Pascal Paoli (navire)

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Pascal Paoli
Image illustrative de l'article Pascal Paoli (navire)
Le Pascal Paoli au large de Bastia

Type Navire mixte
Histoire
Chantier naval Van der Giessen-de Noord NV, Krimpen aan den IJssel, Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas (#986)
Commandé
Quille posée
Lancement
Mise en service
Statut en service
Caractéristiques techniques
Longueur 176 m
Maître-bau 30,50 m
Tirant d'eau 6,50 m
Tirant d'air 42 m
Port en lourd 7 281 t
Tonnage 35 760 UMS
Propulsion 4 moteurs Wärtslä 9L46, 9 cylindres en ligne
Puissance 37 800 kW
Vitesse 24 nœuds
Caractéristiques commerciales
Pont 11
Passagers 655 passagers, 130 véhicules et 2 300 mètres linéaires de fret
Carrière
Armateur SNCM (2003-2016)
Robin de Malet Fiduciaire (depuis 2016)
Affréteur Corsica Linea (depuis 2016)
Pavillon Drapeau de la France France
Port d'attache Bastia
IMO 9247510
Coût 91 millions d'euros

Le Pascal Paoli est un navire mixte de Corsica Linea. Mis en service en 2003 pour le compte de la SNCM, il assure principalement la ligne vers le port de Bastia toute l'année de nuit depuis Marseille. Il porte le nom d'une importante figure historique corse en la personne de Pascal Paoli.


Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

En mars 1999, dans une lettre adressée au personnel, la direction de la Société nationale maritime Corse-Méditerranée annonce que le Monte Rotondo, affecté sur la Balagne, doit être remplacé. En effet, ce navire, datant de 1973, était censé quitter la flotte après la mise en service du Paglia Orba, cependant, l'échouement du Monte Stello, survenu le 1er janvier 1994 au large de Bonifacio, donne un sursis à la carrière du Monte Rotondo.

Indépendamment du remplacement de l’ancien cargo, il convient également d’améliorer la desserte de Bastia. En effet, la vitesse insuffisante du Paglia Orba, mais surtout sa capacité fret réelle en dessous des 2 200 mètres linéaires annoncés, font que ce navire sera inadapté sur la ligne de Bastia à l’horizon 2002. L’apport d’une unité plus performante permettra également par conséquent l’amélioration de la desserte des ports d’Ajaccio et de Porto-Vecchio en déplaçant sur ces ports respectivement le Paglia Orba et le Monte d'Oro. Une fois que l’OTC aura établi le premier appel d’offres ouvert à la concurrence (pour la période 2002-2006), des discussions pourront s’engager pour déterminer le type de navire nécessaire et la date de sa mise en service. Cependant, sans attendre le futur cahier des charges de l’instance corse, les services de la SNCM entament leurs réflexions sur le cargo qui desservira Bastia. La capacité d’emport de fret proposée apparaît comme le principal critère dans la définition du navire. Il est estimé que la longueur de roulage réelle de cette future unité doit être supérieure de 20% à celle du Paglia Orba, ce qui fixe une longueur de 2 300 mètres linéaires. Contrairement à ce dernier, il devra disposer d’une rampe fixe pour accéder à la pontée et d’une rampe séparée pour l’embarquement des voitures des passagers. Cette disposition conduit ainsi à une capacité de 160 remorques. La vitesse devient également un facteur important, comme en témoignent en 1999 toutes les constructions neuves de navires mixtes conçus avec des vitesses de 22 nœuds et plus. La vitesse de 23 nœuds est retenue dans le cahier des charges, car source d’amélioration de la qualité de service. Elle permettra aux transporteurs d’arriver plus tard au port d’embarquement. Cette vitesse s’est également imposée car, initialement, le navire devait effectuer un aller-retour sur Livourne depuis Bastia dans la journée.

