Heysel

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Heysel
Vue nocturne du palais des expositions du Centenaire.
Vue nocturne du palais des expositions du Centenaire.
Administration
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Région de Bruxelles-Capitale
Étapes d’urbanisation XXe siècle
Géographie
Coordonnées 50° 53′ 35″ N 4° 20′ 38″ E / 50.892995, 4.34378450° 53′ 35″ Nord 4° 20′ 38″ Est / 50.892995, 4.343784  
Site(s) touristique(s) Atomium
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Bruxelles

Voir la carte administrative de Bruxelles
City locator 14.svg
Heysel

Géolocalisation sur la carte : Bruxelles

Voir la carte topographique de Bruxelles
City locator 14.svg
Heysel

Le Plateau du Heysel (en néerlandais Heizel) est un quartier du nord de Laeken à Bruxelles, délimité par l'autoroute Bruxelles-Anvers, la chaussée romaine, l'avenue Houba-De Strooper et l'avenue du Parc royal (N277) et dont l'histoire est fortement liée à celle du domaine royal adjaçant. Presque dénué de toute habitation, il est voué, depuis le début du XXe siècle, au divertissement, au tourisme, aux expositions et aux affaires ; il a hérité de son histoire concentre aussi un patrimoine très important - comme l'Atomium -, persemé dans les deux grands espaces verts que sont le parc de Laeken et le parc d'Osseghem. Il fut aussi le théâtre d'événements importants, tels les expositions universelles de 1935 et de 1958 et le drame du Heysel.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Heysel dérive mot néerlandais heizel qui signifie pature maigre[1] ou colline[2].

Le Heyselbeek était un affluent du Molenbeek, formé de plusieurs sources sur les hauteurs d'Ossegem[3].

Heyssel est retenu comme toponyme sur le plan Huvenne de 1848[4] et dans le Dictionnaire géographique des postes aux lettres du royaume de Belgique[5] de 1857.

Une école est inaugurée au hameau du Heysel, sans doute rue du Heysel[6], le 2 mai 1869[7].

La rue du Heysel est attestée dans un document officiel en 1875. Elle s'étendait entre la chaussée de Meysse et la rue de la Cave[8]

Le terme Heysel s'est en fait progressivement imposé pour désigner assez largement ce quartier de Laeken, au détriment de deux autres toponymes qui en désignaient des parties plus précises[9] : Hossegem Dries, au nord-ouest, à l'emplacement actuel du parc d'Osseghem et Kauwenberg au sud-est, autour de la chapelle Sainte-Anne.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le but de cet historique est de retracer l'évolution urbanistique du quartier ; il ne saurait intégrer l'ensemble des informations contenues dans les articles auxquels il fait référence.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Le toponyme Osseghem renvoie au nom d'une famille franque, les Ossa, vraisemblement établis dans la région.

Aux alentours du plateau du Heysel se dressaient de longue date l'ancienne église Notre-Dame de Laeken dont les origines remontent au VIIIe siècle, et la chapelle Sainte-Anne et sa source miraculeuse qui attiraient de nombreux pèlerins.

XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Au XVIIIe siècle, la beauté du paysage motive la construction du Château du Stuyvenberg, en 1725, du Château de Laeken, entre 1782 et 1784 et du château du Belvédère, en 1788.

La carte de Ferraris, qui date de 1777, ne montre pas ces châteaux mais signale la ferme d'Osseghem, située un peu au sud de l'emplacement de l'actuel stade Roi Baudouin[10]. Elle apparaît encore sur un plan de 1910, mais a disparu avant l'exposition universelle de 1958.

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Jusqu'au XIXe siècle, donc le plateau du Heysel conservait un aspect rural et son hameau dépendait de Laeken[2].

Une école, œuvre de l'architecte Victor Besme, est inaugurée, sans doute rue du Heysel[6], le 2 mai 1869[7]. C'est à l'époque la seconde école de la commune de Laeken. Elle se compose de quatre belles salles de 49,40 m2 chacune, pouvant contenir 53 élèves ayant chacun une quantité de 5 m3 d'air[11].

Dès sa montée sur le trône, en décembre 1865, Léopold II se préoccupe de la construction d'un mémorial à son père, placé dans la perspective du château de Laeken. L'aménagement d'un parc public alentours est entériné en 1867. Le parc de Laeken sera progressivement aménagé entre 1876 et 1880 sur base des plans d'Édouard Keilig, associé à l'ingénieur des Ponts et chaussées Louis Van Schoubroeck. Le parc et le monument sont achevés en 1880, pour le cinquantième anniversaire de l'indépendance du pays. Le 3 octobre 1881 le conseil communal de Laeken, décide de l'achat de 50 bancs à placer dans le parc.

