Météosat seconde génération

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Météosat seconde génération
Description de cette image, également commentée ci-après

Météosat seconde génération

Caractéristiques
Organisation Eumetsat
Domaine Météorologie
Masse 2 tonnes
Lancement

MSG-1
, MSG-2
, MSG-3

, MSG-4
Lanceur Ariane
Durée de vie 10 ans
Orbite Orbite géostationnaire
Localisation 0° longitude (méridien de Greenwich), 0° 00′ N, 0° 00′ E
Salle de contrôle pour Météosat de seconde génération (MSG) Darmstadt, Allemagne

Météosat seconde génération ou MSG est une famille de satellites météorologiques placés en orbite géostationnaire développés sous la responsabilité de l'Agence spatiale européenne pour le compte de l'organisation météorologique européenne EUMETSAT. Elle prend la suite de la série des satellites METEOSAT. Quatre satellites de ce type sont construits et lancés entre 2002 et 2015. Ces satellites doivent être remplacés à compter de 2018 par les satellites Météosat troisième génération.


Historique du développement[modifier | modifier le code]

C'est la division satellites d'Aerospatiale (reprise par Alcatel Space en 1998, devenant Alcatel Alenia Space en 2005, puis Thales Alenia Space en 2007), qui remporte l'appel d'offres en 1990, pour cette seconde génération (MSG) de trois satellites après les sept déjà réalisés au titre de la première génération Météosat. Comme pour les sept premiers, ils sont aussi réalisés dans le Centre spatial de Cannes - Mandelieu. Après six années d'études détaillées et de recherches et développements, le contrat[1] pour la réalisation de trois modèles est signé le par Jean-Marie Luton, directeur-général de l'Agence spatiale européenne (ESA) et Yves Michot, président d'Aerospatiale, en présence du Dr Tillmann Mohr, directeur d'Eumetsat.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Comme pour la première génération, la plate-forme est spinnée à 100 tr/min. Elle a été améliorée sur le plan des performances, en particulier adoptant un système de propulsion unifié bi-ergols assurant les manœuvres d'apogée et de contrôle d'attitude et d'orbite pendant 10 ans.

Cette famille de satellites dispose d'un radiomètre imageur plus sophistiqué, le SEVIRI réalisé par Matra, avec 12 canaux contre 3 pour la précédente génération, et fournissant des images tous les quarts d'heure, soit deux fois plus fréquemment.

Sur les 12 canaux[2] :

  • Quatre sont consacrés à la lumière visible, dont un en haute résolution, avec des détails aussi fins qu'un kilomètre
  • Huit travaillent dans l'infrarouge dans différentes longueurs d'onde apportant de très nombreuses informations sur l'état de l'atmosphère qui étaient alors difficilement détectables avec la précédente génération d'instruments. Ainsi, un canal de l'infrarouge est dédié à la mesure de l'ozone. Un autre mesure la concentration de vapeur d'eau dans l'atmosphère, d'autres encore servent à détecter et identifier les différents types de nuages. En combinant les différentes longueurs d'onde, les prévisionnistes ont accès à une description plus fine des processus qui agitent l'atmosphère. La formation des tempêtes devrait être plus rapidement détectée.
Comparaison des caractéristiques des 3 générations de satellites METEOSAT [3],[4],[5]
Caractéristique METEOSAT MSG MTG-I MTG-S
Statut Retirés Opérationnels en développement
Date lancement 1977-1997 2002-2015 2018- 2019-
Nombre satellites 7 4 4 2
Masse au lancement (à sec) 696 kg (320 kg) 2 040 kg 3 400 kg 3 600 kg
Énergie 200 W 600 W (fin de vie) 2 kW
Contrôle d'attitude Spinné Stabilisé 3 axes
Principaux instruments Radiomètre MVIRI 3 canaux Radiomètre SEVIRI 12 canaux Radiomètre FCI 16 canaux Sondeurs infrarouge IRS et ultraviolet UVN
Performances Résolution 2,5 km à 5 km
Image complète de l'hémisphère toutes les 30 minutes
Résolution 1 km
Image complète de l'hémisphère toutes les 15 minutes
Image complète de l'hémisphère toutes les 10 minutes
Durée de vie 5 ans 7 ans 8,5 ans consommables pour 10,5 ans

Objectifs[modifier | modifier le code]

Les satellites MSG réalisent les tâches suivantes :

  • imagerie multispectrale destinée à fournir des images électroniques des nuages et des surfaces terrestres et marines
  • analyse des masses d'air pour surveiller l'état thermodynamique dans la partie basse de l'atmosphère
  • imagerie à haute résolution pour suivre l'évolution des nuages convectifs, avec une résolution de 1 km
  • extraction des "produits" météorologiques, tels que les vents, les températures de surface de la mer et des sols
  • dissémination pour transmettre ces données à la communauté des utilisateurs, le satellite jouant ainsi un rôle de satellite de télécommunications
  • collecte et relais de données d'environnement transmises par des plates-formes automatiques (balises marines, terrestres et aéroportées...).