Indépendamment de ces travaux internes à la compagnie, l’exécutif corse s’emploie à définir son premier cahier des charges correspondant aux directives de l'Union européenne. Il ne se prononce définitivement sur la nouvelle délégation de services publics qu’en novembre 2000, obligeant la SNCM, comme la CMN et le groupe Corsica Ferries, à fourbir ses armes dans des délais assez brefs. Les résultats devant être rendus publics en juin 2001, cela ne laissera que six mois au nouveau concessionnaire pour répondre aux obligations de la nouvelle DSP. Mais, confiante en ses possibilités, en considérant que le nouveau cargo mixte sera un atout supplémentaire dans sa réponse à l’appel d’offres, le conseil d’administration de la SNCM entérine la commande de cette nouvelle unité dès le mois de décembre 2000 auprès des chantiers Van der Giessen de Noord. L’offre des chantiers néerlandais s’avère la plus intéressante sur le plan financier comme technique. En effet, cette commande a pu être passée avant que prenne effet, le 1er janvier 2001, la modification de la législation européenne sur les aides à la construction navale. Van der Giessen pouvait donc toujours recevoir des subventions de ses autorités de tutelle, jusqu’à 9% de la valeur du navire. D’autre part, le chantier possède une solide expérience dans la construction de car-ferries et de cargos mixtes. L’appel d’offres de la DSP remporté en juin 2001, la SNCM peut alors définir complètement les caractéristiques de son futur navire. Ce sont essentiellement les aménagements intérieurs destinés aux passagers qui sont concernés. Le nombre de 160 cabines est finalement arrêté ainsi qu’un salon de cinquante fauteuils. L’appel d’offres exige également une restauration qui intègre un service en salle à manger et un point complémentaire de restauration rapide. Pour ce faire, il est nécessaire de prévoir une nouvelle offre aux passagers et une nouvelle organisation de travail. Le navire défini, il reste à lui trouver un nom. La direction propose, pour perpétuer la tradition des noms de montagnes corses, le nom de Bavella. Or, le nom de Pasquale Paoli avait été précédemment proposé par les instances corses pour le nouveau car-ferry. Celui-ci passant de Méditerranée à Danielle Casanova, le nom du père de la nation corse restant vacant est finalement attribué au nouveau cargo.

Construction[modifier | modifier le code]

La SNCM et les chantiers Van der Giessen de Noord signent le contrat de construction le 29 décembre 2000. Le navire est mis sur cale le 29 janvier 2002 et lancé le 26 octobre 2002. Les essais à la mer ont lieu du 26 au 28avril puis du 9 au 11 mai 2003. Il est livré à la SNCM le 16 mai 2003. Le Pascal Paoli est conçu de manière similaire à celle des car-ferries de la compagnie. Il a, en effet, la taille du Danielle Casanova, avec ses 176 mètres de long. Il est également, à sa mise en service, le navire mixte le plus important en termes de capacité jamais aligné sur la Corse. Mais il reprend également du ferry le confort et les aménagements intérieurs dont la conception sont l’oeuvre du même cabinet d’architecte que pour les cruises-ferries de la SNCM. Les similitudes se retrouvent également sur le plan technique avec la même motorisation que le Danielle Casanova, ce qui lui confère une vitesse bien supérieure à celle de ses prédécesseurs. Il est également muni des mêmes safrans, de type Becker. Contrairement au Paglia Orba, il ne dispose pas de portes d’étraves, sa largeur permet aux camions de faire demi-tour à l’intérieur du garage. D’autre part, le pont 7 est entièrement consacré aux passagers, qui quittent leur véhicule pour accéder directement au hall d’accueil. Dans sa conception comme dans sa ligne, le Pascal Paoli rompt avec les autres navires mixtes de la compagnie. Il incarne ainsi pleinement la nouvelle orientation du service public de la continuité territoriale, privilégiant l’emploi de cargos mixtes. Il marque également symboliquement le virage que veut prendre la SNCM au début des années 2000. Sa livrée blanche et bleue préfigure le devenir de la flotte, la marque commerciale "Ferryterranée" disparaît, laissant la place au seul logo avec le nom SNCM peint en bleu foncé ; il figure également sur la coque, pour la première fois, l’adresse du site internet de la compagnie, peint en rouge.

Service[modifier | modifier le code]

Le Pascal Paoli sous les couleurs de la SNCM à Bastia.

Le 18 mai 2003, le Pascal Paoli quitte le port de Krimpen aan den IJssel à destination de Marseille. Le lendemain, il fait escale dans le port du Havre afin de charger 812 véhicules Renault neufs destinés à être débarqués à Marseille et à Bastia. Le 23 mai, le nouveau cargo de la SNCM arrive à Marseille où il est accueilli à la passe nord par une vedette où ont embarqué le président de la compagnie, Pierre Vieu, les membres de la direction et la presse. Le navire accoste à 16h05 au poste 119. Le 28 mai, le Pascal Paoli effectue sa première traversée à destination de la Corse. Le nouveau cargo mixte appareille de Marseille à 11h14 et rejoint Bastia à 20h58 ; la traversée s’est effectuée à la vitesse de 25,06 nœuds en route libre. Une fois les voitures embarquées au Havre déchargées, le navire quitte le port de Bastia à 0h12 pour Marseille où il accoste au poste 119 à 9h55. Ces deux traversées n’étaient pas ouvertes à la clientèle. C’est le soir même à 19h00 que le Pascal Paoli débute son exploitation commerciale.

