Carlos Slim Helú

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Carlos Slim
Carlos Slim Helú.jpg
Biographie
Naissance
Nom de naissance
Carlos Slim Helú
Nationalité
Domicile
Formation
Activités
Magnat des affaires, philanthrope, investisseur, président-directeur général, informaticienVoir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Soumaya Domit (1999)
Enfant
Carlos Slim Domit (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Propriétaire de
Religion
Site web
Distinction

Carlos Slim Helú, né le à Mexico, est un homme d'affaires libano-mexicain. Selon le magazine Forbes, sa fortune est estimée à 68,1 milliards de dollars américains, il est donc placé septième sur la liste des milliardaires du monde de Forbes[1] pour l'année 2018. Ses entreprises, parmi lesquelles América Móvil, Telmex et Grupo Carso[2], réalisent 2 à 3 % du PIB mexicain et représentent 10 % de la capitalisation boursière de Mexico[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et formation[modifier | modifier le code]

Carlos Slim Helú est né à Mexico en 1940[4] de parents catholiques maronites, Julián Slim Haddad et Linda Helú, tous deux d'origine libanaise[5],[6]. Son père, né Khalil Salim Haddad Aglamaz, quitta le Liban (alors partie de l'Empire ottoman) pour émigrer au Mexique à l'âge de 14 ans, en 1902, et changea son nom en Julián Slim Haddad[5] ; il était alors fréquent que de jeunes Libanais soient envoyés à l'étranger avant l'âge de 15 ans pour échapper à la conscription dans l'armée ottomane ; quatre des frères aînés de Haddad vivaient déjà au Mexique lors de son arrivée[7].

Sa mère, Linda Helú Atta, est née à Parral (Chihuahua), de parents libanais ayant émigré au Mexique à la fin du XIXe siècle ; à leur arrivée, ceux-ci avaient fondé un des premiers magazines en arabe destiné à la communauté libano-mexicaine, à l'aide d'une presse qu'ils avaient emportée avec eux[7].

En 1911, Julián fonda un magasin de nouveautés, La Estrella del Oriente (L'étoile d'Orient). Vers 1921, il avait acheté du terrain dans le quartier commercial de la ville de Mexico. Ces entreprises devinrent la source d'une fortune considérable[7].

Julián Slim et Linda Helú se marièrent en août 1926. Ils eurent six enfants : Nour, Alma, Julián, José, Carlos and Linda. Julián père mourut en 1953[7].

Leur père enseigna à Carlos, à ses frères et à ses sœurs les bases du commerce. Dès l'âge de 11 ans, il investit dans des obligations d'épargne de l'État, ce qui lui enseigne le concept de l'intérêt composé[8]. Il prend note de toutes les transactions financières et commerciales qu'il fait dans un livre de comptes personnel qu'il conserve encore aujourd'hui[8]. Dès l'âge de 12 ans, Slim achète des actions dans une banque mexicaine, et à 15 ans, il devient actionnaire de la plus grande banque du Mexique. A 17 ans, il gagne 200 pesos par semaine dans la compagnie de son père[9].

Il entre ensuite à l'université nationale autonome du Mexique, où il met à profit ses talents en mathématiques pour payer une partie de ses études. Il est étudiant en génie civil mais s'intéresse à l'économie, et suivra des cours d'économie au Chili[10]. En 1961, il est ingénieur diplômé de l'UNAM et ouvre un cabinet de courtage en immobilier.

Carrière[modifier | modifier le code]

Années 1970-1980[modifier | modifier le code]

Il commence sa carrière financière par l'achat-vente de biens immobiliers au centre de la ville de Mexico. Dans le même temps, il achète des petits commerces qu'il fait prospérer. En 1976, il se diversifie en acquérant 60 % des parts de Galas de México[11], un petit imprimeur d'étiquettes pour paquets de cigarettes.

