Lakhdar Bouregaa

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Lakhdar Bouregaa
Lakhdar Bouregaa

Naissance (86 ans)
El Omaria, Algérie
Origine Algérie
Allégeance Drapeau de l'Algérie FLN
Arme Armée de libération nationale
Unité Wilaya IV
Grade Commandant
Années de service 1956-1962
Conflits Guerre d'Algérie
Autres fonctions Membre du Conseil national de la Révolution algérienne
Membre de l'Organisation nationale des moudjahidine

Lakhdar Bouregaa (en arabe : لخضر بورقعة (Bouregâa)), né le à El Omaria, est un militant indépendantiste et homme politique algérien.

Figure du Hirak, il est arrêté le 30 juin 2019 puis libéré le 2 janvier 2020, son procès est fixé au 12 mars 2020.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et jeunesse[modifier | modifier le code]

Lakhdar Bouregaa naît le à El Omaria en Algérie, alors départements français.

Il fait son service militaire à Mostaganem, puis à Briançon en France métropolitaine chez les chasseurs alpins[1], avant d'être envoyé à Safi au Maroc d'où il s'évade en mars 1956 avec un groupe d'appelés pour rejoindre le FLN[2].

Guerre d'Algérie[modifier | modifier le code]

Durant la guerre d'Algérie, en 1956, il rejoint l'armée de libération nationale (ALN) après avoir déserté l'armée française. Il devient chef de la zone II de la wilaya IV entre 1959 et 1960[3].

Il est l'adjoint de Youcef Khatib, chef de la wilaya IV, jusqu'à la fin de la guerre, qu'il termine avec le grade de commandant [4].

Après l'indépendance[modifier | modifier le code]

Durant la crise de l'été 1962, le GPRA et les militants de l'intérieur sont vaincus par l'armée des frontières et le clan d'Oujda, menés par Houari Boumédiène, qui s'est allié avec Ahmed Ben Bella. Les chefs des wilayas, dont Lakhdar Bouregaa, cherchent à reprendre l'avantage[5]. En juin 1963, il participe à la création de l'Union pour la défense de la révolution socialiste, éphémère parti clandestin de Krim Belkacem. Avec Mohand Oulhadj, Lakhdar Bouregaa sert d'intermédiaire entre Krim Belkacem et Hocine Aït Ahmed, ce dernier créant en septembre 1963 le Front des forces socialistes, défiant le pouvoir, le FLN ayant été déclaré parti unique. La révolte du FFS est écrasée à son tour début 1964[6], avant le coup d'État de Houari Boumédiène en 1965.

Arrêté le 3 juillet 1967, il affirme avoir été torturé jusqu'au 27 août 1968, lorsqu'il est transféré à la prison de Sid El-Houari, à Oran, avant d'être ramené à Alger le 27 septembre pour de nouveaux interrogatoires, puis d'être retransféré à Oran le 27 octobre[7]. En juillet 1969, il est condamné par la Cour révolutionnaire présidée par Mohamed Abdelghani à 10 ans de prison pour avoir participé à un complot visant à assassiner Houari Boumédiène, et à 20 ans de prison pour avoir participé à la tentative de coup d'État de Tahar Zbiri, en décembre 1967. D'après lui, il est trahi par le commandant Azzedine[8]. Lakhdar Bouregaa passe sept ans en prison[9] : il est libéré en 1975[10].

Il publie ses mémoires en 2010.

Hirak[modifier | modifier le code]

En 2019, durant le hirak, il fait partie des membres qui soutiennent la volte-face de l'Organisation nationale des moudjahidine (ONM) contre Abdelaziz Bouteflika[11], ce qui contribue à précipiter la démission du président.

Le 26 juin, il participe à la réunion de signature du « pacte pour l'alternative démocratique » au siège du RCD[12]. Suite à des déclarations au sujet du général Ahmed Gaïd Salah, nouvel homme fort du régime, qu'il accuse notamment d'avoir déjà choisi le futur président de la République[13], ainsi qu'au sujet de l'armée des frontières, il est arrêté le 30 juin après une plainte du ministère de la Défense[14] et poursuivi pour « outrage à corps constitué et atteinte au moral de l’armée »[15]. La télévision nationale affirme qu'il a usurpé le titre de moudjahid et l'identité de son frère, ce que Youcef Khatib et la presse démentent[16]. Il fait partie des militants dont la libération est posée par le hirak comme préalable pour des discussions avec le pouvoir[17],[18]. Il est défendu par Mostefa Bouchachi et Abdelghani Badi.

