Victor Horta

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Victor Horta
Image illustrative de l'article Victor Horta
Victor Horta vers 1900.
Présentation
Naissance
Gand, Belgique
Décès
Bruxelles, Belgique
Nationalité belge
Mouvement Art nouveau
Activités Architecte
Formation Académie royale des beaux-arts de Bruxelles
Œuvre
Réalisations Hôtel Tassel
Hôtel Solvay
Hôtel van Eetvelde
Maison Horta
Maison du Peuple
Hôtel Aubecq
Distinctions Prix Godecharle (1884)

Le baron Victor Horta, né le à Gand et mort le à Bruxelles, est un architecte belge. Il est le chef de file incontesté des architectes Art nouveau en Belgique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Victor Horta naît à Gand le 6 janvier 1861 au sein d’une famille nombreuse. Sa mère, Henriette Copieters, est la seconde épouse de Pierre Horta, un artisan cordonnier qui « exerçait son métier avec une telle supériorité que pour lui il était un art » (Mémoires, p.283). Pierre Horta aimait également la musique et le jeune Victor se sentit brièvement attiré par la pratique du violon. Mais il est renvoyé pour indiscipline du Conservatoire de Musique et s’inscrit en dessin d’architecture à l’Académie des Beaux-Arts. En 1878, il part pour Paris chez l’architecte décorateur, Jules Dubuysson à Montmartre et revient à Gand deux ans plus tard, à la mort de son père. Il épouse en 1881 Pauline Heyse et s’installe à Bruxelles où il suit des cours à l’Académie des Beaux-Arts tout en travaillant pour assurer sa vie quotidienne : il est admis dans l’atelier de l’architecte Alphonse Balat qu’il révérera toute sa vie. Dans son testament, rédigé en 1944, Horta ressent encore le besoin d’affirmer sa dette à l’égard de son maître. C’est grâce à Balat que le jeune homme, fort seulement de trois maisons construites à Gand en 1885, reçoit la commande en 1889 d’un petit édifice destiné à abriter la sculpture monumentale de Jef Lambeaux, Les passions humaines (Parc du Cinquantenaire à Bruxelles). En 1890 sa fille unique Simone naît : dans ses Mémoires rédigées à partir de 1939, il évoque son amour profond pour cette enfant donc il obtiendra la garde après son divorce en 1906.

Carrière[modifier | modifier le code]

Hôtels de maître[modifier | modifier le code]

Après des années de galère, la carrière d’Horta prend soudainement son essor. Deux amis, Eugène Autrique et Emile Tassel, dont il a fait la connaissance au sein de la loge maçonnique des Amis Philanthropes où il a été admis en 1888, lui confient chacun la construction d’un petit hôtel de maître (respectivement 266 chaussée de Haecht à Schaerbeek et 6 rue Paul Emile Janson à Bruxelles). Horta touche au but qu’il s’était fixé, « créer une œuvre personnelle dans laquelle se retrouverait le rationalisme constructif, architectural et social » (Mémoires, p.13). C’est grâce à un ami de Tassel, l’ingénieur Charles Lefébure, secrétaire d’Ernest Solvay, qu’Horta sera introduit en 1894 auprès de la famille Solvay. A deux premières modestes - un monument à Alfred Solvay dans la cour de l’usine à Couillet et le tombeau familial au cimetière d’Ixelles - succèdent la transformation du château de La Hulpe, la construction d’un bel hôtel de maître, 224 avenue Louise (1894) et d’un château à Chambley (en Lorraine française) pour le baron Henry de Wangen, gendre de Solvay (1897).

