François Nicolas Benoît Haxo

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François Nicolas Benoît Haxo
Image illustrative de l'article François Nicolas Benoît Haxo

Naissance
Lunéville
Décès (à 64 ans)
Paris
Origine Drapeau de la France France
Arme génie
Grade Général de division
Années de service 17931833
Conflits guerres napoléoniennes
Commandement Garde impériale
Distinctions Baron d'Empire
Grand-croix de la Légion d'honneur
Commandeur de Saint-Louis
Hommages Arc de triomphe de l'Étoile, 36e colonne.
Autres fonctions Pair de France
Famille Nicolas Haxo, François Haxo

François-Nicolas-Benoît Haxo, baron d'Empire né le à Lunéville, et mort le à Paris est un ingénieur militaire et général français de la Révolution et de l’Empire. Cet homme méticuleux a acquis la célébrité au siège d'Anvers en 1832. Il a été comparé à Vauban de par les nombreux sièges victorieux auxquels il a contribué et du fait de ses innovations en matière de fortification.

États de service[modifier | modifier le code]

Fils de Nicolas Benoît Haxo, conseiller du roi, et de Marie Catherine Hurtevin dit Montauban, il est le neveu du général Nicolas Haxo et de Richard Mique. Son père était le cousin du député François Haxo. Il embrassa de bonne heure le métier des armes. Il sortit lieutenant de mineurs de l'École d'artillerie et du génie de Châlons-sur-Marne en 1793 et peu après passa capitaine du génie dans l'Armée du Rhin en 1794. Son avancement se fit ensuite plutôt lentement au regard de ses compétences remarquables. En 1796, il suivit les cours de l'École polytechnique ,mais ne fut pas polytechnicien.

En 1801, il devint chef de bataillon à la suite de la prise du fort de Bard par l'armée d'Italie.

C'est lui qui introduisit le premier l’emploi des courbes horizontales équidistantes, pour représenter le relief du terrain, technique qui a fait faire de rapides progrès aux cartes d'Etat-major.

Il était en 1807 à Constantinople dont il fut chargé d'améliorer la défense, et alla ensuite en Italie sous le général Chasseloup. En 1809, il commanda un bataillon d'attaque au siège de Saragosse et donna de telles preuves d'habileté que Napoléon Ier le nomma colonel. 

Appelé à l'armée d'Allemagne il mérita, à Wagram, la croix d'officier de la Légion d'honneur[1]. Renvoyé en Espagne, il fut chargé de la direction des travaux aux sièges de Lérida et de Méquinenza, y montra autant de zèle que de talent et fut promu au grade de général de brigade le 23 juin 1810. Rentré bientôt en France, il fut attaché à l'état-major de l'Empereur et l'accompagna comme aide-de-camp dans la campagne de Russie. Le , il était seul avec Napoléon lorsque celui-ci prenant la capote et le bonnet d'un chevau-léger polonais reconnut les bords du Niémen et les hauteurs de Kowno.

Le général Haxo se distingua au combat de Mohilow et faillit être pris en cherchant à rallier le 3e de chasseurs qui avait été surpris par une nuée de Cosaques. Il fut promu, quatre mois après, au grade de général de division le 5 décembre 1812.

En 1813, l'Empereur lui confia le commandement du génie de la Garde impériale. En juin, il mit la ville de Hambourg en état de soutenir un siège. Après la bataille de Dresde, il suivit en Bohême Vandamme qui, avec le 1er corps, cherchait à faire mettre bas les armes à un corps de 40 000 hommes. Le 30 août, à la bataille de Kulm, le général Haxo fut blessé et fait prisonnier avec les généraux Vandamme et Guiot du Repaire. Il ne rentra en France qu'à la première Restauration.

