Aller au contenu

Marolles (Bruxelles)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Marolles
Noms locaux
(mis) Marolle, Marolles, (nl-BE) MarollenVoir et modifier les données sur Wikidata
Géographie
Pays
Communauté
Région
Arrondissement administratif
Grande ville
Coordonnées
Démographie
Gentilé
Marollien(ne)[1]
Identifiants
Site web
Localisation sur la carte de Belgique
voir sur la carte de Belgique
Localisation sur la carte de Bruxelles
voir sur la carte de Bruxelles

Les Marolles (en néerlandais : Marollen) sont un quartier populaire, historique et touristique de la ville de Bruxelles (Belgique) au sud du centre-ville (Pentagone). Il comprend notamment le palais de justice (place Poelaert), la place du Jeu de Balle, l'église de la Chapelle, ainsi que les rues avoisinantes.

Le quartier des Marolles devrait son nom à la congrégation des sœurs Apostolines, qui avaient pour vocation de secourir les prostituées, nombreuses dans le quartier au XVIIe siècle. Elles étaient également connues sous le nom latin de « Mariam Colentes » (celles qui honorent la Vierge Marie). Cette dernière expression sera successivement déformée en « Maricolles », puis « Marolles »[2]. Lorsque les sœurs quittèrent le quartier en 1715 pour aller s'établir au quai au Foin, leur nom resta attaché au quartier : l'actuelle rue de Montserrat s'appelait rue des Marolles (Op de Marollen en bruxellois)[3].

Limites du quartier

[modifier | modifier le code]
Monument aux vivants, rue du Faucon.

Les limites du quartier dit « Les Marolles » ne sont pas unanimement définies ni constantes. Le nom trouve son origine dans le quartier au tour de la rue de Montserrat, derrière le palais de Justice et qui s'appelle « La Marolle ». Ce n'est qu'à partir de la fin du XIXe siècle qu'on parle des « Marolles » englobant en dehors de « La Marolle » encore cinq autres quartiers[4]. Ce qui fait unanimité, c'est que Les Marolles sont délimitées au nord-est par la première enceinte et au sud-est par la seconde, aujourd'hui petite ceinture[5]. Historiquement la limite occidentale était formée par les marécages de la Senne, et la limite est parfois encore placée au niveau des rues qui ont remplacé la rivière, entre-temps enfouie et déviée[6], mais la construction de la jonction Nord-Midi à travers le quartier a créé une barrière si importante que les rues entre jonction et ancien lit de la Senne ne sont plus toujours considérées comme faisant part du même quartier[7]. Coté est, c'est une limite sociale qui s'opère, le quartier du Sablon n'en faisant pas partie, l'ancien quartier royal non plus, par contre la rue Samaritaine et la rue des Minimes sont généralement intégrées dans le quartier. Le palais de Justice est considéré comme faisant partie ou non des Marolles, mais par contre l'ancien quartier sur lequel il a été construit faisait bien partie de celles-ci[6],[7]. Enfin, le quartier peut aussi être défini culturellement comme le quartier du parler brusseleer et de la zwanze[8].

Historiquement, il s'agit donc d'un faubourg, celui devant la Steenpoort (nl). Il existait déjà et était surtout habité par des tisserands, quand la ville construit la première enceinte, entre 1190 et 1250, choisissant donc d'en exclure ces gens. La chapelle qui leur servait depuis 1134 comme lieu de culte, est levé au rang de la paroisse de Notre-Dame de la Chapelle en 1210[9]. Ce premier noyau d'habitation s'appelle donc quartier de la Chapelle. Ensuite, c'est le long de la rue Haute que des maisons se construisent, se rapprochant de la léprosérie, attestée depuis 1174, ce qui devrait devenir l'hôpital Saint-Pierre de Bruxelles beaucoup plus tard. À cette époque qu'elle faisait encore partie de l'échevinat d'Obbrussel (le Saint-Gilles d'aujourd'hui, qui fut attaché à la ville de Bruxelles par Jean II, duc de Brabant en 1296. Suite à la construction de la Seconde enceinte de Bruxelles entre 1357 et 1383, les Marolles se trouvent ainsi à l'intérieur[10].

L'ancien mur n'est pourtant pas démoli, il sert toujours à contrôler la population, permettant même de fermer l'accès à l'ancien centre-ville[11]. Quand, par exemple, le , une revolte des bouchers et tisserands éclate, grâce à la possibilité de fermer la Steenpoort, les patriciens empêchent les deux groupes de se réunir. Ils massacrent d'abord les bouchers à l'intérieur, ensuite les tisserands du quartier de la Chapelle[12].

