il explore ainsi le Fernan Vaz du 13 février 1857 au 1er juin 1859. Il est le premier explorateur à y venir dans un but uniquement scientifique. Il débarque ainsi du schooner La Caroline avec 128 mètres cubes de marchandises[VA 5], ce qui laisse supposer qu'un certain commerce était pratiqué[AM 12], même si officiellement tout ceci doit servir de monnaie d'échange.

Du Chaillu établit sa base qu'il baptise Washington chez le chef Rampano au carrefour de l'embouchure de la lagune du Fernan Vaz, de la mer et du delta de l'Ogooué[VA 6]. Il s'agit d'un véritable petit village composé d'une dizaine de cases et de dépendances. Du Chaillu reçoit les différents chefs Nkomi et crée des liens d'amitiés et de confiance. Les indigènes deviennent de véritables collaborateurs. Il peut ainsi explorer sans le moindre souci toute la zone s'étendant du delta de l'Ogooué et du lac Anengué jusqu’au cap Sainte-Catherine ainsi que de la mer à l'extrémité du Rembo-Nkomi. Il effectue aussi ses premières chasses aux gorilles, aux autres singes, aux buffles et aux hippopotames et récolte une multitude d'oiseaux.

Extrait en noir sur fond beige d'une carte d'une partie de l'Afrique.
Autour de Goumbi, extrait de la carte publiée dans A journey to Ashango-Land, and further penetration into equatorial Africa (1874).

Après une année chez le chef Olenga Yombi, il accepte l'invitation du roi du Rembo-Nkomi, Quenguéza, de le rejoindre[VA 7] et sympathise immédiatement avec lui. Du Chaillu obtient d'être introduit chez certaines tribus inconnues[VA 8]. Il part ainsi le 26 février 1858, pour la capitale de Quenguéza, Goumbi. Le roi tient promesses et Du Chaillu peut séjourner chez les Kele du chef Obindji et chez les Shira du roi Olenda. Il traverse la Ngounié et voit les chutes de Fougamou et atteint le territoire des Tsogo. Il parcourt alors plus de 800 kilomètres totalement inconnus et revient à sa base de Washington le 10 février 1859[AM 13].

Il attend alors pendant quatre mois la venue d'un navire et peut enfin s'embarquer pour les États-Unis le 1er juin 1859. À son arrivée, il se rend chez le révérend Leighton Wilson qui a quitté le Gabon, à New York, au 23 Center Street, mais n'y reçoit pas l'accueil attendu. Il apprend aussi que John Cassin n'est pas satisfait de ses travaux et que les sommes perdues ne les justifient pas. L'Académie des sciences de Philadelphie refuse absolument de financer une seconde expédition.

Nullement découragé, et malgré un différend avec Cassin et l'Académie qui dure jusqu'en mars 1860, l'Académie ne respectant pas ses promesses[AM 14], Du Chaillu donne de nombreuses conférences et des interviews, écrit de nombreux articles et rédige en anglais son premier livre : Explorations and Adventures in Equatorial Africa qui fait grande sensation auprès des universitaires, des sociétés savantes et des éditeurs. Après lecture d'une longue lettre de David Livingstone, il prend la parole devant l'American Geographical and Statistical Society le 6 juin 1860[AM 15].

Son succès est immense. Il part alors pour Londres où il fait publier en 1861 son ouvrage chez Murray et, en deux ans, en vend plus de 100 000 exemplaires[8]. Devenu riche, il vend une fortune[Note 5] le reste de ses collections au British Museum et en 1861, est invité à participer à la conférence annuelle de la Royal Geographical Society, ce qui est une consécration suprême[AM 15].

Pourtant, tout ceci ne va pas sans critiques. Le 20 mai 1861, Edward Gray attaque Du Chaillu dans le Times. Celui-ci répond deux jours plus tard mais c'est le début de vives polémiques qui, en même temps, accroissent la célébrité de l'explorateur[AM 15]. Celui-ci remarque que le monde savant dont il ne fait pas partie le rejette. Ses descriptions ethnographiques sont attaquées, ses chasses au gorille remises en cause, un explorateur, Winwood Reade, est même envoyé enquêter au Fernan Vaz. Celui-ci revient témoignant que si Du Chaillu est un bon chasseur, il n'a pu tuer un gorille, ce à quoi s'oppose l'amiral Fleuriot de Langle qui remet en cause l'enquête de Reade, basée, selon lui, uniquement sur des récits d'autres voyageurs[9].

