Zwanze

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La zwanze (du brabançon « radotage ») est un type d'humour gouailleur associé à Bruxelles. Par extension, le terme désigne un art de vivre bruxellois. Il appartient au patrimoine de la culture populaire bruxelloise avec ses dialectes populaires, et est souvent lié aux trois sous-dialectes qui forment le brusseleer ou le marollien.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

La zwanze se caractérise principalement par de l'exagération (exemple : « Ma salle de bains est encore plus mouillée que le défilé du sous la drache »), par des jeux de langage mêlant le néerlandais et le français, en empruntant par exemple au néerlandais des expressions traduites littéralement (« Mettez-vous, … »), par la remise à sa place de celui qui en fait trop (exemple : « Oué, oué, arrête un peu de zieverer, dikkenek ! »), et par l'auto-dérision. « Bienheureux qui sait rire de lui-même, car il n'a pas fini de s'amuser. »[1],[2]. La zwanze vient ainsi pimenter le dialecte bruxellois, tel qu'il est encore parlé dans les Marolles (quartier populaire de Bruxelles, en pleine gentrification), mais aussi dans les vieux quartiers de Molenbeek-Saint-Jean qu'on appelle encore Meulebeik[3].

C'est un type d'humour, c'est un composant des dialectes bruxellois, et c'est aussi un art de vivre. « À Bruxelles, on comprend encore ce que signifie la zwanze », indique ainsi un élu de la ville lors d'une petite fête en l'honneur de Plastic Bertrand dans cette ville, où le Manneken-Pis a été revêtu d'un perfecto rose, évoquant le costume de scène de ce chanteur lors d'un de ses premiers passages à la télévision, en 1977[4].

Célèbres zwanzeurs[modifier | modifier le code]

La zwanze au théâtre[modifier | modifier le code]

Michel de Ghelderode recueille la tradition orale populaire dont il fait la trame de plusieurs pièces qu'il écrit pour le Théâtre de marionnettes de Toone.

Inspirés par la zwanze bruxelloise, Fonson et Wicheler écrivent en 1910 la pièce Le Mariage de Mademoiselle Beulemans , tandis qu’en 1938, Van Stalle et D'Hanswyck créent le désopilant « Bossemans et Coppenolle[2].

Des comédiens comme Victor Guyau, Marcel Roels, Simone Max sont les chantres de cette expression populaire bruxelloise. Renouant avec la tradition, Viviane Decuypere écrit en 1988, Les Pralines de Monsieur Tonneklinker. Devant le succès, elle se remet à l’écriture en 2010 avec « L’Estaminet de Rosine ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Le " Brusseleir " et la " Zwanze " »
  2. a et b Collectif, Guide du Routard Bruxelles 2020, Hachette Tourisme, (lire en ligne), « Humour belge », p. 213
  3. Christian Laporte, « Un étonnant voyage au pays des dialectes bruxellois », La Libre Belgique,‎ (lire en ligne)
  4. « Le Manneken-Pis costumé en Plastic Bertrand en hommage au chanteur », Le Soir,‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Georges Lebouc :
    • Anthologie de l'humour bruxellois : Les Zwanzeurs, Bruxelles, Labor, 2000.
    • Les Rois de la Zwanze, Bruxelles, Corporate, 2008.

Articles connexes[modifier | modifier le code]