En 1405, un incendie ravage le quartier de la Chapelle et anéantit 2 400 maisons et 1 400 métiers à tisser[13]. Selon certains, l'incendie était déclenché par des patriciens pour mettre la population à leur place[5]. Le territoire actuel des Marolles ne se remplit que lentement des habitations. Sur les plans de Deventer (1550) et de de Tailly (1640, édition de 1748) on voit qu'on traçe des rues longtemps avant d'y construire. Elles donnent accès aux champs des maraîchers et les prairies des blanchisseries[14],[15].

La colline surplombant les Marolles, par contre, ne portait pas pour rien son nom de Mont aux Potences, étant un de deux endroits, ensemble avec l'Altitude Cent d'aujourd'hui, où la ville use de son droit, obtenu au XIIIe siècle, d'exécuter la peine de mort. C'était aussi là, où étaient brûlé les juifs lors du massacre de Bruxelles du 22 mai 1370[16],[5].

Les Marolles étaient aussi un quartier des ordres religieux, la léproserie Saint-Pierre, déjà mentionnée, était organisée comme couvent (d'au moins 1174 à 1783)[17]. C'était aux moines bénédictins de l'abbaye du Saint-Sépulcre de Cambrai que les ducs avaient donné, en 1134, la chapelle devant la Steenpoort pour y installer un prieuré. Des concurrents devant la porte, ça ne plaisait pas du tout aux chanoines de Sainte-Gudule, qui se lançaient donc dans une guerre d'usure. Ces derniers obtiennent une partage en deux, le prieuré de ceux de Cambrai d'un coté, et la paroisse avec un curé à eux de l'autre coté. Sans église à eux seuls et combattu par Sainte Gudule, les bénédictins furent vite réduits au nombre de deux. Ils occupaient le grand bâtiment encore au XVIIe siècle, qui fut abattu pour la construction de la jonction Nord-Midi[18]. De 1343 à 1595, le couvent des Riches-Claires se trouve près de la porte de Hal avant de déménager au centre-ville, où leur église persiste[19]. De 1368 à 1796, des alexiens résident dans la rue du même nom[20]. Des nombreux hospices s'y ajoutent: l'Hôtel Dieu Saint-Ghislain, Saint-Laurent, Saint-Corneille, les Douze Apôtres, Sainte-Élisabeth et Saint-Christophe, Saint-Aubert, l'hospice des Tanneurs[21]...

Temps modernes

[modifier | modifier le code]

Les religieux continuent à s'installer dans le quartier durant les temps modernes. De 1586 à 1773, les jésuites résident dans la rue de Ruysbroeck[21]. Entre 1587 et 1796, les capucins occupaient un vaste complexe entre les rues des Capucins, de Saint-Ghislain, Haute et des Tanneurs[22]. De 1620 au 1784 les brigittines occupent un couvent à droite et à l'arrière de l'église qui est encore debout aujourd'hui[23]. De 1621 à 1796, les minimes occupent un vaste terrain en flanc de colline, dont reste toujours la rue et l'église qui portent leur nom[24],[25]. Dans le bas, à côté des brigittines, où une rue porte toujours leur nom, les visitandines occupaient un couvent de 1648 (demande d'installation) à 1802[26]. Les apostolines, ou maricolles ne restent qu'entre 1660 et 1715 à l'endroit de la rue de Montserrat actuelle, mais laissent leur nom au quartier[27]. De 1662 à 1798, des ursulines étaient installées dans la rue qui porte leur nom[28].

À la fin du XVIe siècle, la partie des Marolles traversée par la rue des Minimes appelée à cette époque Bovendael, était fréquentée par des prostituées. En 1597, les rues de l'Épée et de l'Éventail qui reliaient la rue des Minimes à la rue Haute furent fermées la nuit par des guichets « afin de chasser de la rue Haute les femmes de mauvaise vie et leur suite demeurant au Bovendael et aux alentours »[29].

Au XVIe siècle, quand Charles Quint gouverne son empire depuis Bruxelles, le quartier de la cour dans le haut de la ville s'étend rapidement vers ce qui est la place Poelaert aujourd'hui[30]. Ça donnait de l'allure aussi au quartier campagnard en contre-bas... Contrairement à un cliché répandu, la rue Haute n'a pas toujours été une artère populaire : au XVIIe et au XVIIIe siècle, la noblesse et la bourgeoisie y firent construire de beaux hôtels de maître[31].

XIXe siècle

[modifier | modifier le code]
Les Marolles en 1835 (plan de W.B. Craan).
Divertissements populaires dans les Marolles, 1876.