Même la réalité du parcours de Du Chaillu est attaquée. Celui-ci en est fortement blessé[AM 15]. Le 2 juillet 1861, une conférence dont le Times et le New York Times du 8 juillet, rapportent longuement l'incident, à la Société d'ethnographie, tourne au pugilat, mais les deux journaux se rangent du côté de l'explorateur[AM 15].

Aux États-Unis comme en Europe, deux clans s'affrontent, celui de Gray et Heinrich Barth, opposés à Du Chaillu contre celui de Richard Owen et Roderick Murchison, partisans du voyageur. En octobre 1862, le Punch, publie un long poème satirique exhibant Grau, Owen et Du Chaillu[AM 15]. Ces polémiques expliquent qu'encore en 1867, Jules Verne écrit à son éditeur Pierre-Jules Hetzel[10] : « J'ai fait avec ledit Duchaillu la traversée de Liverpool à New York ; or, il ne m'a pas pris du tout, avec ses conférences où il exhibait des grandes pancartes avec force singes. On ne l'a jamais gobé à Paris, et c'est tout au plus s'il est allé au Gabon, et encore s'il y est allé, je ne crois pas qu'il y ait vu d'autres singes que lui »[11].

La version française du livre de Du Chaillu paraît en 1863 chez Michel Lévy Frères sous le titre Voyages et Aventures en Afrique équatoriale. Elle ne provoque pas les mêmes émois que les précédentes. August Petermann qui avait au départ suivi les critiques de Barth, fait amende honorable à l'occasion de la publication française de l'ouvrage et en restitue le tracé initial[AM 16].

Ainsi malgré les jalousies, les critiques, les dénigrements et les diverses accusations de falsifications dont fut entouré Du Chaillu en son temps, il est aujourd'hui prouvé, en suivant pas à pas les itinéraires du voyageur sur une carte moderne au 1/200 000, toute la véracité de ses découvertes et toute l'exactitude de ses relevés[AM 17].

Du Chaillu écrit dans la préface de son Afrique sauvage[12] que ce sont toutes ces controverses qui l'ont décidé à entreprendre un deuxième voyage. Il apprend alors la cartographie et la photographie et se perfectionne sur le maniement des instruments de relevés[AM 18]. Il fréquente aussi le Jardin des Plantes et le Muséum d’histoire naturelle et négocie le compte rendu de son voyage dans le Bulletin de la Société de géographie de janvier-juin 1862.

Second voyage (1863-1865)

Extrait en noir sur fond beige d'une carte d'une partie de l'Afrique.
Itinéraire de 1863 extrait de A journey to Ashango-Land, and further penetration into equatorial Africa (1874).

Parti de Gravesend en Angleterre sur le Mentor le 6 août 1863, il débarque au Fernan Vaz le 10 octobre 1863[AM 13]. Sa base de Washington n'existe plus et il en fonde alors une nouvelle près de l'ancienne, qu'il nomme Plateau[AEF 1].

Le 18 août 1864, il expédie en Angleterre toutes les collections qu'il a amassées qui comprennent cinquante quatre crânes de différentes tribus, six peaux et sept squelettes de gorilles, une peau et deux squelettes de chimpanzés et 4 500 insectes[AEF 2].

Avec une flottille de pirogues, il part du Fernan Vaz le 14 octobre 1864 pour rejoindre son ami Quenguéza à Goumbi et rend visite avec lui aux Kele d'Obindji. Il explore la plaine des Shira mais une épidémie de variole le bloque pendant cinq mois, de novembre 1864 à mars 1865. Quenguéza est obligé de le quitter et, sans sa protection, les relations commencent à se tendre[AEF 3]. Du Chaillu reprend sa marche vers l'est et atteint Mayolo le 24 mars 1865. Il y demeure deux mois puis vit chez les Punu du 30 mai au 10 juin et chez les Tsogo du 10 au 22 juin. Il passe l'Ouano le 23 juin 1865 et, du 23 juin au 24 juillet 1865, visite toutes les montagnes et les villages de Niembouai, Mongon, Niembouai-Olomba et Mobana. Vers Mongon, il rencontre des Pygmées puis traverse la rivière Bembo[Note 6] le 22 juillet 1865 et arrive à Mouaou-Kombo[AM 19].

