Manifeste du surréalisme

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Le Manifeste du surréalisme est un texte d'André Breton, conçu à l'origine comme une préface. Publié en livre, il acquiert une certaine notoriété et sera suivi par un Second manifeste du surréalisme et quelques autres écrits dans la même veine. Ces textes ont été, à partir de 1962, publiés ensemble sous le titre Les Manifestes du surréalisme.

Manifeste du surréalisme (1924)[modifier | modifier le code]

Ce texte était à l'origine conçu comme une préface à Poisson soluble qui sera publié la même année[1].

Hétéroclite, le texte rassemble diverses idées et principes d'écriture, qu'Élisabeth Kennel-Renaud regroupe autour de huit éléments[2] :

  • Hommage à l'imagination
  • Appel à l'émerveillement
  • Foi en la résolution du conflit entre rêve et réalité
  • Principe de l'écriture automatique
  • Définition du surréalisme
  • Images surréalistes
  • Collages de fragments de phrases
  • Attitude non conformiste

Breton définit le surréalisme : « Automatisme psychique pur par lequel on se propose d’exprimer, soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée. Dictée de la pensée, en l'absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale »[3].

A la suite d'une mise en liquidation en mars 2015 de la collection Aristophil, le manuscrit Manifeste du Surréalisme est annoncé dans une vente aux enchères à Drouot[4]. Après une intervention des pouvoirs publics le texte est classé parmi les trésors nationaux et il est retiré de la vente[5].

Réédition de 1929[modifier | modifier le code]

Réimprimé sans changement en 1929, le Manifeste fut toutefois augmenté d'une préface[6] et de la « Lettre aux voyantes » de 1925[7].

Second Manifeste du surréalisme (1930)[modifier | modifier le code]

Dans son étude, Élisabeth Kennel-Renaud différencie huit thèmes principaux[2] :

  • Caractère factice des vieilles antinomies
  • Le surréalisme ne se réclame d'aucune morale
  • Critique de certains surréalistes
  • Rappel des fondements
  • Appel à l'implication sociale
  • Mise en garde contre l'endoctrinement politique
  • Attirance pour l'ésotérisme
  • Refus du succès mercantile

Ce Second manifeste a reçu une réplique cinglante de Robert Desnos[8].

Par la suite, André Breton tentera de remettre dans leurs contextes respectifs les conflits qu'il a pu avoir avec quelques artistes et il écrira en 1946 un Avertissement pour la réédition du second manifeste. Il garde cependant ses positions[9].

Prolégomènes à un troisième manifeste du surréalisme ou non (1942)[modifier | modifier le code]

C'est un texte bref, d'une dizaine de pages et entrecoupé "d'intermèdes", que Breton écrit tandis que la Seconde Guerre mondiale continue sans abattement.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • Manifeste du surréalisme, Éditions du Sagittaire, 1924, réédité en 1929
  • Second manifeste du surréalisme, 1930, Éditions Kra, réédité en 1946.
  • Breton A., Manifestes du surréalisme, Paris: Gallimard, coll. Idées, 1967
  1. André Breton, Œuvres complètes, t. I, Éditions Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1988, p. 1332
  2. a et b Analyse d'Élisabeth Kennel-Renaud
  3. André Breton, Œuvres complètes, t. I, Éditions Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1988, p. 328
  4. Voir sur lemonde.fr, 14 novembre 2017.
  5. Le Figaro 18/12/2017 Tresors nationaux
  6. Préface à la réimpression du manifeste (1929)
  7. André Breton, Œuvres complètes, t. I, Éditions Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1988, p. 1398
  8. Ce texte est intitulé par Robert Desnos Troisième manifeste du surréalisme [PDF].
  9. Avertissement pour la réédition du second manifeste (1946)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]