La révolution industrielle change le visage de Bruxelles et des Marolles pour toujours. Les prairies des blanchisseries cèdent la place aux usines, dans les Marolles surtout les potagers derrière les maisons aux impasses à taudis pour en loger les ouvriers. Au XIXe siècle, la rue Haute à elle toute seule compte 35 impasses insalubres. Quand Adolphe Quetelet dresse une carte de l'indigence au sein du pentagone, ce sont les Marolles qui constituent la zone la plus concentrée. Famine, émeutes ouvriers et épidémies de choléra font le quotidien des habitants[32],[33].

Côté industrie et commerce, on peut citer le café Jacqmotte, les brasseries Vossen (Mort subite), le palais du vin, les grands Magasins Merchie-Pède, Waucquez textiles[34], et les locomotives Renard[35].

La bourgeoisie voit principalement deux problèmes dans des quartiers comme les Marolles : Le danger de révolte ou même révolution par la concentration croissante des gens pauvres en ville et le danger d'épidémies causé par le manque d'hygiène dans leurs quartiers. Le percement de la rue Blaes rectiligne à travers tout le quartier et l'aménagement de la place du Jeu de Balle, de 1853 à 1858, doit aider à aérer mieux le quartier et en même temps, mieux contrôler ces habitants[36]. Avec le même but, on y installe la nouvelle caserne des Pompiers[37]. En 1873, la ville y déménage le marché aux puces, jusqu'alors à la place Anneessens où il est dans le chemin du voûtement de la Senne. Depuis, le marché a lieu chaque jour, toute l'année, de 6 à 14 heures. Il change son caractère selon le public, attirant le weekend une clientèle plus aisée et donc aussi plus d'antiquaires[38]...

Afin de construire le palais de justice, 75 propriétaires de cette partie des Marolles dont beaucoup habitaient leurs maisons[39] bruxelloises furent expropriés en 1863 et ensuite largement indemnisés. Quant aux habitants, environ une centaine, ils furent relogés dans une cité-jardin construite par Poelaert dans le quartier du Chat à Uccle[40]. Poelaert lui-même habitait au cœur des Marolles rue des Minimes dans une maison attenante à ses vastes bureaux et ateliers et qui communiquait avec ceux-ci[41]. L'expulsion de tout un quartier fait qu'"architecte" devient un insulte dans les Marolles[42].

En 1897, l'affaire Courtois défraye la chronique. Elle fait suite au meurtre d'une riche rentière habitant rue de l'Arbre Bénit par l'ex-commissaire-adjoint du quartier, Alexandre Courtois.

XXe siècle

[modifier | modifier le code]
Les Marolles au pied du palais de Justice, vers 1910.

Avec l'entrée de socialistes dans la majorité communale, la ville de Bruxelles se décide, en 1906, pour la première fois, pour la construction des logements publics. La Cité Hellemans voit le jour, construite entre 1912 et 1915, occupé à partir de 1916[43],[44]. On abat un ilôt de 152 masures, pour y construire 5 blocs parallels avec à l'epoque 272 (après deux rénovations dans les années 1980 et 2000 encore 234) appartements, avec de l'eau, des toilettes et des balcons pour chaque appartement, ainsi des chambres séparés pour les enfants[45],[46]. Les cités jardins à la périphérie étant à la mode pendant l'entre-deux guerres, il faut attendre les années 50 pour les prochains logements sociaux dans les Marolles[47].

Ce qui était la construction du palais de Justice pour le XIXe siècle, devient la construction de la jonction Nord-Midi, le tunnel et viaduc des chemins de fer, pour le XXe siècle. En 1911 des centaines des maisons sont démolis, pour y inaugurer la jonction ferroviaire en 1952. Ça n'a pas seulement coupé les Marolles en deux, mais aussi laissé des friches qui restent vides pendant des décennies[48].

Plaque commémorative pour les Juifs du quartier, rue de Lenglentier.

Après la Première Guerre Mondiale la France et la Belgique pratiquèrent une politique d'immigration libérale. Entre les nouveaux arrivants, des juifs polonais. Repoussé par des panneaux "on ne loue pas aux étrangers" dans les autres quartiers de la ville et attirés par les loyers modestes, beaucoup d'entre-eux s'installent alors dans les Marolles, où il y avait déjà une synagogue yiddish dans la rue de Lenglentier depuis 1908. Contrairement aux autres étrangers, les espagnoles par exemple, beaucoup plus nombreux qu'eux, ils essayent de se regrouper. Dans les années 1920, le quartier juif des Marolles devient visible. Pour les années 1930, on estime, que 4000 juifs habitent dans les Marolles, donc un tiers de la population, et 90% entr'eux étaient de nationalité polonaise. Beaucoup étaient des petits indépendants. Sur demande d'un conseiller d'extrême-droite, la ville en fait le comptage en 1939 : 117 entreprises juives-polonaises dans les dix rues principales des Marolles seulement, principalement spécialisés dans les articles de mode et des objets en cuir. C'étaient des gens "modestes" (75% d'entre-eux, selon une enquête de la Tribune Juive dans les années 1930), pour ne pas dire pauvres[49].

