Mevlüt Çavuşoğlu

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Mevlüt Çavuşoğlu
Illustration.
Fonctions
Ministre turc des Affaires étrangères
En fonction depuis le
(4 ans, 11 mois et 28 jours)
Président Recep Tayyip Erdoğan
Premier ministre Ahmet Davutoğlu
Binali Yıldırım
Gouvernement Davutoğlu III
Yıldırım
Erdoğan IV
Prédécesseur Feridun Sinirlioğlu

(11 mois et 30 jours)
Premier ministre Ahmet Davutoğlu
Gouvernement Davutoğlu I
Prédécesseur Ahmet Davutoğlu
Successeur Feridun Sinirlioğlu
Biographie
Date de naissance (52 ans)
Lieu de naissance Alanya (Turquie)
Nationalité Turque
Parti politique AKP
Diplômé de Université d'Ankara
London School of Economics

Signature de Mevlüt Çavuşoğlu

Mevlüt Çavuşoğlu[1], né le à Alanya, est un homme politique turc, cofondateur du Parti de la justice et du développement (AKP). Il est depuis 2015 ministre des Affaires étrangères.

Biographie[modifier | modifier le code]

Mevlüt Çavuşoğlu, à Strasbourg, le 7 septembre 2016.

Le , il est élu par acclamation, président de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, premier Turc à ce poste. Il représente la province d'Antalya dans la Grande assemblée nationale de Turquie. Élu une première fois en 2002, il est un membre fondateur de l'AKP.

En 1988, Mevlüt Çavuşoğlu est diplômé de l'université d'Ankara où il étudie les relations internationales. Il obtient ensuite un mastère en économie à l'université de Long Island à New York et a participé aux cours de doctorat à l'université Bilkent et a assisté à un programme de recherche London School of Economics, où il est un certain temps président de la Turkish Society. Il est marié et a un enfant.

En tant que parlementaire, il y a présidé la commission des Migrations, Réfugiés et Population. En , il rencontre le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov dans le contexte d'un rapport que l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe[2] prépare sur la famine en Union soviétique en 1932-1933.

Alors que la Turquie est vivement critiquée pour son absence d'engagement contre l'État islamique dans le cadre de la guerre civile syrienne, Mevlüt Çavuşoğlu, rappelant en les positions de la diplomatie turque, annonce qu'« il faut éradiquer les causes de cette situation. C’était le régime Maliki en Irak, […] et c’est le régime d’Assad en Syrie ! »[3].

Le 11 mars 2017, Çavuşoğlu se voit interdire d'atterrir à Rotterdam après des propos prononcés par lui sur la manière dont les Pays-Bas traitent les immigrés turcs[4],[5], après que le gouvernement néerlandais a menacé de réduire les droits d'atterrissage. Çavuşoğlu avait prévu d'organiser une grande manifestation à propos du référendum constitutionnel turc du 16 avril 2017 pour lequel les immigrés turcs ayant obtenu la nationalité néerlandaise pouvaient voter[5]. Cependant sa présence est considérée par les autorités néerlandaises comme une menace à la sécurité publique et Çavuşoğlu est interdit d'atterrir malgré sa fonction de ministre des Affaires étrangères[5]. Le président Recep Tayyip Erdoğan qualifie alors les Pays-Bas de « vestige du nazisme » et de « fascistes »[5], ce à quoi le Premier ministre néerlandais Mark Rutte réplique en considérant qu'il s'agit d'une « remarque folle »[4]. Aussitôt Çavuşoğlu prend la défense d'Erdoğan en soutenant ses propos[6] et en ajoutant que les Pays-Bas sont « la capitale du fascisme. » Pire encore, le ministre des Affaires étrangères turc déclare le 16 mars 2017 au lendemain des élections législatives aux Pays-Bas qu'« une guerre de religions allait éclater en Europe. »[7]

