Attaque contre Omar García Harfuch

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Attaque contre Omar García Harfuch
Description de cette image, également commentée ci-après
Omar García Harfuch, secrétaire à la sécurité publique de la ville de Mexico, visé dans l'attaque
Informations générales
Date
Lieu Intersection de la rue Monte Blanco et de l'avenue Paseo de la Reforma, Mexico, Drapeau du Mexique Mexique
Issue Omar García Harfuch n'est pas tué
Belligérants
Ssccdmx.png Police de MexicoCártel de Jalisco Nueva Generación logo 3.png Cartel de Jalisco Nouvelle Génération
Commandants
José « El Vaca » Armando Briseño de los Santos
Pertes
2 membres de l'escorte tués
  • Rafael O. (premier tué)
  • Édgar G. (second tué)
28 arrestations
1 civil tué

Guerre contre la drogue au Mexique

Batailles

Project Gunrunner (2005 - ?)Opération Conjunto Michoacán (2006 - ?)Opération Limpieza (2008 - 2012)Opération Fast and Furious (2009 - 10)Fosse commune de Taxco (2010)1er massacre de San Fernando (2010)

Massacre d'Allende (2011)2e massacre de San Fernando (2011)Attentat de Monterrey (2011)Tuerie de masse à Cadereyta Jiménez (2012)Enlèvements d'Iguala (2014)

Incendie criminel à Coatzacoalcos (2019)Combats de Culiacán (2019)Massacre de la famille LeBaron (2019)Attaque de la mairie de Villa Unión (2019)Affrontement d'Irapuato (2019)Massacre de policiers de Colima (2020)Attaque contre Omar García Harfuch (2020)Massacre d'Irapuato (2020)Arrestation de Salvador Cienfuegos Zepeda (2020)

Coordonnées 19° 25′ 23″ nord, 99° 12′ 59″ ouest
Géolocalisation sur la carte : Mexico
(Voir situation sur carte : Mexico)
Attaque contre Omar García Harfuch
Géolocalisation sur la carte : Mexique
(Voir situation sur carte : Mexique)
Attaque contre Omar García Harfuch

L'attaque contre Omar García Harfuch est une opération armée menée par le Cartel de Jalisco Nouvelle Génération, le , visant à tuer le secrétaire à la sécurité de la ville de Mexico.

Omar García Harfuch[modifier | modifier le code]

Omar García Harfuch fut directeur de l'AIC à partir de 2016

Omar García Harfuch est un policier originaire de Cuernavaca (Morelos) qui, depuis le , est le secrétaire à la sécurité de la ville de Mexico, succédant à Jesús Orta Martínez. Il est le fils de Javier García Paniagua, qui fut directeur de la Dirección Federal de Seguridad (Direction fédérale de la sécurité, DFS) entre 1977 et 1978, puis président du Parti révolutionnaire institutionnel en , et de l'actrice María Harfuch Hidalgo. De plus, Omar García Harfuch est diplômé de droit à l'Universidad Continental (Pérou) et diplômé en sécurité publique à l'Universidad del Valle de Mexico. García Harfuch rejoint la police fédérale en 2008, il travaille notamment à la police de Guerrero, puis prend la tête de l'Agencia de Investigación Criminal (Agence d'Investigation Criminelle, AIC) en 2016[1],[2],[3].

Prémices[modifier | modifier le code]

Les forces de sécurité mexicaines (l'armée, la marine et le gouvernement) savaient deux semaines avant l'attaque que le Cartel de Jalisco Nouvelle Génération (CJNG) organisait un assaut contre un fonctionnaire de haut rang. En effet, pendant la semaine du , le Centro Nacional de Inteligencia (Centre National de Renseignement, CNI) détecte un appel entre des membres du CJNG dans lequel il est évoqué une attaque contre des fonctionnaires. Le CNI partage l'information au président, Andrés Manuel López Obrador, au cours d'une réunion tenue au Palais national[4].

Trois semaines avant l'attaque, 28 sicarios sont engagés par le CJNG pour mener l'opération et de l'argent leur est promis en retour. Le CNI liste quatre cibles potentielles (qui se voient proposer un renforcement de leur sécurité par des membres de la Garde nationale du Mexique)[4] :

Fonctionnaires potentiellement visés
Santiago Nieto Castillo 
Omar García Harfuch 

Durant la nuit du , les attaquants sont divisés en quatre groupes de sept personnes, sont cagoulé et emmenés dans différents lieux. Dans ces lieux se trouvaient les armes qu'ils utiliseront lors de l'assaut. Ils sont par la suite répartis à trois endroits différents de Miguel Hidalgo et de Cuauhtémoc, dans le but d’intercepter le convoi d'Omar García Harfuch. Ces trois points étaient, d'après les autorités, l'intersection de la rue Monte Blanco et de l'avenue Paseo de la Reforma, l’intersection des rues Florencia et Hamburgo et l'intersection de la rue Monte Blanco et de l'avenue Explanada[6].

