Joaquín Guzmán

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Joaquín Guzmán
Nom de naissance Joaquín Archivaldo Guzmán Loera
Surnom El Chapo
Naissance (61 ans)
La Tuna, Sinaloa
(Drapeau du Mexique Mexique)
fraude fiscale, trafic de stupéfiants
Période 2001 -
Pays Drapeau du Mexique Mexique
États Drapeau de Sinaloa Sinaloa
Arrestation 8 janvier 2016

Joaquín Archivaldo Guzmán Loera dit « El Chapo », né le dans le hameau de La Tuna dans la commune de Badiraguato dans l'État de Sinaloa (Mexique), est un mafieux mexicain qui dirige le cartel de Sinaloa, organisation spécialisée dans le trafic international de stupéfiants. Il est surnommé El Chapo Guzmán (« le courtaud Guzmán » ou « le petit Guzmán ») à cause de sa taille de 1,67 m.

À la suite de l'arrestation de son rival Osiel Cárdenas Guillén (en) en 2003, il s'impose comme le narcotrafiquant le plus important du Mexique. Lors de son arrestation en , il est qualifié « de plus puissant narcotrafiquant au monde[trad 1] »[1],[2]. Il s'évade le et redevient ce jour-là l'homme le plus recherché du Mexique. Le , le président mexicain Enrique Peña Nieto annonce sa troisième arrestation[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Début et première arrestation[modifier | modifier le code]

Joaquín Guzmán vient du village La Tuna de Badiraguato, commune rurale et montagneuse du Sinaloa d'où proviennent un grand nombre de trafiquants mexicains[4]. Guzmán y a grandi avec ses sœurs Armida et Bernarda et ses frères Miguel Ángel, Aureliano, Arturo et Emilio. Emilio Guzmán Bustillos, son père, a été un fermier et un éleveur de bétail mais surtout un cultivateur de pavot à opium. Sa belle-sœur se marie à l'un des associés au sein du cartel de Guadalajara dans les années 1980, Juan José Esparragoza Moreno[4]. Associé à Miguel Ángel Félix Gallardo, parrain du cartel de Guadalajara, Guzmán quitte l'organisation après l'arrestation de ce dernier en 1989, provoquée par l'affaire Enrique Camarena.

Guzmán est capturé en 1993 au Guatemala, extradé et condamné à 20 ans d'emprisonnement au Mexique pour meurtres et trafic de drogues[5],[6].

Première évasion et baron de la drogue[modifier | modifier le code]

En 2001, après avoir soudoyé les gardiens, il s'évade d'une prison fédérale à sécurité maximale[5]. Il est alors recherché par les gouvernements du Mexique et des États-Unis, ainsi qu'Interpol[7],[8]. Le gouvernement fédéral des États-Unis offre 5 millions de dollars (USD) pour des informations menant à sa capture et le gouvernement du Mexique promet une récompense de 30 millions de pesos (environ 2 millions de dollars américains) pour des informations sur Guzmán[5].

Après l'arrestation de son rival Osiel Cárdenas Guillén (en), du cartel du Golfe, en 2003, il devient l'un des principaux parrains du Mexique. Juan José Esparragoza Moreno, à la tête du cartel de Juárez, aurait négocié, avant 2005, une alliance entre Guzmán et Ismael Zambada García (en), permettant aux deux de travailler au sein du cartel de Sinaloa[9]. Le cartel de Sinaloa introduit illégalement des tonnes de cocaïne de la Colombie en passant par le Mexique avant d'être distribuée aux États-Unis, le plus grand consommateur au monde[5], par des cellules réparties à travers tout le pays[5]. Il est aussi engagé dans la production au Mexique, le trafic et la distribution en Amérique du Nord et en Europe de méthamphétamine, de cannabis et d'héroïne[10],[11].

En janvier 2005, 15 sicaires sont interpellés et incarcérés. Capturés en possession de nombreuses armes, ils sont accusés de travailler pour Guzmán dans le Tamaulipas, territoire du cartel du Golfe et de son bras armé, Los Zetas[12]. Un mois plus tard, Nahúm Acosta Lugo, membre du Parti action nationale (PAN) et directeur des voyages du président Vicente Fox, est arrêté et détenu pendant 6 jours, avant d'être libéré faute de preuves. Acosta est accusé par le sous-procureur José Luis Santiago Vasconcelos d'être payé par Guzmán afin d'informer le cartel de Juárez des déplacements présidentiels[12],[13]. Selon les accusations qui n'ont pu être prouvées, Guzmán a payé Acosta à travers ses intermédiaires, Arturo et Héctor Beltrán Leyva (en), aujourd'hui à la tête du cartel Beltrán Leyva[12].

