Aérospatiale (société)

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Aérospatiale
Image illustrative de l'article Aérospatiale (société)

Création 1970
Disparition 2000, intégrée à EADS
Forme juridique Société anonyme
Action Bourse de ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Siège social Paris Voir et modifier les données sur Wikidata
Actionnaires Drapeau de la France État français
Activité Secteur aéronautique et spatialVoir et modifier les données sur Wikidata
Produits Avions, aéronefs, hélicoptères, missiles, fusées, lanceurs balistiques, satellites
Filiales Airbus, Eurocopter, Arianespace, MBDA, ATR, Socata, Sogerma, Sextant Avioniqueetc.
Effectif Environ 110 000 (en 1999)
Site web www.aerospatiale.fr
Ancien siège au 37, boulevard de Montmorency à Paris[1].

La Société nationale industrielle aérospatiale (SNIAS) est une entreprise publique française créée en 1970. Rebaptisée Aérospatiale, société nationale industrielle en 1985, elle est couramment appelée Aérospatiale (également désignée sous les graphies commerciales « Aerospatiale » ou « aerospatiale »).

Il s'agit du premier constructeur aéronautique généraliste européen et du premier exportateur dans ce domaine ; Aérospatiale initie notamment des coopérations puis des partenariats avec les autres grands constructeurs aéronautiques généralistes européens de Grande-Bretagne, d'Allemagne et d'Italie : British Aircraft Corporation (puis British Aerospace), DASA et Alenia, principalement.

L’avion commercial supersonique Concorde, la gamme des avions commerciaux Airbus, la fusée Ariane sont les réalisations les plus connues, mais il faut citer aussi : l'avion de transport militaire Transall[a], les familles d'hélicoptères Gazelle, Lynx et Puma[b], les ATR[c], l'hélicoptère NH90[d] et l'hélicoptère Tigre[a].

Aérospatiale a également conçu et produit les missiles balistiques de la force de frappe stratégique française et les missiles européens les plus connus dans le monde, en l'occurrence ceux de la famille Exocet (air-sol, sol-mer et mer-mer).

Après être devenue Aerospatiale Matra en 1999, elle fusionne en 2000 avec DASA et CASA pour devenir le groupe EADS, lui-même ensuite rebaptisé « Airbus Group » en 2014.

Historique[modifier | modifier le code]

Création[modifier | modifier le code]

Iberavia Aeronáutica Industrial Hispano Aviación Construcciones Aeronáuticas S.A. Dornier Flugzeugwerke Flugzeugbau Friedrichshafen Daimler-Benz Daimler-Motoren-Gesellschaft MTU Aero Engines MTU München Entwicklungsgesellschaft für Turbomotoren GmbH MAN Turbomotoren MAN Turbo BMW Triebwerkbau BMW Studienge-sellschaft für Triebwerkbau Telefunken Systemtechnik Allgemeine Elektricitäts-Gesellschaft Daimler Chrysler Aerospace Daimler-Benz Aerospace Deutsche Aerospace Heinkel Vereinigte Flugtechnische Werke Focke-Achgelis Rohrbach Metallflugzeugbau Weser Flugzeugbau Albatros Focke-Wulf Hamburger Flugzeugbau Allgemeine Transportanlagen GmbH Deutsche Flugzeug-Werke Siebelwerke-ATG Siebelwerke Siebel Flugzeugwerke Messerschmitt (entreprise) Bayerische Flugzeugwerke Messerschmitt-Bölkow-Blohm Messerschmitt (entreprise) Bölkow Klemm Premium AEROTEC Junkers Aachener Segelflugzeugbau Aachen Flugzeugbau Siemens Sicherungstechnik Société industrielle pour l'aéronautique Matra Société pour l'étude et la réalisation d'engins balistiques Loire Aviation Chantiers aéro-maritimes de la Seine Lioré et Olivier Société nationale des constructions aéronautiques du sud-ouest Lioré et Olivier Chantiers aéronavals Étienne Romano Société de production des aéroplanes Deperdussin Sud-Aviation Potez Société aérienne bordelaise Dyle et Bacalan Bloch Blériot Blériot Aéronautique Airbus Group Airbus Group Airbus Group Société provençale de construction aéronautique Société nationale des constructions aéronautiques du sud-est Daher Socata Morane-Saulnier Société nationale des constructions aéronautiques du Midi Constructions Aéronautiques Émile Dewoitine Société Alphonse Tellier et Cie Société nationale de construction aéronautique de l'Ouest Nieuport (entreprise) Nieuport (entreprise) Société Astra Aérospatiale (société) Aérospatiale (société) Société anonyme des ateliers d’aviation Louis Breguet Société française d'étude et de construction de matériels aéronautiques spéciaux Arsenal de l'aéronautique Société de constructions aéronautiques et navales Marcel Besson Ateliers de construction du Nord de la France et des Mureaux Nord-Aviation Société nationale de constructions aéronautiques du Nord Potez Avions Farman Aeroplanes Hanriot et Cie Aerolia Société nationale de constructions aéronautiques du Centre Société anonyme des ateliers d’aviation Louis Breguet Avions Amiot

En 1936, le Front populaire nationalise le secteur de la construction aérienne[2]. Il s’ensuit la constitution de plusieurs sociétés nationales :

Ces différents sociétés fusionnent pour laisser place aux sociétés nationales de constructions aéronautiques suivantes : Sud-Aviation en 1957 et Nord-Aviation en 1958 ; ces deux sociétés fusionnent elles-mêmes au début de l'année 1970 pour créer la Société nationale industrielle aérospatiale[3]. La nouvelle société acquiert dans le même temps la Société pour l'étude et la réalisation d'engins balistiques[4].

