Nicolas Haxo

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Nicolas Haxo
Mort du général Haxo à la bataille des Clouseaux (gravure du XIXe siècle).
Mort du général Haxo à la bataille des Clouseaux (gravure du XIXe siècle).

Naissance 7 juin 1749
Étival-Clairefontaine
Décès 20 mars 1794 (à 44 ans)
Les Clouzeaux (Vendée)
Mort au combat
Origine Français, Lorrain
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de la France République française
Grade Général de brigade
Années de service 1768 - 1777-1789 - 1794
Conflits Guerres de la Révolution
Guerre de Vendée
Faits d'armes Siège de Mayence
Bataille de Cholet
Famille François Haxo, François Nicolas Benoît Haxo

Nicolas Haxo, oncle du général du génie François Nicolas Benoît Haxo, né le 7 juin 1749 à Étival-Clairefontaine en Lorraine et mort le 20 mars 1794, est un général de brigade de la Révolution française.

À l'époque de la Révolution française, il fut nommé commandant de la garde nationale de Saint-Dié, et, plus tard, on le vit président du tribunal de Saint-Dié ; mais quand les frontières furent menacées, il s'enrôla dans les premiers bataillons de volontaires en 1791, et à la tête du 3e des Vosges qui le nomma son commandant, il fit, avec distinction, les premières campagnes de la Révolution, d'abord sur le Rhin, puis dans la Vendée ; sa bravoure et son habileté le firent promptement élever au grade de général de division. À la bataille de Cholet, son sang-froid et la précision de ses manœuvres amenèrent la victoire, pourtant prête à échapper aux républicains. C'est à lui qu'on dut, en 1794, la prise de Noirmoutier. Il périt les armes à la main, écrasé par le nombre, à la bataille des Clouzeaux. Un décret de la Convention du 28 avril 1794 ordonna que son nom fût inscrit sur une colonne de marbre au Panthéon.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le fils de Benoît Haxo, tabellion et greffier de la seigneurie d'Etival, et de Marie-Madeleine Rosières. À la mort de son père le 20 novembre 1761 il va vivre chez son oncle François Haxo à Saint-Dié-des-Vosges. Il suit des études dans un établissement de la ville et contrairement à son entourage il se dirige vers la carrière militaire.

Il s'engage le 21 février 1768 à Strasbourg au régiment de Touraine infanterie. C'est à Verdun qu'il est démobilisé le 21 février 1777, après neuf ans de service, avec le grade de sergent-fourrier écrivain.

Il se retire à Saint-Dié où il est nommé conseiller au bailliage.

En 1789, Nicolas Haxo est nommé commandant du bataillon de la garde nationale de Saint-Dié. Le 7 mars 1790, lors de l'assemblée des gardes nationales des Vosges, il est choisi comme major général. Le 1er juin 1790 il est élu second des 36 membres du conseil général du département.

1791, la nation a besoin de volontaires. Nicolas Haxo, s'engage dans les premiers. Le 30 août 1791 à Rambervillers, le bataillon formé par les volontaires des districts de Rambervillers, Saint-Dié, Bruyères et la Principauté de Salm se réunit pour choisir un chef. Nicolas Haxo est élu lieutenant-colonel commandant le 3e bataillon des Vosges. Cette unité va prendre garnison à Obernai du 4 octobre 1791 au 28 mars 1792. Elle ira ensuite à Strasbourg, puis à Phalsbourg. Faisant partie de l'armée du Rhin commandée par Custine, le bataillon des Vosges participe aux combats de Landau, Spire, Mayence et Francfort.

Article détaillé : Siège de Mayence (1793).

Au cours de cette campagne, 20 000 soldats français, dont le bataillon des Vosges, se trouvent encerclés dans la ville de Mayence et vont subir un siège terrible. La garnison sous le commandement de Kléber et de Aubert du Bayet essaie de se dégager ; Haxo y a une conduite exemplaire. Il est nommé chef de brigade le 29 juin. La troupe, décimée par les maladies et les bombardements, capitule le 23 juillet. C'est une capitulation avec les honneurs de la guerre, sous la condition de ne pas reprendre les combats contre les armées de la coalition pendant un an.

