Opération pièces jaunes

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Depuis 1990, chaque année la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France organise l'opération Pièces Jaunes, une collecte de fonds faisant appel à la générosité publique, qui vise à collecter des dons pour le financement de projets conçus et réalisés par les équipes hospitalières des services pédiatriques.

Ces projets visent à améliorer la vie quotidienne des enfants et des adolescents hospitalisés, mais aussi celle de leurs proches et des équipes soignantes, en favorisant le rapprochement des familles, le développement des activités, la lutte contre la douleur, et l'amélioration de l’accueil et le confort. Ainsi, chaque année, des centaines de subventions sont accordées par la Fondation.

Les projets soutenus vont de l’acquisition de jouets, à l’aménagement d’espaces d’accueil pour les familles et à la construction de Maisons des parents[1] en passant par des séjours de vacances pour les enfants hospitalisés ou bien la rénovation d'unités de soin.

Histoire et organisation[modifier | modifier le code]

Naissance de l’opération[modifier | modifier le code]

Durant les premières années, les Pièces Jaunes sont collectées auprès des familles. Quelques années plus tard, l'opération s'étendra à l'école puis à la ville, jusqu'à devenir l'opération caritative que nous connaissons aujourd'hui[réf. nécessaire]. Une autre thèse concernant le début de l’Opération pièces jaunes est avancée dans l'ouvrage « La belle histoire des pièces jaunes »[2]. Le professeur Claude Griscelli, président de la Fondation de 1989 à 1994, déclenche un certain nombre de réunions de réflexion où l’on évoque la participation des entreprises, les dons de toute sorte, les legs, les mécènes de l’industrie pharmaceutique. Claude Griscelli se souvient alors d’une opération très rentable, qui avait eu lieu aux États-Unis et qui l’avait aidé pour un projet de recherche sur le déficit humanitaire. Il s’agissait de March of Dimes, qui consistait à récolter les « Dimes », c’est-à-dire les 10 centimes de dollars dans les urnes placées un peu partout sur le territoire américain ». Avec l’aide de l’agence conseil (TSA-Consultants du groupe Belier Eurocom) de la Fondation à l’époque, et « avec les réflexions de chacun et les première réunions, grâce aux conseils de nombreuses personnalités, l’Opération pièces jaunes prend corps. » Une collecte est mise en place en mars 1990, réservée à Paris et la région parisienne. De grandes urnes transparentes sont disposées dans 420 boulangeries, dans certaines agences bancaires et dans les halls des mairies de Paris.

Parrains et ambassadeurs[modifier | modifier le code]

Christian Karembeu en est bénévolement le parrain depuis 2011. L'opération compte également de nombreux artistes et ambassadeurs bénévoles au plan national et local.

Partenaires et soutiens[modifier | modifier le code]

Un grand nombre d’entreprises et d’institutions soutiennent la Fondation afin d’améliorer les conditions de vie des enfants et des adolescents hospitalisés. En 2016, l'opération Pièces Jaunes a pu compter notamment sur le soutien de la Banque de France, la Confédération Nationale de la Boulangerie-Pâtisserie Française, Carrefour, Engie, la Fondation Orange, Guy Hoquet l'Immobilier, La Poste, Disney Hachette Presse, Le Ministère de l'Education Nationale, RTL, SFR, TF1, TV Magazine, Alphéga Pharmacies, Disneyland Paris, JC Decaux, Maître Nakache, Pierre Ospina,The Walt Disney Company, Tables et Auberges de France...

Action caritative de la Première Dame de France[modifier | modifier le code]

Pour les Français, l'image de l'opération est encore très attachée à l'Elysée, puisque l'action caritative a longtemps été celle de la Première Dame de France, madame Bernadette Chirac, qui la dirige toujours aujourd'hui en tant que Présidente.

Projets financés[modifier | modifier le code]

Actuellement, plus de 8 500 projets sur un total de 13 700 projets subventionnés par la Fondation ont été réalisés grâce aux Pièces Jaunes. Parmi les projets financés par les Pièces Jaunes, on trouve par exemple, la construction d'un mur d'escalade (budget de 6 678 ) ou encore la création d'une « Maison des Parents » (budget de 150 000 ).

Domaines[modifier | modifier le code]

Les projets financés par l’Opération Pièces Jaunes sont mis en œuvre dans 5 grands domaines d’action[3] :

  • Le rapprochement des familles : la présence des proches à l’hôpital procure un grand apaisement pour tous les patients et aide à mieux vivre son séjour à l’hôpital. Par exemple : création de chambres mère-enfant, construction de Maison des parents, achat de lit d’accompagnement, aménagement d’espace famille.
  • L’amélioration de l’accueil et du confort : l’hôpital est un lieu peu froid, grâce à l’aménagement d’espace conviviaux et d’équipements adaptés l’attente ou le séjour hospitalier est plus agréable. Par exemple : création de fresque murale, achat de mobilier adapté aux enfants, création de salles de jeux, édition de livret d’accueil, rénovation des salles d’attente.
  • Le développement des activités : pour lutter contre l’ennui et l’isolement, les équipes soignantes organisent de nombreuses activités, indispensable au moral des patients. Par exemple : création d’ateliers (informatique, cuisine, peinture…), aménagement de terrain multisports, achat de minibus, organisation de séjour-vacances hors de l’hôpital.
  • La prise en charge des adolescents en souffrance : l’adolescence est une période difficile, les ados sont exposés à des pathologies très spécifiques. Par exemple : création de chambres adolescent, construction de Maison des adolescents, mise en place d’atelier spécifique.
  • La lutte contre la douleur : avoir mal n’est pas une fatalité, grâce aux pompes d’auto-analgésie contrôlée les enfants souffrent moins.