À l'arrivée des Allemands en 1940, certains essaient de fuir, 5.000 sur les 70.000 juifs en Belgique le réussissent. Le début de la guerre provoque des hivers de famine en Belgique. Les Belges réagissent et organisent des colonies de vacances à la campagne pour leurs enfants, en 1943 ce sont 150.000 qui participent. Des structures qui allaient sauver beaucoup des enfants juifs qui se fondaient dans la masse... C'est en 1942 que l'occupant allemand accélère les mesures antisémites. C'est le 3 septembre 1942 qui fut le jour noir des juifs de Bruxelles. L'armée allemande entreprend une rafle dans la ville, et tout spécialement dans les Marolles, où ils montent des barrages dans les rues. Par leur brutalité, les Allemands convainquent des juifs hésitants de partir dans la clandestinité et des Belges de les aider. Durant rafle de Bruxelles, seuls 500 juifs furent envoyés à Malines, pour les transporter vers Auschwitz ensuite. Sur les 65.000 juifs en Belgique en 1940, 40.000 ont survécu l'holocauste, proportionnellement plus que dans tous les autres pays occupés. Les Marolliens en ont héroïquement participé, mais les Marolles ne sont plus un quartier juif[49]. Dans les années 1950 arrivent les espagnols, les années 1970 les marocains, et en 2000 les africains subsahariens[50].

C'est aussi dans les Marolles, où a eu lieu une des actions les plus ludiques de la guerre. Pour fêter le retrait des Allemands, les Marolliens organisent, le 4 septembre 1944, une parade d'enterrement de Hitler, avec Hitler dans son cercueil, des uniformes laissés derrière par des soldats en fuite - une forme d'exorcisme[51],[52].

Le vide laissé en surface de la jonction ferroviaire, donnait l'inspiration de l'utiliser pour des autoroutes urbaines à travers le centre historique. Le boulevard de l'Empereur reçoit ainsi en 1958 un pont au-dessus de la rue de Lombard, qui donne une impression de la largeur prévue. On abat alors un premier îlot d'habitations rue Haute, pour pouvoir continuer le tunnel de l'avenue Louise par un viaduc vers le boulevard de l'Empereur[53]. Ces plans abandonné au début des années 1970, l'îlot est devenu la place Breughel l'Ancien, le pont du boulevard sert pour le stationnement[54].

Plaque commémorative de la bataille de la Marolle, rue Montserrat 901.

1 200 habitants du quartier de la Marolle reçoivent, en juin 1969, un courrier les obligeant de quitter les lieux dans les six mois qui suivent pour permettre une élargissement du palais de Justice. Des protestations s'élèvent immédiatement et reçoivent un écho inattendu dans les médias. Les habitants obtiennent l'abandon du projet et fêtent, le 13 septembre 1969 l'enterrement du "promoteur, de la bureaucratie - sa fidèle compagne - et de leur enfant, L'Arrêté d'Expropriation". La plaque commémorative apposé rue de Montserrat qu'on y trouve aujourd'hui, est une deuxième version, avec un texte un peu différent. C'était la "Bataille de la Marolle". À l'instar de ce succès, les différents comités de quartier s'unissent sous l'impulsion du curé Jacques Van der Biest dans le nouveau Comité Général d'Action des Marolles (CGAM) et lancent, dans la foulée, avec d'autres une fédération des comités de tout Bruxelles, Inter-Environnement Bruxelles (IEB), un bureau d'études du mouvement, l'Atelier de recherche et d'action urbaines (ARAU), ainsi qu'un archive annexe éditeur, les Archives d'architecture moderne (AAM), tout en 1969[55].

C'était la première bataille. Une deuxième suit tout de suite : changer les principes de la rénovation urbaine. Ne plus toujours raser tout, mais garder le tracé des rues et les gabarits des maisons, prévoir des logements provisoires pour les habitants, les reloger dans les nouvelles constructions. En 1973, le CGAM obtient l'application de ces principes par le ministre des travaux publics à la reconstruction de la Marolle. Suivront d'autres projets. Les nouvelles constructions attireront néanmoins quand même une population plus aisée (gentrification), ce qui donne un objet à la troisième bataille des Marolles : il ne faudrait plus seulement garder les façades, mais vraiment réhabiliter les maisons existantes et entreprendre plus des mesures pour maintenir le logement modeste en ville[56],[57]. Pour contrer ce qu'ils appellent la "sablonisation", le CGAM s'investit pour faire placer des logements sociaux à des endroits stratégiques, parce que ça veut dire "beaucoup d'enfants, ce qui repousse les bobo's"[58].