En 1894 toujours, l’avocat Maurice Frison avec qui Horta a noué une solide amitié lui confie la construction de sa maison, 37 rue Lebeau à Bruxelles, une commande qui semble attirer l’attention de Charles Buls, alors échevin. La Ville de Bruxelles, hors de toute procédure de concours, commande à Horta un jardin d’enfants dans les Marolles (40 rue Saint-Ghislain). Dans ce même quartier populaire de Bruxelles, Horta construit un bâtiment majeur : la Maison du Peuple pour le parti ouvrier belge (1895-1899). Il affirme dans ses Mémoires qu’il a été choisi pour « sa manière esthétique » (Mémoires, p.43) et pas pour ses idées politiques « quoi qu’elles correspondaient ». Les sympathies d’Horta étaient manifestes : il avait donné des cours à la Section d’Art, dans l’ancienne Maison du Peuple, rue de Bavière, et fréquentait amicalement des intellectuels du parti comme Max Hallet, Léon Furnémont (pour qui il construira) ou Emile Vandervelde (qui jouera un rôle important plus tard dans la commande du Palais des Beaux-Arts).

On ignore les raisons pour lesquelles Edmond Van Eetvelde fit appel à Horta, le secrétaire indépendant du Congo souhaitait une maison dont le programme est « celui de tout le monde » : une maison de famille avec de vastes espaces de réception dans un des plus beaux quartiers de Bruxelles, avenue Palmerston. Horta lui répondit par une création aux antipodes de la banalité, « le plan le plus audacieux qu’il ait fait jusque-là » (Mémoires, p.78). À la suite de l’exposition de Tervuren en 1897, Van Eetvelde fut anobli et commanda bientôt une extension de son hôtel particulier (1899).

Si l’hôtel Tassel avait valu à Horta une reconnaissance quasi immédiate pour son audace novatrice, tant de la part d’architectes que du grand public, il faut attendre l’exposition de La Libre Esthétique en 1897 à Bruxelles pour qu’un large public découvre ses qualités de créateur de mobilier et de décorateur : il montre au sein du salon un tapis de laine créé pour Anna Boch, des vitraux et un buffet pour l’hôtel Van Eetvelde, une table de salle à manger et des chaises pour l’hôtel Solvay.

L’accumulation de commandes entre 1893 et 1898 permet à Horta d’acheter deux parcelles de terrain rue Américaine à Saint-Gilles pour construire sa propre maison et son atelier. Son art évolue très vite et, au tournant du siècle, il abandonne l’usage démonstratif de structures métalliques : les hôtels Aubecq (520 avenue Louise, 1899), Roger (459 avenue Louise, 1901), Dubois (80 avenue Brugmann, 1901) et Max Hallet (346 avenue Louise, 1902) se distinguent par la beauté du travail de la pierre.

Grands Magasins[modifier | modifier le code]

Horta n’abandonne pas pour autant les structures métalliques en façade pour les grands magasins où elles sont d’une utilité absolue pour ouvrir le plus largement possible les bâtiments vers la rue. Les commandes de L’Innovation (rue Neuve, 1900 et chaussée d’Ixelles à Bruxelles, 1903 ; sur le Meir à Anvers, 1906),  du Grand Bazar Anspach (rue de l’évêque à Bruxelles et à Francfort-sur-le-Main, 1903), des magasins Waucquez (aujourd’hui Centre belge de la Bande dessinée, 20 rue des Sables à Bruxelles, 1906) lui valent probablement la désaffection de sa clientèle privée : offert aux regards de la clientèle des grands magasins, son style porteur d’une image d’avant-garde perd de son exclusivité.  

Horta divorce en 1906 et épouse deux ans plus tard Julia Carlson, une jeune femme suédoise professeure de gymnastique.

L'enseignement[modifier | modifier le code]

Progressivement le cours de la carrière d’Horta se modifie : il consacre davantage de temps à l’enseignement. Il était devenu en 1893 professeur d’architecture à l’Université libre de Bruxelles, une charge dont il démissionne en 1911 à la suite d'un différend avec les autorités académiques concernant la construction des nouveaux bâtiments de l’Université. Horta devient l’année suivante professeur à l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles et obtient en 1913 un mandat de directeur pour trois ans. Il désire reformer l’enseignement de l’architecture et s’attire de vives inimitiés de la part de certains de ses collègues.