Une carte de 1891 fait apparaître, environ le long de l'avenue du Centenaire qui n'existe pas encore, un vaste de domaine qui est celui de l'Institut normal supérieur d'économie ménagère agricole. Il comprend un château, où loge les étudiantes, une ferme, une maison pour le directeur, un jardin botanique. Il fut détruit pour l'aménagement du site de l'Exposition universelle de 1958.

La Villa Van der Borght est construite en 1885 dans le bas de l'actuelle avenue du Centenaire - qui n'était pas encore tracée ; l'immeuble sera rasé en 1956.

Une église - pafois dite du Heysel - est construite vers 1890 - c'est l'actuelle église Saint-Lambert.

La Caserne des Grenadiers, construite , est inaugurée le 22 septembre 1902[12].

Les plans d’agrandissement du palais royal de Laeken entraînent la démolition de la caserne située sur son flanc droit, où résidait un détachement de grenadiers chargé, depuis 1840, de la surveillance des palais royaux. Léopold II se préoccupe de la construction d'une nouvelle caserne. Les travaux sont entamés le 7 novembre 1899 selon les plans de Jules-Jacques Van Ysendyck qui épousent un style néo-Renaissance flamande; les soldats intègrent leurs nouvelles installations le 22 septembre 1902. Les bâtiments sont désormais mis à disposition par la Belgique pour la quatrième école européenne de Bruxelles.

XXe siècle[modifier | modifier le code]

En 1905, les 75 ans d'indépendance de la Belgique sont fêtés en grande pompes, entre autres dans le Parc de Laeken.

En 1921, la commune de Laeken est annexée par la Ville de Bruxelles qui tracera dorénavant l'avenir du site du Heysel.

À la recherche d'un terrain pour organiser les festivités du Centenaire de l'indépendance belge, Bruxelles acquiert le plateau du Heysel en 1926. Son projet est notamment d’ériger un nouveau complexe d’expositions, de stature internationale, qui soit digne d’une capitale, en remplacement du parc du Cinquantenaire devenu trop exigu. L’architecte Joseph Van Neck en conçoit le plan général. La halle d’exposition du Grand Palais et les quatre autres palais constituent pour l’époque une véritable prouesse technique : la grande halle étend ses 14 000 m2 sous une voute d'arceaux en béton sans soutiens intermédiaires. Une des quatre statues allégoriques de la façade du palais 5 a été conçue par Zhang Chongren.

En 1930, le stade, alors appelé du Centenaire, est inauguré à l'occasion des festivités du centième anniversaire de l'indépendance du pays (1830).

Le palais des expositions lors de l'exposition universelle de 1935

Cinq ans plus tard, dans les nouveaux palais et alentours se tient l’Exposition universelle de 1935. L'ensemble du plateau est fortement réaménagé, en particulier les axes de circulations. C'est à cette occasion aussi que le parc d’Osseghem est créé sur les plans de l’architecte paysagiste Jules Buyssens.

Les foires et salons se succèdent jusqu’à l'Exposition universelle de 1958, dont l’Atomium reste le principal vestige. La Belgique joyeuse, lieu de divertissement de l'exposition, est remplacée par un Meli Park - succursale de celui de La Panne.

Le Palais des expositions s'agrandit progressivement : il compte dorénavant 12 palais, reliés entre eux par des galeries couvertes et occupe aujourd'hui un terrain de 22 ha - il s'inscrit dans un rectangle de 735 m sur 300 m. Il accueille régulièrement les grands salons commerciaux : salons de l'Auto, de l'Alimentation, des Arts Ménagers, du Bâtiment...

L'année 1985 est marquée par le drame du Heysel : une rixe entre supporters cause 39 morts lors de la finale de la coupe des clubs champions européens de football. Depuis, le stade a été réaménagé et renommé stade Roi Baudouin.

En 1987, le palais des expositions du Centenaire accueille la 32e édition du concours Eurovision de la chanson. La même année, le Meli ferme ses portes et est rasé pour être remplacé par le complexe récréatif Bruparck.

Outre le Parc d’expositions et les Grands Palais, le Heysel abrite un centre d'échanges commerciaux réservé aux professionnels, le Brussels International Trade Mart et un planétarium.

Depuis 2013, le palais 12 des Grands Palais est devenu une salle de spectacle de 15000 places accueillant les grands concerts.

Chronologie[modifier | modifier le code]

Cette chronologie cherche à donner un aperçu synthétique de l'urbanisation du plateau du Heizel.