Location map Mexico City.png

1
1
2
2
3
3
Voir l’image vierge

Localisations des trois lieux choisis par le CJNG pour l'attaque :

  1. Intersection Monte Blanco et Paseo de la Reforma (où s'est déroulée l'attaque)
  2. Intersection Florencia et Hamburgo
  3. Interesection Monte Blanco et Explanada

L'attaque[modifier | modifier le code]

Dans la matinée du , Omar García Harfuch se dirigeait vers le centre-ville de Mexico en passant par l'avenue Paseo de la Reforma, l'avenue la plus importante de la ville, dans une voiture blindée, tout en étant escorté par une autre. Le quartier est un quartier aisé, où des ambassades sont présentes. A h 35, lorsque les deux véhicules arrivent à l'intersection de la rue Monte Blanco et de l'avenue Paseo de la Reforma un camion et une Chevrolet Suburban blanche leur bloquent le passage. Plusieurs hommes armés descendent ensuite de ces véhicules et tirent sur le convoi, particulièrement à l'aide de Barrett M82. Ils tirent d'abord sur le moteur pour immobiliser le véhicule avant, dans lequel se trouvait García Harfuch, puis des assaillants encerclent cette voiture et tirent en direction de ses occupants. A h 36, suite aux appels radio de l'escorte, les premiers renforts arrivent sur place. A la fin de l'attaque, les hommes armés prennent la fuite vers le centre-ville, par l'avenue Paseo de la Reforma. Les assaillants qui étaient dans le camion prennent la fuite à pieds, après les autres, à h 38. L'opération aurait durée 20 minutes d'après des témoins et aurait impliquée 13 véhicules, dont un Dodge Ram[4],[7],[6],[8],[9].

Résumé de l'attaque.

Matériel utilisé[modifier | modifier le code]

Au cours de l'attaque, 13 véhicules, dont certains blindés, furent utilisés par les assaillants, de même que cinq Barrett M82, un lance-grenades, huit armes de poing, 34 armes longues. En outre, une cinquantaine de cocktails Molotov étaient prêts à l'utilisation[9].

Bilan humain[modifier | modifier le code]

Chevrolet Suburban blanche, proche de celle utilisée dans l'attaque.

Deux membres de l'escorte d'Omar García Harfuch sont tués. Parmi eux, Rafael O., âgé de 41 ans, le chef de l'escorte. Il reçut 38 balles. Le deuxième membre de l'escorte tué est Édgar G., âgé de 47 ans, il fut notamment membre de la police d'investigation (PDI). D'après Omar García Harfuch , Rafael O. décède en premier et Édgar G. en second. Quant à Omar García Harfuch, il reçoit trois balles, une dans l'épaule gauche, une dans la clavicule et une dans le genou, mais survit. Il est traité par des volontaires de la Croix-Rouge puis transporté à l’hôpital[10],[4],[11],[9],[12].

L'attaque entraîna aussi la mort d'une civile, Gabriela Gómez, âgée de 26 ans. Une autre femme de 23 ans, Bertseida García Soto, sa belle-sœur, est blessée. Le mari de Gabriela Gómez, José García Soto, est aussi blessé, tout comme sa sœur Tania Gómez Cervantes. La famille se rendait, depuis Xalatlaco, vers la station de métro Auditorio, où ils vendaient des antojitos depuis 10 ans[13],[6],[4].

Suites de l'attaque[modifier | modifier le code]

Réactions[modifier | modifier le code]

Trois heures après l'attaque, Omar García Harfuch publie un tweet depuis l’hôpital, désignant le CJNG comme auteur de l'attaque.

« Ce matin, nous avons été lâchement attaqués par le CJNG, deux de mes camarades et amis ont perdu la vie, j'ai trois impacts de balles et plusieurs éclats. Notre nation doit continuer à se dresser contre la lâcheté du crime organisé. Nous continuerons à travailler. »

— Omar García Harfuch, (espagnol)

Le président Andrés Manuel López Obrador déclare que cet assaut prouve que les autorités de la capitale exercent une pression sur les gangs. D'autre part, Claudia Sheinbaum, chef du gouvernement de la ville de Mexico, fait savoir qu'il n'y aura pas de « retour en arrière »[7].