Le 20 juillet 1989, la ville déclare onze immeubles, principalement des rues des Chandeliers et de la Samaritaine, appartenant à 3 propriétaires, insalubres. 79 habitants reçoivent des arrêtés d’expulsion. Le Comité de la Samaritaine s'insurge. Le 25 juillet, les habitants décident de descendre matelas et fauteuils dans la rue pour y dormir. Leur "Opération Matelas" attire les médias, et un mois plus tard, on peut parler d'une demi-victoire dans l'immédiat: 50 cas ont été résolus, 12 personnes ont quitté le quartier[59]. Mais l'action est payant dans le long terme: La ville organise une rénovation, réhabilitant 80 logements sociaux. Le comité y ouvre un restaurant social et est toujours là, en 2025[60].

Depuis des années 1980, les antiquaires du Sablon s'étendent vers la place du Jeu de Balle. En 2000, ils représentent un quart des commerces des Marolles. Le nom "Marolles" ne leur semble pas assez bien pour l'image d'un quartier d'antiquaires, ils plantent des drapeaux "quartier Breughel" le long des rues Blaes et Haute[61]. Ce qui ne plait pas à tous les habitants[62]. En 2006, la VRT lance la docusoap, "Het leven zoals het is: De Marollen", qui amène beaucoup des touristes dans le quartier[63]. La RTBF suit, en 2007, avec une série "Melting Pot Café"[64]. La deuxième génération des drapeaux affiche "Marolles-Breughel" et la troisième "Marolles"...

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire

[modifier | modifier le code]

Curiosités

[modifier | modifier le code]
Rue des Ménages ou Deevestroet, c'est-à-dire rue des Voleurs en dialecte marollien.
  • Sur les plaques de rue du quartier, sous les dénominations officielles en français et en néerlandais, on trouve souvent un nom populaire en dialecte marollien.
  • Le quartier a fait l'objet d'une parodie musicale par le duo Marion et Stéphane Steeman, sous le titre Marolles, Marolles, sur l'air de Paroles, paroles, originellement interprété par Alain Delon et Dalida[65].

Marolliens célèbres

[modifier | modifier le code]

Notes et références

[modifier | modifier le code]

