Los Zetas

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Los Zetas
Date de fondation 1999
Fondé par Arturo Guzmán Decena
Territoire Présence : États-Unis, Mexique, Guatemala, Panama, Colombie, Pérou, Bolivie,Venezuela, Nicaragua, Argentine, Brésil, Costa Rica, Cuba, Royaume-Uni, Italie, Espagne
Nombre de membres Environ : 100 000 (principalement paramilitaires et ex-militaires)
Activités criminelles
  • Trafic de stupéfiants
  • Trafic d'armes
  • Blanchiment d'argent
  • Evasion fiscale
  • Extorsion
  • Piratage informatique
  • Enlèvement
  • Assassinat
  • Terrorisme
  • Corruption de personnalités politiques
  • Opérations clandestines (Black ops)

Los Zetas ou le Cartel de Los Zetas (prononcé : [los ˈsetas]. Les "Z" en espagnol) est un cartel et un syndicat du crime mexicain, l'organisation fût à l'origine créée par le leader du cartel du Golfe, Osiel Cárdenas Guillen (en) pour lui servir de bras armé jusqu'à devenir aujourd'hui indépendante. Composée dès son origine par des anciens membres des unités d'élite Grupos Aeromóviles de Fuerzas Especiales (GAFE), du Grupo Anfibio de Fuerzas Especiales (GANFE) et de la Brigada de Fusileros Paracaidistas (BFP) et de policiers corrompus, ils sont aujourd'hui pour le gouvernement des États-Unis l'organisation illicite "la plus à la pointe de la technologie, la plus sophistiquée, la plus puissante, et la plus violente et dangereuse agissant au Mexique."[1] Le réseau du cartel de Los Zetas s'étend au Royaume-Uni , en Italie et en Espagne. Les liens entre le cartel de Sinaloa et le cartel de Los Zetas sont très étroits.

Histoire[modifier | modifier le code]

Osiel Cárdenas Guillen (en) recrute à la fin des années 1990 des anciens militaires (en 2004, on estimait leur nombre à 40[2]), dont certains membres de l'unité d'élite Grupos Aeromóviles de Fuerzas Especiales (GAFES), spécialisée en contre-insurrection et dans la lutte contre les narcotrafiquants[2]. Nombre de ces militaires ont reçu un entraînement à l'École des Amériques[3]. Le premier chef de Los Zetas, Arturo Guzmán Decena, est un ancien membre des GAFES. Après l'arrestation d'Osiel Cárdenas en 2003, Los Zetas s'émancipent progressivement du cartel du Golfe. Ils négocient un accord avec celui-ci et avec le cartel Beltran Leyva afin de prendre une part plus active dans le trafic de stupéfiants.

Dès lors, Le cartel de Los Zetas est particulièrement actif autour de Nuevo Laredo, mais leur zone d'activité s'étend dans toute la région du Golfe du Mexique (États de Tamaulipas, Veracruz et de Tabasco[4]), y compris au Texas, situé en bordure du Tamaulipas. Ils sont aussi installés dans certaines zones côtières du Pacifique, notamment dans le Michoacán et le Guerrero[4]. Ils ont affronté des organisations rivales pour le contrôle des territoires, notamment les Valencia dans le Bajío, les Arellano Félix, cartel de Tijuana, en Baja California ou les hommes de Joaquín Guzmán, cartel de Sinaloa, à Monterrey[4].

En 2005, les autorités américaines affirment qu'un groupe, nommé les Zetitas (Les "Petits Z") aurait créé son propre réseau de distribution de méthamphétamines allant jusqu'à l'Arkansas et le Tennessee[3]. L'Opération Solare (en), menée en 2008, montre que Heriberto Lazcano-Lazcano, un chef des du cartel de Los Zetas, a vendu des stupéfiants à la 'Ndrangheta calabraise en collaboration avec le cartel du Golfe[5],[6]. Le cartel de Los Zetas recrute également des policiers corrompus, et d'anciens membres de l'unité d'élite guatémaltèque des Kaibiles[3]. Le massacre de mai 2011 dans le département guatémaltèque de Petén, perpétré par Los Zetas, fut ainsi rapproché par Time au massacre des Dos Erres de 1982, perpétré par des unités kaibiles lors de la guerre civile[7] Les Zetas emploient également des enfants-soldats[8]. La DEA considère ce groupe paramilitaire comme l'un des plus dangereux et sophistiqué du Mexique[8]. Structuré en différents groupes (Les Faucons, les Cobras, etc.), il possède des camps d'entraînement similaires à ceux du GAFES[9] et des armes de guerre (AK-47, MP5, lance-grenades, etc.) ainsi que des véhicules de la police fédérale préventive lui permettant de faire passer ses membres pour des agents fédéraux. Et tout comme les frères Arellano Félix, ils sont aussi dotés de matériel d'écoutes téléphoniques.

