Corse (ferry)

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Grand Ferry
Image illustrative de l’article Corse (ferry)
Le Corse à Bastia en 2011
Autres noms Corse (1983-2018)
Type Ferry
Histoire
Chantier naval Dubigeon, Nantes, Drapeau de la France France (#163)
Commandé
Quille posée
Lancement
Mise en service
Statut Désarmé
Équipage
Équipage 15 officiers et 111 hommes
Caractéristiques techniques
Longueur 145 m
Maître-bau 23,80 m
Tirant d'eau 6,30 m
Port en lourd 2 275 tpl (1983-2018)
2 311 tpl (Depuis 2018)
Tonnage 12 676 UMS (1983-2001)
12 686 UMS (2001-2018)
20 805 UMS (Depuis 2018)
Propulsion 4 moteurs Pielstick 16PC2-5
Puissance 27 560 kW (41 600 Ch)
Vitesse 23,5 nœuds
Caractéristiques commerciales
Pont 11
Capacité 1983-1999 :
2 262 passagers
700 véhicules
1999-2018 :
2 303 passagers
620 véhicules
Depuis 2018 :
870 passagers
670 véhicules
Carrière
Armateur SNCM (1983-2016)
MH Marine Co (depuis 2016)
Affréteur Karaneh Lines (depuis 2018)
Pavillon Drapeau de la France France (1983-2018)
Drapeau des Palaos Palaos (depuis 2018)
Port d'attache Marseille (1983-2018)
Malakal Harbour (depuis 2018)
Indicatif Foxtrot.svg November.svg Zulu.svg Victor.svg (FNZV) (1983-2018)
T8A2282 (depuis 2018)
IMO 8003620

Le Corse est un ferry construit de 1981 à 1983 par les chantiers Dubigeon à Nantes pour la Société nationale maritime Corse-Méditerranée (SNCM). Mis en service en , il est principalement affecté aux lignes saisonnières entre Nice et la Corse avec son sister-ship l’Estérel. Retiré du service à la fin de l'année 2014 après 31 ans de carrière, il est désarmé à Marseille. Unique navire non repris à la suite de la liquidation de la SNCM, il quitte Marseille le en remorquage, vendu par le liquidateur de la SNCM à une nouvelle société. Il est ensuite transformé courant 2018 et rebaptisé Grand Ferry pour le compte de l'armateur iranien Karaneh Lines. Prévu pour assurer une ligne entre le Qatar, le Koweït et Oman courant 2019, il n'a cependant plus repris la mer. Malgré le changement de propriétaire et d'importants travaux réalisés à bord, il demeure inutilisé.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

En application du plan d’entreprise portant sur le développement de la flotte de la Société nationale maritime Corse-Méditerranée soumis aux autorités de tutelle le , un car-ferry à forte capacité doit être mis en service pour l’été 1981 en remplacement du Corse premier navire portant ce nom, ou du Comté de Nice. Ce navire, baptisé Estérel, est mis en service en . Dans le contrat passé avec les chantiers Dubigeon-Normandie pour la construction de l’Estérel figurait une option portant sur la construction d’un second navire, identique. Cette option, devant être levée au début de 1980, répond au schéma de développement de la flotte de la continuité territoriale établi en 1978. Sa levée est soumise à la poursuite de l’évolution du trafic et à la date de fin des travaux du port de Nice. Or, les résultats de la saison 1979 confirment la tendance à la hausse et les instances niçoises assurent que des navires de 145 mètres pourront être accueillis dès 1981. Rien ne s’oppose donc à la construction d’un deuxième gros-porteur, autorisée par l’État le . L’annonce de la commande est faite au personnel le et celle-ci est signée le 29 suivant. Entre la commande du car-ferry et sa mise en service, le contexte politique national aura changé. Initialement, le nom retenu pour le navire, et arrêté par le ministre des Transports, devait être Fred Scamaroni. Avec le changement de majorité, proposition avait été faite d'attribuer le nom de Danielle Casanova. Dans un souci de neutralité, et pour que le nom symbolise l’île alors que son jumeau rappelle le continent, le navire se nomme finalement Corse.

Construction[modifier | modifier le code]

Le Corse, est mis sur cale à Nantes, le et lancé le . Il quitte Nantes pour Saint-Nazaire le et entre en forme 1. Les essais à la mer ont lieu du , appareillage de la forme Joubert à Saint-Nazaire, au , avec une arrivée à Nantes. Le car-ferry est livré à la SNCM le à 10h00.