De plus en plus confronté aux rebellions, abandonné par ses porteurs, épuisé, il continue ses relevés géographiques et ethnologiques et garde toujours l'espoir de rejoindre le Tanganyika jusqu’à ce qu'un de ses hommes tue par accident deux hommes du village. La guerre est déclarée. Du Chaillu et ses hommes doivent fuir avec précipitation. L'explorateur perd alors toutes ses notes et ses photographies et parvient à revenir chez les Tsogo (27 juillet). Il rejoint Quenguéza le 10 septembre et descend avec lui le Rembo-Nkomi. Il charge sur un convoi de pirogues les billes d'ébène que le roi a récoltées pour lui et le quitte le 21 septembre 1865 à Goumbi[AEF 4]. Après avoir rejoint sa base, il embarque bredouille, ayant perdu tous ses bagages et ses collections, sur La Maranée, avec uniquement son chargement d'ébène (1er octobre 1865) et arrive en Angleterre au début de 1866[AM 20].

Du Chaillu habite à Twickenham en 1867 où il rédige L'Afrique sauvage (A Journey to Ashango-Land : and further penetration into equatorial Africa[13]) qui est publié à Londres chez Murray et sera traduit en français l'année suivante chez Michel Lévy Frères.

Le 10 avril 1867, il est à New York[AM 18]. L'édition américain de L'Afrique sauvage paraît fin avril chez D. Appleton & Co, ce qui vaut un long article élogieux du New York Times[14]. Du Chaillu fait de nombreuses conférences du 9 mai 1867 au 30 avril 1869 devant un public de plus en plus nombreux, impressionné par le côté théâtral et sensationnel de celles-ci[AM 18].

Le 11 mai 1870, l'American Geographical and Statistical Society lui remet la médaille d'argent que lui a décernée la Société impériale de géographie de Paris[AM 18].

Voyage en Scandinavie (1871-1878)

En 1871, Paul Du Chaillu s'installe de nouveau en Europe et effectue de 1871 à 1878 plusieurs voyages en Scandinavie. Il mène alors des recherches sur les origines, les traditions, les mœurs et coutumes des habitants de la Suède, de la Norvège, de la Laponie et du nord de la Finlande. Il y est reçu par les rois de Suède et de Norvège[AM 21].

Il fait paraître en 1881 à Londres The Land of the Midnight Sun[15] (Pays du soleil de minuit), un livre de 564 pages qui ne se vend qu'à 8 000 exemplaires[AM 22]. Du Chaillu accuse alors son éditeur d'incompétence[AM 22] et, en 1900, en établit une version jeunesse.

Un autre ouvrage est publié directement en français Un hiver en Laponie. Voyage d'hiver en Suède-Norvège, en Laponie et dans la Finlande septentrionale[Note 7] (Paris, 1884).

En 1889, il publie chez Scribner's Sons The Viking Age[16], un ouvrage en deux volumes de 600 pages chacun avec cartes et 1 366 illustrations.

L'homme de lettres

Dessin en noir et blanc d'un renne harnaché auprès duquel se tient un homme.
Illustration de The Land of the Midnight Sun.
Coupure de presse annonçant la tenue d'une conférence scientifique.
Conférence de Paul Du Chaillu à Scranton (Pennsylvanie) en 1869 (revue de presse).

Conférencier prolifique, adulé[AM 18], Paul Du Chaillu devient aussi écrivain pour enfants et publie de 1867 à 1872 chez Harper & Brothers à New York de nombreux ouvrages comme : Stories of the Gorilla Country, narrated for young people (1867)[17] , A Journey in Ashango land, and further penetration into Equatorial Africa (1867), Wild life under the Equator narrated for young people (1869)[18], Lost in the Jungle, narrated for young people (1870)[19], My Apingi Kingsdom, with life in the Great Sahara (1870)[20] ou The Country of the Dwarfs (1872)[21].

