Horizon 2000

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Horizon 2000
Horizon 2000+

Données générales
Pays Drapeau de l’Union européenne Europe
Agence Agence spatiale européenne
Objectifs Exploration du système solaire, astrophysique
Statut Développement terminé
Certaines missions toujours en cours
Nombre de missions 12 (Horizon 2000)
5 (Horizon 2000+)
Données techniques
Lanceurs Titan, Atlas II, Ariane 4, Ariane 5, Soyouz, Proton, Vega
Bases de lancement Cap Canaveral, Centre spatial guyanais
Historique
Début
1er lancement 8 août 1989 (Hipparcos)
Dernier lancement 19 octobre 2018
(BepiColombo pour Horizon 2000+)
Fin 2026 (fin prévue de la dernière mission BepiColombo)
Résultats
Première(s) 1er atterrissage sur Titan (Cassini-Huygens)
Nombre de lancements 17
Succès 17
Échec(s) 0
Programme spatial européen

Horizon 2000 est le programme scientifique de l'Agence spatiale européenne pour la période 1985-2000. Lancé en 1985 pour que l'agence dispose d'un plan à long terme, il comprend à l'origine quatre missions dites « pierres angulaires » - SOHO/Cluster, XMM-Newton, Rosetta et FIRST (rebaptisé plus tard Herschel) - destinées à faire progresser de manière importante les connaissances scientifiques ainsi que plusieurs missions moins couteuses telles que le satellite Hipparcos, la sonde spatiale Ulysses, le télescope spatial ISO et l'atterrisseur Huygens de la mission Cassini-Huygens et International Gamma-Ray Astrophysics Laboratory (INTEGRAL). Il est prolongé pour les missions scientifiques opérationnelles sur la période 2006-2015 par le programme Horizon 2000+ puis par le programme Cosmic Vision qui couvre la période 2015-2025.

Genèse[modifier | modifier le code]

En 1983 le programme scientifique de l'Agence spatiale européenne (ESA) traverse une grave crise financière. La part budgétaire relativement réduite qui lui a été attribuée à la création de l'ESA (13 % du budget total) ne permet pas de faire face aux nombreux surcouts qui touchent les différentes missions en préparation occasionnant délais et annulations. Le physicien Roger Bonnet nommé la même année à la tête du programme scientifique de l'agence décide de modifier en profondeur la planification de cette activité en définissant une stratégie à long terme. Les bénéfices attendus sont [1] :

  • clarifier les engagements de l'agence spatiale vis-à-vis de la communauté scientifique ;
  • permettre à la communauté scientifique comme à l'industrie spatiale de mieux se préparer aux futurs programmes requérant des avancées technologiques ;
  • permettre une meilleure adéquation entre les ressources et les moyens financiers nécessaires.

La mise au point de ce plan à long terme est effectuée en plusieurs étapes : appel à propositions auprès de la communauté scientifique, évaluation technique et financière de celles-ci par l'agence spatiale et enfin étude par six groupes de travail thématiques constitués de personnalités scientifiques représentant les principales organisations scientifiques européennes comme l'Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN), l'Observatoire européen austral (ESO) et la Fondation européenne de la science (ESF). Fin 1983 l'ESA reçoit 77 propositions de mission dont 35 dans le domaine des sciences du système solaire et 33 touchent à l'astronomie. Après dépouillement et à l'issue d'une dernière réunion qui a lieu à Venise les et le programme scientifique de l'agence spatiale européenne, baptisé Horizon 2000, est figé pour les 20 années suivantes. Trois classes de mission sont identifiées en fonction de leur cout : les plus lourdes dites « pierres angulaires » représentent deux années du budget attribué aux missions scientifiques, la classe suivante 1 année, et la dernière 0,5 année. La réalisation du plan nécessite que le budget consacré aux sciences progresse entre 1985 et 1991 de 7 % passant de 130 MUC[N 1](environ 100 millions $ à l'époque) à 200 MUC[2]. Cette augmentation fait face à une forte opposition de la France et du Royaume-Uni et les pays membres de l'agence s'accorderont finalement sur une croissance annuelle du budget de 5 %[3].

