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Seconde enceinte de Bruxelles

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Gravure de l'enceinte de Bruxelles au XVIe siècle, par Wenceslas Hollar.

La seconde enceinte de Bruxelles est un ensemble fortifié édifié entre 1356 et 1383. Renforcé aux XVIe et XVIIe siècles, puis démantelé entre 1782 et 1818, elle fut alors remplacée par les boulevards de la petite ceinture. Jusqu'à l'abolition de l'octroi en 1860, elle subsista sous la forme d'une grille ponctuée de pavillons d'octroi.

Les Pays-Bas bourguignons

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La porte de Louvain en 1612.

Depuis la construction de la première enceinte (XIIe siècle), la ville de Bruxelles a considérablement évolué et a pris beaucoup d’importance. À l’étroit entre ses murailles en raison de la croissance démographique, elle en déborde largement. La nécessité d’envisager de nouvelles protections mieux adaptées à l’époque devient pressante. En 1356, au lendemain de la Guerre de succession du Duché de Brabant, les autorités de la ville (dont Éverard t'Serclaes, nommé échevin) décident d'entreprendre la construction d’une seconde enceinte, les fortifications en place n’ayant pas empêché la prise de la ville.

L'enceinte mesure près de huit kilomètres, le double de l'ancienne. La ville poursuit deux buts avec un ouvrage aussi énorme : englober les faubourgs dont on pense avoir besoin pour répondre à la croissance démographique, et éloigner l'artillerie ennemie à distance du centre-ville[1].

Techniquement, elle est construite selon les schémas habituels des défenses médiévales : en effet, la théorie militaire de l'époque ne sait pas anticiper le développement qu'allait prendre l'artillerie. On se contente de placer des canons sur le mur. Il s'agit d'un mur crénelé en briques revêtu de pierres, construit sur des remblais. Comme pour la première enceinte, on suit le terrain naturel avec ses fossés, rivières, marécages et ravins, et avec ses étangs pour l'entourer d’un fossé. La partie basse de celui-ci se remplit d’eau de la Senne. Sur les hauteurs il reste sec, le côté apparaît donc comme le point faible des fortifications[2].

Cette enceinte est jalonnée de quelque 70 tours semi-circulaires et de deux tours circulaires, plus grandes que les autres, la Grosse Tour et la Tour Bleue, situées à l'est de la ville. Elle compte sept portes principales (les portes de Laeken, de Flandre, d’Anderlecht, de Hal, de Namur, de Louvain et de Schaerbeek), chacune menant vers l'une des sept entrées de la première enceinte. Ces portes sont de véritables forteresses, avec chacune son pont-levis, sa herse et sa porte en chêne. Là où le fossé est sec, elles sont en outre pourvues de défenses avancées sous forme de châtelets d'entrée[3].

Dès 1383, chacun des sept lignages de Bruxelles est responsable de la défense d'une des portes ; et après la révolte de 1422 les neuf nations partagent cette responsabilité[4].

Les deux enceintes coexistent jusqu’au XVIe siècle, époque du début du démantèlement de la plus ancienne.

L'espace dans les tours et portes sert parfois d'autres buts que la défense. Ainsi, la porte de Hal sert comme grenier à grain public en 1464[5].

Les Pays-Bas espagnols

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La porte de Schaerbeek en 1612.
La porte d'Anderlecht en 1612.

Au XVIe siècle, aux sept portes fortifiées on ajoute une huitième, la porte du Rivage, destinée à contrôler l’accès au port fluvial par le nouveau canal (1561)[6].

Aux XVIe et XVIIe siècles, les nouvelles techniques de siège et l’évolution de l’armement avec l’apparition de l’artillerie nécessitent de grands travaux. La ville doit toujours financer et exécuter les travaux, mais l'initiative passe au pouvoir supérieur et la conception à une nouvelle profession de spécialistes : les ingénieurs militaires. Les milices restent responsables de la défense et les troupes du pouvoir central complètent la garnison[7].

Les aménagements se font en deux phases. Pendant la Guerre de Quatre-Vingts Ans, c'est sous l'ordre de Guillaume d'Orange et selon les plans de l'ingénieur George qu'on approfondit et élargit les fossés et les renforce, là où ils n'ont pas de l'eau, par de nouvelles demi-lunes (ouvrages défensifs triangulaires dirigés vers l’extérieur)[8],[9]. En 1585, la ville capitule devant les Espagnols sans être prise militairement[10].

