Knock ou le Triomphe de la médecine

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Knock
Knock ou le triomphe de la médecine
Représentation de Knock ou le Triomphe de la médecine au Théâtre du Marais à Bruxelles en 1924
Représentation de Knock ou le Triomphe de la médecine au Théâtre du Marais à Bruxelles en 1924

Auteur Jules Romains
Genre Pièce de théâtre, comédie
Nb. d'actes 3
Durée approximative 1 h 30
Dates d'écriture 1923
Lieu de parution Paris
Éditeur Gallimard
Date de parution 1924
Nombre de pages 118
Date de création en français 15 décembre 1923
Metteur en scène Louis Jouvet
Scénographe Louis Jouvet
Rôle principal Louis Jouvet

Knock ou le Triomphe de la médecine est une pièce de théâtre de Jules Romains, représentée pour la première fois à Paris, à la Comédie des Champs-Élysées, le , sous la direction de Jacques Hébertot, mise en scène et décors de Louis Jouvet, qui interprétait également le rôle principal.

Argument[modifier | modifier le code]

Comédie grinçante, Knock dénonce la manipulation, qu'il s'agisse de médecine ou de toute idéologie, comme de n'importe quel commerce.

Premier acte : le Dr Parpalaid a vendu au Dr Knock « une clientèle nulle ». Acceptant le défi, Knock brosse à ses interlocuteurs un tableau si invraisemblable de ses prétentions médicales que le Dr Parpalaid en arrive à se demander s'il est réellement médecin. Lorsque l'acte se termine on ne sait pas si Knock gagnera son pari, mais on a déjà assisté à la première étape de ce travail : estimer les revenus de ses futurs clients et repérer tout ce qui pourrait faire obstacle à l'idéologie qu'il a l'intention de promouvoir.

Deuxième acte : on assiste à la démonstration des techniques du Dr Knock. Jules Romains décrit pratiquement toutes les techniques de manipulation enseignées pour la pratique clinique ou la vente. Il fait défiler tous les groupes sociaux du canton ou les supports que Knock utilise : l'information, avec le tambour de ville et l'instituteur, le commerce, la paysannerie, l'aristocratie de province. L'acte se termine avec deux hommes éméchés dont Knock prend le contrôle avec vigueur, rappelant que la force est toujours présente derrière l'idéologie.

Troisième acte : le Dr Parpalaid, qui se moquait de Knock au premier acte, est maintenant témoin de son succès. Stupéfait, il est malmené par les disciples de Knock. Ce dernier a réussi à prendre le contrôle sur tout le canton, puisque ceux qui ne sont pas au lit (assurément en raison d'une maladie inventée de toute pièce par le docteur) travaillent volontairement pour lui. Il observe alors ses "disciples" agir pour lui. Lorsque Knock se retrouve seul avec son confrère docteur, il va se lancer dans un discours où il étale sa volonté de puissance, qui se rapproche de la folie. La dernière réplique montre que Knock ne rencontre plus aucune résistance, puisque même un médecin arrive à se croire malade et demande des soins au manipulateur.

Personnages[modifier | modifier le code]

  • Knock (le personnage principal)
  • Docteur Parpalaid
  • Madame Parpalaid
  • M. et Mme Mousquet
  • Bernard
  • Le tambour de ville
  • Premier gars
  • Deuxième gars
  • Scipion
  • Jean (le voiturier)
  • Madame Rémy
  • La dame en noir
  • La dame en violet
  • La bonne
  • Voix de Mariette.

Contexte[modifier | modifier le code]

Cette comédie est écrite en 1923, à une époque où l'emprise de la publicité intensive sur le modèle d'outre-Atlantique commence à gagner l'Europe. L'idée de l'appliquer au domaine de la médecine relevait, alors, de l'effet comique. Au delà de l'aspect comique, un autre point de vue est possible. En effet, en 1922 sort un film de Murnau Nosferatu le vampire. Dans ce film, l'employé du Comte Orlock (Nosferatu) se nomme Knock. Nosferatu voyage sur un bateau, dont il décime l'équipage, tout en amenant la peste. Dans la pièce de Jules Romains, Knock commence à exercer sur un bateau dont tout l'équipage devient malade.

Dans une des scènes finales de la comédie, nous voyons l'ensemble des malades accompagner le docteur Parpalaid à sa chambre, en le suivant dans l'escalier avec un air penchant plus vers le film d'horreur que vers le comique. Le comble étant atteint sans doute lorsque Knock indique dans la scène IX : « Que voulez-vous, cela se fait un peu malgré moi. Dès que je suis en présence de quelqu'un, je ne puis m'empêcher qu'un diagnostic s'ébauche en moi... même si c'est parfaitement inutile et hors de propos. À ce point que, depuis quelque temps, j'évite de me regarder dans la glace » et à cet instant, Knock est à côté d'un miroir, mais se retourne dans l'autre sens, pour ne pas s'y voir.

Dans ce contexte, la phrase de Knock « Car leur tort, c'est de dormir dans une sécurité trompeuse, dont les réveille trop tard le coup de foudre de la maladie » prend un sens tout particulier.

Citations[modifier | modifier le code]

  • Knock : « Les gens bien portants sont des malades qui s'ignorent ! »
  • Knock : « Ne confondons pas. Est-ce que ça vous chatouille, ou est-ce que ça vous grattouille ? »
  • Knock : « Car leur tort, c'est de dormir dans une sécurité trompeuse, dont les réveille trop tard le coup de foudre de la maladie. »
  • Docteur Parpalaid : « Dépendant de tous, vous ne dépendez de personne. »
  • Scipion : « Et la bonne ? Elle enfile des perles ? »
  • Mousquet : « Vous êtes un penseur, vous, docteur Knock, et les matérialistes auront beau soutenir le contraire, la pensée mène le monde. »

Mises en scène[modifier | modifier le code]

Adaptations[modifier | modifier le code]

Au cinéma[modifier | modifier le code]

À la télévision[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Fiche sur etudes-litteraires.com

~ Texte de la pièce complète ~

~ Sites critiques ~