Tous ces ouvrages obtiennent un important succès et nombre d'entre eux connaissent des éditions remaniées de 1874 à 1890[AM 18] comme Adventures in the great forest of equatorial Africa and the country of the dwarfs[22] (1890), King Mombo[23] (1902) et In African forest and jungle[24] (1903).

Fin de vie

Paul Du Chaillu vit à partir de 1881 à New York, au 220 East 17th Street, au 84 Clinton Place, à l'hôtel Malborough ou à celui de Normandie. Il demeure aussi parfois à Boston ou à Philadelphie et sympathise au Jackass Club avec Julian Hawthorne, le fils de Nathaniel Hawthorne ainsi qu'avec le peintre William E. Plimpton.

Homme mondain, il assiste entre autres au mariage de Marie Barnard et échappe même à un attentat raciste[AM 22].

Affecté par la mort de son meilleur ami, le juge Daly, en 1899, il décide pour oublier son chagrin, d’étudier le russe pour partir explorer la Russie. S'il a soixante-dix ans, il n'en avoue que soixante-six et paraît physiquement encore jeune[25].

Correspondant spécial du New York Times, le 20 juin 1901, il part de New-York pour Saint-Pétersbourg. Nicolas II le reçoit le 6 juillet 1902 et le 30 novembre, il obtient l'autorisation de visiter la prison d’État. Il s'installe au début 1903 à l'hôtel de France à Saint-Pétersbourg mais, le 30 avril, alors qu'il prend son petit-déjeuner dans la salle à manger de l'hôtel, il perd soudainement la vue.

Reconduit à sa chambre, un pasteur et un médecin sont avertis. À six heures de l'après-midi, il parvient à dire ses derniers mots à ses amis et, amené à l'hôpital Alexandre, il y meurt à onze heures du soir[AM 21].

Son corps est embaumé et un service funèbre est célébré sur place le 2 mai en présence de nombreuses personnalités du monde entier[AM 21]. S'il est proposé de l'inhumer à Novo-Dievitchy, ses amis se cotisent et font transporter son corps sur le Consuelo. Débarquée à New York dans la nuit du 19 juin 1903, sa dépouille est exposée dans une chapelle ardente de l'entreprise Taylor's près du City College.

Photographie en couleurs d'un monument funéraire au nom de PAUL B. DU CHAILLU.
Tombe à Woodlawn Cemetery (New York).

Ses funérailles ont lieu le 24 juin 1903 à la Park Presbyterian Church en présence des représentants des sociétés de géographie américaines, scandinaves et russes, de la Société des auteurs des États-Unis, de la Société suédoise de chants et de nombreuses autres sociétés de toutes sortes. Son éloge funéraire est prononcé par le Dr Atterbury. Il est inhumé le lendemain au cimetière de Woodlawn.

Son exécuteur testamentaire, Henry R. Hoyt, constate que son ami est mort dans une extrême pauvreté, ne possédant que 500 dollars et aucun bien[26] ; Du Chaillu a en effet dépensé 56 000 dollars dans ses fouilles des tumuli scandinaves. Il découvre aussi qu'il n'a plus de famille.

Sa tombe dans le cimetière de Woodlawn où même la date gravée de sa mort (16 avril 1903) témoigne à elle-seule de l’ambiguïté de sa vie. Rajeuni de huit ans, (« Born in Louisiana in the year 1839 »), il y gagne une nationalité.

« AUTHOR AND AFRICAN EXPLORER » (Auteur et explorateur africain).

« Après une période de suspicion et surtout d'oubli à l'égard des observations étonnantes de Paul Du Chaillu, communément considérées comme plus ou moins exagérées (certaines le sont effectivement un peu), voire carrément inventées par pur souci de sensationnalisme journalistique (le bilan étant fait, il n'y en a finalement aucune qui puisse être ainsi considérée), on s'aperçoit que de multiples informations collectées à l'occasion de ces premiers contacts au Gabon sont en fait très cohérentes avec celles que les géographes, ethnologues, botanistes, zoologistes et autres spécialistes du XXe siècle ont pu recueillir bien longtemps après. [...] Ce découvreur autodidacte disait donc vrai ![27] »

Espèce découvertes et décrites par Paul Du Chaillu (liste non exhaustive)

Les collectes de Du Chaillu furent impressionnantes. Elles comprennent 2 000 oiseaux, 100 quadrupèdes et 4 500 insectes. Elles sont toujours conservées dans les musées de Philadelphie, de Boston et de Londres[28]. Malgré les nombreuses espèces nouvelles découvertes, seules quelques-unes lui ont été dédiées ou portent son nom[28], les dénominations étant attribuées par les naturalistes qui décrivent et du Chaillu n'en ayant décrit que quelques-unes.