Les missions Horizon 2000[modifier | modifier le code]

En gras : les missions pierres angulaires
Mission Pays impliqués en plus de l'ESA Sélection Lancement Fin Statut Objectifs
Hipparcos 8 août 1989 13 mai 1997 Achevée Mesures de positions des étoiles
Ulysses Drapeau des États-Unis États-Unis 6 octobre 1990 30 juin 2009 Achevée Étude de l'héliosphère
Infrared Space Observatory (ISO) Drapeau des États-Unis États-Unis 1983 17 novembre 1995 16 mai 1998 Achevée Étude des rayons infrarouges
SoHO Drapeau des États-Unis États-Unis 1984 2 décembre 1995 31 décembre 2025 (prévu)[4] En cours Observation du Soleil
Cassini-Huygens (M1) Drapeau des États-Unis États-Unis 1988 15 octobre 1997 14 janvier 2005 Achevée Atterrissage sur Titan
XMM-Newton 1995 10 décembre 1999 31 décembre 2025 (prévu)[5] En cours Étude des rayons X
Cluster 1984 16 juillet 2000 et 9 août 2000 31 décembre 2022 (prévu)[6] En cours Étude de la magnétosphère terrestre
INTEGRAL (M2) Drapeau des États-Unis États-Unis, Drapeau de la Russie Russie

Drapeau de la Pologne Pologne[N 2], Drapeau de la Tchéquie République tchèque[N 2]

1993 17 octobre 2002 31 décembre 2022 (prévu)[7] En cours Étude des rayons gamma et X
SMART-1 27 septembre 2003 2 septembre 2006 Achevée Étude de la Lune
Rosetta 1993 2 mars 2004 30 septembre 2016 Achevée Étude d'une comète, atterrissage sur une comète
Herschel
Ancien nom : FIRST
1986 14 mai 2009 17 juin 2013 Achevée Observation de l'Univers « froid » dans l'infrarouge lointain
Planck (M3) Drapeau des États-Unis États-Unis 1995 14 mai 2009 23 octobre 2013 Achevée Étude du fond diffus cosmologique
L'équipe de l'ESA en charge du contrôle de vol de la mission Rosetta.

Deux des missions « pierres angulaires » du programme Horizon 2000 reflètent la position acquise par l'Europe dans le domaine de l'astronomie spatiale à travers les instruments européens COS-B et EXOSAT, allemand Rosat, italien Beppo-SAX et français Sigma : XMM-Newton est un observatoire rayons X et FIRST (Far Infrared and Sub-millimetre Telescope) un observatoire infrarouge qui sera rebaptisé plus tard Herschel. Deux autres pierres angulaires sont consacrées à l'étude du système solaire : la paire SoHO/Cluster chargée d'étudier le Soleil et le plasma et la sonde Rosetta chargée de faire une étude in situ d'une comète. Les missions de taille moyenne retenues comprennent les missions scientifiques déjà en cours de développement au moment de la mise en place d'Horizon 2000 : HIPPARCOS, ISO, Ulysses développée avec la NASA et lancée en 1990 chargée de l'étude in situ des régions voisines du Soleil, Giotto ainsi que la contribution européenne au télescope spatial Hubble. Cinq missions de taille moyenne restant à sélectionner. Enfin les missions à faible coût comprennent des participations à des programmes internationaux, le développements d'expériences récupérables destinées à la plateforme Eureca embarquée à bord de la Navette spatiale américaine ainsi que de petits satellites[8].

En 1993 l'observatoire gamma INTEGRAL est sélectionné pour poursuivre l’œuvre des télescopes américain Compton Gamma-Ray Observatory et russe Gamma[9].