Références

[modifier | modifier le code]
  1. Jean Germain, Guide des gentilés : les noms des habitants en Communauté française de Belgique, Bruxelles, Ministère de la Communauté française, (lire en ligne).
  2. Collectif, Les Marolles. 800 ans de luttes. Vie d'un quartier bruxellois, Éditions du Perron, 1988, p. 35.
  3. Jacques Dubreucq, Bruxelles 1000. Une histoire capitale, édité par l'auteur, 1996, volume 1, p. 28.
  4. Erik Baptist, cité par Kurt Deruyter, Hans Roels et Thierry Goedseels, Marollen Marolles, Bruxelles, booksinspired, (ISBN 9090183299), p. 6
  5. a b et c Comité Général d'Action des Marolles, Les Marolles, 800 ans de lutte, vie d'un quartier bruxellois, Liège, Éditions du Perron, , p. 16
  6. a et b Danielle Beaurain, Les Marolles (Cahiers JEB 4/76), Bruxelles, Direction générale de la Jeunesse et des Loisirs, Ministère de la Culture française, , p. 28
  7. a et b Marie-Hélène Genon et Stéphane Demeter, Les Marolles (Bruxelles, ville d'art et d'histoire 46), Bruxelles, MRBC, (ISBN 978-2-93045-720-8, lire en ligne), p. 24-25
  8. « L'invention du marollien littéraire », sur Le Carnet et les Instants (consulté le )
  9. « Eglise paroissiale Notre-Dame de la Chapelle », sur Région de Bruxelles-Capitale: Inventaire du patrimoine architectural,
  10. Marie-Hélène Genon et Stéphane Demeter, Les Marolles (Bruxelles, ville d'art et d'histoire 46), Bruxelles, MRBC, (ISBN 978-2-93045-720-8, lire en ligne), p. 2-4
  11. Marie-Hélène Genon et Stéphane Demeter, Les Marolles (Bruxelles, ville d'art et d'histoire 46), Bruxelles, MRBC, (ISBN 978-2-93045-720-8, lire en ligne), p. 4
  12. Alexandre Henne et Alphonse Wauters, Histoire de la Ville de Bruxelles, tôme 1, Bruxelles, Éditions Culture et Civilisations, , p. 116
  13. Alexandre Henne et Alphonse Wauters, Histoire de la ville de Bruxelles, Éditions Libro-Sciences, 1968, tome 1, p. 181
  14. Marie-Hélène Genon et Stéphane Demeter, Les Marolles (Bruxelles, ville d'art et d'histoire 46), Bruxelles, MRBC, (ISBN 978-2-93045-720-8, lire en ligne), p. 3-4
  15. Danielle Beaurain, Les Marolles (Cahiers JEB 4/76), Bruxelles, Direction générale de la Jeunesse et des Loisirs, Ministère de la Culture française, , p. 42
  16. Danielle Beaurain, Les Marolles (Cahiers JEB 4/76), Bruxelles, Direction générale de la Jeunesse et des Loisirs, Ministère de la Culture française, , p. 37-38
  17. Danielle Beaurain, Les Marolles (Cahiers JEB 4/76), Bruxelles, Direction générale de la Jeunesse et des Loisirs, Ministère de la Culture française, , p. 36-37
  18. Jacques van Wijnendaele, Promenades dans les couvents et Abbayes de Bruxelles, Bruxelles, Racine, , p. 65-67
  19. Jacques van Wijnendaele, Promenades dans les couvents et Abbayes de Bruxelles, Bruxelles, Racine, , p. 77-79
  20. Jacques van Wijnendaele, Promenades dans les couvents et Abbayes de Bruxelles, Bruxelles, Racine, , p. 104-105
  21. a et b Herman Van Nuffel, « La vie religieuse aux Marolles », Les Marolles, no 40,‎ , p. 6
  22. Jacques van Wijnendaele, Promenades dans les couvents et Abbayes de Bruxelles, Bruxelles, Racine, , p. 71-74
  23. Jacques van Wijnendaele, Promenades dans les couvents et Abbayes de Bruxelles, Bruxelles, Racine, , p. 68-70
  24. Jacques van Wijnendaele, Promenades dans les couvents et Abbayes de Bruxelles, Bruxelles, Racine, , p. 50-52
  25. Herman Van Nuffel, « La vie religieuse aux Marolles », Les Marolles, no 40,‎ , p. 7
  26. Jacques van Wijnendaele, Promenades dans les couvents et Abbayes de Bruxelles, Bruxelles, Racine, , p. 70-71
  27. Marie-Hélène Genon et Stéphane Demeter, Les Marolles (Bruxelles, ville d'art et d'histoire 46), Bruxelles, MRBC, (ISBN 978-2-93045-720-8, lire en ligne), p. 18
  28. Jacques van Wijnendaele, Promenades dans les couvents et Abbayes de Bruxelles, Bruxelles, Racine, , p. 105-106
  29. cité par Alexandre Henne et Alphonse Wauters, Histoire de la ville de Bruxelles, Éditions Libro-Sciences, 1968, tome 3, p. 422
  30. Jacques van Wijnendaele et Anne de San, La rue aux Laines (Bruxelles, ville d'art et d'histoire 36), Bruxelles, MRBC, (lire en ligne), p. 3
  31. Le patrimoine monumental de la Belgique, Bruxelles, Pentagone E-M, Bruxelles, Pierre Mardaga, 1993, volume 1B, p. 197.
  32. Marie-Hélène Genon et Stéphane Demeter, Les Marolles (Bruxelles, ville d'art et d'histoire 46), Bruxelles, MRBC, (ISBN 978-2-93045-720-8, lire en ligne), p. 8-9
  33. Danielle Beaurain, Les Marolles (Cahiers JEB 4/76), Bruxelles, Direction générale de la Jeunesse et des Loisirs, Ministère de la Culture française, , p. 52
  34. Marie-Hélène Genon et Stéphane Demeter, Les Marolles (Bruxelles, ville d'art et d'histoire 46), Bruxelles, MRBC, (ISBN 978-2-93045-720-8, lire en ligne), p. 39-43
  35. Roel Jacobs, Bruxelles-Pentagone, Bruxelles, CFC Éditions, , p. 267
