Claude Griscelli

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Claude Griscelli, né le à Rabat au Maroc, est professeur de médecine, pédiatre et immunologue. Il a été directeur général de l'INSERM puis conseiller d'État en service extraordinaire et président de l'Institut des Maladies Génétiques Imagine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

La famille de Claude Griscelli est corse ; sa mère née Virgitti est originaire du village de Cervione et son père du village de Vezzani[réf. nécessaire]. Il a passé son enfance au Maroc et a fait ses études secondaires au lycée Gouraud de Rabat. Il sort major du PCB préparant à l'entrée à l'école de médecine et obtient une bourse pour poursuivre ses études à Paris où il arrive en 1956. Il vit à la cité universitaire de Paris au pavillon Maroc puis à la résidence universitaire Jean-Zay d'Antony. Il est nommé interne des hôpitaux de Paris en 1963 et choisit de partager ses stages d'internat entre la pédiatrie dans les services des professeurs Pierre Mozziconacci, Jean Frézal, Daniel Alagille et l'hématologie avec les professeurs Jean Bernard, Jean Dausset, Georges Mathé, Maxime Seligmann[1].

Claude Griscelli débute des activités de recherche en 1964 à l'hôpital Saint-Louis dans l'unité de recherche de l'INSERM dirigée par Maxime Seligmann. Il s'intéresse au développement de l'immunité au cours de la vie fœtale et de l'enfance. Jean Bernard et Maxime Seligmann sont ses parrains pour l'obtention d'une bourse post-doctorale de l'INSERM dans le cadre d'un accord avec les National Institutes of Health (NIH). Il choisit d'avoir en 1967/1968 une activité de recherche exclusive aux États-Unis à la New York University dans le laboratoire de Baruj Benacerraf, lauréat du prix Nobel[2], où il travaille sur le circuit hémolymphatique de l'immunité intestinale avec Pierre Vassalli et Robert Mc Cluskey[3].

Pédiatre à l'Hôpital Necker[modifier | modifier le code]

De retour en France en 1968, Claude Griscelli est nommé chef de clinique[4] (1968-72) en pédiatrie dans le service du professeur Mozziconacci à l'hôpital Necker[5] et crée un laboratoire de recherche où il poursuit avec Delphine Guy-Grand ses travaux de recherche débutés aux États-Unis[6].

Claude Griscelli est nommé, en 1972, PU-PH en pédiatrie et génétique médicale à la faculté de médecine de l'université René Descartes-Paris V. Il participe à l'enseignement de la pédiatrie et de l'immunologie et à l'enseignement du DEA d'immunologie de l'Institut Pasteur.

Il est nommé chef de service d'immunologie pédiatrique à l'hôpital Necker-Enfants malades en 1976, où il fera toute sa carrière jusqu'en 1996. Il crée la sur-spécialité d'immunologie pédiatrique qui englobe les diverses maladies du système immunitaire, notamment les déficits héréditaires ou acquis, les maladies autoimmunes et les maladies inflammatoires de l'enfant et de l'adolescent.

Claude Griscelli dirige l'unité de recherche en immunologie et rhumatologie pédiatrique, U 132 de l'INSERM de 1978 à 1992[7]. Il s'entoure de plusieurs médecins et chercheurs pour créer de nouvelles équipes dont les travaux s'attachent à l'ontologie du système immunitaire et aux anomalies conduisant à divers déficits immunitaires héréditaires. Ces principales équipes sont dirigées par Alain Fischer, Anne Durandy, Geneviève de Saint-Basile, Jean-Pierre de Villartay, Marina Cavazzana-Calvo, Barbara Lisowska-Grospierre, Nadine Cerf-Bensoussan, Frédéric Rieux-Laucat, Anne-Marie Prieur, Françoise Le Dest.

Claude Griscelli a été membre de nombreuses commissions scientifiques : délégation générale pour la recherche scientifique et technique (DGRST) de 1976 à 1979 ; membre de la commission médicale de pédiatrie puis président de la commission d'immunologie de l'INSERM de l'agence nationale de la recherche sur le SIDA (ANRS 1989-95) ; et a participé aux comités de coordination de l'OMS sur les déficits immunitaires et sur l'infection à VIH de l'enfant (1989-1991). Il a été membre puis président du conseil de gestion de l'université de Corté en Corse (1978-81).

Il crée en 1989, à la demande de Jean Choussat, la première délégation régionale de la recherche (DRC) de France à l'assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) et préside le Conseil scientifique de l'AP-HP de 1989 à 1994 et de 2002 à 2004. En tant que délégué général de la DRC, il créé avec Pierre Corvol les premiers centres d'investigation clinique (CIC) gérés et financés par l'INSERM et l'AP-HP. Il est l'investigateur, avec Felix Reyes, du programme hospitalier de recherche clinique (PHRC) du Ministère de la Santé mis en place par Bernard Kouchner.