Date Evenement
1935 Exposition universelle de 1935
1958 Exposition universelle de 1958
1902 Inauguration de la Caserne des Grenadiers
1921 Laeken est annexée par Bruxelles
1930 Inauguration du stade
1935 Aménagement du parc d'Osseghem
1987 Le Meli est remplacé par Bruparck
1869 Inauguration de l'école de la rue du Heizel
1725 Château du Stuyvenberg
1788 Château du Belvédère
1784 Château de Laeken
1880 Parc de Laeken
1885 Villa Van der Borght
1958 Atomium
1903 Fontaine de Neptune
1935 Destruction du pont rustique
1865 Montée sur le trône de Léopold II

Éléments remarquables[modifier | modifier le code]

Espaces verts[modifier | modifier le code]

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Patrimoine disparu[modifier | modifier le code]

  • Ferme d'Hosseghem
  • Le domaine de l'Institut normal supérieur d'économie ménagère agricole.
  • Villa Van der Borght
  • Un pont rustique franchissait les voies de tram qui menaient de l'église Saint-Lambert au Gros Tilleul - placées approximativement à l'endroit où le tunnel aujourd'hui utilisé les trams 19 et 23 de la STIB fut creusé en 1958. Le pont fut détruit lors des aménagements liées à l'Exposition universelle de 1935. C'est à peu près au même endroit que se trouvait la passerelle qui passait de la villa Van der Borght au domaine royal[13].
  • Le Gros Tilleul.

Lieux d'expositions, musées[modifier | modifier le code]

Evénéments récurrents[modifier | modifier le code]

Accessibilité[modifier | modifier le code]

Le Heysel est relié à la ville par deux stations de métro et plusieurs lignes de trams et de bus (le 53), et au reste du pays par le Ring de Bruxelles et l'aboutissement de l'autoroute A12.

Métro de Bruxelles
Ce site est desservi par les stations de métro : Heysel et Roi Baudouin.

Références[modifier | modifier le code]

  • Roger Platton, Le Heysel d'hier à aujourd'hui, Bruxelles, 1977[14].
  • Laken ingezoomd, site très riche consacré à l'histoire de Laeken en général. Il contient en particulier une importante collection de photos de la commune de Laeken, prise par Arthur Cosyn en 1904, en ligne.
  • Arthur Cosyn, Laeken ancien et moderne, Bruxelles, Charles Bulens (75, rue Terre-Neuve), 1904, in-8°, avec 2 cartes, 80 photos et 24 illustrations, 208 p.
  • P. Gillet, Les transformations de Laeken : extrait du 3e fascicule des Annales des Travaux Publics de Belgique, juin 1905, 54 p., nombreuses illustration et un Nouveau Plan de Laeken et des Communes Limitrophes avec la transformation des nouveaux quartiers, boulevards, avenues et rues.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Jacques Jespers, Dictionnaire des noms de lieux en Wallonie et à Bruxelles, Lannoo, 2005, p. 339.
  2. a et b Alexandre-Guillaume Chotin, Études étymologiques sur les noms des villes, bourgs, villages, hameaux, rivières et ruisseaux de la province du Brabant, Paris, Bruxelles, Malo et Levasseur, s. d. (vers 1859), p. 133.
  3. Jean-Jacques Jespers, ibid. ; Alphonse Wauters, Histoire des environs de Bruxelles, vol. VI, rééd. 1972, p. 167. Les hauteurs d'Ossegem, selon les cartes anciennes, désigne vraisemblablement l'emplacement actuel de Bruparck.
  4. Jh Huvenne, Carte topographique et hypsométrique de Bruxelles et ses environs, 1848, en ligne
  5. François Meunier, Dictionnaire géographique des postes aux lettres du royaume de Belgique, J. Rozez, 1857, p. 168.
  6. a et b Évocation de conférences tenues à l'école, à cette adresse, les 9 janvier et 20 février 1876. Voir Commune de Laeken, Rapport au Conseil communal par le collège des bourgmestres et échevins, Bruxelles, 1876, p. 58.
  7. a et b Société centrale des instituteurs belges, Le progrès : journal de l'éducation populaire, 1869 (9e année), no 19 (9 mai 1869), p. 342-343.
  8. Commune de Laeken, Rapport au Conseil communal par le collège des bourgmestres et échevins, Bruxelles, 1877, p. 10.
  9. Voir le plan Huvenne de 1848, en ligne
  10. Voir sur ReflexCity, en ligne.
  11. Société centrale des instituteurs belges, Le progrès : journal de l'éducation populaire, 1869 (9e année), no 4 (24 janvier 1869), p. 54. Les chiffres donnés laissent suppposer des hauteurs de plafond de 5,3 m. (53 éléves x 5 m3 d'air = 265 m3 pour chaque classe. Ce volume divisé par la superficie de la classe, soit 49,4 m2 donne 5,3 m - de hauteur).
  12. Wim van der Elst: De serres van Stuivenberg en omgeving. Een historische terugblik, LACA Tijdingen (périodique d'histoire locale de la commune de Laeken), édition spéciale, septembre 2003.
  13. Certaines cartes postales légendent par erreur la passerelle comme franchissant la rue Médori : c'est une erreur.
  14. Disponible à l'Académie Royale