Les États-Unis[modifier | modifier le code]

Ses activités sont interrompues pendant la Première Guerre mondiale. Parti à Londres en 1915 pour assister à un congrès, il ne peut rentrer en Belgique. Poussé par la nécessité de gagner sa vie, il part aux États-Unis où il donne des conférences. Il revient en 1919 et vend sa maison et son atelier. Après ses années d’exil forcé, il doit faire face à une situation difficile.

Les grands chantiers[modifier | modifier le code]

Il faut poursuivre les chantiers entamés : le Musée des Beaux-Arts de Tournai (1903-1928), l’hôpital Brugmann à Jette (1906-1923), la Gare centrale (1912 ; achevé par Maxime Brunfaut entre 1946 et 1952) et se battre pour prouver qu’il est toujours un grand architecte. En 1919, Horta présente ses premiers plans pour la construction d’un Palais des Beaux-Arts. L’Etat belge refuse le projet jugé trop onéreux. Celui-ci sera relancé en 1922 grâce à l’intervention d’Henri Leboeuf et à la création de la « Société du Palais des Beaux-Arts » dont le capital rémunéré est garanti par le Gouvernement. L’architecture magistrale du Palais des Beaux-Arts sera longtemps méconnue probablement à cause d’un langage formel classicisant, inspiré par l’architecture de la place Royale, et de la discrétion de l’implantation en contrebas de la place des Palais. Pour compliquée qu’elle fût après la Première Guerre mondiale, la vie d’Horta ne manqua pas de témoignages de reconnaissance : en 1925, il construit le Pavillon d’Honneur de la Belgique au sein de l’exposition des Arts décoratifs et industriels modernes à Paris. L’année suivante, il préside le jury du concours international pour la conception du Palais de la Société des Nations à Genève et est nommé officier de la Légion d’honneur. Il est élevé au titre de baron en 1932 par le roi Albert Ier. Malheureusement, à la fin de sa vie, entre 1939 et 1946, il détruit la plus grande partie de ses archives et dessins, tout en regrettant paradoxalement de n’avoir pas pris la peine de publier ses œuvres.

Quelques œuvres[modifier | modifier le code]

À Bruxelles :

Le Grand Bazar (1903–1905) à Francfort, en 1910

À Gand

  • 1885 : trois maisons - 49, 51 et 53 Twaalfkameren à Gand

À La Hulpe

À Oudenburg (près d'Ostende) :

  • 1890 : la sépulture de Desiré Lesaffre, commandée par la loge maçonnique Les Amis Philanthropes

À Renaix :

À Tournai

À Sosoye (à proximité de Maredsous)

  • Une maison de campagne[3]

En Allemagne

Honneurs et distinctions[modifier | modifier le code]

Prix[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

Classement UNESCO[modifier | modifier le code]

Musées[modifier | modifier le code]

À Bruxelles, trois réalisations de l'architecte sont ouvertes au public :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cercle d'Histoire de La Hulpe, Moissons d'Histoire, 2001
  2. Pompe Horta, lemuseedeleauetdelafontaine.be
  3. Villa Horta "Haute Bise" - Propriété privée sur le site beauxvillages.be
  4. Banque nationale de Belgique