Quelques jours après l'attaque, se répand sur les réseaux sociaux une vidéo dans laquelle des individus profèrent de nouvelles menaces à l'encontre d'Omar García Harfuch. Ces individus font notamment mention de membres de la famille de García Harfuch qui ont occupé des postes importants au sein du Secrétariat à la Défense nationale et qui ont servi au Parti révolutionnaire institutionnel. Claudia Sheinbaum déclare que ces menaces « sont le résultat du travail qui a été fait au ministère de la sécurité publique, au sein du cabinet de sécurité en coordination avec le bureau du procureur général à Mexico »[12],[14].

Plusieurs mois après l'attaque, Omar Garcia Harfuch révélera lui-même que le matin du il ne disposait pas d'un dispositif de sécurité adéquat et qu'aucun protocole n'avait été testé pour un telle situation[11].

Membres du commando et objectifs de l'attaque[modifier | modifier le code]

L'attaque aurait été réalisée par 28 personnes. Rapidement après l'événement, les autorités arrêtent 12 membres du commando puis les transportent vers les locaux de la Coordinación General de Investigación de Delitos de Alto Impacto à Azcapotzalco, unité du Bureau du Procureur Général. D'après le Bureau du procureur de la ville de Mexico (FGJCDMX), les assaillants ont été recrutés dans les villes de Mexico, de Guadalajara, dans les états de Nayarit, de Guerrero, de Chihuahua et de Michoacán. Un des assaillants est colombien[15],[16].

Membres du commando arrêtés après l'attaque[15] :

  • David N.
  • Erick N.
  • Fabián N.
  • Francisco N.
  • Jesús N.
  • Narciso N.
  • Jonatan N.
  • José N.
  • Juan N.
  • Julio N.
  • Luis N.
  • Tomás N.

Le même jour, dans la soirée, deux autres membres présumés des attaquants sont arrêtés alors qu'ils circulent dans l'État de Mexico et après que la police ait émise un avis de recherche concernant un véhicule de la marque Jetta, des armes de gros calibre sont trouvés dans le coffre[15],[17].

Membres du commando arrêtés dans la soirée du [15] :

  • Carlos David N : 19 ans.
  • José María N : 23 ans.

Les assaillants ignoraient la cible de l'attaque et s'étaient vus promettre une somme d'argent en retour. Certains d'entre-eux arrivèrent dans Mexico la veille de l'opération. Tout en étant cagoulés, ils ont été répartis à plusieurs endroits, dont un hôtel de Toluca et à la mairie de Cuauhtémoc. Ils reçurent alors l'instruction en cas de capture par les autorités, de désigner Nicolás « El Gordo » Sierra Santana comme responsable de l'attaque. El Gordo est le leader de Los Viagras, groupe criminel rival du CJNG qui était premièrement un groupe d'autodéfense. Les attaquants devaient mettre le feu aux véhicules du convoi, mais ne purent pas le faire. Cependant, les téléphones qui furent récupérés sur les détenus ne contenaient rien[9].

José « El Vaca » Armando Briseño de los Santos, arrêté à Tláhuac, serait le chef du commando. Il est, d'après le Bureau du procureur général, un membre du CJNG au service de Julio César « El Tarjetas » Moreno Pinzón. El Vaca a aussi longtemps agi avec Carlos « El Viejón » Fernando Huerta, impliqué dans l'assassinat de deux bandits israéliens en 2019. El Vaca assure en outre l'entraînement de sicarios dans les montagnes de Puerto Vallarta. Omar García Harfuch rencontra des problèmes avec la bande d'El Vaca lorsqu'il fut directeur de l'AIC. En , deux membres de l'AIC à Puerto Vallarta sont reperés. Ils sont enlevés, filmés en recitant des aveux forcés, torturés et exécutés. Le , leurs corps sont retrouvés dans l'état de Nayarit. García Harfuch avait alors lancé une opération de représailes mobilisant 40 membres de l'AIC, sous la couverture de touristes. L'opération permit d'établir que le directeur adjoint de la police municipale locale avait remis les deux agents à des sicarios du CJNG. Cette découverte conduit à l'arrestation de 18 membres du CJNG, dont un chef, Mauricio « El Manotas » Valera Reyes[9],[18].

Implication de l'ACME[modifier | modifier le code]

L'ACME, un groupe criminel impliqué dans des vols de voiture et dans du racket, aurait collaboré avec le CJNG dans la mise en place de l'attaque. Ce groupe est principalement localisé dans Gustavo A. Madero. L'ACME c'est ensuite allié avec le CJNG dans le but de devenir plus puissant, par la suite il aurait extorqué des commercants et ce serait étendu dans l'État de Mexico. D'après l'enquête, des propriétés de Marianito, chef de l'ACME et ancien policier, ont servi au stockage des armes utilisées pendant l'attaque. De plus, un des véhicules employé au cours de l'attentat est parti depuis l'une de ces propriétés. Les armes seraient entrées dans Mexico depuis l'État de Mexico, l'ACME les auraient cachées jusqu'au , jour de l'attaque. Le lendemain, trois perquisitions sont menées à Gustavo A. Madero et de la cocaïne est retrouvée[19],[20].