Comme pour ceux de la première génération, les images brutes sont reçues à Darmstadt (Allemagne) où Eumetsat effectue des traitements, dans le centre spatial européen, dont des corrections géographiques, de façon que les images soient superposables au pixel près, et des pré-traitements pour la calibration des radiomètres, avant de les diffuser par 2 canaux de dissémination du satellite.

Historique des lancements[modifier | modifier le code]

Quatre satellites MSG ont été construits et lancés :

  • Le est lancé le premier satellite MSG-1. Il est devenu Météosat 8 lors de sa mise en œuvre opérationnelle, le 28 janvier 2004[6].
  • Le satellite MSG-2, mis sur orbite le [7], est devenu Météosat 9 en juillet 2006[8]. Ce satellite a l'opportunité de collecter dans ses images infrarouge la trace du météorite rentrant dans l'atmosphère au-dessus de la Russie, le 16 février 2013, causant de nombreux dégâts et des centaines de blessés[9].
  • Le Eumetsat commande à Alcatel Space, devenue depuis Thales Alenia Space, le 4e satellite de la série pour un montant total de 135 millions d'euros pour l'ensemble des industriels impliqués. La livraison au sol du satellite est prévue en 2007, assurant une continuité du service jusqu'en 2018[10].

Produit en 2003, puis stocké en attendant une expression de besoin en orbite, MSG-3 est déstocké sept ans plus tard en fin 2010, puis complètement vérifié et testé[11] et lancé le 5 juillet 2012 à 21h36 GMT par une Ariane 5 ECA[12]. Le satellite embarque deux charges utiles supplémentaires[13] : le GERB, instrument permettant de mesurer les radiations émises par la terre, utiles pour caractériser les masses d'air et un transpondeur capable de repérer les signaux de détresse et les relayer au sol[14]. Il est déclaré opérationnel et renommé Météosat 10 le 12 décembre 2012[15].

  • Le , à 21h42 GMT, est lancé le quatrième satellite et dernier MSG-4 est lancé et placé sur une orbite géostationnaire d'attente en attendant de remplacer un des deux satellites MSG opérationnel.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr)(en) Stéphane Barensky, (trad. Robert J. Amral), « Météosat 2e génération : la relève des vigies du ciel », dans Revue aerospatiale, no 134, janvier 1997
  2. « Le nouveau Météosat MSG1 », dans zebulon1er.free.fr
  3. (en) « Meteosat - First Generation », sur EO Portal, ESA (consulté le 18 juillet 2015)
  4. (en) « Minimize Meteosat Second Generation », sur EO Portal, ESA (consulté le 18 juillet 2015)
  5. (en) « Meteosat Third Generation », sur EO Portal, ESA (consulté le 18 juillet 2015)
  6. Début d'une nouvelle ère en météorologie le satellite MSG-1 devient opérationnel, 29 janvier 2004, communiqué de presse Eumetsat
  7. MSG-2 : lancement réussi, communiqué de presse d'Eumetsat
  8. Meteosat-9 sur le point de devenir opérationnel, 6 juillet 2006, communiqué de presse Eumetsat
  9. Philippe Henarejos, « Météosat 9 saisit la météorite de Russie », dans Ciel et Espace, 15 février 2013, en ligne sur www.cieletespace.fr
  10. « Alcatel Space va fournir un satellite météo à Eumetsat pour 135 M EUR », dans lemoniteur-expert.com
  11. Jean-Jacques Juillet, directeur de l'observation optique chez TAS précise que le satellite a bien tenu à part quelques éléments dégradés dans le temps qui sont remplacés
  12. Forum de la conquête spatiale
  13. Véronique Guillermard, «L'Europe s'impose comme No 1 mondial des satellites météo», dans Le Figaro, 8 juillet 2012, en ligne sur http://www.lefigaro.fr, L'Europe s'impose comme No 1 mondial des satellites météo
  14. Guillaume Lecompte-Boinet, « La relève des Météosat arrive », dans Air & Cosmos, No 2304, 16 mars 2012
  15. « MSG-3 déclaré opérationnel et renommé Meteosat-10 — EUMETSAT », sur www.eumetsat.int (consulté le 6 juillet 2015)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Guy Lebègue, « L'aventure des Satellites : Une panoplie de grands programmes », dans Revue aerospatiale, N° spécial 132 pages, janvier 1990
  • (fr)(en) Guy Lebègue, (trad. Robert J. Amral), « Cannes: de Météosat à ISO », dans Revue aerospatiale, no 69, juin 1990.
  • (fr)(en) Shirley Compard, (trad. Robert J. Amral), « METEOSAT : la 2e génération double de taille », dans Revue aerospatiale, no 110, juillet 1994.
  • (fr)(en) Stéphane Barensky, (trad. Robert J. Amral), « Météosat 2e génération : la relève des vigies du ciel », dans Revue aerospatiale, no 134, janvier 1997.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]