En 1671, par ordre du gouverneur espagnol, Juan Domingo de Zúñiga y Fonseca, on construit des nouvelles fortifications tout autour de l'enceinte. Les ingénieurs militaires, Mercx et Blom en dessinent les plans, sous la direction de Philippe-Eugène Martigny. La réalisation la plus importante de l’époque est le Fort de Monterey. Les travaux du Fort sont réalisés entre 1672 et 1675 sur les hauteurs de Obbrussel (Haut-Bruxelles, futur Saint-Gilles), au sud de la porte de Hal[9].

plan de l'attaque de 1708

Lors du bombardement de Bruxelles ordonné par le maréchal de Villeroy (1695) à partir des hauteurs de Scheut (nord-ouest de la ville), la ville est détruite, mais pas prise[11].

Le , une attaque de l'artillerie française ne réussit pas de vaincre les fortifications[réf. nécessaire].

L'espace dans les tours et portes sert parfois à d'autres buts que la défense. Comme ça, la porte de Hal sert comme prison militaire en 1638, 1658 et 1709, d’église luthérienne entre 1658 et 1709[5].

Les Pays-Bas autrichiens

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Lors de la Guerre de Succession d'Autriche les fortifications n'empêchent pas les Français de forcer l'entrée par la porte de Schaerbeek, en 1746[12].

Après le retrait des Français, les places fortes des Pays-Bas autrichiens sont dans un piteux état. Mais le gouvernement autrichien ne trouve pas les moyens de les réparer[13]. Bruxelles absorbe un huitième du budget pour l'entretien du bâti militaire des Pays-Bas autrichiens, deuxième place forte la plus chère, derrière Luxembourg avec un quart[14].

Le mauvais état de l'enceinte est aggravé par les habitants. Le la ville se voit contrainte de devoir placarder l'interdiction d'en enlever des pierres[15]. Une enquête, en 1671, révèle que des nombreux lopins de terre dans les fortifications sont devenus des potagers, les portiers en ont droit, l'État loue à des particuliers, et le commandant du fort en loue à son propre compte. En plus, la ville avait planté plus de vingt mille arbres sur les remparts, ce qui en fait un lieu de promenade des habitants mais aussi une source de revenu pour la ville, par la vente de bois à brûler[16].

L'espace dans les tours et portes sert parfois à d'autres buts que de la défense. Comme ça la porte de Hal sert comme prison civile en 1759[5].

Vers la fin du XVIIIe siècle, le développement de l’armement, des routes et du commerce met de toute façon fin à la guerre de siège et rend encombrant le système défensif des villes qui entrave la mobilité et la circulation des marchandises.

S'ajoute un élément spécifique aux Pays-Bas autrichiens : l'Autriche est contrainte, par le traité de la Barrière de 1715, d'accepter et de financer l'occupation hollandaise des places fortes du pays. Quand l'empereur Joseph II ordonne, le (publication le ), le démantèlement de la plupart des places fortes des Pays-Bas, dont Bruxelles, il ne se libère pas seulement de leur coût d'entretien, mais aussi des Hollandais - sans places fortes, pas de garnisons. Les troupes hollandaises quittent le pays au début de l'année 1782[17].

Le magistrat ne s'oppose pas à la destruction des protections de la ville, mais se montre offusqué par la volonté du gouvernement de vendre les terrains libérés au profit de l'État. Le magistrat trouve qu'une beaucoup plus grande partie de celles-ci appartient à la ville. Mais la centralisation de l'Autriche avait progressé d'une telle manière que la ville ne peut que se limiter à la gestion de sept bastions côte ouest (sur les trente-neuf au total), dont l'État reconnaît les droits de la ville. C'est son contrôleur des travaux, Claude Fisco, qui est chargé du démantèlement de ces quelques tronçons[18].

Le projet est, en bref, de ramener les fortifications à l'état des débuts : garder les remparts d'origine, donc un mur plutôt simple, pour garder le contrôle fiscal des entrées en ville et d'empêcher des possibles déserteurs de s'éloigner de leurs casernes. Mais détruire donc ce qui était ajouté pendant les XVIIe et XVIIIe siècles, surtout côté est, dans le haut de la ville. Côté ouest, c'est en même temps plus compliqué et moins intéressant financièrement. Les fossés y sont remplis d'eau et liés à la Senne et au canal. Échappent donc à la destruction les écluses et étangs, nécessaires pour réguler les eaux, ainsi que la porte de Laeken, pour la même raison. La porte de Hal, elle, n'est pas détruite, parce qu'elle sert comme prison civile[19].