Faits ultérieurs[modifier | modifier le code]

Après l'attaque, et la capture de nombreux membres du commando, l'Unidad de Inteligencia Financiera (Cellule de Renseignement Financier, UIF) gèle les compte de 127 personnes reliés à ces détenus. En particulier pour empêcher l'utilisation de l'argent donnée par le cartel à chaque membre de l'attaque, environ 100 000 pesos. Avant l'attentat, le , elle avait déjà gelée 2000 comptes bancaires liés au CJNG[21].

Deux membres du commando, Carlos David N et José María N, sont placés en détention préventive le . Ils sont accusés d'homicide aggravé sur trois personnes, de tentative d'homicide aggravé sur cinq personnes et de port d'armes à l'usage exclusif de l'armée[17].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (es) Expansión, « ¿Quién es Omar García Harfuch, nuevo titular de la SSC-CDMX? », sur ADNPolítico, (consulté le 3 juillet 2020)
  2. (es) « María Sorté guarda silencio ante el atentado de su hijo Omar García Harfuch », sur TVNotas, (consulté le 27 juin 2020)
  3. (es) Marisol Orta, « Omar García Harfuch es hijo de la actriz María Sorté », sur Publimetro México, (consulté le 27 juin 2020)
  4. a b c d et e (es) Pedro Domínguez, Jannet López et Leonardo Lugo, « Omar García Harfuch libra 150 balas de armas largas », sur Milenio, (consulté le 27 juin 2020)
  5. (en) Danielle Haynes, « Mexican cartel leader 'El Menchito' extradited to U.S. », sur United Press International, (consulté le 27 juin 2020)
  6. a b et c (es) Alberto Pradilla et Arturo Angel, « 2 minutos y 10 segundos: Así se ejecutó el atentado contra García Harfuch », sur Animal Político, (consulté le 28 juin 2020)
  7. a et b (en) Paulo Prada, « Mexico City police chief shot in assassination attempt, blames drug cartel », Reuters,‎ (lire en ligne, consulté le 29 juin 2020)
  8. (es) « Así fue el ataque al secretario García Harfuch en Reforma », sur El Universal, (consulté le 27 juin 2020)
  9. a b c d et e (es) Héctor De Mauleón, « Iban con la orden de incendiar la camioneta de García Harfuch », sur El Universal, (consulté le 29 juin 2020)
  10. (es) « ¿Quiénes eran los escoltas que fallecieron en el ataque a García Harfuch? », sur El Universal, (consulté le 27 juin 2020)
  11. a et b (es) Azucena Uresti, « Omar García Harfuch: así narra el atentado en su contra (entrevista) », sur Milenio, (consulté le 27 novembre 2020)
  12. a et b (es) Rubén Mosso, « Nueva amenaza contra García Harfuch es lanzada », sur Milenio, (consulté le 3 juillet 2020)
  13. (es) Abadiel Martínez, « García Harfuch. Hijas de Gaby Gómez esperan el regreso de su madre », sur Milenio, (consulté le 27 juin 2020)
  14. (es) « Sheinbaum: García Harfuch ha hecho un "buen trabajo", por eso lo amenazan », sur Expansión, (consulté le 27 novembre 2020)
  15. a b c et d (es) « Quiénes son los 14 detenidos por el atentado contra Omar García Harfuch », sur infobae, (consulté le 29 juin 2020)
  16. (es) Elba Mónica Bravo, « Los sicarios pensaron que el ataque quedaría impune - Capital - La Jornada », sur La Jornada, (consulté le 3 juillet 2020)
  17. a et b (es) « Por atentado contra García Harfuch, dan prisión preventiva a dos », sur Milenio, (consulté le 3 juillet 2020)
  18. Alain Rodier, « Mais que faisaient les deux truands israéliens assassinés à Mexico sur ordre du Cartel de Jalisco ? », sur Atlantico.fr, (consulté le 29 juin 2020)
  19. (es) David Fuentes, « Identifican a líderes de banda criminal ACME », sur El Universal, (consulté le 3 juillet 2020)
  20. (es) Verónica Díaz, « Omar García Harfuch. Catean inmuebles en GAM relacionados con atentado », sur Milenio, (consulté le 3 juillet 2020)
  21. (es) Jannet López Ponce, « UIF bloquea cuentas de vinculados a sicarios que atacaron a Harfuch », sur Milenio, (consulté le 3 juillet 2020)