Il consolide sa fortune dans les années 1980. En 1980, il crée Grupo Galas[12], société mère d'un conglomérat possédant des parts dans l'industrie, la construction, les mines, le commerce de détail, l'alimentation et le tabac. En 1981, Slim acquière une participation majoritaire dans Cigarros la Tabacelera Mexicana (Cigatam)[13], le deuxième producteur et distributeur de cigarettes du Mexique, à un prix réduit. En 1982, il profite de la crise financière pour racheter de nombreuses entreprises, dont Seguros de Mexico pour 44 millions de dollars américains (elle en vaut actuellement 2,5 milliards)[14]. En 1986, il rachète entre autres le groupe de sociétés Nacobre, qui commercialise des produits en cuivre et en aluminium, ainsi qu'une entreprise dans la chimie, Química Fluor[15].

Années 1990[modifier | modifier le code]

En 1990, soutenu par ses amis politiques dont le président Carlos Salinas, il monte un consortium et rachète la première société de télécommunications du Mexique (Telmex), vendue par l'État lors de la présidence de Salinas[3]. Le marché des télécommunications au Mexique n'est toujours pas très ouvert à la concurrence. À travers son influence politique, il réussit à garder Telmex dans une situation de quasi-monopole. Selon The New York Times, l'opérateur de téléphonie fixe Telmex détient une part de marché de 90 % et l'opérateur de téléphonie mobile Telcel, également contrôlé par Slim, détient une part de marché de 80 %[16].

En 1997, il subit une opération à cœur ouvert et abandonne la présidence exécutive de ses sociétés[réf. nécessaire].

Années 2000[modifier | modifier le code]

En 2007, l'ensemble de ses participations dans différentes sociétés représente entre 5 et 7 % du PIB mexicain[réf. nécessaire].

Selon le magazine Fortune, en août 2007, Carlos Slim a dépassé Bill Gates, fondateur de Microsoft, pour devenir l'homme le plus riche du monde, avec 59 milliards de dollars américains. Le magazine estime qu'il a gagné 12 milliards de dollars sur la première moitié de l'année 2007, principalement grâce à ses investissements boursiers[réf. nécessaire].

En février 2008, il devient le deuxième actionnaire du quotidien américain The New York Times. Fin 2008, une rumeur affirme qu'il est en négociation pour racheter Honda Racing F1 Team et aligner sa propre équipe sur les grilles de départ du championnat du monde de Formule 1 2009. En 2009, selon le quotidien sportif espagnol Marca, il serait impliqué dans le projet Campos Meta Team qui devrait participer au championnat du monde de Formule 1 2010.

Années 2010[modifier | modifier le code]

En août 2011, il perd 4,5 milliards d'euros en une semaine à cause de la crise boursière.

En mars 2013, il est confirmé comme l'homme le plus riche du monde par le magazine Forbes[17], mais, début 2014, Bill Gates redevient l'homme le plus riche du monde et Carlos Slim descend à la deuxième place[réf. souhaitée].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Carlos Slim renforce ses liens avec la puissante communauté libanaise en épousant, en 1966, Soumaya Domit Gemayel, nièce du président Amine Gemayel[14]. Il est veuf depuis le 7 mars 1999 et a six enfants : Carlos, Marco Antonio, Patrick, Soumaya, Vanessa, et Johanna[18]. Carlos, Marco Antonio et Patricio participent aux activités des sociétés de leur père à des postes clés et prennent quotidiennement des décisions stratégiques, l'aidant ainsi à consolider son patrimoine[19].

Carlos Slim est catholique maronite et l'un des principaux défenseurs de la Légion du Christ, un institut religieux catholique[20].

Philantropie[modifier | modifier le code]

Par le biais de ses fondations, il donne 5 milliards de dollars en 2006 et prévoit d'en donner deux fois plus entre 2007 et 2010[3]. Il annonce début août 2007 son intention de lancer un plan de 300 millions de dollars pour la construction de 100 nouvelles écoles au Mexique.

Il a d'abord créé en 1986 la Fondation Carlos Slim Helu (Fundación Carlos Slim Helú.) Elle finance le musée Soumaya, ouvert en 2011 et qui abrite à Mexico la plus grande collection de Rodin hors de France ainsi que la plus grande collection de Salvador Dali en Amérique latine[21].