Le gouvernement se montre rapide et efficace, en la personne du lieutenant-colonel de Hucher, qui centralise les opérations. La première partie du projet, la vente aux enchères des matériaux des bâtisses à détruire, est déjà presque terminée en , avant même la publication du décret de démantèlement. Près de la porte de Louvain, où les destructions exposent un rempart en partie en ruines, on construit une palissade provisoire, comme nouvelle clôture de la ville[20].

Dans un deuxième temps, l'État passe à la vente des terrains. C'est la plus grande opération foncière du Bruxelles de ce fin du XVIIIe siècle. Elle libère 50 ha de terrains, contre 45 ha de la suppression des couvents et seulement quelques hectares par le transfert des cimetières à l'extérieur de la ville[21]. L'énorme surface libérée par le démantèlement n'est que très ponctuellement utilisée pour des aménagements urbains : les portes sont réorganisées de telle manière que les chaussées arrivent en ligne droite en ville (2 ha)[22]. La ville utilise les abords de la porte du Rivage pour l'agrandissement du port et aménage un aqueduc qui apporte de l'eau potable de Saint-Gilles au centre (3 ha)[23]. Ce qui reste, 49 ha de terrain, est vendu, avec comme but d'en faire des terres agricoles, aux enchères à 15 acheteurs particuliers. Deux couples d'acheteurs en achètent ensemble près d'un tiers, principalement aux abords des portes. Ces spéculateurs sont les seuls qui pensent à ce moment déjà à une éventuelle extension de la ville[24].

Annexé à la France

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L'éphémère Porte Napoléon (Jan Anthonie Langendijk), ca. 1810.

L'annexion française de 1795 mène à des développements contradictoires. Au début, la ville profite de la disparition des Autrichiens pour revendiquer ses droits de propriété et commence même à récolter le fermage des gens qui pensent avoir acheté les terrains aux enchères[25]. Le décret du qui organise les terres annexées en départements français porte un coup dur à la ville de Bruxelles : elle perd sa cuve, se voit donc limitée par ses remparts, amputée de Saint-Josse et des autres nouvelles communes voisines. La ville peut continuer de clamer sa propriété sur les anciennes fortifications, celles-ci ne se trouvent plus sur son territoire communal[26].

Le futur maire de Bruxelles, Jean-Baptiste Verlooy, lance juste avant sa nomination, en 1794/95, le projet d'aplanir les remparts, en commençant par le tronçon entre les portes de Laeken et de Schaerbeek et d'y aménager un boulevard, pourvu d'une palissade, plan qui n'échoue pas seulement parce que la ville s'appauvrit vite sous le régime de guerre[27]. Bruxelles sert aux Français notamment comme ville d'étape, et est déclarée place de guerre, en 1796, un statut qui rend facile à l'armée de réquisitionner des bâtiments pour ses casernes ou entrepôts. Mais ce statut place aussi les fortifications sous le contrôle de l'armée et en interdit toute détérioration. Alors que l'armée ne se montre dans les faits pas très intéressée par ce qui en reste à Bruxelles, les travaux sur les anciennes fortifications sont néanmoins à l'arrêt[28]. Mais comme ni l'armée, ni la ville, ne veulent en financer l'entretien, les remparts, ainsi que les palissades de l'époque autrichienne, se dégradent[29].

Pendant la période française, la porte de Hal sert comme prison militaire à nouveau[5].

Sous Napoléon, le , Bruxelles perd son statut de place de guerre[30]. L'obligation d'entretenir des fortifications tombe donc, mais cette période se caractérise principalement par des ordonnances non réalisées : ni l'utilisation des fossés à l'ouest de la ville pour la construction d'un canal de Charleroi (1804), ni la permission à la ville d'annexer à nouveau Saint-Josse, Ixelles et Etterbeek (1804), ni l'aménagement d'un boulevard à la place des remparts et les terres des anciennes fortifications avancées () ne se réalisent à l'époque française[31].

Cependant, un petit projet se réalise quand même. Le , Jean-Antoine Chaptal, le ministre de l'intérieur donne son accord pour une nouvelle porte Napoléon au bout de la rue de Laeken. Mais le budget alloué ne suffit pas pour la grandeur que devrait prendre une porte au nom de l'empereur. On se limite, dans un premier temps, à creuser un trou dans le mur et aplanir remblai et fossé, sans bâtiment de porte, travaux adjugés le , réceptionnés le . Les pavillons d'octroi de la nouvelle porte sont finalement construits par l'architecte Auguste Payen l'Aîné, en 1807[32],[33]. La porte de Laeken, qu'elle remplace, est fermée à partir du et détruite par la suite[34].