Le seul échec rencontré vient de l'opposition de la Commission européenne au rachat de l'avionneur britannique De Havilland dans le but de créer un pôle européen d'avions de transport régionaux, ce projet s'appuyant sur une fusion avec ATR et une fédération des constructeurs aéronautiques européens impliqués. À la suite de ce refus, le groupe canadien Bombardier est en mesure de racheter De Havilland et devient ainsi — avec le constructeur brésilien Embraer — l'un des nouveaux grands constructeurs aéronautiques mondiaux, tandis que l'industrie européenne du transport régional, jusque-là dominante, abandonne ses activités et ferme successivement ses usines spécialisées dans ce domaine : en l'occurrence celles de Fokker, Avro et Saab[réf. nécessaire].

Privatisation pour créer un groupe européen[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Airbus Group.

En 1998, les entreprises publiques d’électronique et de construction aéronautique sont privatisées. Tout d’abord, Thomson-CSF absorbe Dassault Électronique, les activités d’Alcatel Alsthom dans le domaine des télécommunications militaires et les activités d'Aérospatiale dans le domaines des satellites. Le nouvel ensemble, qui deviendra Thales, appartient à Alcatel et Dassault Industries[5]. Quelques mois plus tard, Aérospatiale est fusionné avec Matra Hautes Technologies[6],[7],[8],[9],[10]. Le nouvel ensemble prend le nom « Aerospatiale Matra ». L’État français détient 48 % du capital de la nouvelle société (sa participation résulte d’une sous estimation des actifs d’Aerospatiale[11]). Lagardère détient 33 %, 17 % des parts étant gérées en bourse et 2 % étant détenues par le personnel du groupe.

En octobre 1999 est annoncé la fusion entre Aerospatiale Matra (12,4 milliards d’euro de chiffre d’affaires en 1998 et un effectif de 54 000 personnes), de l’allemand DaimlerChrysler Aerospace (DASA, 9,1 milliards d’euro de chiffre d’affaire en 1998 et un effectif de 46 000 personnes) et de l’espagnol Construcciones Aeronáuticas Sociedad Anónima (CASA)[12]. La nouvelle société européenne prend le nom d’European Aeronautic Defence and Space company (EADS), avant d’être renommé Airbus Group en 2014.

En 2016, les héritiers d’Aérospatiale sont

  • Airbus pour les avions civils, créé en tant que GIE en 1970 et qui devient une société en 2000 ;
  • Eurocopter pour les hélicoptères, créé en collaboration allemande en 1992, et renommé Airbus Helicopters en 2014 ;
  • MBDA pour les missiles tactiques, créé par fusion en 2000 avec Alenia Marconi Systems et Matra Bae Dynamics ;
  • Airbus Safran Launchers pour les lanceurs et missiles balistiques créé en 2014 après fusion avec les activités de propulsion du groupe Safran ;
  • Alcatel Space pour les satellites, devenu Thales Alenia Space en 2007 après une collaboration italienne et un reprise par le groupe Thales.

Identité visuelle[modifier | modifier le code]

Depuis 1974, l'Aérospatiale communique au niveau commercial avec un logo en minuscules (« aerospatiale ») puis en capitales (« AEROSPATIALE ») dont le premier « e » est volontairement dépourvu d'accent aigu.

Produits[modifier | modifier le code]

Avions[modifier | modifier le code]

Hélicoptères[modifier | modifier le code]

Hélicoptère AS 350 BA

Missiles tactiques et nucléaires[modifier | modifier le code]

Missile Pluton, vecteur nucléaire de l'armée de terre française

Satellites et lanceurs ou missiles balistiques[modifier | modifier le code]

Maquette d’Ariane 5

Direction[modifier | modifier le code]

La gouvernance de l’Aérospatiale prend la forme d’un conseil d’administration et d’un directeur général, sauf entre 1973 et 1975 où il s’agit d’un conseil de surveillance et d’un directoire[3],[13],[14].

Revue aerospatiale[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Aerospatiale (revue).

La direction de la communication a développé une large communication sur l'aéronautique et le spatial dans les medias, et a diffusé des reportages sur l'activité du groupe et de ses clients. Dans ce cadre, elle a créé, à cet effet, dès janvier 1970, une revue mensuelle éditée par PEMA-2B, intitulée Aerospatiale. Elle est devenue aujourd'hui UP Airbus Group.