Photographie en couleurs d'un petit mammifère naturalisé.
Potamogale velox.

Trente-neuf espèces nouvelles d'oiseaux sont décrites dans les Proceeding of the Academy of Natural Sciences of Philadelphia de 1855 à 1865, l'Académie s'enrichissant de 240 espèces dont :

Peuples découverts par Du Chaillu

Patrick Mouguiama-Daouda dresse la liste des peuples découverts par Du Chaillu[40].

Publications

Il est l'auteur d'ouvrages de vulgarisation sur la nature comme The world of the great forest; how animals, birds, reptiles, insects talk, think, work, and live[41] (1900).

  • Comparaisons of cranial measurements of gorillas, chimpanzees and men, Proceedings of Natural History Society of Boston no 5, 1860, p. 417
  • Descriptions of Five New Species of Mammals Discovered in Western Equatorial Africa, Proceedings of Natural History Society of Boston no 7, 1860, p. 296-304 et p. 358-367
  • Explorations and Adventures in Equatorial Africa, Murray, Londres, 1861
  • Observations on the people of Western Africa, Ethnological Society of London, vol.1, 1861, p. 305-315
  • Résumé des voyages effectués de 1856 à 1859 dans l'Afrique Équatoriale Occidentale, Bulletin de la Société de Géographie, janvier-juin 1862, p. 133-147
  • Paul Du Chaillu, Voyages et Aventures dans l'Afrique Equatoriale, Paris, Levy Frères,
  • Second journey into Equatorial Western Africa, Royal Geographical Society, vol.36, 1866, p. 64-76
  • Second voyage de Paul Du Chaillu dans l'Afrique Équatoriale, Annales des Voyages, T.2, 1866, p. 56-71
  • A Journey to Ashango-Land and Further Penetration into Equatorial Africa, Murray, Londres, 1867 ; Harper & Brothers, New York, 1874
  • Le pays d'Ashango, Annales des Voyages, T.3, 1867, p. 257-290
  • L'Afrique sauvage. Nouvelles excursions au pays des Ashangos, Levy Frères, Paris, 1868
  • Ethnologie de l'Afrique Équatoriale, Annales des Voyages, T.1, 1868, p. 313-326
  • Wild Life under the Equator, Harper and Brothers Publishers, New York, 1869
  • Lost in the Jungle, Harper and Brothers Publishers, New York, 1870
  • Equatorial Africa, with an account of the Race of Pigmies, American Geographical and Statistical Society Journal, vol.2, 1870, p. 99-112
  • My Apingi Kingdom : Wild Life in the Great Sahara, Harper and Brothers Publishers, New York, 1871
  • The Country of the Dwarfs, Sampson Low Son and Marston, 1872
  • The Land of the midnight sun summer and winter journeys through Sweden, Norway, Lapland, and Northern Finland, with descriptions of the inner life of the people, their manners and customs, the primitive antiquities, etc., J. Murray, Londres, 1881
  • Le Pays du soleil de minuit, voyages d'été en Suède, en Norwège, en Laponie et dans la Finlande septentrionale, C. Lévy, Paris, 1884
  • The Viking Age, the early history, manners, and customs of the ancestors of the English-speaking nations, illustrated from the antiquities discovered in mounds, cairns, and bogs, as well as from the ancient Sagas and Eddas, J. Murray, Londres, 1889
  • Ivar the Viking, a romantic history based upon auithentics facts of the third and fourth centuries, Charles Scribner's Sons, New York, 1893
  • Stories of Gorilla Country, Harper and Brothers Publishers, New York et Londres, 1895
  • The land of the long night, Charles Scribner's Sons, New York, 1899
  • King Mombo, Charles Scribner's Sons, New York, 1902
  • In African forest and jungle, Charles Scribner's Sons, New York, 1903

Postérité

Le massif montagneux du Chaillu, au centre du Gabon, a été nommé en son honneur[42].