Selon les autorités américaines, qui ouvrent deux procès en août 2009, à Chicago et Brooklyn, contre Joaquín Guzmán, son allié Ismael Zambada García et Arturo Beltrán Leyva (en) (tué le ), entre 1990 et 2008 les trois hommes auraient fait entrer plus de 200 tonnes de cocaïne aux États-Unis et en aurait fait sortir plus de 5,8 milliards de dollars[14].

Depuis 2009, le magazine Forbes classe Guzmán Loera parmi les personnes les plus influentes au monde, le classant au 67e rang en 2014[15]. En 2010, son avoir est estimé à environ un milliard de dollars américains et le même magazine le classe à la 937e place mondiale selon son avoir[16]. Toujours selon le même magazine, il serait le « plus important baron de la drogue de tous les temps[trad 2] »[17] ; la DEA affirme qu'il surpasse en influence Pablo Escobar et, en 2011, le qualifie de « parrain de l'industrie de la drogue[trad 3] »[18].

Depuis son évasion en janvier 2001, il est devenu le deuxième homme le plus recherché par le FBI et Interpol après Oussama Ben Laden. Après la mort en 2011 de ce dernier, le classement intitulé « Le nouveau 10 Most Wanted », qui a été élaboré à partir d'une liste établie par le magazine Forbes, a classé Guzman à la première place.

En février 2014, au moment de son arrestation, le cartel dirigé par Guzmán exporte plus de drogues aux États-Unis que tout autre groupe de narcotrafiquants[19].

Seconde arrestation et seconde évasion[modifier | modifier le code]

Le , la marine mexicaine arrête Joaquín Guzmán dans sa propriété à Mazatlán au Sinaloa[20] dans le cadre d'une opération coordonnée avec la DEA des États-Unis. Aucun coup de feu n'est échangé[19],[21]. La police saisit un arsenal d'une centaine d'armes à feu, deux lance-grenades, un lance-roquettes et 43 véhicules dont 19 blindés[22].

Durant son emprisonnement, El Chapo Guzman bénéficie de privilèges. Il a droit à des coupes de cheveux tandis que les autres prisonniers sont rasés, des visites de la part de sa femme, de sa mère et de sa fille et aussi des visites plus longues de la part de la député Lucero Guadalupe Sanchez.

Il s'évade à nouveau le , de la prison fédérale dite de l'Altiplano, à l'aide d'un tunnel de plus de 1,5 kilomètre de long creusé à 10 mètres de profondeur[3]. Les autorités lancent alors une opération de recherche et ferment temporairement l’aéroport de Toluca.

Troisième arrestation[modifier | modifier le code]

Le , Joaquin Guzman est capturé par la police mexicaine. C'est le président Enrique Peña Nieto qui annonce cette nouvelle[23]. Le ministère mexicain de la justice évoque également une possible extradition de Joaquin Guzman vers les États-Unis[24]. Le président mexicain avait jusqu'alors refusé son transfert, promettant de le juger et de l'incarcérer au Mexique. Mais sa rocambolesque évasion en juillet a porté un coup très dur à la crédibilité du gouvernement et changé la donne. Le 10 janvier 2016, des représentants d'Interpol se sont rendus à la prison d'Altiplano, où le baron de la drogue mexicain est de nouveau incarcéré, pour délivrer « deux mandats d'arrêt aux fins d'extradition », lançant formellement la procédure qui pourrait être longue.

« Le délai moyen est d'un an, mais cela pourrait aller jusqu'à cinq ans », a indiqué la procureure générale mexicaine Arely Gomez sur la radio Radio Formula. L'avocat d'« El Chapo » s'est engagé à mener un combat juridique « dur », pouvant aller jusqu'à la Cour suprême, au motif que le chef du cartel de Sinaloa risque la peine de mort aux États-Unis[25].

Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Joaquín Guzmán Loera » (voir la liste des auteurs).

