Oflag IV-D

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

L'oflag IV-D est un camp d'officiers prisonniers de guerre de 1940 à 1945 en Allemagne. Il était situé sur le territoire de la commune d'Elsterhorst (Nart), à 50 km au nord-est de Dresde et 4 km de la petite ville d'Hoyerswerda en Saxe, à la limite de la Silésie. L'effectif du camp est de 2 500 officiers avec leurs ordonnances.

Plan de l'oflag IV D : cliquer pour l'agrandir et lire les légendes
Tampon de l'Oflag IV D

Effectifs[modifier | modifier le code]

Le camp est constitué de 10 blocs, de 4 baraques chacune.

L'effectif du camp varie entre 5 437 prisonniers (officiers et leurs ordonnances) en juin 1940, 4 054 en 1943 et 5 992 en janvier 1945. En raison des bombardement de Dresde, les autorités allemandes firent évacuer le camp du 17 au 19 février 1945. Certains prisonniers restés à Elsterhorst et Zeithain ont été libérés par l'armée soviétique entre le 19 et le 22 avril et rapatriés par Odessa.

Activités[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Les prisonniers désœuvrés de l'Oflag IV-D montèrent une troupe de théâtre extrêmement active : son atelier réalisa plus de 1 500 costumes pour un millier de représentations d'environ 80 pièces différentes[1], par exemple[2] Œdipe-roi de Cocteau, Knock de Jules Romains, Le médecin malgré lui de Molière...

Faculté libre, cours et conférences[modifier | modifier le code]

Le camp compte 485 membres de l'enseignement, dont pour l'enseignement public, 4 du supérieur, 64 du secondaire public (dont 27 agrégés)[3]. Pendant toute la durée de la guerre, selon l'annuaire des anciens de l'Oflag IV-D, vont passer dans le camp 24 enseignants du supérieur (dont les professeurs du Grand séminaire), 163 professeurs du secondaire, 12 professeurs d'écoles normales, 20 d'EPS, 58 du technique, 5 d'éducation physique, 1 de musique, 1 de dessin, 7 inspecteurs de l'Enseignement primaire, 53 directeurs d'écoles primaires, 664 instituteurs, 3 archivistes et 110 étudiants[3].

Le normalien Jean Guitton et le frère dominicain Yves Congar, organisèrent une véritable faculté libre donnant des cours et de conférences régulières sur tous les sujets scientifiques, techniques, anthropologiques (préhistoire), historiques, théologiques.

Une formation d'éducation populaire était aussi donnée avec des manuels qui étaient imprimés sur place.

Scoutisme[modifier | modifier le code]

La vie dans les baraques de l'Oflag IV D. (dessin réalisé par E.Arnaud au cours de sa captivité)

Dès leur arrivée à l'OFLAG IV D en juin 1940, les officiers adeptes du scoutisme se regroupent spontanément. Plusieurs troupes sont constituées selon les différents mouvements[4] : Éclaireurs de France (Eugène Arnaud, Maurice Bayen), Éclaireurs unionistes et Scouts de France (Paul Froger, Pierre Roux).

À partir de 1941, le recrutement est organisé avec l'objectif de faire connaître les méthodes du scoutisme et de former de futurs chefs pour l'après-guerre. Près de 400 officiers prisonniers se rassemblent ainsi et participent aux formations, aux réunions, à différentes activités spécifiques. Les autorités du camp font appel à eux dans de nombreuses occasions car ils sont responsables et organisés.

Les ateliers, les "popotes", les préparations d'évasions, l'organisation de spectacles de marionnettes et de fêtes ainsi que les relations d'amitié qui en découlent leur permettent de rendre la captivité moins douloureuse.

Société archéologique[modifier | modifier le code]

L'enseignement de Préhistoire a plus de 200 inscrits, une bibliothèque, il obtient du commandant du camp l'autorisation d'explorer le sol de la forêt environnante où il trouve un certain nombre de sites qui sont explorés méthodiquement par les prisonniers. Un musée est créé dans le camp. Ce groupe est en correspondance avec le milieu scientifique, il édite des rapports et même un bulletin.

Évasions[modifier | modifier le code]

Le 14 octobre 1941, une trentaine d'officiers (dont Albert Lautman et Maurice Bayen) s'échappe grâce à un tunnel creusé sous les barbelés[5].

Libération[modifier | modifier le code]

En raison du bombardement de Dresde qui a eu lieu du 13 au 15 février 1945, les autorités allemandes ont fait évacuer le camp entre le 17 et le 19 février.

600 officiers malades ou inaptes à la marche restèrent à Elsterhorst et Zeithain avec des médecins prisonniers français et seront libérés par l'armée soviétique entre le 19 et le 22 avril et rapatriés par Odessa après un périple de deux mois à travers l'Allemagne et l'U.R.S.S.