  36. Marie-Hélène Genon et Stéphane Demeter, Les Marolles (Bruxelles, ville d'art et d'histoire 46), Bruxelles, MRBC, (ISBN 978-2-93045-720-8, lire en ligne), p. 9-10
  37. Erik Baptist, cité par Kurt Deruyter, Hans Roels et Thierry Goedseels, Marollen Marolles, Bruxelles, booksinspired, (ISBN 9090183299), p. 7
  38. Collectif, Les Marolles. 800 ans de luttes. Vie d'un quartier bruxellois, Éditions du Perron, 1988, p. 146-147
  39. Philippe-Christian Popp, Atlas cadastral parcellaire de la Belgique, Bruxelles, 1842. Et : AVB, Liste des expropriations, publiée dans Poelaert et son temps, p. 271 : Plan du géomètre Van Keerbergen indiquant les propriétés nécessaires à l'érection du palais de justice de Poelaert, 9 février 1863 (A.V.B.,T.P., 26.242).
  40. Louis Quiévreux, Bruxelles, notre capitale: histoire, folklore, archéologie, Bruxelles, 1951, p. 257: "Ceux qui lui donnèrent ce sobriquet, ce furent les expulsés de la «partie» des Marolles démolie afin que puisse être érigé le colosse de la place Poelaert. La rue des Sabots, celle de l’Artifice et d’autres encore étant condamnées, on transplanta leurs habitants dans un quartier riant et campagnard; celui du Chat, à Uccle, à la limite de Forest.
  41. Poelaert et son temps, Bruxelles, (catalogue exposition), 1980, p. 166 : « Il habitait une maison rue des Minimes, voisine de ses bureaux et qui communiquait avec ceux-ci. » Ainsi que: Pierre Loze, Eduardo Colombo, Paul Vercheval, Le Palais de justice de Bruxelles : monument XIXe, 1983 : Il habitait une maison rue des Minimes, voisine des bureaux et qui communiquait avec ceux-ci.
  42. Collectif, Les Marolles. 800 ans de luttes. Vie d'un quartier bruxellois, Éditions du Perron, 1988, p. 22
  43. (nl) Patricia Van den Eeckhout, « Onder dak in de Marollen. Wonen in de Cité Hellemans (1916 - 1945) », Brood en Rozen, no 3,‎ , p. 6-7 (lire en ligne, consulté le )
  44. ARAU, « Habiter Bruxelles - les Marolles », (consulté le )
  45. Jean Puissant, « Un siècle de logement social à Bruxelles », dans Le logement social au musée ?, Bruxelles, Édition Luc Pire, , p. 33
  46. (en) Logement Bruxellois, Our social housing in the heart of the city. Heritage tour in the Marolles district, (lire en ligne), p. 8-9
  47. Jean Puissant, « Un siècle de logement social à Bruxelles », dans Le logement social au musée ?, Bruxelles, Édition Luc Pire, , p. 59-78
  48. Thierry Demey, Bruxelles, chronique d'une capitale en chantier, vol.1, bruxelles, Paul Légrain / Éditions C.F.C, , p. 185-247
  49. a et b Joost Loncin, Rafle dans les Marolles. Quatre enfants juifs sauvés de la Shoah, Louvain-la-Neuve, Versant Sud, (ISBN 9782930358154)
  50. (nl) Ellie Maerevoet, « Van pastoor in Marollen tot ridder. Interview met Jacques Van der Biest », Het Laatste Nieuws,‎ , p. 14 (lire en ligne Inscription nécessaire, consulté le )
  51. Comité Général d'Action des Marolles, Les Marolles, 800 ans de lutte, vie d'un quartier bruxellois, Liège, Éditions du Perron, , p. 43-44
  52. Danielle Beaurain, Les Marolles (Cahiers JEB 4/76), Bruxelles, Direction générale de la Jeunesse et des Loisirs, Ministère de la Culture française, , p. 49
  53. Thierry Demey, Bruxelles, chronique d'une capitale en chantier, vol.1, bruxelles, Paul Légrain / Éditions C.F.C, , p. 230-231
  54. Atelier de la Recherche et d'Action Urbaines (ARAU),, Bruxelles bu par ses habitants, quinze années d'action urbaine, Bruxelles, Commission Française de la Culture de l'Agglomération de Bruxelles, , p. 91
  55. Thierry Demey, Bruxelles, chronique d'une capitale en chantier, vol.2, Bruxelles, Paul Légrain / Éditions C.F.C, , 290-293 p.
  56. Atelier de la Recherche et d'Action Urbaines (ARAU),, Bruxelles bu par ses habitants, quinze années d'action urbaine, Bruxelles, Commission Française de la Culture de l'Agglomération de Bruxelles, , p. 90-91
  57. « Le grand défenseur des Marolles », La Capitale,‎ , p. 9 (lire en ligne Inscription nécessaire)
  58. (nl) Karel Van de Auwera, « "In de Marollen wonen doe je samen" Interview met pastoor Jacques Van der Biest », Brussel Deze Week,‎ , p. 13
  59. « 1989, Opération Matelas : chronique d’une insoumission marollienne », Pavé dans les Marolles,‎ (lire en ligne, consulté le )
  60. « La Samaritaine, un lieu de liens sociaux et de résistance. Interview avec Ingrid Payan », (consulté le )
  61. (nl) « Handelaars willen nieuwe naam voor Marollen », Brussel deze Week,‎ , p. 5
  62. (nl) Stephan Vanfleteren, « De laatste slag van de Marollen », De Morgen,‎ , p. 24 (lire en ligne Accès payant)
  63. (nl) Koen Snoekx, « "Serie lokt heel wat toeristen" », Het Belang van Limburg,‎ , p. 67 (lire en ligne Inscription nécessaire)
  64. « Une production 100% belge Repères », La Meuse,‎ , p. 1 (lire en ligne Inscription nécessaire)
  65. (en) Marion & Stéphane Steeman - Marolles...Marolles... / La Femme Femme, (lire en ligne)
  66. Poelaert et son temps, Bruxelles, (catalogue exposition), 1980, p. 166.