Citations originales[modifier | modifier le code]

  1. (en) « most powerful drug trafficker in the world »
  2. (en) « biggest drug lord of all time »
  3. (en) « the godfather of the drug world »

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Associated Press, « World’s most powerful drug lord captured », New York Post,‎ (lire en ligne)
  2. (es) Silvia Otero, « EU: "El Chapo" es el narco más poderoso del mundo », El Universal,‎ (lire en ligne)
  3. a et b « El Chapo », un des plus grands barons de la drogue mexicains, s’évade de prison, article sur lemonde.fr, daté du
  4. a et b (es) Juan Veledíaz, « ‘El Azul’ discreto, platicador y gentil », El Universal,‎ (lire en ligne)
  5. a, b, c, d et e (en) « Narcotics Rewards Program: Joaquín Guzmán-Loera », U.S. Department of State,‎ (consulté le 10 mars 2014)
  6. (en) Jose De Cordoba, « The Drug Lord Who Got Away », The Wall Street Journal,‎ (lire en ligne)
  7. Delphine Saubaber, « « El Chapo » court toujours », dans Jean Krauze et Stéphane Joseph, Grands reporters. Prix Albert Londres : 100 reportages d'exception de 1950 à aujourd'hui, Éditions 10/18,‎ (ISBN 978-2-264-05887-4), p. 789-791
  8. (en) Oscar Lopez, « 'El Chapo' Guzman News: Despite Capture, Sinaloa Cartel Leader Remains on Interpol 'Most Wanted' », Latin Times,‎ (lire en ligne)
  9. (en) Olga R. Rodriguez et Associated Press, « Juarez drug gang forms alliances to control border », StAugustine.com,‎ (lire en ligne)
  10. (en) « Mexican Cartel Presence Threatens European Security, Europol Says », Fusion Bêta,‎ (lire en ligne)
  11. (en) « Powerful Sinaloa cartel's business unlikely to be slowed by arrest of boss 'El Chapo' Guzman », Fox News.com,‎ (lire en ligne)
  12. a, b et c (es) Israel Davila et Gustavo Castillo, « Dejan en libertad a Nahúm Acosta », La Jornada,‎ (lire en ligne)
  13. (es) Alfredo Mendez et José Antonio Roman, « Las pruebas contra Nahum Acosta, muy serias y contundentes: Macedo », La Jornada,‎ (lire en ligne)
  14. (en) « Three Alleged Mexican Drug Cartel Leaders and Twin Brothers Who Ran Chicago-Based Distribution Crew Among Dozens Indicted in Chicago as Part of Coordinated Strike Against Drug Traffickers », Federal Bureau of Investigation,‎ (consulté le 10 mars 2014)
  15. (en) « Joaquin Guzmán Loera profile », Forbes Magazine (consulté le 10 mars 2014)
  16. (en) « The World's Billionaires: 937 Joaquin Guzman Loera », Forbes Magazine,‎ (lire en ligne)
  17. (en) « Major Mexican drug lord captured », CNN News,‎ (lire en ligne)
  18. (en) Nathan Vardi, « Joaquin Guzman Has Become The Biggest Drug Lord Ever », Forbes Magazine,‎ (lire en ligne)
  19. a et b (en) Joshua Partlow, Nick Miroff et Associated Press, « World’s top drug trafficker arrested in Mexico, U.S. official says », The Washington Post,‎ (lire en ligne)
  20. (en) « Cartel boss El Chapo was cooking breakfast for his beauty queen wife when Mexican officials smashed down the door of his secret hideout after he was betrayed », The Daily Mail,‎ (lire en ligne)
  21. (en) « Drug lord 'El Chapo' Guzman captured in Mexico », Fox News.com,‎ (consulté le 24 février 2014)
  22. Constance Jamet, AFP, AP et Reuters, « Le trafiquant de drogue le plus recherché au monde arrêté », Le Figaro,‎ (lire en ligne).
  23. « Le baron mexicain de la drogue, Joaquin «El Chapo» Guzman, a été capturé », sur Le Figaro
  24. « Le Mexique ouvre la voie à l’extradition d’« El Chapo » vers les Etats-Unis », sur Le Monde
  25. «El Chapo» : pas d'extradition vers les Etats-Unis avant un an, sur leparisien.fr, https://plus.google.com/+LeParisien (consulté le 12 janvier 2016)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]