Saint-Jean de Terre-Neuve

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Saint-Jean de Terre-Neuve
(en) St. John's
Image illustrative de l'article Saint-Jean de Terre-Neuve
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Administration
Pays Drapeau du Canada Canada
Province Drapeau de Terre-Neuve-et-Labrador Terre-Neuve-et-Labrador
Statut municipal Ville, Capitale
Maire Danny Breen
Fondateur
Date de fondation
Charte royale de la Reine Élisabeth
Démographie
Population 108 860 hab. (2016)
Densité 227 hab./km2
Population de l'aire urbaine 205 955 hab.
Géographie
Coordonnées 47° 36′ 04″ nord, 52° 41′ 52″ ouest
Altitude Min. 0 m
Max. 0 m
Superficie 48 000 ha = 480,00 km2
Divers
Langue(s) Anglais
Fuseau horaire UTC−3:30
Indicatif +1-709
Localisation

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Site web (en)Site officiel

Saint-Jean de Terre-Neuve[1],[2] (en anglais St. John's /ˌseɪntˈdʒɒnz/, prononcé localement /ˌseɪntˈdʒänz/) est la capitale et la plus grande ville de la province de Terre-Neuve-et-Labrador, au Canada. Située dans la péninsule d'Avalon, sur l'île de Terre-Neuve, elle est la ville la plus orientale d'Amérique du Nord.

Figurant sur les cartes dès 1519, le site de Saint-Jean est l'un des plus vieux établissements européens du Nouveau Monde. La ville est nommée en l'honneur de son découvreur supposé, Jean Cabot, le jour de la fête de la Saint-Jean. En 2016, sa population s'élève à 108 860 habitants (aire urbaine de 205 955 habitants).

Histoire[modifier | modifier le code]

Colonisation[modifier | modifier le code]

Découverte et fondation[modifier | modifier le code]

Plaque commémorant la première prise de possession officielle en 1583.

Saint-Jean est un des lieux les plus anciennement fréquentés par les Européens en Amérique du Nord. Au tournant du XVIe siècle, après la découverte des Grands Bancs de Terre-Neuve, des pêcheurs installent leur camp saisonnier dans les environs.

Il n'existe pas de preuves irréfutables sur la date de fondation de la ville. L'explorateur vénitien Sébastien Cabot déclare dans un texte en latin daté de 1545[3] que le lieu est nommé Saint-Jean depuis que lui et son père Jean sont devenus les premiers Européens à entrer dans le havre, le matin du , jour de la fête de la Saint-Jean. Cependant, il n'existe aucune preuve que le havre en question était celui de Saint-Jean.

Au Canada, un débat subsiste sur l'antériorité de Saint-Jean sur ville de Québec, les deux villes pouvant être considérées comme la plus ancienne du pays. L'historien Jack Granatstein affirme en 2008 dans le Ottawa Citizen que Saint-Jean est incontestablement plus vieille que Québec. Jacques Lacoursière n’est pas du même avis. Selon lui, il n’y a pas un jour depuis 1608 où il n'y a eu personne sur le territoire de la ville de Québec. Un argument qui ne peut pas être invoqué pour plaider la cause de Saint-Jean. Des pêcheurs sont sans doute allés à Saint-Jean pour faire sécher leur morue ou s’approvisionner en eau ou en bois, mais rien ne prouve qu’ils y ont installé une habitation permanente, soutient l’historien québécois. En 1527, le capitaine anglais, John Rut, rencontre douze bâtiments de pêche français dans le havre. Selon un poème anglais, la flotte de pêche française compte déjà plus de cent navires[4].

Le , l'aventurier anglais Humphrey Gilbert prend possession de la région au nom de la reine Élisabeth.

Importance commerciale et stratégique[modifier | modifier le code]

Il faut attendre les années 1620 avant que les pêcheurs anglais prennent véritablement le contrôle de la côté orientale de l'île et que Saint-Jean devienne le chef-lieu de la colonie de Terre-Neuve. Les Néerlandais tentent d'en prendre le contrôle en 1665 et 1673. Les Français attaquent la localité en 1696, lors de la campagne de la péninsule d'Avalon, l'assiègent en 1705 puis en font la prise en 1708. En 1762, la bataille de Signal Hill en redonne finalement la possession aux Britanniques. La ville compte alors 220 maisons et 802 habitants.

La population augmente ensuite tranquillement. L'activité économique principale reste la pêche, mais la ville accueille désormais une garnison et devient une base navale durant la Guerre d'indépendance des États-Unis et la Guerre anglo-américaine de 1812. Son développement est freiné à plusieurs moments en raison d'incendies, notamment le Grand incendie de 1892.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Rue Water, au centre-ville de Saint-Jean.

