Labrador

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Labrador
Image illustrative de l'article Labrador
Localisation du Labrador au Canada (frontière du Conseil Privé 1927)
Localisation du Labrador au Canada (frontière du Conseil Privé 1927)
Administration
Pays Drapeau du Canada Canada
Province Drapeau de Terre-Neuve-et-Labrador Terre-Neuve-et-Labrador
Ville principale Happy Valley-Goose Bay
Autres villes Labrador City
Wabush
Nain
Démographie
Population 26 364 hab. (en diminution 2006)
Densité 0,1 hab./km2
Langue(s) Anglais Francais
Groupes ethniques Québécois, Canadien anglais, Inuit
Géographie
Altitude Max. Mont D'Iberville : 1 652 m
Superficie 269 073,3 km2
Carte du Labrador

Le Labrador est la région continentale de la province canadienne de Terre-Neuve-et-Labrador. Cependant, un conflit frontalier subsiste avec le Québec[1].

Le Labrador est séparé de l'île de Terre-Neuve par le détroit de Belle-Isle. La région fait partie de la péninsule du Labrador (dont la région côtière est parfois aussi nommée Markland, « terre du bois » en vieux norrois).

Le Labrador a une population de 27 860 habitants (2001) dont 30 % est d'origine autochtone (Inuit, Innu et Métis), répandue sur une surface de 294 330 km2 aussi grande que l'Italie, ou la Nouvelle-Zélande. On trouve une petite communauté francophone d'origine québécoise et acadienne, venue dans les années 1960 pour travailler dans l'exploitation minière.

Toponymie[modifier | modifier le code]

La Nouvelle France dans le Jeu de la géographie, 1644. Le cardinal Jules Mazarin a commandé ces cartes à jouer pour le jeune roi français Louis XIV pour lui enseigner la géographie. Ainsi on y lit qu'au Nord de la Nouvelle-France se trouvent la terre du Laboureur, Terre neuve et Estotiland.

Dans la préface de Voyage en Amérique, publié en 1857, Chateaubriand écrit que Corteréal nomma le Labrador.

« En 1501, Corte-Real, un Portugais, attiré par la fécondité des pêcheries, résolut un voyage à Terre-Neuve. C'est à lui qu'est due la découverte de la baie de la Conception, ou mieux ce fut lui qui le premier lui donna ce nom, car cette baie avait été fréquentée auparavant. Contournant ensuite la côte nord-est, il atteint cette partie de l'Amérique que nous appelons aujourd'hui Labrador, et qu'il avait désignée sous le nom de Terre du Laboureur[2]. »

— Edouard Ducéré

Toutefois, une autre acceptation très commune chez les anglophones, a cours :

l'explorateur portugais João Fernandes Lavrador fut gratifié d'une patente par le roi du Portugal Manuel Ier en 1499 qui lui donne le droit d'explorer cette partie de l'océan Atlantique, comme défini dans le traité de Tordesillas.

Avec Pêro de Barcelos, il fut le premier à apercevoir les côtes du labrador 1498. Fernandes cartographia les côtes sud-ouest du Groënland et de l'Amérique du nord-est adjacente vers 1498 et en informa la cour portugaise et d'autres cours européennes. Son statut de découvreur / propriétaire terrien lui permit de donner son nom à sa découverte, signifiant «fermier» ou «laboureur» en portugais (prononciation: [lɐvɾɐˈðoɾ]). En réalité, Fernandes donna le nom de Terra do Lavrador au Groënland, qui était la première terre qu'il aperçu ; mais au fil du temps, le territoire désigné par ce nom finit par glisser pour ne plus désigner finalement que le territoire actuel du Labrador.

Histoire[modifier | modifier le code]

Un procès devant le Conseil Privé à Londres, débuté en 1922, aboutit en 1927 à une décision qui avantageait fortement Terre-Neuve en ce sens où le territoire du Labrador fut retiré du territoire du Québec et concédé à Terre-Neuve sans vote populaire ni compensation pour le Québec. Deux des cinq juges du conseil privé avaient des intérêts monétaires dans cette affaire[3]. Lors de son entrée dans la Confédération canadienne, en 1949, Terre-Neuve a exigé que la frontière de 1927 fasse partie intégrante de la Constitution.

Le Québec a toujours contesté cette décision. Celle-ci n'est toutefois plus aussi importante qu'elle le fut autrefois, la seule contestation maintenue par le gouvernement est une définition différente de la frontière sud entre le Labrador et le Québec qui apparaît sur les cartes géographiques au Québec.

Projet de scission avec Terre-Neuve[modifier | modifier le code]

Une Commission royale en 2002 révélait une insatisfaction forte régnant chez les Labradoriens quant à leur place au sein de la Province de Terre-Neuve-et-Labrador et donc une pression naissante certaine pour que le Labrador se sépare de Terre-Neuve et devienne un territoire séparé.

Les Innus préféreraient que ce territoire devienne leur patrie comme le Nunavut l'est pour les Inuits ; une résolution de l'Assemblée des Premières Nations en 1999 réclamait le Labrador comme patrie des Innu et exigeait sa reconnaissance formelle avant toute discussion constitutionnelle ultérieure concernant la région.

Depuis 2005, les Inuits qui vivent dans le nord du Labrador ont droit à un régime de gouvernement autonome dans une région appelée le Nunatsiavut (« notre beau pays »), qui comprend tout le nord du Labrador ainsi que quelques régions dans les latitudes centrales.

Chronologie[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Markland et Estotiland.
Carte de la Nouvelle-France vers 1660 indiquant le Labrador dénommé également Estotiland.

Démographie[modifier | modifier le code]

Hopedale
Inuit du Labrador, Ville de Nain
Évolution de la population dans les principales villes[6]
Ville 2001 2006 2011
Happy Valley-Goose Bay 7 969 7 572 7 552
Labrador City 7 744 7 240 7 367
Wabush 1 894 1 739  1 861
Nain 1 159 1 034 1 188
L'Anse-au-Loup 635 593 550
Cartwright 629 552 516
Hopedale 559 530 556
North West River 551 492 553
Port Hope Simpson 509 529 441
Forteau 477 448 429
Facteurs Démographiques (2001)
Facteur Labrador Canada
Répartition H/F 50,6/49,4 49,0/51,0
Âge médian 32,6 37,6
Population immigrée (née hors Canada) 1,5 % 18,4 %
Population autochtone 34,9 % 3,3 %
Catholiques 28,4 % 43,6 %
Protestants 67,4 % 29,2 %
Autre religion 0,8 % 10,6 %
Pas de religion 3,4 % 16,5 %
Revenu médian (+ de 15 ans) 19 229$ 22 120$
Chômage 19,1 % 7,4 %

Religion[modifier | modifier le code]

Le Labrador correspond à la juridiction ecclésiastique du Diocèse de Corner Brook et du Labrador.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Albert Peter Low, Report on explorations in the Labrador peninsula along the East Main, Koksoak, Hamilton, Manicuagan and portions of other rivers in 1892-93-94-95, Ottawa, Queen's Printer, , 387 p. (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]