Il crée en 1995 la Fondation Telmex (Fundación Telmex), qui met en place en 2007 les instituts Carso pour la santé, les sports et l'éducation avec un financement de 4 milliards de dollars[22].

En 2000, Carlos Slim Helu et Jacobo Zabludowsky créent la Fondation pour le centre historique de la ville de Mexico A.C. (Fundación del Centro Histórico de la Ciudad de México A.C) pour revitaliser et sauver le centre-ville historique de Mexico[4].

Sur l'invitation de la fondation maronite dans le monde, il se rend au Liban en mars 2010. L'accueil qui lui est réservé est à la hauteur de l'enjeu, pour des dirigeants qui tentent d'intéresser les Libanais à leur pays d'origine. Il promet d'investir dans un pays où tout est à reconstruire.

Sociétés[modifier | modifier le code]

Par ailleurs, Carlos Slim est actionnaire minoritaire d'Apple[23] via BlackRock.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Carlos Slim Helu & family », sur Forbes (consulté le 27 décembre 2018)
  2. Nom formé à partir de son prénom et de celui de sa femme Soumaya
  3. a b et c Le Rockfeller mexicain - Le Point, 16 août 2007
  4. a et b (en) Carlos Slim biography. carlosslim.com.
  5. a et b (en) James Bone, « Mexican mogul Carlos Slim got his big break in sell-off of national telephone firm », The Times, Londres,‎ (lire en ligne)
  6. (en) Tim Padgett, « Carlos Slim's Embarrassment of Riches », Time (magazine), United States,‎ (lire en ligne)
  7. a b c et d (en) « Biography », Carlos Slim Helú (consulté le 19 février 2011)
  8. a et b (en) Helen Coster, « Mexico's Richest Man », sur Forbes (consulté le 27 décembre 2018)
  9. (en) Kerry Dolan, « The World According To Slim », Forbes,‎ (lire en ligne)
  10. « Carlos Slim Interview -- page 3 / 9 -- Academy of Achievement », sur web.archive.org, (consulté le 27 décembre 2018)
  11. (es) Juan Ramón Jiménez,Red Voltaire, « Carlos Slim, un empresario mexicano muy particular, por Juan Ramón Jiménez », sur Red Voltaire (consulté le 27 décembre 2018)
  12. (es) « Carlos Slim: el ingeniero que se convirtió en el ‘dueño’ de México », sur www.modaes.com (consulté le 27 décembre 2018)
  13. « Grupo Carso, S.A. de C.V. - Company Profile, Information, Business Description, History, Background Information on Grupo Carso, S.A. de C.V. », sur www.referenceforbusiness.com (consulté le 27 décembre 2018)
  14. a et b Le Point magazine, « Le Rockefeller mexicain », sur Le Point, (consulté le 27 décembre 2018)
  15. (en) Tanni Haas, The World's Richest Man: Carlos Slim In His Own Words, Agate Publishing, (ISBN 9781572847347, lire en ligne)
  16. (en) Prodded by the Left, Mexico's Richest Man Talks Equity - Ginger Thompson, The New York Times, 3 juin 2006, page 2
  17. « Le Mexicain Carlos Slim reste l'homme le plus riche du monde », sur L'Expansion.com, (consulté le 4 mars 2013)
  18. (en-US) « Who was Soumaya Domit Gemayel? Everything You Need to Know », sur www.thefamouspeople.com (consulté le 27 décembre 2018)
  19. Daniel Cayley-Daoust 18 20sc on December 08 et 2011, « Uncle Slim: The World's Richest Man », sur Polaris Institute (consulté le 27 décembre 2018)
  20. (en-US) Marc Lacey et Elisabeth Malkin, « A Priest’s Legacy Survives, and Divides, in Mexico », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 27 décembre 2018)
  21. « Emperor's New Museum », sur wsj.com,
  22. « WHO | Mexican billionaire invests millions in Latin American health », sur WHO (consulté le 7 janvier 2019)
  23. « F1 : Le milliardaire Mexicain Carlos Slim Hélu a racheté Honda », sur Autonewsinfo (consulté le 27 décembre 2018)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]