Royaume uni des Pays-Bas

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Déstruction du rempart entre les portes de Hal et Anderlecht, François-Antoine Bossuet, 1828
La porte Guillaume, vue de l'intérieur

La stabilité revenue, la nouvelle porte de Ninove est ouverte en 1816[35], la porte Guillaume, seule porte monumentale du siècle (architecte Tilman-François Suys), en 1820[35], de 100 m plus avancée que la porte Napoléon qu'elle remplace[33].

Contrairement à la décision de Napoléon de rendre Saint-Josse, Etterbeek et Ixelles à Bruxelles, qui n'est jamais mise à l'application, sa décision, du , de rendre à la ville tout territoire jadis occupé par des bastions se réalise. Du date un décret du roi Guillaume permettant à la ville la vente des terrains appartenant aux anciennes fortifications. Cela ouvre le chemin à des nouveaux projets[36]. Par le décret du , le gouvernement tente encore de préciser les limites communales, mais la formule « 10 m de la crête extérieur du fossé extérieur du nouveau boulevard », d'un boulevard en pleins travaux, mène à des nombreux litiges avec les communes voisines, clôturés, plus ou moins, par la Cour de Cassation le [37].

Le , la ville organise un concours pour l'aplanissement des ruines des remparts et leur remplacement par des boulevards dans le but d'adapter Bruxelles aux exigences de la vie contemporaine[38]. C'est le premier concours urbanistique jamais organisé à Bruxelles[39].

Le , le projet de l’ingénieur Jean-Baptiste Vifquain en sort vainqueur. Comme c'est la vente des terrains à bâtir le long du nouveau boulevard qui doit financer l'opération, Vifquain prévoit deux conceptions des boulevards différents. À l'ouest, où les terrains « acquerraient difficilement des occupants bâtisseurs », il milite pour la construction du canal de Charleroi. À l'est, qui présente « des emplacements convenables pour la demeure de nos princes », il prévoit des larges artères, avec plantations, jardins et fontaines[40].

Le nouveau boulevard et sa grille de l'octroi collent, dans le coin nord-ouest et sur tout le côté est, à la limite extérieure des anciennes fortifications, et il prend moins de place que celles-ci. La ville gagne donc plein d'îlots à bâtir[41], entre les portes de Flandre et de Laeken seules elle vend 74 lots le [42], il y en a encore beaucoup d'autres entre les portes de Schaerbeek et de Hal.

Vifquain réalise alors les boulevards entre le canal de Willebroeck et la Senne en 1819, entre la Senne et la rue Royale en 1819-1820[43],[44], l'actuel boulevard Bischoffsheim en 1824[45]. Entre les portes de Louvain et de Namur, c'est l'architecte Charles Vander Straetenqui réalise le boulevard, selon un plan plus simple et moins onéreux que prévu par Vifquain entre 1821 et 1826[46]. Le tronçon entre la porte de Namur et la porte de Hal se construit entre 1823 et 1830[47].

La porte de Schaerbeek est déplacée de quelques dizaines de mètres, en 1822, pour se retrouver dans l'axe de la nouvelle rue Royale, et reçoit des pavillons d'octroi en 1827, et la porte de Louvain de même[48].

Vifquain se voit entre-temps alloué à d'autres occupations, c'est en 1823 que le ministre de l'Intérieur et du Waterstaat, Patrice de Coninck, lui demande de reprendre le projet du canal de Charleroi, ensemble avec les ingénieurs Pierre Simons et Gustave Nicolas Joseph De Ridder. Les travaux sont adjugés le à la Société Nieuwenhuis et Cie qui obtient une concession de 34 ans[49].

En 1828, la ville charge son architecte, Nicolas Roget, de transformer la porte de Hal pour y aménager en dépôt d’archives, ce qu'il fait[5].

La Belgique indépendante

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La porte de Hal en 1612.
La porte de Hal en 2006.

L'inauguration du canal de Charleroi, encore dans un gabarit très limité pour les barques à charbon, se fait le [49].