Les autres, par détachements de 400 à 800 hommes ont été acheminés, à pied en direction de l'ouest :

  • La majorité d'entre eux furent amenés à l'oflag de Colditz - l'oflag IV-C - ou dans ses environs (Nerchau[6], etc.) . Certains y resteront jusqu'à la libération du camp par les troupes alliées le 14 et 15 avril 1945, d'autres seront redéplacés au camp de Zeithain[6] au bord de l'Elbe au Nord de Riesa, où ils seront libérés par l'armée russe le 23 avril 1945. Certains parviennent à s'échapper tels le lieutenant Joseph Belle.
  • Une colonne fut amenée au camp de la forteresse de Königstein - l'oflag IV-B - libéré par les Russes à la capitulation de l'Allemagne le 8 mai 1945.
  • Une autre partie des officiers resta cantonné à Lunzenau, d'autres à Benndorf et enfin une autre partie fut libérée à Errenhaide près de Burgstädt le 14 avril 1945.

Tous ont fait entre 150 et 170 kilomètres à pied dans les plus effroyables conditions pour être parqués dans des lieux de fortune, salle des fêtes, gymnases, théâtres, sans eau ni courant ni toilette, dormant sur la paille par terre, affamés et au désespoir de revoir un jour les leurs après cinq ans passés dans des camps de prisonniers. Leur libération fut souvent endeuillée par les combats entre les nazis et les Alliés, notamment Soviétiques, mais parfois ils furent pris pour cible par leurs libérateurs qui ignoraient qu'ils tiraient sur un camp de prisonniers.

Après la guerre[modifier | modifier le code]

À partir de 1944, les autorités françaises vont confier à Christiane Faure la mise en place d'une éducation politique des adultes, qui donnera en fait le ministère de la culture, et dont les premiers membres seront seront en partie issue du camp Oflag IV-D[réf. souhaitée].

Prisonniers notables[modifier | modifier le code]

Question book-4.svg
Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (janvier 2015)
Pour l'améliorer, ajoutez des références vérifiables [comment faire ?] ou le modèle {{Référence nécessaire}} sur les passages nécessitant une source.
Le professeur André Payan (1913-1984) fut prisonnier à l'Oflag IV-D avant d'être transféré à la forteresse de Königstein en février 1945.


Archéologues[modifier | modifier le code]

  • Louis-René Nougier,
  • Charles Potut, chercheur sur le Néolithique, charentais,
  • Abbé P. Mouton, chercheur en Haute-Marne,
  • Pierre Dollé,

Publications faites à l'Oflag IV-D[modifier | modifier le code]

Archives[modifier | modifier le code]

Les archives du Centre d'entraide de l'Oflag IV-D créé en septembre 1942, devenu en septembre 1945 l'Amicale des anciens prisonniers de l'Oflag IV-D, ont été versées aux Archives nationales.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Patricia Gillet, Le théâtre dans les camps de prisonniers de guerre français, 1940-1945, in : Théâtre et spectacles hier et aujourd'hui : époque moderne et contemporaine, Paris, Ed. du CTHS, , 598 p. (ISBN 978-2-735-50220-2, OCLC 716138670), p. 269 et 270.
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Derrière les barbelés, Louis Walter
  3. a et b André Gueslin, Les facs sous Vichy: étudiants, universitaires et université de France
  4. http://www.histoire-du-scoutisme-laique.fr/la-periode-la-guerre-39-45/809-1940-1943-dans-un-camp-de-prisonniers.html
  5. a, b, c, d, e, f et g Jean-François Sirinelli, « Génération intellectuelle », sur Google livres (consulté le 25 mars 2016)
  6. a, b et c Jacques de la Vaissière (préf. Jean Guitton), Silésie, morne plaine : cahier dans un grenier, Paris, France-Empire, , 478 p. (ISBN 978-2-704-80665-2, OCLC 407064619)
  7. « Vu de droite », sur google books (consulté le 17 mars 2016)
  8. Rôle d'E. Arnaud à l'Oflag IV D sur le site de l'Histoire du scoutisme laïque
  9. a, b et c « Les facs sous Vichy », sur google books (consulté le 18 mars 2016)
  10. Mémoires de vie, Remy Boutavant, 1992 (Edt. du Cerf).
  11. « Le Figaro », sur Gallica, (consulté le 29 mars 2016)
  12. « idref », (consulté le 17 mars 2016)
  13. « Paris-soir », sur Gallica, (consulté le 17 mars 2016)
  14. « Revue de Comminges », sur Gallica, (consulté le 17 mars 2016)
  15. Dieu notre père: Au-delà de la mort du père
  16. « Paris-soir », sur Gallica, (consulté le 18 mars 2016)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Bertrand, Oflag IV-D. Annales et répertoires, Arras, Imprimerie centrale de l'Artois.
  • Jean Guitton, Journal de captivité 1942-1943.
  • Pierre Lelong, Une vie de camp, prisonnier à l'Oflag IV-D, Henri Curtil éditeur, 1945.
  • Étienne Morin, Captivité, scènes de la vie au camp.
  • Louis-René Nougier, "La préhistoire à l'Oflag IV D. Elsterhorts (Haute-Lusace)", in Bulletin de la Société préhistorique de France, tome XXXIX, no 10-12, p. 253-255.
  • Général Noël de Cointet, Souvenirs de l'Oflag IV-D,
  • Jacques de la Vaissière (préf. Jean Guitton), Silésie, morne plaine : cahier dans un grenier, Paris, France-Empire, , 478 p. (ISBN 978-2-704-80665-2, OCLC 407064619)
  • Maurice Rémy, Drôle de monde, Paris, 1941 (42 impressions).
  • Louis Walter, Derrière les barbelés, 1942.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]