La suite du programme : le programme Horizon 2000+[modifier | modifier le code]

En gras : les missions lourdes
Mission Pays impliqués en plus de l'ESA Sélection Lancement Fin Statut Objectifs
Gaia 1995 19 décembre 2013 31 décembre 2025 (prévu)[10] En cours Mesure de la position, de la distance et du mouvement des étoiles (successeur de Hipparcos)
BepiColombo Drapeau du Japon Japon 1995 19 octobre 2018 1 an après son arrivée sur place (mission primaire) En transit jusqu'à la fin 2025 Étude de Mercure
LISA Pathfinder
SMART-2
2000 3 décembre 2015 17 juillet 2017 Achevée Démonstrateur technologique pour la mesure des ondes gravitationnelles
Mars Express 2000 2 juin 2003 31 décembre 2022 (prévu)[11] En cours Étude de Mars
Venus Express 2001 9 novembre 2005 16 décembre 2014 Achevée Étude de Vénus
Vénus prise en photo par la sonde BepiColombo (dernière mission du programme) durant son transfert vers Mercure en 2020.

En l'Agence spatiale européenne lance un appel à propositions pour la suite du programme Horizon 2000, baptisée Horizon 2000+ qui porte sur des missions qui doivent être opérationnelles au cours de la période 2006-2017. La sélection est officialisée en 1995. Trois missions lourdes sont retenues : une mission d'exploration planétaire à destination de la planète Mercure qui sera baptisée BepiColombo, une mission d'astrométrie qui doit succéder à Hipparcos (Gaia) et un observatoire gravitationnel (LISA Pathfinder). Entre deux et quatre missions moyennes au coût plafonné à 176 millions € sont également prévues. Un budget de 1,896 milliards € doit être dégagé pour le développement de ces projets sur la période 2000-2006. Dans le cadre de ce programme, l'ESA donne son feu vert en 2000 pour trois nouveaux développements : la mission Mars Express qui doit étudier Mars depuis l'orbite, un observatoire solaire qui doit remplacer SOHO et Ulysses et une participation au télescope américain American Next Generation Space Telescope qui deviendra le JWST. Une mission de recherche d'exoplanètes, baptisée Eddington, est mise à l'étude mais pas financée.

Fin 2001, l'ESA traverse une grave crise financière et l'augmentation annuelle planifiée du budget consacré aux missions scientifiques est ramenée de 4 à 2,5 % ce qui entraine une diminution de 500 millions € des fonds disponibles pour le programme. Celui-ci est refondu : la durée de développement des missions est allongée, l'organisation est simplifiée et les marges sont réduites. Le programme résultant est rebaptisé Horizon Cosmic[12]. Le programme Horizon s'achève avec la création du programme Cosmic Vision qui est mis sur pied en 2004 et qui couvre la période 2015-2025.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Millions d'Unités de Compte (ancêtre de l'Euro)
  2. a et b Pays non membre de l'ESA à l'époque.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Krige, Russo et Sebesta 2000, p. 199-203
  2. Krige, Russo et Sebesta 2000, p. 204-207
  3. Krige, Russo et Sebesta 2000, p. 211-214
  4. « Fact Sheet », sur sci.esa.int (consulté le 23 juin 2021)
  5. « Fact Sheet », sur sci.esa.int (consulté le 15 juin 2021)
  6. « Fact Sheet », sur sci.esa.int (consulté le 23 juin 2021)
  7. « Integral », sur cnes.fr, (consulté le 15 juin 2021)
  8. Krige, Russo et Sebesta 2000, p. 205-211
  9. Harvey 2003, p. 235
  10. (en) « GAIA Fact sheet », sur sci.esa.int, (consulté le 15 juin 2021)
  11. (en) « Mars Express fact sheet », sur sci.esa.int, (consulté le 26 juin 2021)
  12. Harvey 2003, p. 326-327

Source[modifier | modifier le code]

  • (en) J. Krige, A. Russo et L. Sebesta, A History of the European Space Agency 1958- 1987 Volume II (SP-1235), ESA, (lire en ligne)
  • (en) Brian Harvey, Europe Space's Program : To Ariane and beyond, London/Chichester (GB), Springer Praxis, (ISBN 1-85233-722-2, OCLC 51270809)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Les six missions du programme Cosmic Vision :

  • Cosmic Vision successeur de Horizon 2000 et 2000+ pour la décennie 2015-2025
  • SOHO/Cluster mission « pierre angulaire » de Horizon 2000
  • Rosetta mission « pierre angulaire » de Horizon 2000
  • Herschel mission « pierre angulaire » de Horizon 2000
  • XMM-Newton mission « pierre angulaire » de Horizon 2000