Pour les portes on construit des pavillons d'octroi : porte de Flandre (1832), porte de Ninove (1834), porte de Namur (1835), porte d'Anderlecht (1835), la nouvelle porte de Cologne (rue Neuve/place Rogier, 1839), la nouvelle porte Louise (1840), la nouvelle porte Léopold (rue Belliard, 1850), la nouvelle porte du Jardin zoologique (rue Montoyer, 1852), la nouvelle porte de la Loi (rue de la Loi)[35],[50],[51]. La « porte de Laeken » en reçoit aussi en 1839, parce que la porte « Guillaume », trop vétuste après seulement 18 ans, a dû être abattue en 1838, elle s'appellera aussi « porte d'Anvers » par la suite[52].

Le long du nouveau boulevard, on construit des maisons. Trois des nouvelles portes citées ci-dessus servent d'accès au nouveau quartier Léopold, en face, construit à partir de 1839, le territoire passant de Saint-Josse à la ville par la loi du . Mais plus au sud, encore en 1850, les campagnes d'Ixelles et de Saint-Gilles s'étendent à perte de vue. C'est seulement dans les années 1850 qu'on commence d'y construire[53].

Le dernier tronçon des remparts à être transformé en boulevard est celui entre les portes de Flandre et du Rivage, travaux qui se font, sous la direction de l'architecte Spaak entre le et le [49].

Un arrêté royal pris le , le premier du genre, ordonne la conservation de la porte de Hal, que la Ville cède à l’État en 1842 pour l’affecter au Musée d’Armes, d’Antiquités et de l’Artillerie. Suivent deux campagnes de transformation, de 1842 à 1844, par l’architecte Tilman-François Suys et de 1868 à 1870 par Henri Beyaert[5]. C'est surtout ce dernier qui transforme l’austère porte médiévale qu'on traversait en une sorte de château néo-gothique coiffé de toitures imposantes qu'on ne sait plus traverser. Les terrassements des environs font que le niveau de la rue de part à autre n'est plus le même.

L'année 1860 voit la suppression de l’octroi (taxe perçue sur les marchandises entrant dans la ville) et donc de la dernière barrière physique entre la ville et les faubourgs[54].

Ce qui en reste

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Station Métro Hôtel des Monnaies

Les carrefours de la porte d'Anderlecht et de la porte de Ninove sont les seuls à avoir conservé les deux pavillons d'octroi (architecte Auguste Payen) qui encadraient les voies d'accès au centre-ville et remplaçaient les anciennes portes[55]. L'un de ces pavillons sert depuis 1988 d'entrée au musée des égouts, donnant accès à une visite de ceux-ci[56]. Les deux pavillons de la porte de Namur ont été déplacés, en 1962, pour être installés au bout de l'avenue Louise, à l'entrée du bois de la Cambre[57]

À partir des années 1950, de nouveaux plans de circulation sont mis en place (en partie en prévision de l'Exposition universelle de 1958) : on creuse des tunnels pour les voitures aux croisements avec des voies latérales et les boulevards de promenade sont devenus une voie automobile rapide[58] aux encombrements fréquents. Mais, en sous-sol, le métro offre une alternative commode pour se déplacer rapidement.

Fermée pour raison de sécurité en 1975, la porte de Hal s'est faite rénover, à partir de 1991, par le bureau JAR[5] et a rouvert en 2003[59].

À l'occasion des travaux de terrassement nécessaires à la construction de la station de métro Hôtel des Monnaies, une partie des murs de fondation de la seconde enceinte ont été redécouverts ; ces murailles sont depuis lors exposées dans les murs des quais de la station.

