Service industriel de l'aéronautique

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Service industriel de l’aéronautique
Image illustrative de l’article Service industriel de l'aéronautique

Création
Pays Drapeau de la France France
Branche Armée de l'air et de l'espace
Type Agence publique
Surnom SIAé

Le Service industriel de l’aéronautique (SIAé) est un service relevant de l’Armée de l'air et de l'espace française[1], à vocation inter-armées, qui regroupe des moyens de maintenance aéronautique du ministère des Armées.

Un conseil de surveillance, présidé conjointement par le chef d'état-major des armées et par le délégué général pour l'armement, fixe la stratégie du SIAé et le contrôle[2].

Activité[modifier | modifier le code]

Le SIAé réalise de la maintenance aéronautique de tous niveaux sur de nombreuses flottes aéronautiques des armées françaises, en particulier :

Le SIAé concentre par ailleurs l'ensemble des capacités de conception aéronautique du ministère des Armées, il est donc le seul organisme étatique à détenir un agrément de conception aéronautique militaire[3],[4]. Il conçoit à ce titre des réparations, des modifications et des équipements. Il détient par ailleurs plusieurs certificats de type de produits aéronautiques militaires[5].

Le SIAé agit en compte de commerce, pour un chiffre d'affaires de 647 millions d'euros en 2020[6], 642 millions d'euros en 2019[7], 570 millions d'euros en 2018[8], 618 millions d'euros en 2017[9], 656 millions d'euros en 2016[10].

Début 2021, le SIAé emploie environ 4700 personnes, à 80% civils (2300 ouvriers de l'Etat et 800 fonctionnaires)[11]. Chaque année, le SIAé recrute environ 300 personnes, principalement dans des fonctions techniques.

Historique[modifier | modifier le code]

Héritage[modifier | modifier le code]

En 1936, le gouvernement décrète la création des ateliers régionaux de réparation, chargés de la réparation du matériel aérien et du contrôle des prix de revient des réparations confiées à l'industrie privée.[12]

La loi n°52-1402 du 30 décembre 1952 indique qu'il est ouvert dans les écritures du trésor un compte spécial de commerce destiné à suivre les opérations d'approvisionnement de la direction technique et industrielle de l'air[13].

La loi n°72-1121 du 20 décembre 1972 indique que le compte spécial de commerce ouvert dans les écritures du Trésor par l’article 25 de la loi n° 52-1402 du 30 décembre 1952 est intitulé "Exploitations industrielles des ateliers aéronautiques de l’Etat" . Ce compte est géré par le ministre d’Etat chargé de la défense nationale et retrace les recettes et les dépenses afférentes aux réparations, modifications, fabrications et prestations diverses effectuées par les ateliers industriels de l’aéronautique de l’Etat, y compris le remboursement des dépenses de personnel au budget général.[14].

L'arrêté du 10 mars 1997 relatif à l'organisation du service de la maintenance aéronautique indique que le service de la maintenance aéronautique comprend les ateliers industriels de Bordeaux, Clermont-Ferrand et Cuers-Pierrefeu[15].

Création du SIAé[modifier | modifier le code]

Le SIAé est créé en Conseil des ministres le , en remplacement du Service de la maintenance aéronautique[16].

En 2020, la direction du SIAé sort de l'administration centrale et devient un organisme extérieur du ministère des armées.

Lors d'un discours prononcé sur le site du SIAé à Clermont-Ferrand le 15 octobre 2020, et alors que certaines organisations syndicales s'inquiétaient d'un possible passage du SIAé du statut de compte de commerce au statut d'EPIC[17], la ministre des armées Florence Parly indique que "le SIAé continuera à s'appuyer sur son statut en compte de commerce. C'est un outil solide, efficace et pérenne, il doit être consolidé et sécurisé"[18].

Implantations[modifier | modifier le code]

Le SIAé est composé[19] d'une direction à Arcueil et des 5 ateliers industriels de l'aéronautique :

Atelier industriel de l'aéronautique d'Ambérieu[modifier | modifier le code]

L'AIA d'Ambérieu produit et maintien des équipements de sécurité, sauvetage et survie, des radars d'ancienne génération (Centaure notamment) et assure des activités de métrologie, au profit d'autres entités des armées.

L'AIA d'Ambérieu est colocalisé avec la Base aérienne 278 Ambérieu-en-Bugey[20].

Atelier industriel de l'aéronautique de Bordeaux[modifier | modifier le code]

Composé de 1 000 personnes[Quand ?], l'AIA de Bordeaux est spécialisé dans les interventions sur les moteurs.

L'ARAA de Bordeaux est aussi créé en 1934. Il reçoit la maintenance des moteurs d'avions à pistons en 1937 puis les premières turbines arrivent en 1960. Lors de la guerre d'Algérie les activités des AIA d'Afrique du Nord (Casablanca, Alger et Blida) sont transférées à Bordeaux (et à Clermont-Ferrand pour les aéronefs). Ainsi Bordeaux devient le seul réparateur de moteurs de l'armée française.