Actions éducatives[modifier | modifier le code]

Des actions éducatives ont été entreprises vers la jeunesse, dans divers établissements de la société. Ce fut le cas, en particulier à Cannes, en supportant le Space Camp de Patrick Baudry. Puis, après sa fermeture en 1993, en signant une convention de partenariat avec de nombreux autres partenaires nationaux et européens, pour la création de la structure Classes Azur Astro-Espace de l'Association PARSEC créée par Jean-Louis Heudier.

Controverses[modifier | modifier le code]

La firme est suspectée d'avoir fait livrer des hélicoptères en Afrique du Sud en violation de l'embargo en 1988 du temps de l'apartheid, via des sociétés écran au Liberia et au Panama, l'intermédiaire Jorge Pinhol ayant porté plainte pour des commissions non versées[21].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b Avec DASA.
  2. Avec Westland.
  3. Avec Alenia.
  4. Avec Agusta, DASA, Westland et Fokker.

Références[modifier | modifier le code]

  1. "Offices and facilities" (Archive). Aerospatiale. Consulté le 31 août 2011. "HEADQUARTERS PARIS Aerospatiale 37, boulevard de Montmorency - 75781 Paris cedex 16 "
  2. « Loi du 11 août 1936 sur la nationalisation de la fabrication des matériels de guerre »
  3. a et b « Décret no 70-71 du 26 janvier 1970 relatif à la fusion des sociétés nationales des constrictions aéronautiques Sud-Aviation et Nord-Aviation » (consulté le 15 août 2016).
  4. « Décret du 30 décembre 1969 autorisant la Société nationale de constructions aéronautiques Sud-Aviation à augmenter sa participation au capital de la Société d’étude et de réalisation d’engins balistiques » [PDF] (consulté le 15 août 2016), décret figurant en bas de page à droite.
  5. « THOMSON-CSF: Naissance d'un géant français d'électronique et de défense », La Dépêche,‎ (lire en ligne)
  6. « Aerospatiale-Matra : grogne dans le camp Alcatel », Les Échos,‎ (lire en ligne)
  7. Aerospatiale-Matra: feu vert de Bruxelles, Libération, 30 avril 1999
  8. Décretno 99-94 du 13 février 1999 relatif au transfert du secteur public au secteur privé de la majorité du capital de la société Aérospatiale, société nationale industrielle
  9. « Avis du 6 mars 1999 relatif au projet d'entrée de la société Lagardère SCA au capital d’Aerospatiale, société nationale industrielle, JO du 06/03/99 p. 3420 »
  10. « Avis no 99-AC-2 de la commission des participations et des transferts du 25 mars 1999 relatif au transfert du secteur public au secteur privé d'une partie du capital de la société Aerospatiale, société nationale industrielle »
  11. Cour des comptes, Les faiblesses de l’État actionnaire d’entreprises industrielles de défense (rapport public thématique), (lire en ligne), chap IV ; I - A- Des conditions initiales peu favorables à la défense des intérêts patrimoniaux de l’État
  12. « Aerospatiale-Matra et Dasa : la naissance d'un géant », sur www.ladepeche.fr,
  13. « Décret no 73-1203 du 27 décembre 1973 portant organisation de la Société nationale industrielle aérospatiale ».
  14. « Décret no 75-995 du 29 octobre 1975 portant organisation de la Société nationale industrielle aérospatiale ».
  15. Décret du 26 mars 1970 portant nomination du président du conseil d'administration de la Société nationale industrielle aérospatiale, JO du 29/03/70 p. 3036
  16. Décret du 27 décembre 1973 portant nomination du président du conseil de surveillance et du président du directoire de la Société nationale industrielle aérospatiale, JO du 30/12/1973, page 14175
  17. Décret du 4 décembre 1975 portant nomination du président du conseil d'administration de la Société nationale industrielle aérospatiale, JO du 05/12/75 p. 12399
  18. Décrets du 4 juillet 1984 portant nomination du président du conseil d'administration de la Société nationale industrielle aérospatiale, JO du 08/07/84 p. 2163 et du 29 juin 1989 portant reconduction du président du conseil d'administration de l'Aérospatiale, société nationale industrielle, JO du 01/07/89 p.8183
  19. Décret du 1er juillet 1992 portant nomination du président du conseil d'administration de l'Aérospatiale, société nationale industrielle, JORF du 4 juillet 1992 page 8923
  20. Décrets du 18 août 1996 portant nomination du président du conseil d'administration de l'Aérospatiale, société nationale industrielle, JORF du 9 août 1996 page 12131 et du 17 février 1999 portant nomination du président de la société Aerospatiale, société nationale industrielle, JORF du 18 février 1999 page 2574
  21. Aerospatiale aurait fourni du matériel militaire à l'Afrique du Sud pendant l'apartheid, Jean-Pierre Stroobants, Le Monde, 19 avril 2008

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]