Notes et références

Notes

  1. a et b Des controverses ont existé autour de la date (1831, 1835 ou 1837) et du lieu de naissance (île Bourbon, Paris, Dakar, La Nouvelle-Orléans ou la Caroline du Sud) de Paul Du Chaillu. Sa pierre tombale indique, elle, la Louisiane[1].
  2. La biographie du père de Paul Du Chaillu est retracée par Annie Merlet dans l'ouvrage Cœur d'Afrique, p. 17-22.
  3. Annie Merlet tient ces informations de publication de la Feuille hebdomadaire de l'Ile Bourbon des 20 septembre et 1er novembre 1843 [AM 4])
  4. Le financement du voyage reste inconnu.
  5. La somme n'a jamais été dévoilée[AM 15].
  6. Non identifiée, Du Chaillu la cite dans L'Afrique sauvage, Hachette, 1868, p. 282.
  7. Sur Du Chaillu et ses descriptions des pays nordiques, voir Vincent Fournier, L'Utopie ambiguë. La Suède et la Norvège chez les voyageurs et essayistes français (1882-1914), Clermont-Ferrand, Adosa, 1989.

Références

  • Paul Du Chaillu, Voyages et Aventures dans l'Afrique Équatoriale, 1863.
  1. Du Chaillu 1863, p. 105.
  2. Du Chaillu 1863, p. 27.
  3. Du Chaillu 1863, p. 93.
  4. Du Chaillu 1863, p. 149-150.
  5. Du Chaillu 1863, p. 210.
  6. Du Chaillu 1863, p. 32.
  7. Du Chaillu 1863, p. 248.
  8. Du Chaillu 1863, p. 249.
  • Paul Du Chaillu, Ethnologie de l'Afrique Équatoriale, Annales des Voyages, T.1, 1868.
  • Annie Merlet, Paul Du Chaillu ou l'invention d'un destin, 2007.
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  2. Merlet 2007, p. 18.
  3. Merlet 2007, p. 18-19.
  4. a, b, c et d Merlet 2007, p. 19.
  5. Merlet 2007, p. 20.
  6. a, b et c Merlet 2007, p. 22.
  7. a et b Merlet 2007, p. 23.
  8. a, b et c Merlet 2007, p. 24.
  9. Merlet 2007, p. 25.
  10. a, b et c Merlet 2007, p. 27.
  11. Merlet 2007, p. 287.
  12. Merlet 2007, p. 31.
  13. a et b Merlet 2007, p. 33.
  14. Merlet 2007, p. 37.
  15. a, b, c, d, e, f et g Merlet 2007, p. 38.
  16. Merlet 2007, p. 39.
  17. Merlet 2007, p. 43.
  18. a, b, c, d, e et f Merlet 2007, p. 44.
  19. Merlet 2007, p. 34.
  20. Merlet 2007, p. 35.
  21. a, b et c Merlet 2007, p. 46.
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  • Autres sources
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  10. Alexandre Tarrieu, « Les Passagers du Great-Eastern en 1867 », Bulletin de la Société Jules Verne, no 174,‎ , p. 11.
  11. Volker Dehs, Olivier Dumas et Piero Gondolo della Riva, Correspondance inédite de Jules Verne et de P-J. Hetzel, t. 1, Slatkine, , p. 68, lettre 39 d'août 1867.
  12. Paul Du Chaillu, L'Afrique sauvage, Lévy Frères, , p. 1-2.
  13. Exemplaire numérisé.
  14. New York Times du 28 avril 1867.
  15. Deux volumes numérisés : volume 1 (actuellement indisponible) et volume 2.
  16. Deux volumes numérisé : volume 1 et volume 2.
  17. Exemplaire numérisé.
  18. Exemplaire numérisé.
  19. Exemplaire numérisé.
  20. Exemplaire numérisé.
  21. Exemplaire numérisé.
  22. Exemplaire numérisé.
  23. Exemplaire numérisé.
  24. Exemplaire numérisé.
  25. New York Times du 1er mai 1903.
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  30. (en) J.A.G. Rehn, « African and Malagasy Blattidae (Orthoptera) », Proceeding of the Academy of Natural Sciences of Philadelphia, no 89,‎ , p. 109.
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  32. (en) P. B. du Chaillu, « Descriptions of Five New Species of Mammals Discovery in Western Equatorial Africa », Proceedings of Natural History Society of Boston, no 7,‎ , p. 302-303.
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  36. (en) Paul Du Chaillu, « Comparisons of cranial measurements of gorillas, chimpanzees and men », Proceedings of Natural History Society of Boston, vol. V,‎ , p. 366-367.
  37. http://www.iucnredlist.org/details/136461/0.
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  39. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o et p Jean-Pierre Gautier et Patrice Christy, « Un explorateur chasseur naturaliste », dans Jean-Marie Hombert et Louis Perrois (dir.), Cœur d'Afrique, CNRS Éditions, , 224 p. (ISBN 978-2-271-06470-7), p. 122-123.
  40. Patrick Mouguiama-Daouda, « Peuples et langues », dans Cœur d'Afrique, CNRS Éditions, , p. 129-139.
  41. Exemplaire numérisé.
  42. Roland Pourtier, « Paysages et climats du Gabon occidental », dans Cœur d'Afrique, CNRS Éditions, , p. 114.

