Nœud (botanique)

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Deux bourgeons par nœud, à la base de chacun des pétioles des deux feuilles opposées imparipennées du Frêne.

Le nœud est le point d'attache d'une feuille ou d'un rameau sur la tige chez les Spermatophytes (plantes à graines). L'entre-nœud ou internœud est l'intervalle entre deux nœuds successifs. Le bourgeon axillaire, qui pousse au point d'attache d'une feuille plus âgée avec la tige, donne naissance à un rameau. À ce point d'insertion se développe ainsi une feuille ou la tige d'un nouveau rameau, ce qui se traduit parfois par un renflement plus consistant, permettant d'observer les nœuds même lorsque la feuille ou le rameau n'est pas encore développé[1].

Le nœud est une zone de croissance en longueur très faible, alors que les entre-nœuds ont une aptitude beaucoup plus grande à l'allongement qui n'est pas uniforme. Suivant les espèces, c'est à son sommet ou à sa base qu'il est le plus rapide[2].

Chez les plantes, la tige diffère de la racine par la présence de nœuds où s'insèrent les bourgeons axillaires.

Structure nodale[modifier | modifier le code]

Au niveau du nœud, les faisceaux vasculaires qui desservent les nervures de feuille correspondante s'intègrent à l'appareil vasculaire de la tige. Les traces foliaires, c'est-à-dire les prolongements à l'intérieur de la tige de ces faisceaux, déterminent une structure nodale en général constante pour une espèce, et ordinairement pour une famille botanique. Cette anatomie du raccord avec la tige (nœud unilacunaire, bilacunaire, trilacunaire, multilacunaire en fonction du nombre de lacunes ménagées dans le cylindre central de la tige par le départ des faisceaux foliaires)[3] a ainsi un intérêt en systématique[4].

La variabilité du mode de passage d'une structure lacunaire à une autre indique que l'évolution des structures nodales n'est ni unidirectionnelle, ni irréversible. La tendance évolutive de ces structures nodales reste l'objet de débat au sein de la communauté des botanistes[5].

Architecture végétale[modifier | modifier le code]

Selon le modèle architectural de Rauh, chez les plantes à croissance rythmique, la rythmicité se traduit par la mise en place d'unité de croissance. Ces unités correspondent à des pousses successives élaborées par un méristème terminal. Chaque unité donne naissance à un axe feuillé (tige ou rameau) considéré comme l'élément de base de toute architecture végétale, constitué d'une série d'entre-nœuds et de nœuds qui portent les feuilles. L'ensemble entre-nœud, nœud, bourgeon axillaire et feuille est l'élément de construction de base appelé phytomère. L'observation des phytomères, et notamment la séquence des nœuds, permet de faire de liens entre la topologie et le rythme de croissance de la plante[6].

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Fortin, Les plantes, Québec Amerique, , p. 26.
  2. Biologie végétale, Masson, , p. 14.
  3. Le faisceau unique ménage une lacune, deux, trois ou de nombreuses lacunes.
  4. Jean-Claude Roland, Françoise Roland, François Bouteau, Hayat El Maarouf Bouteau, Atlas de biologie végétale, Dunod, , p. 38.
  5. (en) Armen Takhtajan, Flowering Plants, Springer Science & Business Media, , p. 15-16.
  6. (en) James White, « The plant as a metapopulation », Annual Review of Ecology and Systematics, vol. 10,‎ , p. 109-145.
  7. Le primordium foliaire G s'insère sur la tige au niveau du nœud. C= lacune ou fenêtre foliaire ; H=bourgeon axillaire ; I=cordon procambial.

Voir aussi[modifier | modifier le code]