Par exemple :

Atelier industriel de l'aéronautique de Bretagne[modifier | modifier le code]

L'arrêté du a confirmé la création d'un 5e AIA « Bretagne »[21] au [22],[23]. Celui-ci intervient majoritairement au profit des aéronefs de la marine et est réparti sur trois sites en Bretagne. Positionné à proximité des Forces opérationnelles, sa mission est d’assurer l’entretien, la réparation et les modifications des aéronefs et des équipements aéronautiques des Forces armées et principalement de la Marine Nationale.

Il est implanté sur les trois bases de l’aéronautique navale de l’ouest de la France, Lann-Bihoué, Landivisiau et Lanvéoc-Poulmic. Il emploie 700 personnes et sa direction est à Lann-Bihoué près de Lorient.

L’AIA de Bretagne réalise la maintenance programmée et des interventions techniques de niveau industriel sur les cellules et équipements d’aéronefs :

Son activité couvre tous les domaines de la maintenance aéronautique :

  • cellule, structure composite et métallique, contrôle non destructif
  • mécanique (turbomachine, train d’atterrissage, roue, hélice, …)
  • stratifié, peinture, traitement de surface
  • hydraulique et carburant
  • électricité, électromécanique, instrument de bord
  • avionique (électronique, radio/radar)
  • conditionnement, habitabilité, batterie et oxygène
  • matériel de sécurité/sauvetage/survie
  • siège éjectable

Il réalise 25 chantiers (visites programmées ou modifications d’aéronefs) et 33 000 maintenances d’équipements aéronautiques par an, et 150 interventions par mois sur les aéronefs en ligne.

Certifié ISO 9001/EN 9110 et EMAR/FR 145, l’AIA BR est un des 5 AIA du Service Industriel de l'Aéronautique (SIAé), expert industriel étatique et leader français du soutien aéronautique militaire (4700 personnes).

Atelier industriel de l'aéronautique de Clermont-Ferrand[modifier | modifier le code]

Le site principal est implanté à Clermont-Ferrand, mais il existe deux antennes, à Toul et à Phalsbourg. Il compte 1 210 personnes en 2017[24]. Créé en 1939 comme Atelier de réparation de l'armée de l'air, ARAA, il devient en 1948 Atelier industriel de l'aéronautique. En 1957, Clermont-Ferrand accueille les chaînes de montage du Nord 2501. Puis se succèdent les arrivées de plusieurs aéronefs pour leur maintenance comme le Mirage III en 1967, la Gazelle en 1976, le Mirage IV A en 1978, le Mirage F1 en 1980, l'Alpha Jet en 1983, le Mirage 2000 en 1989. Il est maintenanceur et réparateur pour l’ensemble de la flotte Dassault Rafale depuis 2002.

Cet AIA effectue différentes interventions sur les aéronefs et leurs équipements :

  • la maintenance,
  • la réparation,
  • la modification et la modernisation.

Il intervient notamment sur les aéronefs suivants :

Le détachement de Toul est implanté à Domgermain sur un site de 52 ha avec le 1er RMAT. Il est proche des régiments d'hélicoptères de combat du Nord-Est (1er et 3e) et de la BA 133 de Ochey-Nancy. Il se charge des visites périodiques (VP) des hélicoptères Puma.

L'AIA de Clermont-Ferrand a fêté ses 70 ans en 2009, la même année que le 75e anniversaire de l'Armée de l'air et de l'espace.

Depuis 2015, il est chargé de la maintenance des Airbus A400M Atlas de l'Armée de l'air[25].

Il a réalisé, en 2016, un chiffre d’affaires de 158 millions d'euros.[24]

En septembre 2020, l’ingénieure en chef de l'armement Nathalie Guichard devient directrice de l'AIA de Clermont-Ferrand. C'est la première femme à prendre la direction d'un atelier industriel de l'armement[26].

Atelier industriel de l'aéronautique de Cuers-Pierrefeu[modifier | modifier le code]

Les activités de l'AIA de Cuers-Pierrefeu sont similaires à celles de l'AIA de Clermont-Ferrand.

Cet AIA intervient notamment sur les aéronefs suivants :

Il s'occupe aussi de la maintenance de certains équipements liés aux missiles, aux sous-marins et aux frégates anti-aériennes.

En parallèle de l'activité principale de maintenance industrielle, l'AIA de Cuers-Pierrefeu est aussi présent sur deux activités de niche :

  • la conception, la fabrication et la réparation de radômes et structures en matériaux composites ;
  • le développement, la réalisation et la maintenance de systèmes aéronautiques sol (simulateurs, bancs, etc.) et embarqués.