Directeur général de l'INSERM[modifier | modifier le code]

Claude Griscelli a été directeur-général de l'INSERM de 1996 à 2001 au moment où François d'Aubert, Claude Allègre et Roger-Gérard Schwartzenberg se succèdent au Ministère de l'Enseignement supérieur. Sous son mandat, il a rapproché l'INSERM des universités : il signe un accord avec la Conférence des présidents d'université qui fut très critiqué par les chercheurs mais appréciée par les universitaires et le monde médical. Il a aussi rapproché l'INSERM du monde hospitalier notamment en créant de nouveaux centres d'investigation clinique (CIC), en lançant des appels d'offre visant à ouvrir l'organisme à de nouveaux sujets de recherche médicale et vers de nouveaux acteurs du monde médical. Il a favorisé, notamment dans les hôpitaux où des unités de recherche sont implantées, les liens les plus étroits possible entre la recherche physiopathologique, la recherche clinique et les soins, préfigurant la médecine translationnelle. Claude Griscelli a aussi favorisé la coordination des organismes de recherche en créant RIO (« rencontre inter-organismes » entre l'INSERM, le CNRS, le CEA, l'INRA). Il a créé le comité d'éthique de l'INSERM (comité ERMES[8]) dans le but d'animer des réflexions sur les avancés scientifiques et la délégation à l'intégrité scientifique chargé de suivre les litiges ou de juger d'éventuels manquements à l'intégrité comme une fraude ou un plagiat. Il a aussi créé INSERM-Transfert chargé de la valorisation des résultats des recherches. Il a été nommé, sur proposition du ministre Roger-Gérard Schwartzenberg et de Marylise Lebranchu, membre du Conseil d'État à titre extraordinaire où il siège à la section sociale de 2001 à 2005.

Institut des maladies génétiques[modifier | modifier le code]

Claude Griscelli crée en 2007 l'institut des maladies génétiques Imagine[9] qui réunit la majorité des équipes de recherche de l'hôpital Necker impliquées dans ce domaine. Imagine est d'abord reconnu comme centre thématique de recherche et de soin (CTRS) par l'INSERM puis par le ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche. Le CTRS est dirigé par Alain Fischer et Arnold Munnich. Imagine devient dès lors une fondation de coopération scientifique reconnue par le Ministère. La fondation lève des fonds qui ont permis la construction dans l'hôpital Necker d'un bâtiment qui comprend des laboratoires très modernes et les espaces destinés aux consultations des patients et de leurs familles. La conception d'Imagine traduit la permanente volonté d'intriquer la recherche et les soins.

Imagine devient l'un des six Instituts hospitalo-universitaires (IHU), créé dans le cadre d'Investissements d'avenir (grand emprunt). Claude Griscelli préside le conseil d'administration qui comprend, outre des personnalités qualifiées, les représentants des membres fondateurs[10] : le PDG de l'INSERM Yves Lévy, Martin Hirsch le DG de l'AP-HP, le président de l'université Paris V-René Descartes Frédéric Dardel, la présidente de la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France, la présidente de l'AFM, et l'adjoint chargé de la santé de la Ville de Paris. Imagine qui comprend près de 450 chercheurs et médecins, techniciens et ingénieurs organisés en 25 équipes[11], toutes impliquées dans les maladies génétiques. L'institut est conseillé et évalué par un conseil scientifique international qui comprend de très grands scientifiques[12].

Apport scientifique[modifier | modifier le code]

Claude Griscelli décrit plusieurs maladies génétiques, dont une en 1978 le symptôme de déficit immunitaire et albinisme partiel qui prendra le nom de maladie de Griscelli. Il sera aussi le créateur d'un traitement par greffe de moelle osseuse pour les nouveau-nés présentant des déficits immunitaires graves (agammaglobulinémie) connu sous le nom de bébés bulles au début des années 1970. Il a débuté avec Alain Fischer les premières thérapies géniques de ces déficits immunitaires. Il a aussi décrit le premier cas au monde de SIDA de l'enfant et démontré le passage du virus de la mère à l'enfant.

Controverse[modifier | modifier le code]

En 2011, Claude Griscelli est impliqué par un article du Figaro qui publie des écoutes téléphoniques où il détaille comment il a fait modifier un rapport du Sénat concernant le Mediator, afin de disculper les laboratoires Servier[13]. Lors du « Procès du Mediator », qui se déroule à Paris en septembre 2019, il est l’une des douze personnes physiques jugées dans le cadre de l’affaire. Il est poursuivi pour « trafic d’influence »[14].

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. histoire, « Maxime Seligmann / Histoire de l'Inserm », sur histoire.inserm.fr (consulté le 13 février 2018)
  2. « Baruj Benacerraf », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  3. histoire, « Claude Griscelli / Histoire de l'Inserm », sur histoire.inserm.fr (consulté le 13 février 2018)
  4. Françoise Weil-Halpern, Oubliés des fées, éditions Calmann-Lévy, , 208 p. (ISBN 978-2-7021-5093-1, lire en ligne)
  5. histoire, « Hôpital Necker-Enfants malades / Histoire de l'Inserm », sur histoire.inserm.fr (consulté le 13 février 2018)
  6. « Delphine Guy-Grand », sur pasteur.fr (consulté le 13 février 2018)
  7. histoire, « Les directeurs d’unité de recherche », sur histoire.inserm.fr (consulté le 13 février 2018)
  8. « Comité ERMES : l’Inserm renouvelle son Comité d’Ethique et l’ouvre à la société civile », sur www.gazettelabo.fr (consulté le 13 février 2018)
  9. « Membres fondateurs », sur www.institutimagine.org (consulté le 13 février 2018)
  10. « Le Conseil d'administration », sur www.institutimagine.org (consulté le 20 février 2018)
  11. « Nos équipes », sur www.institutimagine.org (consulté le 20 février 2018)
  12. « Le Conseil Scientifique international », sur www.institutimagine.org (consulté le 20 février 2018)
  13. Anne Jouan, « Mediator : comment Servier a corrigé le rapport du Sénat », Santé, sur www.lefigaro.fr,
  14. « Procès Mediator, qui sont les prévenus ? », Le HuffPost, 23 septembre 2019.
  15. Allianz s’engage depuis 30 ans dans la recherche médicale

Liens externes[modifier | modifier le code]