En 2008 lors d'un raid dans la ville frontalière de Reynosa, au cours duquel le leader de la cellule texane, Jaime González Durán, est arrêté, les autorités découvrent 540 fusils, 165 grenades, 500 000 munitions et 14 bâtons de dynamite[10]. Au Texas, le gouverneur Rick Perry annonce en février 2009 un plan militaire, Operation Border Star Contingency Plan, qui viserait à protéger la frontière au cas où le Mexique « s'effondrerait ».

En 2010, un conflit éclate entre le cartel de Los Zetas et le cartel du Golfe provoquant une guerre meurtrière dans l'État frontalier du Tamaulipas, particulièrement féroce dans la ville de Reynosa.

En 2013, Los Zetas sont considérés comme le cartel criminel le plus violent du Mexique[11].

Membres Fondateurs[modifier | modifier le code]

Dans les membres fondateurs on retrouve entre autres[12] : Arturo Guzmán Decena (Z-1), Heriberto Lazcano (Z-3), Carlos Vera Calva (El Vera), Jesús Enrique Rejón Aguilar (Z-7 or El Mamito), Galdino Mellado Cruz (El Mellado or Z-9), Flavio Méndez Santiago (El Amarillo or Z-10), Jaime González Durán (El Hummer), Rogelio González Pizaña (Z-2 or El Kelín), Efraín Teodoro Torres (El Efra, La Chispa or Z-14), Raúl Hernandez Barrón (El Flander), Víctor Nazario Castrejón Peña, Gustavo González Castro (El Erótico), Óscar Guerrero Silva (El Winnie Pooh), Alberto Trejo Benavides (El Alvin), Luís Alberto Guerrero Reyes (El Guerrero), Mateo Díaz López (Comandante Mateo), Daniel Peréz Rojas (El Cachetes), Luis Reyes Enríquez (El Rex), Nabor Vargas García (El Débora), Isidro Lara Flores (El Colchón), Alfonso Lechuga Licona (El Cañas), Ernesto Zatarín Beliz (El Traca), Prisciliano Ibarra Yepis, Rogelio Guerra Ramírez (El Guerra), Miguel Ángel Soto Parra (El Parra), Gonzalo Gerezano Escribano (El Cuije), Daniel Enrique Márquez Aguilar (El Chocotorro), Iván Velázquez-Caballero (El Taliban, L-50), Raúl Lucio Hernández Lechuga (El Lucky, Z-16), Enrique Ruiz Tlapanco (El Tlapa), Braulio Arellano Domínguez (El Gonzo), Jorge López (El Chuta), José Ramón Dávila (El Cholo), Eduardo Estrada González, Omar Lormendez Pitalúa (El Pita), Eduardo Salvador López Lara (El Chavita), and Germán Torres Jiménez (El Tatanka).    

Chronologie[modifier | modifier le code]

  • Novembre 2002 : Arturo Guzmán Decena, chef de Los Zetas, est tué et remplacé par Heriberto Lazcano.
  • Février 2004 : Un groupe de Los Zetas organise une évasion dans une prison du Michoacán afin de libérer 25 de leurs camarades.
  • Juin 2005 : Los Zetas assassinent le tout nouveau chef de la police de Nuevo Laredo, Alejandro Coello, à peine six heures après son investiture.
  • Mars 2006 : Menaçant le successeur de Coello de semer la terreur dans le Nuevo Laredo, ils exigent sa démission. Celui-ci obtempère après avoir découvert trois cadavres calcinés dans la rue.
  • 4 décembre 2006 : Los Zetas décapitent le fromager Raúl Farías Alejandres, membre de la famille de Juan Jose “The Grandfather” Farías, un responsable de la garde rurale qui serait lié au cartel de Milenio[13].
  • Février 2007 : Los Zetas portant des uniformes militaires massacrent 5 policiers et 2 fonctionnaires à Acapulco.
  • Avril 2007 : Ils assassinent le chef de la police de Chilpancingo.
  • Mai 2007 : Ils séquestrent, torturent et assassinent un capitaine de l'armée mexicaine, Jacinto Granada.
  • Juin 2007 : Cambriolage de plusieurs casinos à Nuevo Leon, Veracruz, Coahuila et en Baja California.
  • Octobre 2008 : Neuf soldats sont décapités dans le Nuevo León, meurtres attribués à une cellule des Zetas dirigée par l'ex-militaire Octavio Almanza Morales[14].
  • 7 novembre 2008 : Arrestation de Jaime González Durán, chef de la cellule du Texas, à Reynosa (Tamaulipas).
  • 3 février 2009 : Assassinat de Enrique Tello Quiñones, général à la retraite et tout juste nommé conseiller à la sécurité publique de Cancún, et de deux autres soldats. Les meurtres sont attribués à la cellule d'Octavio Almanza Morales. Celui-ci et six de ses hommes sont arrêtés le même mois. Par la même occasion, le directeur de la police de Cancún, Francisco Velasco Delgado, est démis de ses fonctions et arrêté, accusé d'avoir protégé cette cellule des Zetas[14].
  • Août 2009 : Assassinat du chef de la police de Veracruz, Jesus Antonio Romero, de sa femme (également policier) et de ses quatre enfants (trois d'entre eux dans l'incendie de la maison) : les autorités soupçonnent les Z[8].
  • Juin 2010 : Arrestation d'Hector Raul Luna, chef de Los Zetas à Nuevo León, à Monterrey.
  • Août 2010 : Une Équatorienne blessée les accuse d'être à l'origine du massacre de 72 sans-papiers, assassinés le après avoir été enlevés par Los Zetas[15] et forcés à se battre entre eux[16]. Deux policiers enquêtant sur l'affaire ont été assassinés. Par la suite, sept suspects ont été arrêtés début septembre[17].
  • 17 janvier 2011 : Arrestation de Flavio Mendez Santiago, un des fondateurs et présumé chef régional pour le sud du Mexique[18].
  • Avril-juin 2011 : Massacre de San Fernando. Los Zetas arrêtent les bus de passagers sur l'autoroute fédérale 101 et capturent leurs occupants. Les femmes, les enfants et les vieillards sont massacrés, les hommes forcés à se battre entre eux jusqu'à la mort. Les survivants sont recrutés par l'organisation. Près de 193 cadavres furent découverts par les autorités jusqu'au .
  • Septembre 2011 : Le meurtre de deux blogueurs est attribué à Los Zetas. Les corps sont retrouvés accompagnés d'un message d'avertissement aux blogs et sites spécialisés dans la dénonciation des crimes liés aux cartels[19].
  • 7 septembre 2012 : Mort de Heriberto Lazcano, dit « el Lazca », lors d'un assaut de l'armée. Son corps est volé par l'organisation[20].
  • Juillet 2013 : Le nouveau chef du cartel de Los Zetas Miguel Angel Treviño (Z-40) est arrêté par la Marine de guerre[11]. Son frère, Omar Treviño, prend la tête du cartel. Les frères Treviño sont les seuls civils à avoir dirigé le cartel.
  • 4 mars 2015 : Omar Treviño (Z-42) est arrêté à San Pedro Garza Garcia, dans la banlieue de Monterrey, par l'armée et la police fédérale. Le Mexique avait mis sa tête à prix pour près de 2 millions de dollars, les États-Unis pour 5 millions de dollars. Cette arrestation intervient cinq jours après celle de Servando Gomez, dit « la Tuta », dirigeant du cartel des Chevaliers templiers[21].