Actions en faveur des adolescents en souffrance[modifier | modifier le code]

La Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France poursuit son engagement en faveur des adolescents en souffrance, avec son « programme adolescents »[4] initié en 2004. Les subventions accordées grâce à Pièces jaunes permettent la construction ou l’aménagement d’espaces spécifiques au sein des hôpitaux proposant une approche globale et pluridisciplinaire de la santé des adolescents sur le même principe que la Maison de Solenn à Paris. Alliant notamment consultations médicales, prévention et suivi, ces structures sont dédiées aux jeunes souffrant par exemple de troubles du comportement, de dépressions, de troubles alimentaires ou de phobies scolaires.

Depuis 2015, la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France a lancé le programme Transition qui vise à améliorer le suivi médical entre la pédiatrie et la médecine adulte. Certains programmes ont déjà vu le jour : La Suite à l'hôpital Necker - Enfants malades AP-HP (inauguration du bâtiment en septembre 2016) et TransEnd à l'hôpital de la Pitié Salpêtrière AP-HP(inauguration du bâtiment en mars 2017).

Évolutions de l’opération en 2017[modifier | modifier le code]

Cette année la tirelire Pièces Jaunes 2017 était à l'effigie du Petit Nicolas, parrain d'honneur.

Le numéro de don par SMS a été mis en place. Ainsi, tout un chacun peut réaliser un don de 5€ par SMS en envoyant DON au 92 111*.

*Disponible en France métropolitaine sur Bouygues Telecom, Orange et SFR. Don collecté sur facture opérateur mobile. Informations complémentaires sur www.piecesjaunes.freou n envoyant "contact" au 92 111.

Les dons en ligne sont proposés sur un formulaire de don sécurisé par cryptage SSL : https://don.piecesjaunes.fr

Transparence financière Pièces Jaunes & Avis favorable de la Cour des Comptes[modifier | modifier le code]

Selon Le Canard enchaîné du 10 février 2006, les recettes drainées par le TGV ne seraient pas publiées en raison du large déficit de l'opération[5]. Le journal critique également le manque de clarté des comptes publics de l'opération, qui ne publie qu'une seule page, qui comprenait en outre une erreur : les frais de fonctionnement ne s'élevaient, en 2004, non pas à 36,3 % mais 39,3 %. Les estimations évaluent les frais annuels à 2,4 millions d'euros.

L'Express du publie un article intitulé « Les zones grises des pièces jaunes », par Élodie Sentenac et François Vignal[6]. Cet article présente des informations tendant à contester la manière dont l'Opération pièces jaunes semble désormais gérée, d'autant que, d'après les journalistes de L'Express, « les tirelires sont devenues plus légères : après la récolte exceptionnelle de 2002 (15 millions d'euros) due à l'abandon du franc, la fondation recueillit 7,5 millions d'euros en 2003, 6 millions en 2004 et 5,2 millions en 2005 ».

Le magazine de l’actualité économique Challenges publie le 26 novembre 2009 un article[7] qui signale que « l'audit de la Cour des comptes sur la Fondation Hôpitaux de Paris (FHP), entamé après des rumeurs de mauvaise gestion de l'Opération pièces jaunes de Bernadette Chirac, n'a décelé aucun problème » et précise que « le rapport a été réalisé par Axel Urgin, un magistrat encarté au PS ».

Sachant que Capital en 2008 précisait déjà: "Détail cocasse, le trésorier de la Fondation des Hôpitaux de Paris, Patrice Corbin, est également magistrat....à la Cour des Comptes." [8]

La Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France est contrôlée par le Comité de la Charte[9], organisme d'agrément et de contrôle des associations et fondations faisant appel à la générosité du public.

Le dernier contrôle de la Fondation est intervenu en 2016. Dans ses conclusions, la Cour des Comptes "justifiait pleinement la confiance qui lui était faite par ses donateurs".

> Parcourir les comptes de la Fondation : http://www.fondationhopitaux.fr/qui-sommes-nous/#nosComptes

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Exemples de projets financés par l’opération Pièces Jaunes », sur site de la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France (consulté le 1er février 2010)
  2. « La belle histoire des pièces jaunes », Michel Leblanc, Le Cherche midi, 2003
  3. « Rapports d'activité », sur site de la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France (consulté le 1er février 2010)
  4. « Programme Ados », sur site de la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France (consulté le 1er février 2010)
  5. Pièces Jaunes sur Hoaxbuster.com Mars 2006
  6. « Les zones grises des pièces jaunes », par Élodie Sentenac et François Vignal, sur le site de L'Express
  7. « La Cour des comptes blanchit les Pièces jaunes », Challenges, 26 novembre 2009, [lire en ligne]
  8. Prisma Media, « La Cour des Comptes enquête sur l'opération «Pièces Jaunes» », sur Capital.fr (consulté le 28 septembre 2016)
  9. « Liste de organisations agréées », sur site du Comité de la Charte (consulté le 1er février 2010)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]