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Franco Borsi, Victor Horta, Éditions Marc Vokar, 1970
  • Franco Borsi, Bruxelles, capitale de l'Art nouveau, Éditions Marc Vokar, 1971
  • Anne Libois, Les archives de l'architecture conservées par l'État en Belgique, Archives générales du Royaume et Archives de l'État dans les Provinces, Brussel, 1974.
  • Franco Borsi, Paolo Portoghesi, Victor Horta, Éditions Marc Vokar, 1977
  • Paul Aron, Françoise Dierkens-Aubry, Michel Draguet, Michel Stockhem, sous la direction de Philippe Roberts-Jones, Bruxelles fin de siècle, Flammarion, 1994
  • Yolande Oostens-Wittamer, Victor Horta : L'Hôtel Solvay = the Solvay House, Publications d'histoire et d’archéologie de l’Université de Louvain, 1980
  • L. Theo Van Looy, Een Eeuw Nationaal Hoger Instituut voor Schone Kunsten te Antwerpen, 1885/1985, Antwerpen, Nationaal Hoger Instituut voor Schone Kunsten, 1985 p.
  • Cécile Dulière, Victor Horta, Mémoires, Laruelle, 1985.
  • C. Dulière, Victor Horta, Nouvelle Biographie nationale de Belgique, T. I., Bruxelles, 1988.
  • Oscar Coomans De Brachène, État présent de la noblesse belge, Annuaire 1990, Bruxelles, 1990.
  • Anna Soncini, Victor Horta. Architetto e Designer (1861-1947). Opere dal Musée Horta di Bruxelles, 1991
  • Anne Hustache, Victor Horta, Maisons de campagne, Brussel, 1994.
  • David Dernie, Victor Horta, Wiley-Academy, 1995
  • Françoise Aubry, Victor Horta à Bruxelles, Brussel, Racine, 1996.
  • Donatienne van Wassenhove, Le Dautzenberg à La Hulpe. Métamorphose de l'ancienne maison de campagne de Victor Horta en villa Art Déco. Maison d'hier et d'aujourd'hui, septembre 1995.
  • Anne Hustache, Victor Horta : Le Palais des beaux-arts de Bruxelles, Brussel, Gemeentekrediet, 1996.
  • François Loyer, Victor Horta : Hotel Tassel : 1893-1895, Brussel, 1998.
  • Pierre Loze, François Loze, Belgium Art Nouveau: From Victor Horta to Antoine Pompe, Gent, Snoeck-Ducaju, 1999.
  • Christian Mesnil, Victor Horta : L'inventeur, La Renaissance du Livre, 2001.
  • Aurora Cuito, Cristina Montes (dir), Victor Horta, Archipocket Classics, Neues Verlag GmbH, 2002
  • Francis Strauven, « Horta, Victor », in: A. Van Loo (red.), Repertorium van de architectuur in België van 1830 tot heden, Antwerpen, Mercatorfonds, 2003.
  • Françoise Aubry, Horta ou la passion de l'architecture, Gent, Ludion, 2005.
  • Michèle Goslar, Victor Horta, architecte de l'hôpital Brugmann, Bruxelles, Académie royale de Belgique, 2005
  • Maurice Culot, Anne-Marie Pirlot, Art Nouveau, Bruxelles, AAM, 2005
  • Françoise Dierkens-Aubry, Victor Horta: The Ultimate Art Nouveau Architect, Gent, Ludion, 2006.
  • A. Czerwonogora, M. Frackson, Michèle Goslar, D. Melotte, R. Potvliege, Du côté de Brugmann, un hôpital dans son siècle, sous la direction de Daniel Désir, Bruxelles, Éditions Ercée, 2006, ISBN 2-87145-009-9 S 469
  • Michèle Goslar, Victor Horta (1861-1947). L'homme. L'architecte. L'Art Nouveau, Fonds Mercator, 2012, 564 p., 600 ill., sous emboîtage
  • Françoise Aubry, [et.al.], Horta, Habitations majeures à Bruxelles, Snoek, 2013.
  • Françoise Aubry, Victor Horta, architecte de monuments civils et funéraires, Edité par Royaume de Belgique. Ministère de la Culture Française, Bruxelles (1986)
  • Yolande Wittamer, Horta en Amérique, Lebeer Hossmann,1986.
  • Adrien Cools, Richard Vandendaele, Les Croisades de Victor Horta, Institut supérieur d'architecture Victor Horta Bruxelles, 1895

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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