Claude Griscelli

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Claude Griscelli, né le à Rabat au Maroc de parents corses ; sa mère née Virgitti est originaire du village de Cervione et son père du village de Vezzani. Très attaché à la Corse, il s'y rend chaque année depuis son plus jeune âge. Il est professeur de médecine, pédiatre et immunologiste. Il a été directeur général de l'INSERM puis conseiller d'État en service extraordinaire et président de l'Institut des Maladies Génétiques Imagine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Claude Griscelli a passé son enfance au Maroc et a fait ses études secondaires au lycée Gouraud de Rabat. Il sort major du PCB préparant à l'entrée à l'école de médecine et obtient une bourse pour poursuivre ses études à Paris où il arrive en 1956. Il vit à la cité universitaire de Paris au pavillon Maroc puis à celle d'Antony. Il est nommé interne des hôpitaux de Paris en 1963 et choisit de partager ses stages d'internat entre la pédiatrie dans les services des professeurs Pierre Mozziconacci, Jean Frézal, Daniel Alagille et l'hématologie avec les professeurs Jean Bernard, Jean Dausset, Georges Mathé, Maxime Seligmann[1].

Il débute des activités de recherche en 1964 à l'hôpital Saint-Louis dans l'unité de recherche de l'INSERM dirigée par Maxime Seligmann. Il s'intéresse au développement de l'immunité au cours de la vie fœtale et de l'enfance. Jean Bernard et Maxime Seligmann sont ses parrains pour l'obtention d'une bourse post-doctorale de l'INSERM dans le cadre d'un accord avec la National Institute of Health (NIH). Il choisit d'avoir en 1967/1968 une activité de recherche exclusive aux États-Unis à la New York University dans le laboratoire de Baruj Benacerraf, lauréat du prix Nobel[2], où il travaille sur le circuit hémo-lymphatique de l'immunité intestinale avec Pierre Vassalli et Robert Mc Cluskey[3].

De retour en France en 1968, il est chef de clinique[4] (1968-72) en pédiatrie dans le service du professeur Mozziconacci à l'hôpital Necker[5] et créé un laboratoire de recherche où il poursuit avec Delphine Guy-Grand[6] les travaux de recherche débutés aux USA.

Il est nommé en 1972 professeur de pédiatrie et de génétique médicale de la faculté de médecine de l'université René Descartes -Paris V, il participe à l'enseignement de la pédiatrie et de l'immunologie et à l'enseignement du DEA d'immunologie de l'Institut Pasteur.

Il est nommé chef de service d'immunologie pédiatrique à l'hôpital universitaire Necker-Enfants Malades en 1976 (1976-96), à l'hôpital Necker où il fera toute sa carrière. Il créera la sur-spécialité d'immunologie pédiatrique qui englobe les diverses maladies du système immunitaire, notamment les déficits héréditaires ou acquis, les maladies auto-immunes et les maladies inflammatoires de l'enfant et de l'adolescent.

Claude Griscelli dirige l'unité d'immunologie et de rhumatologie pédiatrique, U 132, de l'INSERM de 1978 à 1992[7]. Il s'entoure de plusieurs médecins et chercheurs pour créer de nouvelles équipes dont les travaux concernent l'ontologie du système immunitaire et les anomalies conduisant à divers déficits immunitaires héréditaires. Il consacre une grande partie de sa vie scientifique et médicale à ce grand et nouveau chapitre de la pathologie. Ces principales équipes sont dirigées par des chercheurs maintenant internationalement connus : Alain FIscher, Anne Durandy, Geneviève de Saint-Basile, Jean-Pierre de Villartay, Marina Cavazana-Calvo, Barbara Lisowska-Grospierre, Nadine Cerf-Bensoussan, Frédéric RIeux-Laucat, Anne-Marie Prieur, Françoise Le Dest.

Claude Griscelli a été membre de nombreuses commissions scientifiques : délégation générale pour la recherche scientifique et technique (DGRST) de 1976 à 1979, membre de la commission médicale de pédiatrie puis président de la commission d'immunologie de l'INSERM, commission 23 - biologie cellulaire, agence nationale de la recherche sur le SIDA (ANRS 1989-95), comités de coordination de l'OMS sur les déficits immunitaires et sur l'infection à VIH de l'enfant (1989-91). Il a été membre puis président du conseil de gestion de l'université de Corté en Corse (1978-81).

Il créé en 1989, à la demande de Jean Choussat, la première délégation régionale de la recherche (DRC) de France à l'assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) et préside le Conseil scientifique de l'AP-HP de 1989 à 1994 et de 2002 à 2004. En tant que délégué général de la DRC, il créé avec Pierre Corvol les premiers centres d'investigation clinique (CIC) gérés et financés par l'INSERM et l'AP-HP. Il est l'investigateur avec Felix Reyes du programme hospitalier de recherche clinique (PHRC) du ministère de la santé mis en place par Bernard Kouchner.