Annexes

Bibliographie

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

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  • John Cassin, Catalogue of birds collected on the river Muni, Western Africa, by Mr P. B. Duchaillu in 1856, with notes and descriptions of new species, Proceedings of the Academy of Natural Sciences of Philadelphia, vol.9, avril 1857, p. 1-7
  • John Cassin, Catalogue of birds colected on the rivers Camma and Ogobai, Western Africa by Mr P. B. Duchaillu in 1858, with notes and descriptions of new species, Proceedings of the Academy of Natural Sciences of Philadelphia, vol.11, juin 1859, p. 133-144
  • D. Brewster, Du Chaillu's Explorations and Adeventures, North British Review, vol.35, 1861, p. 219-252
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  • J. E. Gray, The discoveries of Mr Du Chaillu, Times, 20 mai 1861
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  • H. E. Smith, Reminiscence of Paul Du Chaillu, The Independant, 14 mai 1903
  • M. Vaucaire, Paul Du Chaillu : gorilla hunter, being the extraordinary life of P. Du Chaillu, Harper & Brothers, 1930
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  • Numa Broc, Dictionnaire illustré des explorateurs et grands voyageurs français du XIXe siècle. I. Afrique, Éditions du Comité des Travaux historiques et scientifiques, Paris, 1988, xxxii + 346 p. (ISBN 2-7355-0158-2) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • V. Mello-Pons, Paul Belloni Du Chaillu et ses explorations du Gabon : 1855-1865, Université Paris I, Mémoire de Maitrise sous la direction de C-H. Perrot et de R. Pourtier, 1992
  • B. Mve Ondo, Paul Du Chaillu : un explorateur entre ses fantasmes, l'idéologie coloniale et la réalité africaine, in Voyage et Aventures en Afrique Équatoriale, Sépia/Centre Culturel Français de Libreville, 2002
  • Jean-Paul Gautier, P. Mougiama-Daouda, R. Mayer, Sur les traces de Du Chaillu, Rapport général des missions effectuées au Gabon en 2004, Libreville, CNRS, Université Omar Bongo, Ambassade de France, Total Gabon, EAC, WCS, 2005
  • Jean-Marie Hombert et Louis Perrois (dir.), Cœur d'Afrique : gorilles, cannibales et Pygmées dans le Gabon de Paul Du Chaillu, CNRS éd., Paris, 2007, 216 p. (ISBN 978-2-271-06470-7) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Annie Merlet, « Paul Du Chaillu ou l'invention d'un destin », dans Jean-Marie Hombert et Louis Perrois (dir.), Cœur d'Afrique, CNRS Éditions, , 224 p. (ISBN 978-2-271-06470-7). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) John Miller, « Meat, Cannibalism and Humanity in Paul du Chaillu’s Explorations and Adventures in Equatorial Africa; or, What Does a Gorilla Hunter Eat for Breakfast? », Gothic Studies, vol. 16, no 1,‎ (DOI 10.7227/GS.16.1.6)

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