Abordage du Pascal Paoli par le GIGN le 28 septembre 2005.

Le 27 septembre 2005, pendant le mouvement social consécutif à la décision de privatiser la SNCM, des marins grévistes du Syndicat des travailleurs corses investissent le Pascal Paoli, amarré à la digue du large du port de Marseille. Ils ont pour projet d’acheminer le navire vers Bastia. Le commandant est conduit à appareiller, franchir la passe Nord et faire route vers la Corse. Durant la traversée, le Pascal Paoli est survolé par des hélicoptères militaires. Le navire arrive aux environs de Bastia vers 23h00 mais n’accoste pas, comme le souhaitent les marins grévistes, et passe la nuit à quelques encablures du port. Au petit matin du 28 septembre, après que la décision ait été prise durant la nuit par les autorités, des membres du commando Hubert et GIGN, à l’aide de cinq hélicoptères, prennent possession du bord. Les marins grévistes n’opposent aucune résistance et les militaires reprennent alors le contrôle du navire. Celui-ci, sous escorte de la Marine nationale, est dirigé vers Toulon, où il accoste dans l’enceinte de la base navale, à l’appontement Milhaud 1 vers 20h45. Il y reste jusqu’au 13 octobre, date à laquelle il appareille pour Marseille dans la soirée.[1],[2].

Le 5 janvier 2016, le Pascal Paoli est transféré à la Maritime Corse Méditerranée, nouvelle entité succédant à la SNCM à la suite de sa reprise par l'homme d'affaire corse Patrick Rocca. Le 3 février, à l’issue de son arrêt technique aux chantiers tunisiens de Menzel Bourguiba, le navire arrive à Marseille vierge de toute marque commerciale. C'est finalement à la fin du mois de mai 2016 qu'il reçoit la livrée rouge de Corsica Linea, la marque commerciale du consortium corse Corsica Maritima qui a fusionné avec la MCM. Le navire appareille de Marseille à destination de Bastia le 25 mai 2016 pour son premier voyage sous ses nouvelles couleurs.

Aménagements[modifier | modifier le code]

Locaux communs[modifier | modifier le code]

Le Pascal Paoli est équipé d'un restaurant de 198 places, d'un bar de 201 places et d'une sandwicherie situés sur le pont 7. Ces installations sont peu nombreuses mais d'une qualité comparable à celle d'un cruise-ferry, ce qui était rare pour un navire mixte navigant en Méditerranée à l'époque de la mise en service du Pascal Paoli.

Cabines[modifier | modifier le code]

Le Pascal Paoli dispose de 160 cabines privatives toutes situées sur le pont 8. Internes ou externes, elles peuvent loger deux ou quatre personnes et sont toutes pourvues de sanitaires complets. Un salon de 78 fauteuils situé vers la poupe est à la disposition des passagers ne possédant pas de cabine.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Le Pascal Paoli mesure 176 mètres de long pour 30,50 mètres de large, son tirant d'eau est de 6,50 mètres et sa jauge brute est de 35 760 tonneaux. Le navire peut embarquer 655 passagers et possède un garage de 2 300 mètres linéaires de roll pouvant également contenir 130 véhicules et accessible par deux portes-rampes arrières de 18 mètres de longueur chacune et de largeur de 12 mètres à bâbord et 6,4 mètres à tribord. Il est entièrement climatisé. Il possède 4 moteurs Wärtslä 9L46 développant une capacité de 37 800 kW entraînant 2 hélices à pas variable faisant filer le bâtiment à plus de 24 nœuds. Le navire mixte est en outre doté de deux propulseurs d’étrave Lips de 1 500 kW chacun et de stabilisateur à ailerons repliables ACH Engineering. Le navire est pourvu de deux embarcations de sauvetages fermées de grande taille, complétées par deux embarcations semi-rigides ainsi que de nombreux radeaux de survie.

Lignes desservies[modifier | modifier le code]

Depuis sa mise en service, le Pascal Paoli dessert principalement Bastia au départ de Marseille en traversée de nuit. Il touche de manière exceptionnelle les ports secondaires de Porto-Vecchio ou de L'Île-Rousse. Il lui est également arrivé, en saison, au début de sa carrière, d’effectuer des rotations sur Nice, Toulon et Porto Torres en Sardaigne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]