II commandait le génie dans la Garde royale lors du retour de l'Empereur. Il se trouva à la bataille de Waterloo, suivit l'armée sur la Loire et vint à Paris, avec Kellermann et Gérard, demander au gouvernement provisoire que l'armée restât réunie tant qu'il y aurait un étranger sur le sol français, que nul employé civil ou militaire ne fût destitué et que personne ne fût inquiété pour ses opinions.

Monument rappelant le souvenir des soldats français morts durant le siège de la citadelle d'Anvers en 1832. (Tournai, place de Lille)

Ces demandes furent rejetées, mais Haxo n'en fit pas moins sa soumission aux Bourbons.

En 1815, il est licencié sous la Restauration, puis fait partie du conseil de guerre appelé en 1816 à juger le général Lefebvre Desnouettes conformément à l'ordonnance du 24 juillet 1815, et le condamna à mort par contumace. En 1819, il est réintégré comme inspecteur général des fortifications frontalières (Grenoble, Besançon, Dunkerque, Saint-Omer, Sedan, Fort l'Écluse, Belfort, Bitche).

Plan-relief de Grenoble avec les fortifications réalisées par Haxo.

Promu inspecteur général de son arme et grand officier de la Légion d'honneur, Louis-Philippe Ier le nomma Pair de France en 1832, grand-croix en 1833, conseiller d'État et membre du comité des fortifications. Dans cette instance il prit position contre les forts détachés et pour l'enceinte continue. En 1832, il dirigea les travaux et commanda le Génie lors du siège de la citadelle d’Anvers. Durant ce siège, Haxo, rompant avec la méthode des sapes et parallèles chère à Vauban et ses successeurs, employa pour la première fois, de manière massive, les mortiers dont les tirs paraboliques se révélèrent très efficaces. Côté assiégeants il y eut 64 000 tirs d'artillerie (27000 boulets, 17000 obus et 20000 bombes), nombre record pour l'époque. Grâce à cela, l'imposante citadelle fut conquise en cinq semaines seulement.

On doit à Haxo le remaniement ou la construction de fortifications à Bitche, Genève, Venise, Mantoue, Peschiera , Rocca d'Anfo, Constantinople et les Dardanelles, Modlin, Dantzig, Grenoble, Besançon (forts de Bregille et Chaudanne), Belfort (Citadelle, camp du Vallon, fort des Barres, mur d'enceinte des faubourgs...), Briançon (fort du Château), Dunkerque, Saint-Omer, Sedan. Ses projets aboutiront aussi à la réalisation du fort de l'Écluse (fort d'en haut) dans l'Ain et du fort des Rousses dans le Jura. Il aura travaillé en définitive sur près de soixante sites.

Siège d'Anvers ((Horace Vernet)

C'est lui qui milita entre 1815 et 1830 pour la fortification de la place de Lyon. Après le feu vert de Louis-Philippe, le Comité des fortifications débloque une première somme de 2 400 000 francs et étudie le projet du nouveau directeur supérieur des travaux de défense, le général Hubert Rohault de Fleury. Haxo milite comme toujours pour l'enceinte continue, mais au fil des travaux, Rohaullt de Fleury va faire émerger son projet personnel, le système Rohault de Fleury, à savoir une ceinture de 19 ouvrages dont 10 forts distants entre eux de 600 à 800 m et situés à 1500/2000 m du centre-ville. Cet énorme chantier, la première ceinture fortifiée de Lyon, ne sera terminé qu'en 1854 et nécessitera un budget de 10 millions de francs. Lyon constitue avec Paris (enceinte de Thiers) le premier exemple français de défense d'une grande ville par des forts détachés, ce qui allait à l'encontre des conceptions d' Haxo.  

Sur Paris, il préconisa également l'enceinte continue englobant les faubourgs alors que d'autres experts étaient favorables à un camp retranché constitué de forts permanents défendant une enceinte de sûreté. En 1838 est adopté un plan qui combine les deux options. Les travaux seront terminés en 1845 : Paris est alors dotée de l'enceinte dite de Thiers et de 16 forts détachés qui connaîtront le baptême du feu lors du siège prussien fin 1870-début 1871. 