Le Corse à sa sortie des chantiers Dubigeon en avril 1983.

Service[modifier | modifier le code]

SNCM (1983-2016)[modifier | modifier le code]

Le à 23h16, le Corse quitte Nantes à destination de Marseille, qu'il atteint pour la première fois le à 10h49 en accostant au poste 115. Il effectue son premier voyage, non commercial, le au départ de Marseille à destination d'Ajaccio afin d'acheminer des CRS et leur matériel. Le , le Corse effectue une sortie en mer de présentation, au départ de Marseille. Le , le navire est baptisé à Ajaccio en présence du ministre de la mer, Guy Lengagne ; la marraine étant Anne Rousseau-Raffaelli. Après le baptême, un court périple est proposé l’après midi le long des côtes corses. Puis le navire appareille pour Nice où il arrive le lendemain matin. Il est présenté aux autorités locales lors d’une nouvelle sortie en mer de 11h00 à 17h00.

En , le navire participe à l'évacuation des troupes françaises au Liban.

Le , un avion signale au large de Nice qu'une épaisse fumée émane d’un bateau et que deux embarcations de survie sont à l'eau. Alors qu’un Canadair est dépêché sur place, le Corse qui a appareillé de Nice signale qu'il se détourne pour porter assistance à l’embarcation en difficulté. Le Canadair, Pélican 23, est rapidement sur zone et entre en contact visuel avec le Corse une demi-heure après ; l’hydravion survole alors le navire et lui indique la direction à suivre. Un dinguy est par la suite repéré avec 10 personnes à bord ; dans les minutes qui suivent, les occupants, sains et saufs, du voilier One Way embarquent par la porte réservée au pilote sur tribord. Le Corse reprend alors sa route vers L'Île-Rousse.

Le , le CrossMed reçoit un appel de détresse du voilier Samoa se trouvant dans les parages du Cap Ferrat avec 8 personnes à bord, dont 5 enfants. Sa voile est déchirée, son moteur est trop faible pour franchir les vagues et le seul barreur à bord est épuisé. La météo étant trop défavorable, l’assistance de la SNSM s’avère compromise ; la décision est alors prise d’évacuer les occupants du voilier et de les hélitreuiller sur le Corse, dérouté sur place. L’opération durera une vingtaine de minutes et tous les naufragés, sains et saufs, regagneront Nice à bord du car-ferry.

Le , le Corse effectue sa première escale à Calvi sous les ordres du commandant Faugère, inaugurant ainsi les nouveaux aménagements du port permettant à la cité de la Tour du Sel d’accueillir des navires de plus grande capacité.

Le , entre Nice et Calvi, le Corse porte assistance à la vedette Chrislaur, sombrant par voie d’eau ; les occupants, à bord d’un canot de survie et un pneumatique sont récupérés.

Dans la nuit du 10 au , entre Bastia et Toulon, l’occupant d’une vedette de 11 mètres est récupéré, alors qu’il dérivait, en panne de carburant, depuis une semaine.

Au début des années 1990, il est un temps envisagé d’allonger l'Estérel et le Corse, afin d’accroître leurs capacités de transport de passagers et de véhicules, mais surtout de pouvoir installer des cabines plus confortables au standard du Danielle Casanova ou de l’Île de Beauté, mais le projet ne verra finalement pas le jour.

Le , le Corse, en provenance de Bastia, est détourné sur Toulon, affrété par l'État afin d’acheminer des militaires et leur matériel en Arabie Saoudite. Il accoste au quai d'honneur de l'arsenal militaire et débarque ses passagers et leur véhicules. Sans tarder se succèdent les opérations d’avitaillement puis d’embarquement. 871 militaires et 133 véhicules prennent place pour une traversée qui les mènera jusqu'à Yanbu. Le navire est placé sous l’autorité du CECMED, commandant en Chef pour la Méditerranée ; il intègre le groupe ANGELA en compagnie des navires Atlas et Cap Ferrat. Deux autres groupes sont constitués : ALICE composé du Castelet, de l'Île de la Réunion et de l’Estérel ; ARLETTE constitué par le Girolata de la CMN et le Casablanca. Le Corse appareille la nuit même, escorté par l’aviso Drogou. Dès le lendemain, la vie à bord s’organise. La discothèque est mise à disposition du Colonel et de ses adjoints afin d’installer leur PC. Pour la distraction des hommes, deux séances de cinéma sont prévues par jour. Après quatre jours de navigation, le Corse, qui a eu l’autorisation de précéder son groupe afin d’avitailler, arrive à Port Saïd, puis, entame la traversée du Canal de Suez. À la sortie, le convoi passe sous commandement d’Alindien, Amiral commandant les forces maritimes en Océan Indien. Les navires, groupés et distants d’un demi mille les uns des autres, sont escortés par l'aviso Commandant Bory, puis par le croiseur Colbert, tout en étant survolés par les Breguet Br.1050 Alizé du porte-avions Clemenceau.

Le en soirée, une cérémonie, présidée par le commandant Faugère, se tient au pont C arrière. Elle est organisée par le 21e RPIMA pour la St Michel, patron des parachutistes. À cette occasion, après la remise d’un pavillon tricolore par l’équipage au Colonel, ce dernier exprime ses vifs remerciements à tout le bord pour ces neuf jours de cohabitation dans une ambiance toujours excellente. Le lendemain à midi, le Corse accoste à Yanbu. Une fois les militaires et leurs véhicules débarqués, le navire appareille en fin d’après midi. Après la traversée du canal de Suez dans le même convoi que le Clemenceau et le Colbert, le Corse dépasse les deux vaisseaux et fait route sur Toulon. Il accoste au quai d'honneur de l'arsenal militaire le à 17h00.

Durant l’arrêt technique du au , la coque est peinte aux couleurs "SNCM Ferryterranée" et le navire est mis en conformité SOLAS.

Le , les 820 participants du Rallye Dakar 1992 embarquent à Sète à bord du Liberté et du Corse, affrétés par la société "Africatours SA", à destination de Misrata en Libye. Les deux navires de la SNCM transportent au total 115 camions, 230 voitures, 100 motos et 2 hélicoptères. (196 véhicules et les 2 hélicoptères pour le Corse).

Tout comme l’Estérel, le Corse effectue en 1992, deux aller/retour entre Toulon et Rijeka en Yougoslavie dans le cadre de l’opération "Amarante".

Le , le Corse entre dans le port de L'Île-Rousse par 60 nœuds de vent. Les amarres ne peuvent être capelées, les fortes rafales écartent la proue du navire. Le commandant décide de repartir et, dans cette manœuvre rendue extrêmement difficile par les conditions météo, le Corse talonne un haut fond. Le car-ferry se dirige alors vers Ajaccio pour déposer ses passagers puis se rend à Toulon à allure réduite. Après une escale dans l’arsenal militaire, et devant l’étendue de l’avarie constatée, il est décidé de rejoindre Marseille. La coque du navire est enfoncée à bâbord sur 40 mètres mais également sur 26 mètres à tribord, en plus d’être déchirée en deux endroits sur 7 mètres et 70 centimètres. Les travaux de remise en état s’étaleront jusqu’au .

Dans la nuit du 21 au , entre Alger et Marseille, le Corse sauve les cinq membres d’équipage de nationalité allemande du voilier Victoria, victime d'une voie d'eau. C’est vers 2h45 que l’officier de quart reçoit un message de détresse puis aperçoit une fusée rouge. Le Corse se dirige alors vers la position indiquée et vers 3h25 les cinq personnes sont récupérées par la porte bâbord réservée au pilote.

Dans le cadre de l’opération Hermine, le Corse est affrété par la Défense à partir du , le car-ferry quitte Marseille pour Toulon où 1 126 militaires embarquent ainsi que 140 véhicules. Le navire appareille le à 18h06 pour Ploče en Yougoslavie et arrive à destination le 23. Il ne reste que le temps de débarquer les passagers et leur matériel et appareille aussitôt. Il mouille dans le Golfe de Tarente le lendemain afin d’avitailler et accoste le à Marseille à 6h37.

Les 28 et , dans le cadre d’un exercice de lutte contre le terrorisme, le Corse, sous les ordres du commandant Jouffroy est affrété par la Marine nationale pour une durée de 21 heures. Le thème de l’exercice, exécuté au large de Cassis, est l’attaque du navire en mer par plusieurs commandos, dont le GIGN, pour mettre fin à une prise d’otages par un groupe de terroristes.

De nouveaux travaux de mise en conformité SOLAS sont effectués entre le et .

En , le Corse rejoint les chantiers Izar à Cadix, où il doit lui être ajouté des caissons de stabilité sur chaque flancs. Il reste sur place jusqu’en . La convention SOLAS qui régit la sécurité maritime depuis le naufrage du Titanic sous l’égide de l'Organisation maritime internationale s’est attaquée depuis 1990 à la stabilité des ferries. L’organisation internationale a ainsi mis en œuvre une réglementation rétroactive touchant l’ensemble des ferries en exploitation. Pour améliorer leur stabilité, tous ceux-ci, selon un calendrier établi jusqu’en 2005, doivent se doter de caissons étanches supplémentaires. Entre 1991 et 1996, les différentes conventions SOLAS vont remettre en cause l’ensemble de la sécurité des ferries : détection de fumée, canots de sauvetage, systèmes d’évacuation... Tout ceci va rentrer dans le cadre du code ISM mis en œuvre en 1996, code appliqué à la sécurité maritime. Elles font suite à trois catastrophes maritimes mettant en cause des ferries en Europe : le naufrage de l’Herald of Free Enterprise dans le port de Zeebruges en 1987, l’incendie du Scandinavian Star en 1990 en Scandinavie et la perte corps et biens de l’Estonia en mer Baltique à la suite de la perte de sa porte d’étrave en pleine tempête dans la nuit du 27 au . Ces trois épisodes dramatiques vont être à l’origine de la plus grande mutation qu’ait connue la sécurité maritime depuis le Titanic en 1912.

À la suite des ventes du Napoléon et du Liberté, intervenues respectivement en 2002 et en 2003, et du transfert du Danielle Casanova (devenu Méditerranée) et de l'Île de Beauté sur les lignes du Maghreb, le Corse est également redéployé à temps partiel sur ce réseau, les lignes de Nice étant principalement assurées par les navires à grande vitesse de la compagnie.

Le , le navire embarque 795 voitures à Fos-sur-Mer afin de les acheminer au Pirée. Il appareille le lendemain et arrive à destination le 1er novembre. Il rejoint Marseille trois jours plus tard. La même opération se reproduit à deux reprises entre le 8 et le puis entre le 17 et le , mais cette fois ci à destination de Derince en Turquie.

En , durant son arrêt technique, le Corse est repeint aux nouvelles couleurs de la SNCM.

En , le Corse entre aux chantiers San Giorgio del Porto catala grazie à Gênes en vue de subir d'importantes transformations au niveau de ses emménagements intérieurs.

Vue tribord, prise de l'avant du bateau, lors d'une traversée entre Ajaccio et Marseille en 2014.

Le , le Corse appareille à 20h00 de Toulon pour Bastia. Il marque le retour de la SNCM dans le port varois. Hormis la saison 2012 où il est supplanté par l’Île de Beauté, il desservira Toulon jusqu’en , date à laquelle il est remplacé par le Méditerranée.

En 2014, le Corse effectue sa dernière saison estivale sous les couleurs de la SNCM, essentiellement au départ de Nice. Il quitte la Corse pour la dernière fois le au départ de Bastia à destination de Toulon. Arrivé le lendemain, il appareille dans la matinée pour rejoindre Marseille. Il est alors désarmé le long de la digue en attente d'utilisation potentielle[1].

Le Corse désarmé à Marseille.

Inutilisé lors de la saison 2015, le Corse reste désarmé pendant un an et demi. La compagnie est alors en passe d'être reprise à la suite de sa mise en redressement judiciaire et aucun des différents candidats à la reprise de la SNCM n'intègre le Corse dans son dossier, en plus de la suppression des lignes au départ de Nice.

Finalement cédée à l'homme d'affaires corse Patrick Rocca en , la SNCM est dissoute et ses actifs sont transférés au sein de la nouvelle entité dénommée Maritime Corse Méditerranée (MCM SAS). Le Corse est quant à lui vendu par le liquidateur de la SNCM à un armateur inconnu en . Le car-ferry quitte Marseille le dans l'après-midi, remorqué par le Christos XXIV. Le navire arrive finalement à Perama le suivant[2].