Après l'incident maritime entre les marines turque et française en juin 2020, le chef de la diplomatie turque Çavuşoğlu déclare : « La France, que Macron dirige ou plutôt qu'il n'arrive pas à diriger en ce moment, ne se trouve (en Libye) que pour poursuivre ses intérêts avec une mentalité destructrice »[8]. À l'issue d'une réunion avec le Haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité Josep Borrell, le 6 juillet suivant, il souligne que l'Union européenne doit faire partie de la solution et non du problème, qu'« elle ne doit pas permettre que nos relations soient prises en otage par certains Etats membres [la France] et que si des mesures sont adoptées à notre encontre, nous leur rendrions alors la pareille. »[9] De fait, après les incidents contre la Grèce en Méditerranée et les insultes du président Erdoğan à l'encontre du président Macron après l'hommage de ce dernier à la Sorbonne, consécutif à l'attentat de Conflans-Sainte-Honorine, l'Allemagne bloque le 29 octobre 2020 les sanctions contre la Turquie demandées par la France et l'Autriche[10].

Le 27 septembre 2020, Çavuşoğlu renouvelle le soutien « infaillible » de la Turquie avec l'Azerbaïdjan contre l'Arménie sur le terrain[11]. Il reçoit le 14 octobre 2020 Emine Djeppar, vice-ministre des Affaires étrangères d'Ukraine (et d'origine tatare de Crimée) pour l'assurer du soutien de la Turquie contre la reconnaissance de la Crimée comme partie de la Fédération de Russie après le référendum de 2014[12]. Il est décoré par l'Ukraine à deux reprises.

Décorations[modifier | modifier le code]

Ruban Décoration Pays Date Lieu Note Réf.
Order of Merit 3rd Class of Ukraine.png Ordre du Mérite d'Ukraine (3e classe) Drapeau de l'Ukraine Ukraine 24 août 2013 Kiev [13],[14]
JPN Kyokujitsu-sho 1Class BAR.svg Grand Cordon de l'ordre du Soleil levant Drapeau du Japon Japon 9 août 2019 Ankara [15]
AZ Dostlug Order ribbon-2.png Ordre de l'Amitié Drapeau de l'Azerbaïdjan Azerbaïdjan 5 février 2020 Bakou [16]
Order of Merit 2nd Class of Ukraine.png Ordre du Mérite d'Ukraine (2e classe) Drapeau de l'Ukraine Ukraine 22 août 2020 Kiev [17]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Prononcé [mev'lyt ʧavuʃo:'ɫu]
  2. Famine des années 1930 en URSS: rapport à la session d'avril de l'APCE, sputniknews.com, 28.01.2010
  3. Exclusif : "La Turquie ne peut pas armer des civils" pour combattre l'EI, France24.com, 3 avril 2015
  4. a et b Thomas Escritt et Tuvan Gumrukcu, « Dutch PM bars Turkish foreign minister in escalation of rally row », Reuters,‎ (lire en ligne, consulté le 11 mars 2017)
  5. a b c et d Le Figaro, Erdogan qualifie les Pays-Bas de vestige du nazisme, 11 mars 2017
  6. Elizabeth Roberts, « Turkish minister tells Dutch: 'I am not a terrorist' », CNN,‎ (lire en ligne, consulté le 13 mars 2017)
  7. (de) Deniz Aykanat: Wahl in den Niederlanden: Die Reaktionen aus der Türkei, in: Süddeutsche Online, 16 mars 2017.
  8. Le Point magazine, « Libye : la Turquie fustige l'approche « destructrice » de la France », sur Le Point, (consulté le 2 juillet 2020)
  9. Ministère des Affaires étrangères de Turquie
  10. Thomas Schnee, Marianne, article du 2 novembre 2020
  11. TRT, Ankara prête à aider Bakou, 28 septembre 2020
  12. Ukrinform
  13. (uk) « УКАЗ ПРЕЗИДЕНТА УКРАЇНИ №452/2013 », Présidence d'Ukraine (consulté le 9 septembre 2020)
  14. « ÇAVUŞOĞLU'NA DEVLET NİŞANI VERİLDİ », Alanyaajans.net,‎ (lire en ligne, consulté le 9 septembre 2020)
  15. Agence Anadolu, « FM Çavuşoğlu receives top Japanese order », Daily Sabah,‎ (lire en ligne, consulté le 9 septembre 2020)
  16. (en) Présidence d'Azerbaïdjan
  17. (uk) « УКАЗ ПРЕЗИДЕНТА УКРАЇНИ №341/2020 », Présidence d'Ukraine (consulté le 9 septembre 2020)