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Manifeste du futurisme

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Manifeste du futurisme
Publication en français dans le Figaro du 20 février 1909.
Titre original
(it) Manifesto del futurismoVoir et modifier les données sur Wikidata
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Le Manifesto del futurismo (Manifeste du futurisme, en français) est un texte rédigé, en 1908, par Filippo Tommaso Marinetti, l'un des acteurs les plus importants du courant futuriste.

Chronologie

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Le texte du manifeste, rédigé à l'automne 1908, a d’abord paru en préface à un recueil de ses poèmes, publié à Milan en janvier 1909[1]. Le texte parait pour la première fois dans la presse, dans la Gazzetta dell'Emilia de Bologne, le [2]. Quelques jours plus tard, il est publié par d'autres journaux italiens : Il Pungolo di Napoli le , la Gazzetta di Mantova, le 8 février, L'Arena di Verona, le , Il Piccolo à Trieste, le , Il Giorno di Roma, le et l'hebdomadaire La Tavola rotonda de Naples, le [3].

Le Manifeste du Futurisme a été ensuite publié dans le Figaro du , à Paris[4], avant d'être traduit en italien dans l'un des derniers numéros de la revue milanaise Poesia. Avec la publication en France, le Manifeste acquiert une pertinence internationale.

Ce manifeste se divise en 11 affirmations suivies d'un texte d'explication. Il contient des mots clefs qui caractérisent le mouvement futuriste.

La vitesse et le mouvement devaient apparaître dans les multiples œuvres futuristes[a]. En effet, quand les artistes représentaient un homme en train de marcher ou une voiture lancée à toute vitesse, tous les mouvements devaient être reproduits. Ainsi Umberto Boccioni a-t-il sculpté Formes uniques de la continuité dans l'espace (1913) une sculpture représentant un être humain faisant un pas vers l'avant (ou vers l'avenir). De plus, on peut parler de véritable mythification des moyens de transport (avions, bateaux, trains et surtout voitures) chez les futuristes qui les considéraient comme un symbole agressif de leur mouvement.

La violence et l'agressivité se retrouvent explicitement dans le Manifeste du futurisme[b]. Les artistes souhaitaient en effet résoudre les problèmes de l'époque par la violence, par la guerre[c]. L’idéologie belliciste de Marinetti n’était pas partagée par les autres futuristes, dont l’adhésion à la guerre ne s’est faite que dans le cadre historique du post-Risorgimento qui voulait libérer l’Italie du Nord de la domination autrichienne.

Cette violence se retrouve dans les œuvres futuristes : La Charge des lanciers (1915), une peinture sur toile de Umberto Boccioni illustre bien cet hymne à la violence et à la guerre, « seule hygiène du monde[d] ».

La modernité était une source d'inspiration pour les artistes de mouvement qui considéraient que la ville était bien plus belle qu'un paysage naturel. Tous les éléments urbains étaient glorifiés et les usines et les inventions modernes (comme la voiture) étaient représentées pour leur beauté[e].

La fin de l’aura

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Marinetti affirme, dans son Manifeste, l’abolition des anciens paramètres de la beauté que la civilisation européenne avait hérités du monde gréco-latin et la glorification du « mépris de la femme[f] ». « Une automobile de course avec son coffre orné de gros tuyaux tels des serpents à l’haleine explosive […] est plus belle que la Victoire de Samothrace. » Il proclame ainsi la fin de tout art auratique, fondé sur la poésie de l’unique et du lointain, sur l’idéalisation d’une œuvre située au-delà du monde physique[5].

Les futuristes pensaient que le passé n'aidait en rien à construire l'avenir : ils le refusaient donc totalement et partaient du principe que tout ce qui appartenait au passé devait être détruit[g] car pour eux, seul le futur comptait. Dans cette optique, le futurisme appelle à « démolir les musées, les bibliothèques, combattre le moralisme, le féminisme et toutes les lâchetés opportunistes et utilitaires[h] ».

Objectif du manifeste

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En écrivant le Manifeste du futurisme, Filippo Tommaso Marinetti a voulu annoncer la naissance du futurisme et en présenter les idées principales. D'emblée, le ton était donné : le mouvement se voulait provocateur et souhaitait créer le scandale. Mais bien plus qu'un mouvement, le futurisme se révéla être une véritable façon de penser et de vivre, ce qui se ressent à la lecture du manifeste. N'oublions toutefois pas que le manifeste expose avant tout une position intellectuelle et que la violence de certains arguments avait d'abord comme objectif de créer la polémique, de « choquer le bourgeois »[6],[7],[8],[9].

Notes et références

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  1. Art. 4.
  2. Art. 9.
  3. C'est pour cette raison qu'en 1914, à l'aube de la Première Guerre mondiale, le mouvement a lancé une propagande belliciste et interventionniste.
  4. Art. 9.
  5. Art. 11.
  6. Art. 9.
  7. Art. 10.
  8. Art. 9.

Références

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  1. (en) Norbert Lynton, « Futurism », dans Nikos Stangos (éd.), Concepts of Modern Art : From Fauvism to Postmodernism, Londres, Thames & Hudson, 3e éd., 424 p., illust. ; in-8º (ISBN 978-0-50020-268-5, OCLC 30537138), p. 97.
  2. (en) Paolo Tonini, « I manifesti del Futurismo 1909–1945 », Edizioni del Arengario, (consulté le ).
  3. Oxford Dictionary of Modern and Contemporary Art, Oxford University, p. 253.
  4. « Le Futurisme », Le Figaro, Paris, 3e série, vol. 55, no 51,‎ , p. 1 (ISSN 2496-8994, lire en ligne sur Gallica).
  5. Giovanni Lista, « Walter Benjamin et F. T. Marinetti : le déclin de l’aura », Ligeia, dossiers sur l'art, nº 101-102-103-104, juillet-décembre 2010, Paris.
  6. Giovanni Lista, Futurisme : manifestes, documents, proclamations, L’Age d’Homme, coll. « Avant-gardes », Lausanne, 1973.
  7. Giovanni Lista, Le Futurisme : création et avant-garde, Éditions L'Amateur, Paris, 2001.
  8. Giovanni Lista, Journal des Futurismes, Éditions Hazan, coll. « Bibliothèque », Paris, 2008.
  9. Giovanni Lista, Le Futurisme, une avant-garde radicale, coll. « Découvertes », Éditions Gallimard, Paris, 2008.

Liens externes

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