Vauban du XIXème siècle[modifier | modifier le code]

On l'a surnommé le Vauban du XIXe siècle, distinction qu'il partagea ensuite avec Séré de Rivières, parce qu'il renforça ou remis en état une soixantaine de fortifications et citadelles entre 1800 et 1830, et participa à 99 combats et batailles principalement des sièges. 

Rejoignant dans l'esprit son illustre prédécesseur il affirmera : "la fortification n'est pas une science, mais seulement un art" 

L'académicien Pierre Lebrun déclarera : "L'Europe a classé depuis longtemps le général Haxo comme le premier des ingénieurs militaires de ce siècle. L'histoire le nommera après Vauban, ce grand homme qu'il admirait et auquel il ressemblait par plus d'un endroit" 

Quant à Mr Aubernon, Pair de France, il dira de lui :" (il) offre plusieurs traits de ressemblance avec Vauban...il n'est jamais mêlé dans aucune coterie, dans aucune intrigue, il n'est guidé que par l'amour du devoir et de la patrie. Il sait donner à tous des avis dont la franchise égale la justesse et le dévouement ; il montre comme lui une aptitude toute spéciale dans l'art d'appliquer au premier coup d'œil les fortifications au terrain". 

François Nicolas Benoît Haxo repose au cimetière du Père-Lachaise.  

Il avait épousé la fille de Benjamin-Léonor-Louis Frotier de La Coste-Messelière . Celle-ci se remaria, en 1843, avec le maréchal Jean-Baptiste Philibert Vaillant qui fut aide-de-camp d' Haxo et sera fait prisonnier avec lui à l'issue de la bataille de Kulm.

La casemate Haxo[modifier | modifier le code]

Casemate à 3 positions

Une casemate d'artillerie à tir direct porte son nom. Haxo l'a conçue, lors de son séjour à Dantzig en 1811, en réponse à la nécessité de préserver les positions d'artillerie de place lors des étapes finales d'un éventuel siège. Aménagée dans un parapet et destinée à assurer la protection de ces positions, elle consiste en une alvéole construite en maçonnerie, et ouverte à l’arrière, ce qui permet d'évacuer rapidement les fumées de la poudre noire utilisée à l'époque. Sa partie supérieure est protégée par un épais talus de terre qui absorbe le choc des impacts de projectiles, en formant une sorte de coquille protectrice empêchant la casemate de se disloquer.

Ainsi protégée contre le tir vertical, direct et de ricochet, cette batterie permet le service efficace et rapide des pièces d'artillerie lors de tirs de défense cadencés.

On trouve des exemplaires de ces casemates dans de nombreuses fortifications : à la citadelle de Belfort, au fort de Bregille (place de Besançon), au fort de Sainte-Foy (Lyon), au fort de l'Île Pelée de Cherbourg, le long de la liaison souterraine entre Villefranche-de-Conflent et Fort Libéria ...

Le fort Sainte Catherine aux Bermudes est également doté de casemates Haxo.

Honneurs, titres, décorations[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

  • Une rue de Paris porte son nom dans le XIXe et le XXe arrondissements depuis 1865, et d'autres à Marseille, à Nancy, Lunéville et Grenoble.
  • Une station à son nom a été construite pour le métro parisien, mais n'a jamais été ouverte.
  • La caserne du 170e Régiment d'Infanterie à Golbey (banlieue d'Épinal, Vosges) s'appelle caserne Haxo.

Galerie de photographies[modifier | modifier le code]

Casemates du fort de Ste Foy à Lyon

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Notice no LH/1273/71 », base Léonore, ministère français de la Culture
  2. Jean Tulard, Napoléon et la noblesse d'Empire, Tallandier,‎ , 4e éd. (ISBN 2-235-02302-9), p. 244

Sources[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]