Articles connexes

[modifier | modifier le code]

Bibliographie

[modifier | modifier le code]
  • Gustave Abeels, Les Marolles. Estaminets des Marolles, 1986
  • Gustave Abeels, Les Marolles. Le Vieux Marché, 1989
  • Gustave Abeels en Jean d'Osta, Les Marolles. Petits métiers des Marolles, 1987 (ISBN 2871560013)
  • Gustave Abeels, Josse Lambert, Daniel Nelissen en Armand Van Huyck, Les Marolles. Impasses des Marolles, 1985
  • Paul Aron, L'invention du marollien littéraire, in: Le Carnet et les Instants, nr. 186, 2015
  • Danielle Beaurain, Les Marolles (Cahiers JEB 4/76), Bruxelles, Direction générale de la Jeunesse et des Loisirs, Ministère de la Culture française, , 142 p.
  • Bazoef [Léopold Pels], Œufs durs et mastelles. Chansons et poïésies marolliennes, Brussel, Lacomblez, 1903
  • Coco Lulu [Victor Lefèvre] en Noël Tisserant, Almanach Marollien, Brussel, 1855, 1856 en 1857
  • Comité Général d'Action des Marolles, Les Marolles, 800 ans de lutte, vie d'un quartier bruxellois, Liège, Éditions du Perron, , 207 p.
  • Thierry Demey, Bruxelles, chronique d'une capitale en chantier, vol.1, bruxelles, Paul Légrain / Éditions C.F.C, , 344 p.
  • Kurt Deruyter, Guide des Marolles. Un régard dans les coulisses du quartier, Bruxelles, La Renaissance du Livre, , 224 p. (ISBN 9782874159022)
  • Kurt Deruyter, Hans Roels et Thierry Goedseels, Marollen Marolles, Bruxelles, booksinspired, , 144 p. (ISBN 9090183299)
  • André De Vries, « The Marolles: Working-Class Brussels », in: Brussels. A Cultural and Literary History, 2003, p. 189-209
  • Marie-Hélène Genon et Stéphane Demeter, Les Marolles (Bruxelles, ville d'art et d'histoire 46), Bruxelles, MRBC, , 47 p. (ISBN 978-2-93045-720-8, lire en ligne)
  • Joost Loncin, Rafle dans les Marolles. Quatre enfants juifs sauvés de la Shoah, Louvain-la-Neuve, Versant Sud, , 178 p. (ISBN 9782930358154)
  • Oscar Starck, Gauloiseries maroliennes, 1989
  • Oscar Starck en L. Claessens, Dictionnaire Marollien-Français, Français-Marollien, 1988
  • (nl) Pieter Uyttenhove, « De theologie van de stad, De moderne correctie volgens het pilootproject De Marol », dans Stadland België, hoofdstukken uit de geschiedenis van de stedenbouw, Gent, A&S books, (ISBN 9789076714400), p. 261-288
  • Herman Van Nuffel, « La vie religieuse aux Marolles », Les Marolles, no 40,‎ , p. 5-8
  • Valérie Verscheure, Histoire du quartier de l'église Notre-Dame de la Chapelle à Bruxelles (XIIeXVe siècle), licentiaatsverhandeling ULB, 2000
  • Nicolas Verschueren et Cristina Marchi, Het wijnpaleis (1892-2006) en de magazijnen Merchie-Pède (1898-2007), Bruxelles, CIVA, , 118 p. (ISBN 2930391200)
  • « Les Marolles, dynamite sociale », dans ARAU, Bruxelles vu par ses habitants, Bruxelles, CFC, 87-95 p.

Filmographie

[modifier | modifier le code]
  • Les gens du quartier (1955), court-métrage documentaire de Jean Harlez,
  • Le chantier des gosses (1956), fiction de Jean Harlez

Liens externes

[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :