Opération Pièces jaunes

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Pyramide de tirelires Pièces Jaunes à l'occasion de la Journée Pièces Jaunes 2018 au CHR d'Orléans.
Pyramide de tirelires Pièces Jaunes à l'occasion de la Journée Pièces Jaunes 2018 au centre hospitalier régional d'Orléans.

L'opération Pièces jaunes est une campagne française de solidarité menée chaque année depuis 1990 par la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France afin de collecter des fonds destinés à l'amélioration des conditions d'hospitalisation des enfants et adolescents.

Grâce à l'argent récolté par l'opération, la Fondation finance de nombreux projets visant à améliorer la vie quotidienne des enfants et des adolescents hospitalisés, mais aussi celle de leurs proches et des équipes soignantes, en favorisant le rapprochement des familles, le développement des activités, la lutte contre la douleur et l'amélioration de l’accueil et le confort.

Les projets soutenus vont de l’acquisition de jouets à l’aménagement d’espaces d’accueil pour les familles et à la construction de maisons des parents[1], en passant par l'organisation de séjours de vacances pour les enfants hospitalisés ou bien la rénovation d'unités de soin.

Histoire et organisation[modifier | modifier le code]

Naissance de l’opération[modifier | modifier le code]

Bernadette Chirac, présidente de la FHPHF de 1994 à 2019.

Durant les premières années, les Pièces Jaunes sont collectées auprès des familles. Quelques années plus tard, l'opération s'étendra à l'école puis à la ville, jusqu'à devenir l'opération caritative que nous connaissons aujourd'hui[réf. nécessaire]. Une autre thèse concernant le début de l’Opération pièces jaunes est avancée dans l'ouvrage « La belle histoire des pièces jaunes »[2]. Le professeur Claude Griscelli, président de la Fondation de 1989 à 1994, déclenche un certain nombre de réunions de réflexion où l’on évoque la participation des entreprises, les dons de toute sorte, les legs, les mécènes de l’industrie pharmaceutique. Claude Griscelli se souvient alors d’une opération très rentable, qui avait eu lieu aux États-Unis et qui l’avait aidé pour un projet de recherche sur le déficit humanitaire. Il s’agissait de March of Dimes, qui consistait à récolter les « Dimes », c’est-à-dire les 10 centimes de dollars dans les urnes placées un peu partout sur le territoire américain ». Avec l’aide de l’agence conseil (TSA-Consultants du groupe Belier Eurocom) de la Fondation à l’époque, et « avec les réflexions de chacun et les première réunions, grâce aux conseils de nombreuses personnalités, l’Opération pièces jaunes prend corps. » Une collecte est mise en place en mars 1990, réservée à Paris et la région parisienne. De grandes urnes transparentes sont disposées dans 420 boulangeries, dans certaines agences bancaires et dans les halls des mairies de Paris.[réf. nécessaire]

Parrains et ambassadeurs[modifier | modifier le code]

Christian Karembeu est le parrain des Pièces Jaunes depuis 2011, et Didier Deschamps est le parrain du trentième anniversaire de l'opération en 2019. De nombreux artistes s'engagent en faveur des Pièces Jaunes, apportant leur soutien à travers des concerts donnés aux jeunes patients hospitalisés.[réf. nécessaire]

La Fondation dispose d'ambassadeurs locaux qui mettent en œuvre des projets de collecte de fonds dans toute la France[3]. Certains hôpitaux comme le centre hospitalier régional d'Orléans s'engagent également en faveur des Pièces Jaunes en accueillant des événements liés à l'opération et dédiés aux enfants et aux adolescents hospitalisés au cours de la période de mobilisation.[réf. nécessaire]

Partenaires et soutiens[modifier | modifier le code]

Un grand nombre d’entreprises et d’institutions sont partenaires de l'opération Pièces Jaunes. Parmi elles, on peut citer la Banque de France (qui procède au comptage des dons collectés), la Confédération nationale de la boulangerie-pâtisserie française, Carrefour, La Poste, le ministère de l'Éducation nationale, RTL, SFR, TF1 et TV Magazine.[réf. nécessaire]

Projets financés[modifier | modifier le code]

Plus de 8 500 projets ont été réalisés dans les services pédiatriques des hôpitaux français grâce à un financement accordé par la Fondation.[réf. nécessaire]

Domaines[modifier | modifier le code]

Les projets financés par l’opération Pièces Jaunes sont mis en œuvre dans cinq grands domaines d’action[4] :

  • Le rapprochement des familles : la présence des proches à l’hôpital procure un grand apaisement pour tous les patients et aide à mieux vivre son séjour à l’hôpital. Par exemple : création de chambres mère-enfant, construction de maisons des parents, achat de lit d’accompagnement, aménagement d’espace familles, etc.
  • L’amélioration de l’accueil et du confort : grâce à l’aménagement d’espace conviviaux et d’équipements adaptés, l’attente ou le séjour hospitalier est plus agréable. Par exemple : création de fresques murales, achat de mobilier adapté aux enfants, création de salles de jeux, édition de livrets d’accueil, rénovation des salles d’attente, etc.
  • Le développement des activités : pour lutter contre l’ennui et l’isolement, les équipes soignantes organisent de nombreuses activités indispensables au moral des patients. Par exemple : organisation d’ateliers (informatique, cuisine, peinture, etc.), aménagement de terrains sportifs, achat de minibus, organisation de séjour de vacances hors de l’hôpital, etc.
  • La prise en charge des adolescents en souffrance : l’adolescence est une période difficile, les adolescents sont exposés à des pathologies très spécifiques. Par exemple : création de chambres pour adolescents, construction de maisons des adolescents, mise en place d’ateliers spécifiques, etc.
  • La lutte contre la douleur : avoir mal n’est pas une fatalité, grâce aux pompes d’auto-analgésie contrôlée, les enfants souffrent moins.

Actions en faveur des adolescents en souffrance[modifier | modifier le code]

La Fondation poursuit son engagement en faveur des adolescents en souffrance, avec son « programme adolescents »[5] initié en 2004.

Les subventions accordées grâce à l'opération à Pièces Jaunes permettent la construction ou l’aménagement d’espaces spécifiques au sein des hôpitaux proposant une approche globale et pluridisciplinaire de la santé des adolescents sur le même principe que la Maison de Solenn à Paris. Alliant notamment consultations médicales, prévention et suivi, ces structures sont dédiées aux jeunes souffrant par exemple de troubles du comportement, de dépressions, de troubles alimentaires ou de phobies scolaires.

Depuis 2015, la Fondation a lancé le programme Transition qui vise à améliorer le suivi médical entre la pédiatrie et la médecine adulte. Certains programmes ont déjà vu le jour : La Suite à l'hôpital Necker-Enfants malades de Paris (inauguration du bâtiment en septembre 2016) et TransEnd à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière (inauguration du bâtiment en mars 2017).

Transparence financière[modifier | modifier le code]

Selon Le Canard enchaîné du 10 février 2006, les recettes drainées par le TGV Pièces Jaunes ne seraient pas publiées en raison du large déficit de l'opération[6]. Le journal critique le manque de clarté des comptes publics de l'opération qui seraient erronés : en 2004, les frais de fonctionnement ne s'élevaient pas à 36,3 % mais 39,3 %. Les estimations évaluent les frais annuels à 2,4 millions d'euros. Dans L'Express du , Élodie Sentenac et François Vignal publient un article intitulé « Les zones grises des pièces jaunes »[7]. Il contient des informations tendant à contester la manière dont l'opération semble désormais gérée, d'autant que, d'après les journalistes, « les tirelires sont devenues plus légères : après la récolte exceptionnelle de 2002 (15 millions d'euros) due à l'abandon du franc, la Fondation recueillit 7,5 millions d'euros en 2003, 6 millions en 2004 et 5,2 millions en 2005 ».

Le 26 novembre 2009, le magazine d’actualité économique Challenges publie un article[8] qui signale que « l'audit de la Cour des comptes sur la Fondation Hôpitaux de Paris (FHP), entamé après des rumeurs de mauvaise gestion de l'opération Pièces Jaunes de Bernadette Chirac, n'a décelé aucun problème » et précise que « le rapport a été réalisé par Axel Urgin, un magistrat encarté au PS ».

La Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France est contrôlée par le Comité de la Charte[9], organisme d'agrément et de contrôle des associations et fondations faisant appel à la générosité du public, laquelle lui a délivré le label « don en confiance » qui garantit la bonne utilisation des fonds collectés.

Le dernier contrôle de la Fondation est intervenu en 2016. Dans ses conclusions, la Cour des comptes « justifiait pleinement la confiance qui lui était faite par ses donateurs ».[réf. nécessaire]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France, « Exemples de projets financés par l’opération Pièces Jaunes », sur fondationhopitaux.fr (consulté le 1er février 2010)
  2. « La belle histoire des pièces jaunes », Michel Leblanc, Le Cherche midi, 2003
  3. Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France, « Eric Dohollou, un ambassadeur à suivre. Article sur un ambassadeur en Nouvelle-Aquitaine », sur fondationhopitaux.fr,
  4. Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France, « Rapports d'activité », sur fondationhopitaux.fr (consulté le 1er février 2010)
  5. Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France, « Programme Ados », sur fondationhopitaux.fr (consulté le 1er février 2010)
  6. Pièces Jaunes sur Hoaxbuster.com Mars 2006
  7. « Les zones grises des pièces jaunes », par Élodie Sentenac et François Vignal, sur le site de L'Express
  8. « La Cour des comptes blanchit les Pièces jaunes », Challenges, 26 novembre 2009, [lire en ligne]
  9. Comité de la Charte, « Liste de organisations agréées », sur comitecharte.org (consulté le 1er février 2010)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]