Molopospermum peloponnesiacum

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Molopospermum peloponnesiacum
Description de cette image, également commentée ci-après
Moloposperme du Péloponnèse
Classification
Règne Plantae
Sous-règne Tracheobionta
Division Magnoliophyta
Classe Magnoliopsida
Sous-classe Rosidae
Ordre Apiales
Famille Apiaceae
Genre Molopospermum

Nom binominal

Molopospermum peloponnesiacum
(L.) W.D.J.Koch, 1824

Classification phylogénétique

"Représentation graphique de la classification phylogénétique"
Clade Angiospermes
Clade Dicotylédones vraies
Clade Astéridées
Clade Campanulidées
Ordre Apiales
Famille Apiaceae
Genre Molopospermum

Synonymes

  • Cicutaria peloponnesiaca L.
  • Cicutaria verticillata Moench
  • Ligusticum brancionis Schrank
  • Ligusticum cicutarium Lam.
  • Ligusticum peloponesiacum L.
  • Molopospermum cicutarium Lam.
  • Pleurospermum cicutarium Lam.

Le moloposperme du Péloponnèse (Molopospermum peloponnesiacum) ou « couscouil » (nom régional, du catalan roussillonnais coscoll)[1] est une espèce végétale de la famille des apiacées, la seule du genre Molopospermum, présente dans les Alpes du Sud et les Pyrénées.

Taxonomie[modifier | modifier le code]

Le genre Molopospermum et l'espèce Molopospermum peloponnesiacum sont décrits par le botaniste allemand Wilhelm Daniel Joseph Koch en 1824[2].

L'espèce comprend deux sous-espèces[3] :

  • Molopospermum peloponnesiacum subsp. bauhinii I. Ullmann
  • Molopospermum peloponnesiacum subsp. peloponnesiacum

Tous les synonymes sont rattachés à Molopospermum peloponnesiacum subsp. peloponnesiacum[3] :

  • Cicutaria peloponnesiaca L.
  • Cicutaria verticillata Moench
  • Ligusticum brancionis Schrank
  • Ligusticum cicutarium Lam.
  • Ligusticum peloponesiacum L. (basionyme)[4]
  • Molopospermum cicutarium Lam.
  • Pleurospermum cicutarium Lam.

Nom[modifier | modifier le code]

Le nom du genre Moloposperme signifie « graine meurtrie », en référence aux sillons qui marquent les graines dans toute leur longueur[5].

Le nom vernaculaire d'angélique sauvage est souvent employé abusivement en Roussillon pour désigner en français le moloposperme du Péloponnèse. Le naturaliste Louis Companyo s'en plaint déjà en 1864[6]. Cet usage perdure encore de nos jours, quoi que ce nom désigne en réalité une autre apiacée, mais d'un genre différent : Angelica sylvestris[5].

Description[modifier | modifier le code]

Le moloposperme du Péloponnèse peut atteindre un à deux mètres de hauteur[7]. C'est une plante hémicryptophyte, ce qui signifie que ses parties enterrées et basses sont vivaces, tandis que les parties aériennes meurent à la mauvaise saison[4].

Distribution[modifier | modifier le code]

Le moloposperme du Péloponnèse est présent dans les parties centrale et orientale des Pyrénées[8], en Andorre, en Espagne et en France, puis en remontant vers le nord jusque dans les Cévennes, ainsi que dans les Alpes du Sud, aussi en Allemagne, en Italie, en Suisse et en Slovénie[3],[9].

Habitat[modifier | modifier le code]

De par sa taille, le moloposperme du Péloponnèse est une plante de mégaphorbiaie (grandes herbes), pouvant vivre dans les étages montagnard à subalpin[4].

Reproduction[modifier | modifier le code]

Le moloposperme du Péloponnèse est une plante hermaphrodite qui fleurit de juin à juillet[10]. Sa pollinisation se fait par entomogamie (par les insectes)[4]. Les graines, ensuite dispersées par le vent, nécessitent de geler[5].

Utilisation[modifier | modifier le code]

Dans les Pyrénées-Orientales, la tradition de consommer du couscouil remonte à plusieurs siècles. Très populaire, sa présence est signalée sur les marchés de Perpignan en 1808[11].

Les pétioles du moloposperme du Péloponnèse, jeunes, sont consommés de différentes manières : la plus courante est en salade après avoir fendu les tronçons en quatre et les avoir laissé tremper dans de l'eau fraîche ; on peut également les faire macérer quelques jours dans l'alcool avec divers aromates pour élaborer des liqueurs ; enfin, l'usage d'en faire des confitures a jadis existé mais est tombé en désuétude[5].

Les feuilles peuvent être confondues avec celles de l'Aconit napel, une renonculacée toxique et même souvent mortelle. Ces deux plantes se distinguent par contre facilement lorsqu'elles sont en fleurs[7]. En juin 2018, une telle confusion a causé la mort d'un habitant des Pyrénées-Orientales et l'intoxication grave de deux autres[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Christian Camps et Renat Botet, Dictionnaire nord-catalan, Canet-en-Roussillon, Éditions Trabucaire, , 400 p. (ISBN 978-2-84974-151-1, notice BnF no FRBNF43582443), p. 84.
  2. Koch, W.D.J. (1824) Nova Acta Physico-medica Academiae Caesareae Leopoldino-Carolinae Naturae Curiosorum Exhibentia Ephemerides sive Observationes Historias et Experimenta 12: 108.
  3. a, b et c Référence Catalogue of Life : Molopospermum peloponnesiacum
  4. a, b, c et d Référence Tela Botanica (France métro) : Molopospermum peloponnesiacum (L.) W.D.J.Koch, 1824 (fr)
  5. a, b, c et d Myriam Pied, Le Coscoll, la plante sauvage comestible des catalans, in Alain Pottier (dir.) (ill. Paul Schramm, photogr. Michel Castillo), À la conquête des plantes à parfum, aromatiques et médicinales du Roussillon, Canet-en-Roussillon, Éditions Trabucaire, , 189 p. (notice BnF no FRBNF45410783)
  6. Louis Companyo, Histoire naturelle du département des Pyrénées-Orientales, Perpignan, impr. de J.-B. Alzine, 1861-1864, XXXI-448, 939, 942 p., in-8 (notice BnF no FRBNF30262524), T2, p. 285
  7. a et b « La coscollada », Société mycologique et botanique de Catalogne Nord
  8. Marcel Saule, La grande flore illustrée des Pyrénées, Éditions Milan - Randonnées Pyrénéennes, (ISBN 2 86726 739 0 et 2 905521 47 3)
  9. « Molopospermum peloponnesiacum (L.) W. D. J. Koch », sur www.infoflora.ch (consulté le 30 juillet 2017)
  10. Louis Companyo, Histoire naturelle du département des Pyrénées-Orientales, Perpignan, impr. de J.-B. Alzine, 1861-1864, XXXI-448, 939, 942 p., in-8 (notice BnF no FRBNF30262524), T2, p. 309
  11. Société d'agriculture du département de la Seine, Mémoires d'agriculture, d'économie rurale et domestique, 1808
  12. Sébastien Berriot, « Dans les Pyrénées-orientales, un randonneur décède après avoir consommé une plante toxique », France Bleu Roussillon,‎ (lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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