Notes et références

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  1. Astrid Lelarge, Bruxelles, l'émergence de la ville contemporaine. La démolition du rempart et des fortifications aux XVIII et XIXe siècles, Bruxelles, (lire en ligne Inscription nécessaire), p. 16
  2. Lelarge 2001, p. 15-17.
  3. Lelarge 2001, p. 17.
  4. Alexandre Henne et Alphonse Wauters, Histoire de la Ville de Bruxelles, t. 1, Bruxelles, Culture et Civilisations, (1re éd. 1845), p. 190
  5. 1 2 3 4 5 6 7 « Porte de Hal », sur Inventaire du patrimoine architectural, MRBC
  6. Thierry Demey, Bruxelles, Chronique d'une capitale en chantier, tome 1, Bruxelles, Paul Legrain / èditions CFC, , p. 123-124
  7. Lelarge 2001, p. 19.
  8. Henne et Wauters 1968, p. 381, 388.
  9. 1 2 Lelarge 2001, p. 19-22.
  10. Henne et Wauters 1968, p. 452-454.
  11. Lelarge 2001, p. 22.
  12. Thierry Demey, Bruxelles, de ramparts aux boulevards, Bruxelles, Badeaux, , p. 312
  13. Lelarge 2001, p. 29-30.
  14. Lelarge 2001, p. 39.
  15. Lelarge 2001, p. 44, 202.
  16. Lelarge 2001, p. 44-45.
  17. Lelarge 2001, p. 53, 67.
  18. Lelarge 2001, p. 69, 75.
  19. Lelarge 2001, p. 75-77, 139, 189.
  20. Lelarge 2001, p. 73, 97, 109.
  21. Christophe Loir, Bruxelles néoclassique, mutation d'un espace urbain, 1775-1840, Bruxelles, CFC´Editions, (ISBN 978-2-930018-67-6), p. 140
  22. Lelarge 2001, p. 77, 86-87.
  23. Lelarge 2001, p. 87-89.
  24. Lelarge 2001, p. 60, 86, 111-112.
  25. Lelarge 2001, p. 132.
  26. Lelarge 2001, p. 129, 139.
  27. Lelarge 2001, p. 122, 127.
  28. Lelarge 2001, p. 129-130.
  29. Lelarge 2001, p. 134.
  30. Lelarge 2001, p. 123.
  31. Lelarge 2001, p. 142-163.
  32. Lelarge 2001, p. 157.
  33. 1 2 Dubreucq 1997, p. 159.
  34. Jacques Dubreucq, Bruxelles 1000, une histoire capitale, vol. 4, la section du canal, Bruxelles, , p. 129
  35. 1 2 3 Lelarge 2001, p. 178.
  36. Dubreucq 1997, p. 156-157.
  37. Dubreucq 1997, p. 158.
  38. Lelarge 2001, p. 172.
  39. Loir 2009, p. 218.
  40. Lelarge 2001, p. 172-175.
  41. cf. « Open Street Map superposé à la carte Ferraris »
  42. Dubreucq 1997, p. 157.
  43. Laure Eggericx et Christine Van Quorie, Les boulevards extérieurs de la porte de Hal à la place Rogier, Bruxelles, MRBC, coll. « Bruxelles, Ville d'Art et d'Histoire » (no 22), (lire en ligne), p. 19
  44. Charles Gombert, Les boulevards extérieurs de la porte de Hal à la place Rogier, Bruxelles, MRBC, coll. « Bruxelles, Ville d'Art et d'Histoire » (no 41), (ISBN 978-2-96005-026-4, lire en ligne), p. 10
  45. Eggericx, Van Quorie et 1998 25.
  46. Eggericx, Van Quorie et 1998 31.
  47. Eggericx, Van Quorie et 1998 42.
  48. (nl) Hugo Reinhard, Tussen poorten en wallen, Hugo Reinhard, (ISBN 9081051512), p. 14-15
  49. 1 2 3 Lelarge 2001, p. 175.
  50. Eggericx, Van Quorie et 1998 39-40.
  51. Reinhard et 2006 20-21.
  52. Dubreucq 1997, p. 161.
  53. Eggericx, Van Quorie et 1998 43.
  54. Lelarge 2001, p. 182.
  55. Gombert 2005, p. 11.
  56. « Pavillons d'octroi, Porte d'Anderlecht », sur Inventaire du patrimoine architectural, MRBC
  57. « Anciens pavillons d’octroi de la porte de Namur », sur Inventaire du patrimoine architectural, MRBC
  58. Gombert 2005, p. 47.
  59. Reinhard et 2006 19.

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Articles connexes

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Bibliographie

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  • Charles Gombert, Les boulevards extérieurs de la porte de Hal à la place Rogier, Bruxelles, MRBC, coll. « Bruxelles, Ville d'Art et d'Histoire » (no 41), , 48 p. (ISBN 978-2-96005-026-4, lire en ligne)
  • Laure Eggericx et Christine Van Quorie, Les boulevards extérieurs de la porte de Hal à la place Rogier (Bruxelles, Ville d'Art et d'Histoire 22), Bruxelles, MRBC, , 47 p. (lire en ligne)
  • Astrid Lelarge, Bruxelles, l'émergence de la ville contemporaine. La démolition du rempart et des fortifications aux XVIII et XIXe siècles, Bruxelles, , 249 p. (lire en ligne Inscription nécessaire)
  • Christophe Loir, Bruxelles néoclassique, mutation d'un espace urbain, 1775-1840, Bruxelles, CFC´Editions, , 312 p. (ISBN 978-2-930018-67-6)
  • Sophie T’Kint, La deuxième enceinte de Bruxelles, livret guide, Bruxelles, MRBC, , 56 p. (lire en ligne)