Il a été directeur général de l'INSERM de 1996 à 2001 au moment où François d'Aubert, Claude Allègre et Roger-Gérard Schwartzenberg se succèdent au MESR France. Claude Griscelli a rapproché l'INSERM des universités : il signe un accord avec la Conférence des présidents d'université qui fut très critiqué par les chercheurs mais appréciée par les universitaires et le monde médical. Il a aussi rapproché l'INSERM du monde hospitalier notamment en créant de nouveaux centres d'investigation clinique (CIC), en lançant des appels d'offre visant à ouvrir l'organisme à de nouveaux sujets de recherche médicale et vers de nouveaux acteurs du monde médical. Il a favorisé, notamment dans les hôpitaux où des unités de recherche sont implantées, les liens les plus étroits possible entre la recherche physiopathologique, la recherche clinique et les soins, préfigurant ce que l'on dénomme par le terme de médecine translationnelle. Claude Griscelli a aussi favorisé la coordination des organismes de recherche en créant RIO ("rencontre inter-organismes" entre l'INSERM, le CNRS, le CEA, l'INRA). Il a créé le comité d'éthique de l'INSERM (comité ERMES[8]) dans le but d'animer des réflexions sur les avancés scientifiques et la délégation à l'intégrité scientifique chargé de suivre les litiges ou de juger d'éventuels manquements à l'intégrité comme une fraude ou un plagiat. Il a aussi créé INSERM-Transfert chargé de la valorisation des résultats des recherches. Il a été nommé, sur proposition du ministre Roger-Gérard Schwarzenberg et de Marylise Lebranchu, membre du Conseil d'État à titre extraordinaire où il siège à la section sociale de 2001 à 2005.

Claude Griscelli crée en 2007 l'institut des maladies génétiques Imagine[9] qui réunit la majorité des équipes de recherche de l'hôpital Necker impliquées dans ce domaine. Imagine est d'abord reconnu comme centre thématique de recherche et de soin (CTRS) par l'INSERM puis par le ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche (MESR). Le CTRS est dirigé par Alain Fischer et Arnold Munnich. Imagine devient dès lors une fondation de coopération scientifique reconnue par le MESR. La fondation lève des fonds qui ont permis la construction dans l'hôpital Necker d'un bâtiment qui comprend des laboratoires très modernes et les espaces destinés aux consultations des patients et de leurs familles. La conception d'Imagine traduit la permanente volonté d'intriquer la recherche et les soins.

Imagine devient l'un des six Instituts hospitalo-universitaires (IHU), créé dans le cadre d'Investissement d'Avenir (grand emprunt). Claude Griscelli préside le conseil d'administration qui comprend, outre des personnalités qualifiées, les représentants des membres fondateurs[10] : le PDG de l'INSERM Yves Levy, Martin Hirsch le DG de l'AP-HP, le président de l'université Paris V-René Descartes Frédéric Dardel, la présidente de la fondation hôpitaux de Paris - Hôpitaux de France, la présidente de l'AFM, et l'adjoint chargé de la santé de la Ville de Paris. Alain Fischer est directeur de l'Institut jusqu'en juillet 2016. Stanislas Lyonnet lui succède. Imagine qui comprend près de 450 chercheurs et médecins, techniciens et ingénieurs organisés en 25 équipes[11], toutes impliquées dans les maladies génétiques. L'Institut est conseillé et évalué par un conseil scientifique international qui comprend de très grands scientifiques[12].

En 2011, Claude Griscelli est impliqué par un article du Figaro qui publie des écoutes téléphoniques où il détaille comment il a fait modifier un rapport du Sénat concernant le Mediator, afin de disculper les laboratoires Servier[13]. Lors du “Procès du Mediator”, qui se déroule à Paris en septembre 2019, il est l’une des douze personnes physiques jugées dans le cadre de l’affaire. Il est poursuivi pour “trafic d’influence”[14].

Apport scientifique[modifier | modifier le code]

Il décrit plusieurs maladies génétiques, dont une en 1978 le symptôme de déficit immunitaire et albinisme partiel qui prendra le nom de maladie de Griscelli. Il sera aussi le créateur d'un traitement par greffe de moelle osseuse pour les nouveau-nés présentant des déficits immunitaires graves (agammaglobulinémie) connu sous le nom de bébés bulles au début des années 1970. Il a débuté avec Alain Fischer les premières thérapies géniques de ces déficits immunitaires. Il a aussi décrit le premier cas au monde de SIDA de l'enfant et démontré le passage du virus de la mère à l'enfant.

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. histoire, « Maxime Seligmann / Histoire de l'Inserm », sur histoire.inserm.fr (consulté le 13 février 2018)
  2. « Baruj Benacerraf », sur Le Monde.fr (consulté le 13 février 2018)
  3. histoire, « Claude Griscelli / Histoire de l'Inserm », sur histoire.inserm.fr (consulté le 13 février 2018)
  4. Françoise Weil-Halpern, Oubliés des fées, Calmann-Lévy, (ISBN 9782702150931, lire en ligne)
  5. histoire, « Hôpital Necker-Enfants malades / Histoire de l'Inserm », sur histoire.inserm.fr (consulté le 13 février 2018)
  6. « Delphine Guy-Grand • Recherche », sur pasteur.fr (consulté le 13 février 2018)
  7. histoire, « Les directeurs d’unité de recherche / De l'INH à l'Inserm / Histoire de l'Inserm », sur histoire.inserm.fr (consulté le 13 février 2018)
  8. « Comité ERMES : l’Inserm renouvelle son Comité d’Ethique et l’ouvre à la société civile », sur www.gazettelabo.fr (consulté le 13 février 2018)
  9. « Membres fondateurs », sur www.institutimagine.org (consulté le 13 février 2018)
  10. « Le Conseil d'administration », sur www.institutimagine.org (consulté le 20 février 2018)
  11. « Nos équipes », sur www.institutimagine.org (consulté le 20 février 2018)
  12. « Le Conseil Scientifique international », sur www.institutimagine.org (consulté le 20 février 2018)
  13. Anne Jouan, « Mediator : comment Servier a corrigé le rapport du Sénat », Santé, sur www.lefigaro.fr,
  14. https://www.huffingtonpost.fr/entry/proces-mediator-servier-accuses-prevenus_fr_5d8855b2e4b0849d472ba099
  15. Allianz s’engage depuis 30 ans dans la recherche médicale

Liens externes[modifier | modifier le code]