Louis Say

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Louis Say
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 65 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Lieu de travail
Activités
Père
Jean-Honoré Say (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Françoise Castanet (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Jean-Honoré Say (d)
Jean-Baptiste SayVoir et modifier les données sur Wikidata
Enfant
Constant André Say (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Louis Auguste Say, né à Lyon, le 9 mars 1774 et décédé le 6 mars 1840 à Paris, est une industriel français. Il est le frère de l'économiste Jean-Baptiste Say (1767-1832).

Plaquette en argent réalisée en 1901 par Oscar Roty pour la raffinerie Say.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origine familiale[modifier | modifier le code]

La famille Say est une famille protestante, issue de l'arrondissement de Florac, en Lozère. Elle quitte la région avec la révocation de l'Édit de Nantes et se réfugie à Genève, dont elle acquiert la bourgeoisie et où naît le père de Louis Say le . Il s'installe à Lyon où il devient l'employé d'un négociant, Castanet, né de parents protestants de Nîmes et dont il épousera la fille Françoise en 1765. Il pratique alors le négoce de soieries. Louis Say est le cadet de cette famille. Ses frères aînés sont Jean-Baptiste (1767-1832), Denis (1768-1769), Jean-Honoré dit Horace (1771-1799)[1].

Carrière[modifier | modifier le code]

D'abord industriel à Abbeville dans une industrie de coton, après la crise cotonnière de 1813, il se fait recommander par Benjamin Delessert auprès de son cousin Armand possédant une raffinerie de sucre de canne à Nantes. Gérant, associé, puis seul dirigeant, il crée la société "Louis SAY et Cie". Pendant le blocus continental, il comprend l'intérêt de fabriquer du sucre à partir des betteraves (voir le travail de Chaptal). Dès la Restauration, avec la reprise du trafic maritime, il fait venir la canne à sucre des Antilles, moins chère, et son entreprise prospère. En 1832, il ouvre dans le 13e arrondissement de Paris, les raffineries de sucre à betteraves Say, appelée "raffinerie de la Jamaïque"[1].

C'est son troisième fils, Constant, qui lui succède à la tête de l'entreprise familiale, puis son petit-fils Henry, qui délègue en général ses pouvoirs à Ernest Cronier.
Ensemble, ils acquièrent l'usine de la Sarrebourse d'Audeville et Cie, puis Delori, l'usine de Pont d'Ardres (fondée en 1873) en 1887, puis Saint-Just-en-Chaussée en 1900, Estrées Blanche dans le Pas de Calais, enfin Abbeville, Coulommiers et Neuilly-Saint-Front en 1904. Mais Ernest Cronier après avoir spéculé sur les valeurs de la société se suicide en 1905 et celle-ci doit se restructurer.

Après la guerre de 1914-1918, subsistent essentiellement Abbeville et Pont d'Ardres, s'y ajoutent la dernière raffinerie construite par les descendants de Louis Say, exclus de la raffinerie de Nantes et la faillite de leurs successeurs, Say ouvrira encore à Nantes en 1934, l'usine dont la construction se terminera en 1935. Cette usine est la dernière raffinerie de sucre de canne bâtie en France. Elle est située au cœur de la ville de Nantes, sur l'île du port autonome faisant face au centre-ville, près du quai Wilson.
La raffinerie fut repeinte en bleu et entièrement modernisée en 1991, d'où sa nouvelle appellation : « boîte bleue ». En 2008, elle employait environ 200 personnes, et produisait aux alentours de 130 000 tonnes de sucre par an, soit environ 600 tonnes par jour. La dernière raffinerie de Nantes ferme ses portes définitivement en juillet 2009 car elle est jugée non rentable[2].

En 1967, la société "Ferdinand Béghin" prend le contrôle des sucreries Say, puis fusionneront en 1973 pour devenir Beghin-Say[3].

Descendance[modifier | modifier le code]

De ses treize petits-enfants, trois petites-filles du raffineur Louis Say s'allièrent avec des membres de l'aristocratie française et espagnole, mais eurent des destins différents :

  • Sa fille ainée, Jeanne-Marie (17 novembre 1848 - 8 mai 1916), épousa le 25 avril 1866, Roland de Cossé-Brissac (1843-1871), marquis de Brissac (dont elle eut 2 enfants), puis, veuve à 22 ans, le vicomte Christian de Trédern, dont elle eut trois enfants et divorça.
    Son premier beau-père lui ayant donné le château de Brissac (Maine-et-Loire), elle revint y vivre et y créa un théâtre particulier qui fut inauguré le 21 septembre 1890 et restauré vers 1983 (Françoise Teynac, "Théâtres de châteaux", les éditions du Mécène, 1996, p. 108 à 119).
    Actionnaire majoritaire de la raffinerie familiale mais ne parvenant pas à obtenir des comptes de son directeur général, François-Ernest Crosnier, elle céda discrètement toutes ses participations deux ans avant sa faillite frauduleuse en 1905, et préserva ainsi sa fortune et ses biens, dont sa résidence angevine de l'Isle-Briand et son hôtel parisien du 14, place Vendôme, reçu de son père, que ses héritiers vendirent en 1918 à la banque Morgan.
    Parmi les mots de cette forte personnalité, on cite sa répartie à Charles de Morny, demi-frère de Napoléon III, qui venait de tuer un homme en duel, et voyant des gouttes de confiture sur sa robe, lui dit :

« "Madame, le sucre tache" (claire allusion à la "mésalliance" commise par son époux)
- "Moins que le sang, Monsieur"

(citée par son petit-fils Jean de Beaumont, " Au hasard de la chance - l'amour de vivre", Julliard, 1987, pp.16 à 18). »

  • sa cadette, Baptistine Say (25 novembre 1855 - 15 mars 1916), cousine des deux précédentes, épousa le 8 janvier 1877 à Nantes, Henri 'Louis' Marie Dieudonné, comte de Ghaisne de Bourmont, petit-fils du maréchal de Bourmont.
  • sa benjamine, Marie-Charlotte-Constance Say (1857 - 1943), qui acquit à 17 ans le 17 mars 1875, pour 1 706 500 francs-or payés paraît-il sur ses "économies de jeune fille", le château et le domaine de Chaumont (Loir-et-Cher), et épousa le 8 juin suivant le prince Henri-Amédée de Broglie (1849-1917).
    Le couple y mena pendant 40 ans un train de vie d'un luxe inouï, sans entamer pour autant le capital de cette immense fortune.
    Veuve depuis 1917 et âgée de 73 ans, le 9 septembre 1930 elle se remaria avec le prince Louis-Ferdinand d'Orléans (1888-1945), Infant d'Espagne, qui dilapida son patrimoine, amoindri dès 1905 par le "krach Crosnier", ce qui la contraignit à vendre son hôtel parisien de la rue de Solférino, et en 1938 son domaine de Chaumont à l'État pour 1 800 000 francs ; celle qui fut une des femmes les plus riches de France mourut ruinée à 86 ans dans un appartement de la rue de Grenelle à Paris.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Danièle Poublan, Say, S'écrire au XIXe siècle, Jean-Baptiste (1767-1832), son frère Louis, et leurs familles, correspondance familiale [En ligne], Compléments historiographiques, Biographies, S, site de l’École des hautes études en sciences sociales, mis à jour le 04/12/2014, consulté le 1er juin 2017 [1]
  2. Ouest France 13/11/2008
  3. « Ferdinand Béghin », sur geni.com (consulté le 21 janvier 2012)

Articles connexes[modifier | modifier le code]