Karaneh Lines (depuis 2018)[modifier | modifier le code]

Durant deux années, le car-ferry reste immobilisé et des travaux de remise en état débutent courant 2017. Après de nombreuses incertitudes quant à son avenir, il est annoncé que le navire rejoindra la flotte de l'armateur iranien Karaneh Lines. En , il est renommé officieusement Grand Ferry. Plus tard en mai, les logos de Karaneh Lines sont ajoutés sur sa cheminée. Le , il est remorqué jusqu'au chantier de Chalcis qu'il atteint le lendemain. Il est par la suite repeint en blanc lors d'un passage en cale sèche, marquant la disparition des logos de la SNCM qui subsistaient jusqu'alors sur ses flancs.

À la fin , le navire est officiellement rebaptisé Grand Ferry et immatriculé aux îles Palaos. Les transformations se poursuivent jusqu'en novembre, la coque du car-ferry est repeinte avec la livrée de son nouvel armateur, il quitte Chalcis le et mouille pendant quelques jours au large du Pirée. Il prend ensuite la direction de Port-Saïd le dans la matinée. Très tôt dans la matinée du 27, après avoir mouillé dans la rade plusieurs jours, le navire entreprend la traversée du canal de Suez, qu'il avait déjà franchit à deux reprises 28 ans auparavant dans le cadre de l'opération Daguet. Il traverse ensuite la mer Rouge et longe la péninsule Arabique durant plus d'une semaine. Le , il escale au port émirati de Fujaïrah puis prend la direction du Qatar. Le Grand Ferry mouille au large de Doha jusqu'au puis s'amarre dans le port.

Le , une cérémonie est donnée à bord en présence du ministre des transports qatari et de l'armateur. Le navire, sous grand pavois, est présenté aux autorités locales. La mise en service du Grand Ferry est un petit évènement dans la région puisqu'il est prévu que le navire desserve une ligne régulière entre le Qatar, le Koweït et Oman, permettant aux résidents qatari de rejoindre ces pays avec leurs véhicules sans passer par l'Arabie saoudite, qui a fermé ses frontières avec le Qatar à la suite de la crise du Golfe de 2017[3].

Après avoir mouillé au large de Doha durant presque trois mois, le Grand Ferry gagne le port d'Hamad. Le à 13h30 il quitte le Qatar en direction du Koweït. Le navire escale pour la première fois à Koweït City le à 10h40. À la suite de ce voyage, il est de nouveau désarmé au large de la capitale qatarienne.

Il appareille à nouveau le pour rejoindre l'Iran à vitesse réduite et s'amarre le dans le port de Bouchehr, vraisemblablement pour y être désarmé.

Aménagements[modifier | modifier le code]

Locaux communs[modifier | modifier le code]

À sa mise en service, les aménagements du Corse étaient en grande partie constitués de salons fauteuils. Les passagers étaient, à l'époque, séparés en deux classes, représentant le niveau de confort du navire. Les passagers de la première classe disposaient d'un salon de 466 fauteuils Pullman situé au pont D arrière. Pour les passagers voyageant en seconde classe le Corse proposait deux salons à l'avant (l'un sur le pont D, l'autre sur le pont C) et pouvant respectivement accueillir 477 et 573 passagers. Une brasserie-bar de 324 places située au pont C arrière était à la disposition de tous les passagers ainsi qu'une salle de cinéma de 150 places sur le pont B et une boutique et une discothèque sur le pont D. Plusieurs solariums (dont un abrité du vent) étaient également proposés aux passagers.

En 1991, la brasserie-bar est transformée en un self-service de 290 places et un nouveau bar est installé à proximité.

Lors d'une importante refonte en 2007, les parties communes et les salons fauteuils sont réaménagés, transformés et modernisés, ainsi le Corse propose à ses passagers un bar situé au pont 7 à bâbord vers la poupe, un restaurant self-service situé au pont 7 à la poupe et deux espaces de restauration rapide, le premier situé au pont 7 à la proue et le second au pont 6 à la poupe. Le navire possède également une boutique au pont 6 et un cinéma (inutilisé les dernières années de service) au pont 8.

Lors des travaux consécutifs à sa vente effectués en 2017 et 2018, les aménagements intérieurs sont modernisés et certains réaménagés afin de correspondre à la nouvelle affectation du navire, avec notamment la réhabilitation du cinéma et l'ajout d'une salle de divertissement équipées de jeux de billard.

