Maintenance corrective palliative

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La maintenance corrective palliative ou maintenance palliative (en anglais palliative maintenance ou encore stop-gap maintenance[1]) est, avec la maintenance curative, une des deux subdivisions de ce qu'on appelle la maintenance corrective.

Définition[modifier | modifier le code]

Le fascicule de documentation de l'Association française de normalisation (AFNOR) FD X 60-000[2] décrit ainsi la maintenance (corrective) palliative[3]: « Action de maintenance corrective destinée à permettre à un bien d’accomplir provisoirement tout ou partie d’une fonction requise. Appelée couramment «dépannage», la maintenance palliative est principalement constituée d’actions à caractère provisoire qui doivent être suivies d’actions curatives. »[4].

Distinction entre maintenance palliative et maintenance curative[modifier | modifier le code]

Si la maintenance (corrective) curative est une action ayant pour objet de rétablir un bien dans un état spécifié (qui, donc, n’est pas nécessairement son état initial) pour lui permettre d’accomplir une fonction requise[5], la maintenance (corrective) palliative est, comme rappelé ci-dessus, une action destinée à permettre à un bien d’accomplir provisoirement tout ou partie d’une fonction requise[5]. Ainsi, lorsque la pièce, l'outillage et/ou la compétence ne sont pas disponibles et si on juge que l'arrêt de la production n’est pas acceptable, on peut chercher à se débrouiller avec d’autres moyens[6]. En fonction de ces définitions, on comprend qu’une maintenance palliative (appelée couramment « dépannage »[5]) dépanne un certain temps, mais ce temps ne peut être déterminé, car l'état du bien une fois dépanné avec les « moyens du bord »[6] n'est pas nécessairement spécifié. La maintenance palliative n'est pas une action prévue et – par principe – ne fait donc pas partie d'une politique de maintenance.

Puisqu’elle ne met pas en œuvre des moyens ayant été prévus à cet effet, la maintenance palliative est dangereuse[7]. De telles actions de dépannage (à distinguer de la réparation qui caractérise la maintenance curative) ne devraient se faire qu'en faisant la balance entre le danger que pourrait représenter l'arrêt de la production et celui inhérent à toute maintenance palliative. Le palliatif fait appel au 2e niveau de maintenance tel que proposé par la norme NF X 60-000 et le curatif aux 2e et 3e niveaux de maintenance de cette même norme[8].

Quelques exemples de maintenance palliative[modifier | modifier le code]

La nature palliative de ce type de maintenance peut être illustrée par les exemples suivants :

  • le bâchage d’une toiture permettant de mettre hors d’eau à la suite d'une avarie et en attendant la réparation définitive[9] ;
  • un panneau de bois pour remplacer un vitrage cassé[10].

Usage[modifier | modifier le code]

La maintenance palliative ne doit jamais être la première méthode choisie dans une politique de maintenance : celle-ci doit viser à remettre la machine défaillante en état de marche en s'attaquant aux causes de la défaillance et non pas à assurer coûte que coûte la fonction du bien dans des conditions qui ne soient pas celles de la sûreté de fonctionnement. Seules des contraintes majeures peuvent obliger à recourir une maintenance palliative. Ces contraintes peuvent être :

  • l’indisponibilité provisoire des pièces de rechange ;
  • l'indisponibilité provisoire de la compétence technique ;
  • l'indisponibilité provisoire de l'outillage ou de l'appareillage ;
  • un coût d'indisponibilité de la machine en panne supérieur à celui de sa maintenance[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Littéralement « maintenance bouche-trou ».
  2. Le fascicule de documentation FD X 60-000 est aujourd'hui remplacé par la norme NF X 60-000.
  3. Page 17 du fascicule
  4. Maintenance industrielle. Fonction maintenance (FD X 60-000), AFNOR, mai 2002.
  5. a b et c Norme AFNOR NF X 60-000, avril 2016.
  6. a et b « Maintenance : concepts et définitions », Techniques de l’ingénieur, Bernard MECHIN (animateur du groupe de travail AFNOR X60‑000, ancien directeur du Centre International de Maintenance Industrielle)
  7. Maintenance : la méthode Maxer Robert Sanner, Stéphane Sanner, Dunod.
  8. Norme AFNOR NF X 60-000, support de cours en ligne BTS MI sur la maintenance corrective.
  9. Exemple tiré de l’ouvrage La maintenance du patrimoine bâti - Optimiser la gestion technique des bâtiments publics, rédigé par un collège d’experts et de juristes.
  10. Exemple cité par le site professionnel QUADRA-TECH.
  11. Module de la maintenance, rubrique « Maintenance palliative ».

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Fatime Ly, Zineb Simeu-Abazi, Jean-Baptiste Leger, Terminologie maintenance : bilan (Certaines des traductions en anglais ne sont pas attestées).
  • François Monchy, La fonction maintenance, formation à la gestion de la maintenance industrielle, Édition Masson, 1991.