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Los Zetas called Mexico's most dangerous drug cartel - CNN.com », sur www.cnn.com (consulté le 15 mars 2016)
  2. a et b Luis Astorgan, « Géopolitique des drogues au Mexique », Hérodote, 1/2004 (no 112), p. 49-65. DOI : 10.3917/her.112.0049.
  3. a, b et c Ginger Thompson, Mexico Fears Its Drug Traffickers Get Help From Guatemalans, New York Times, 30 septembre 2005
  4. a, b et c Alejandro Suverza, ‘Los Zetas’ se salen de control, El Universal, 12 janvier 2008
  5. 175 Alleged Gulf Cartel Members Arrested in Massive International Law Enforcement Operation, communiqué de la DEA du 17 septembre 2008
  6. Curt Anderson, Italia - 'Violencia' se escribe con ZETA: Los zetas toman el control por la forza. Nicola Gratteri, zar antimafia de Reggio Calabria, OffNews, 12 octobre 2008, Buenos Aires
  7. Guatemala's Kaibiles: A Notorious Commando Unit Wrapped Up in Central America's Drug War, Time, 14 juillet 2011.
  8. a, b et c Michael Ware, Los Zetas called Mexico's most dangerous drug cartel, CNN, 6 août 2009
  9. Los ‘Zetas’ por dentro; los entrenan en Coahuila, El Universal, 17 août 2008
  10. Marc Lacey, In Drug War, Mexico Fights Cartel and Itself, New York Times, 29 mars 2009
  11. a et b Arrestation du chef des Zetas, lefigaro.fr, 16 juillet 2013
  12. (es) Francisco Gómez, « “Los Zetas” originales, diezmados en una década », El Universal Mexico,‎ (lire en ligne)
  13. Georges Grayson, La Familia: Another Deadly Mexican Syndicate, Zimbio.com, 2009
  14. a et b Preso, el presunto asesino de general, El Universal, 12 février 2009
  15. Mexique : un rapt massif de clandestins démenti par le gouvernement, AFP sur Le Point, 22 décembre 2010
  16. Roberto Saviano, Extra pure, Gallimard, 2014, (ISBN 9782070140497).
  17. Mexico Arrests 7 In Migrant Killings, Wall Street Journal, 9 septembre 2010
  18. « Mexique: arrestation d'un des fondateurs du cartel des "Zetas" », AFP,‎ (consulté le 28 janvier 2010)
  19. « La déclaration de guerre des narcotrafiquants aux internautes », Le Nouvel Observateur,‎ (lire en ligne).
  20. « Mexique : un baron de la drogue tué, son corps volé », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  21. Frédéric Saliba, « Le chef de l'un des cartels mexicains les plus violents arrêté », lemonde.fr, 5 mars 2015.

Voir aussi[modifier | modifier le code]