Cabines[modifier | modifier le code]

Principalement employé sur des traversées de jour, le Corse proposait initialement 135 compartiments de type SNCF. 41 compartiments situés sur le pont C étaient destinés aux passagers de première classe et 94 situés sur les ponts B et H étaient réservés aux passagers de seconde classe. Par rapport à l'Estérel, quatre compartiments passagers sont supprimés. Deux au pont B le sont au profit des locaux de équipage, ce qui modifie sensiblement la capacité de transport de passagers du Corse.

Au cours d'une large refonte en 2007, 72 compartiments situés aux ponts 7 et 8 (anciennement D et C) sont supprimés au profit de 58 nouvelles cabines avec sanitaires incorporés.

À la suite de la refonte entreprise par son nouvel armateur Karaneh Lines en 2018, d'anciennes cabines de la zone équipage sont reconverties pour acueillir des passagers

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Le Corse mesure 145 mètres de long pour 23,80 mètres de large, son tirant d'eau est de 6,30 mètres et son tonnage était de 12 676 UMS à sa mise en service. Le navire a une capacité de 2 303 passagers répartis à l'époque en deux classes et est pourvu d'un garage pouvant contenir 620 véhicules répartis sur trois niveaux, le garage est accessible par trois portes rampes, une à la proue de 14,50 mètres de long et 5,80 mètres de large avec système d’ouverture d’étrave par deux vantaux et deux à la poupe de 14,50 mètres de long, 5,80 mètres de large. À l'origine, le navire pouvait embarquer 2262 passagers et 700 véhicules, cependant, une refonte en 1999 au niveau du garage réduit la capacité des véhicules. En 2018, la capacité passagers est considérablement réduite et passe à 870 personnes. Les espaces intérieurs et les cabines disposent de la climatisation. La propulsion du Corse est assurée par 4 moteurs diesel semi-rapides SEMT-Pielstick 16PC2-5, 16 cylindres en V entrainant deux hélices à pales orientables KaMeWa, faisant filer le navire à une vitesse de 23,5 nœuds, la propulsion latérale est assurée par deux propulseurs d'étrave de 736 kW. Le navire dispose de quatre embarcations ouvertes de sauvetage de petite taille et deux embarcations de secours semi-rigides. En 2001, le navire se voit ajouter deux caissons de stabilité sur ses flancs, ce qui augmente son tonnage qui passe à 12 686 UMS. Ce tonnage augmentera de nouveau et passera à 20 805 UMS à la suite des travaux de rénovation effectués entre 2017 et 2018 à l'occasion de son acquisition par Karaneh Lines.

Lignes desservies[modifier | modifier le code]

À sa mise en service, le Corse assure principalement en saison un service de rotations accélérées sur la Corse depuis Nice de manière combinée avec son sister-ship l’Estérel, tout comme ce dernier, il est parfois positionné sur les lignes de Marseille ou de Toulon et effectue occasionnellement des traversées vers le Maghreb, notamment hors saison à destination d'Alger, ou d'Oran. Dans les années 1990, le navire inaugure les rotations Corse - Italie de la filiale Corsica Marittima sur la ligne Bastia - Livourne qu'il desservira en parallèle des traversées au départ de Nice tout au long de la décennie aux côtés de l'Estérel. En 1997, le Corse effectue quelques rotations entre Nice et Tunis pendant la saison estivale. Au début des années 2000, le car-ferry renforce en saison la desserte de l'Algérie et n'effectue la desserte de la Corse que lors des périodes de pointe en supplément des navires à grande vitesse sur Nice. Pour la saison 2009, il retourne à plein temps sur les lignes de Nice. En 2012, il inaugure la réouverture des lignes de la SNCM au départ de Toulon sur les lignes Toulon - Bastia et Toulon - Ajaccio. En saison, il retourne sur les lignes Nice - Corse et passe la main à L’Île de Beauté sur Toulon - Corse. À partir de 2012 et jusqu'en 2014, le Corse effectue les lignes Nice - Corse en saison et les lignes Toulon - Corse hors saison.

Prévu pour être exploité dans le golfe persique entre le Qatar, le Koweït et Oman sous les couleurs de l'armateur iranien Karaneh Lines, le navire, rebaptisé Grand Ferry n'a toujours pas repris la mer et demeure au mouillage au large de Doha.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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