Il est nommé général de brigade le 17 août 1793. Ne pouvant plus combattre les ennemis de l'extérieur, cette armée, que l'on appela l'armée des Mayençais, allait connaitre d'autres lieux pour s'illustrer. Carnot va l'envoyer en Vendée combattre les habitants insurgés contre la République. Toute la Vendée est insurgée et les troupes républicaines, mal commandées, n'ont subi jusqu'alors que des revers. Mais l'arrivée des Mayençais est peu appréciée par les chefs en place[Informations douteuses] [?] et ces ressentiments auront quelquefois des suites néfastes sur les opérations militaires. Les généraux mayençais Kléber, Bouin de Marigny, Haxo seront même destitués à la suite d'une dénonciation au Comité de salut public. On les accusait de royalisme. Cette décision fut retirée fin novembre 1793.

On donne à Haxo pour mission de réduire et capturer Charette chef des insurgés de Basse-Vendée. Il mène une expédition pour reprendre l'Île de Noirmoutier, repaire de Charette. Ce sera son plus beau fait d'armes. Le 3 janvier 1794 l'île est prise mais Charette n'est plus là. Des émissaires des insurgés sont venus trouver Haxo pour négocier leur reddition. Le Général donne sa parole : « Je commande des Français contre des Français insurgés et puisque je peux épargner le sang des uns et des autres, je vous déclare que je promets la vie sauve aux Royalistes qui se rendront ». Sans souci de la parole donnée les représentants du gouvernement Pierre-Louis Prieur et Pierre Bourbotte firent exécuter toute la garnison. Haxo protesta en vain. L'insurrection paraissait en mauvaise posture mais la décision du général républicain Louis Marie Turreau de créer les colonnes infernales redonna un nouvel élan aux insurgés. Haxo poursuit la recherche de Charette sans pour autant obéir aux ordres barbares de Turreau : « Nous sommes des soldats pas des bourreaux ! ».

Le 20 mars 1794, à la tête d'une colonne de 300 hommes, Haxo a repéré Charette près du village des Clouzeaux. Dès le début du combat, Haxo qui est monté dans le clocher de l'église, est blessé au bras droit par une balle ayant ricoché. Les Républicains tentent une sortie mais les Vendéens sont trop nombreux. Haxo est isolé des siens, il a dû abandonner son cheval. Poursuivi par des cavaliers vendéens une nouvelle blessure à la cuisse l'immobilise. Adossé à un chêne il tient tête avec son sabre jusqu'à ce que le lieutenant vendéen Arnauld l'achève d'un coup de fusil. On dit que Charette a déclaré « Quel dommage d'avoir tué un si brave homme ».

Cette narration du combat des Clouzeaux est une des nombreuses versions de la bataille. Les historiens ne sont pas d'accord, ni sur la date (20 ou 21 mars), ni sur le lieu, certains le situent à Venansault. En fait c'est à proximité de cette commune et bien sur le territoire des Clouzeaux.

Haxo est mort sans témoins républicains. Turreau qui n'avait pas apporté toute l'aide nécessaire, n'hésite pas à déclarer qu'il s'est suicidé pour échapper à l'ennemi. Cette version sera même considérée comme officielle pendant longtemps. Le corps du général Haxo aurait été enterré dans un champ à proximité du manoir de La Gautronnière (commune des Clouzeaux) et on aurait planté sur sa tombe un genévrier. Mais cette sépulture disparut vers les années 1890, entretenant ainsi un peu plus la légende qui entoure la fin d'Haxo. Le nom de Nicolas Haxo figure sur les tables de bronze du musée de Versailles avec ceux d'autres généraux morts au champ d'honneur[1].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • A. Berlet, Un héros vosgien : le général Nicolas Haxo, s. n., 19.., 23 p.
  • Yannick Guillou, Nicolas Haxo, un général vosgien en Vendée à la poursuite de Charette, Edhisto, 2010, 290 p. (ISBN 978-235515-005-0)

Source partielle[modifier | modifier le code]

« Nicolas Haxo », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850, [détail de l’édition]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. D'après la brochure publiée en 1994 par les Amis de l'Histoire d'Étival-Clairefontaine)