Site d'Arcueil[modifier | modifier le code]

La direction du SIAé est installée à Arcueil, au Fort de Montrouge.

Directeurs successifs[modifier | modifier le code]

Le Service de la maintenance aéronautique, ancêtre du SIAé, a été successivement dirigé par :

  • Yves Langlois, ingénieur général hors classe de l'armement (1997[27] - 2002)
  • Patrick Goudou, ingénieur général hors classe de l'armement (2002 - 2003)
  • Maxime Donzel, ingénieur général hors classe de l'armement (2003 - 2006)
  • Christian Chabbert, ingénieur général hors classe de l'armement (2006 - 2011)

Le SIAé a été dirigé successivement par :

  • Patrick Dufour, ingénieur général hors classe de l'armement (2011[28] - 2016)
  • Jean-Marc Rebert, ingénieur général hors classe de l'armement (2016[29] - 2020[30])
  • Tanguy Lestienne, ingénieur général de 1ère classe de l'armement, depuis 2020[31]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000043824256
  2. https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000017651454/2022-04-03/
  3. https://www.defense.gouv.fr/sites/default/files/dga/20220406_NP_DGA-IP-ASA_liste_FRA21J.pdf
  4. https://www.defense.gouv.fr/sites/default/files/dga/20210915_NP_DGA-IP-ASA_liste_EMAR21J.pdf
  5. https://www.defense.gouv.fr/sites/default/files/dga/20210915_NP_DGA-IP-ASA_liste_CT.pdf
  6. LOI n° 2021-1039 du 5 août 2021 de règlement du budget et d'approbation des comptes de l'année 2020
  7. LOI n° 2020-937 du 30 juillet 2020 de règlement du budget et d'approbation des comptes de l'année 2019
  8. LOI n° 2019-811 du 1er août 2019 de règlement du budget et d'approbation des comptes de l'année 2018
  9. LOI n° 2018-652 du 25 juillet 2018 de règlement du budget et d'approbation des comptes de l'année 2017
  10. LOI n° 2017-1206 du 31 juillet 2017 de règlement du budget et d'approbation des comptes de l'année 2016
  11. Air et Cosmos n°2722, du 12 février 2021
  12. JORF du 13 mai 1936, page 4969
  13. Loi n°52-1402, article 25, JORF n° 0311 du 31/12/1952
  14. Loi n°72-1121, article 71
  15. Arrêté du 10 mars 1997 relatif à l'organisation du service de la maintenance aéronautique, NOR : DEFD9701264A
  16. « Arrêté du 14 décembre 2007 relatif à l'organisation du service industriel de l'aéronautique » (consulté le )
  17. https://www.unsa-defense.org/images/docs/com/Nos_publications/flash_info/201901_-_SIA_-_Nouvelle_mission_MinArm_sur_le_statut_du_service-1.pdf
  18. https://www.vie-publique.fr/discours/276814-florence-parly-15102020-industrie-aeronautique
  19. « Article du 15/02/07 sur le site du ministère de la Défense », (consulté le )
  20. https://air.defense.gouv.fr/ba-278-atelier-industriel-de-laeronautique/home-page
  21. « Arrêté du 8 juillet 2010 modifiant l'arrêté du 14 décembre 2007 relatif à l'organisation du service industriel de l'aéronautique » (consulté le )
  22. Air & Cosmos n°2248 du 14/01/2011 p36
  23. Air et cosmos n°2783 du 20 mai 2022, page 18
  24. a et b « L’Atelier industriel aéronautique en soigneur de l’armée de l’Air », sur usinenouvelle.com, (consulté le )
  25. https://www.defense.gouv.fr/air/actus-air/premiere-maintenance-a-clermont-ferrand-pour-l-a400m-atlas
  26. Centre France, « Armée de l'Air - A Clermont-Ferrand, Nathalie Guichard est la première femme en France à diriger un Atelier Industriel de l'Aéronautique », sur www.lamontagne.fr, (consulté le )
  27. https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000747925?isAdvancedResult=&page=2&pageSize=10&query=%22langlois+%28yves%22&searchField=ALL&searchProximity=&searchType=ALL&tab_selection=all&typePagination=DEFAULT
  28. https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/article_jo/JORFARTI000024361710?init=true&page=1&query=%22Dufour+%28patrick%22&searchField=ALL&tab_selection=all
  29. https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/article_jo/JORFARTI000032918578?init=true&page=1&query=%22Dufour+%28patrick%22&searchField=ALL&tab_selection=all
  30. https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/article_jo/JORFARTI000042266896?init=true&page=1&query=%22jean-marc+rebert%22&searchField=ALL&tab_selection=all
  31. https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/article_jo/JORFARTI000042266897?init=true&page=1&query=%22jean-marc+rebert%22&searchField=ALL&tab_selection=all

Liens externes[modifier | modifier le code]