Le 7 octobre, il envisage d'entamer une grève de la faim, mais il en est dissuadé au vu de son âge et de son état de santé, par ses avocats, son entourage et des citoyens[19]. Il rejette ensuite toute démarche visant à le libérer, tant que les manifestants ne l'auront pas été[20]. Le 22 octobre, il refuse de répondre au juge d'instruction, dénonçant les chefs d'inculpation et estimant que le gouvernement est illégitime[21]. Le 28 octobre, sa détention est renouvelée pour quatre mois[22].

Le 5 novembre 2019, il est transporté à l'hôpital Mustapha Pacha où il subit une intervention chirurgicale pour une occlusion intestinale[23].

Il est libéré le 2 janvier 2020[24], en même temps que de nombreux autres militants du hirak[25]. Il sera jugé le 12 mars 2020 en état de liberté[26].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Témoin sur l’assassinat de la Révolution, Dar El Okbia, 2010

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Des djounouds souvent « livrés à eux-mêmes » », sur Le Monde,
  2. https://www.cairn.info/revue-guerres-mondiales-et-conflits-contemporains-2001-1-page-163.htm#
  3. « Campagne de dénigrement contre Lakhdar Bouregaâ : Youcef Khatib rétablit la vérité et défend son frère d’armes », sur El Watan,
  4. « Youcef Khatib sort de son silence et retrace le parcours de Bouregaa », HuffPost Algérie, 3 juillet 2019
  5. Samir Ghezlaoui, « Hocine Aït Ahmed (3): de la création du FFS à la conférence de Londres », blog sur Mediapart, 17 octobre 2013
  6. Le Matin DZ, « 29 septembre 1963, le FFS se rebellait contre le pouvoir », 29 septembre 2011
  7. « Lakhdar Bouregaâ raconte la torture dans les geôles de Boumediene », dzvidéo, 30 juin 2019
  8. Bekhti Ould Abdallah, « Je connaissais l’aptitude à la trahison du commandant Azzedine », TSA, 21 avril 2019
  9. Kamel Lakhdar-Chaouche, « Lakhdar Bouregaâ: Le fidèle compagnon de lutte de Ait Ahmed », Lexpressiondz.com, 2 janvier 2019
  10. « L'histoire du Moudjahid Lakhdar Bouregaa - Algérie360.com », sur www.algerie360.com, Algerie360, (consulté le 19 novembre 2019).
  11. « Algérie: le camp Bouteflika perd certains de ses soutiens », RFI, 6 mars 2019
  12. « « Libérez Bouregaâ », tonnent les manifestants à Alger », dzvidéo, 23 août 2019
  13. « En Algérie, violente charge du général Gaïd Salah contre les partisans d’une transition démocratique », sur Le Monde.fr, Le Monde, (ISSN 1950-6244, consulté le 27 août 2019).
  14. « BLOG - Bouregaa: Le Commandant transmet le flambeau de novembre », sur Al HuffPost Maghreb (consulté le 24 octobre 2019)
  15. « Lakhdar Bouregaa maintenu en détention », TSA, 10 juiller 2019
  16. Makhlouf Mehenni, « Lakhdar Bouregâa, l’anathème qui ne passe pas », TSA, 2 juillet 2019
  17. Mustapha Benfodil, « Les étudiants réagissent à la dernière campagne d’arrestations : «Libérez Lakhdar Bouregaâ !» », El Watan, 3 juillet 2019
  18. Jean-Pierre Filiu, « Où les généraux algériens ont-ils caché Bouteflika? », 1er août 2019, blog sur Le Monde
  19. « Les avocats ont réussi à dissuader Lakhdar Bouregaa de se lancer dans la grève de la faim », sur Al HuffPost Maghreb (consulté le 8 octobre 2019)
  20. « Lakhdar Bouregaa ne veut pas être libéré sans les jeunes détenus du hirak », sur Al HuffPost Maghreb (consulté le 15 octobre 2019)
  21. Fayçal Métaoui, « Lakhdar Bouregâa refuse de répondre aux questions du juge d’instruction, ne reconnait pas "le système de pouvoir" », sur HuffPost Maghreb, (consulté le 3 novembre 2019)
  22. « La détention provisoire de Lakhdar Bouregaa renouvelée », sur HuffPost Maghreb (consulté le 1er novembre 2019)
  23. « En Algérie, un "héros" de la Guerre d'indépendance incarcéré opéré d'urgence », sur parismatch.com (consulté le 7 novembre 2019)
  24. « ALERTE – Lakhdar Bouregaa libéré »
  25. « En Algérie, de nombreux militants du Hirak libérés », sur lemonde.fr, (consulté le 2 janvier 2019)
  26. « URGENT-Le Moudjahid Lakhdar Bouregâa libéré »