En raison de sa position géographie, Saint-Jean est connectée au réseau télégraphique mondial dans les années 1860. Le , elle reçoit un premier signal télégraphique sans fil en provenance de Poldhu, situé en Grande-Bretagne. Le premier vol transatlantique sans escale, en 1919, est réalisé depuis Saint-Jean vers Clifden, en Irlande.

En 1907, elle devient la capitale du Dominion de Terre-Neuve, pays indépendant jusqu'à son intégration au sein de la Confédération canadienne, en 1949.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Saint-Jean joue un rôle important dans la défense maritime et aérienne du Canada. Son port abrite les navires de la Marine royale canadienne et britannique dans leur lutte anti-sous-marine durant la bataille de l'Atlantique. Les États-Unis y possède la base aérienne Pepperrell (aujourd'hui la base SFC St. John's).

Dans les années 1990, l'économie de la ville (et la province en général) est fortement affectée par l'effondrement de la pêcherie de morue. Le taux de chômage atteint des sommets et la population diminue. L'exploitation de gisements pétroliers crée cependant un cycle économique favorable dont jouit présentement la ville.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le havre de Saint-Jean.

La ville est située sur la côte nord-est de la péninsule d'Avalon, dans le Sud-Est de l'île de Terre-Neuve sur l'océan Atlantique. Elle est la ville la plus à l'est en Amérique du Nord. Le centre-ville se trouve au nord du port de Saint-Jean et le reste de la ville augmente vers le haut et à l'ouest, au nord, et à l'est. La ville de Mount Pearl encadre Saint-Jean à l'est, ayant moins de population et étant légèrement plus petite en superficie.

Climat[modifier | modifier le code]

La ville bénéficie d'un climat tempéré froid et humide (type Dfb selon la classification de Koppen). Bien que située à une latitude comparable à celle d'une ville comme Lorient en France, les températures y sont inférieures de 7° à 8 °C à cause des eaux froides du courant du Labrador qui baignent la côte orientale de Terre-Neuve. Les précipitations sont abondantes toute l'année, l'hiver étant la saison la plus arrosée.

Des icebergs y sont visibles lorsqu'il n'y a pas de brume.

Relevé météorologique de Saint Jean de Terre-Neuve-altitude:134 m (période 1961-1990)
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) −7,9 −8,7 −6 −2,2 1,3 5,9 10,5 11 7,5 3,4 −0,1 −5 0,8
Température moyenne (°C) −4,3 −5 −2,5 1,3 5,8 10,9 15,4 15,3 11,6 7 3,1 −1,7 4,7
Température maximale moyenne (°C) −0,7 −1,4 1 4,8 10,3 15,8 20,2 19,5 15,6 10,6 6,2 1,5 8,6
Précipitations (mm) 147,8 133,6 126,4 110,4 100,9 96,9 77,9 121,8 125 151,7 144,7 144,2 1 481,3
Nombre de jours avec précipitations 22 19 20 18 17 15 14 15 16 20 20 23
Source : Le climat à St Jean de Terre-Neuve (en ° C et mm, moyennes mensuelles)Hong-Kong Observatory


Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique
1986 1991 1996 2001 2006 2011 2016
103 079 104 659 101 936 99 182 100 646 106 172 108 860

Architecture[modifier | modifier le code]

Immeubles aux façades colorées, dans le centre-ville de Saint-Jean.
La maison Anderson (1805) est la plus vieille de la ville.

L’architecture de Saint-Jean a un style distinct de celui du reste du Canada, et ses principaux bâtiments sont des vestiges de son histoire comme l'une des premières capitales coloniales britanniques. Les bâtiments ont une variété de styles en fonction des moyens disponibles pour construire les structures.

D’abord avant-poste de pêche pour les pêcheurs européens, Saint-Jean a consisté essentiellement en des maisons de pêcheurs, des hangars, des cabanes de stockage, et des quais construits en bois. Comme beaucoup d'autres villes de l'époque gagnée par la révolution industrielle de nouvelles méthodes et matériaux de construction ont été introduits: le paysage urbain a changé car la ville a grandi hauteur. Le grand incendie de 1892 a détruit la plupart du centre-ville, et la plupart des bâtiments à ossature de bois datent de cette période.

Souvent comparées à San Francisco en raison du terrain accidenté et du labyrinthe raide de rues résidentielles, les habitations à Saint-Jean sont généralement peintes de couleurs vives. Le conseil municipal a adopté des règlements du patrimoine strictes dans le centre-ville, y compris des prospects. Ces règlements ont déchaîné beaucoup de controverses. La ville connaît un boom économique : face à cet essor, de nombreux bâtiments se sont construits en dépit des règles. Les défenseurs du patrimoine estiment que les règlements en vigueur doivent être appliquées tandis que d'autres estiment que les règles devraient être assouplies afin de favoriser le développement économique.

Culture et tourisme[modifier | modifier le code]

Rue Duckworth

Musées et lieux touristiques[modifier | modifier le code]

Attraits[modifier | modifier le code]

Le centre-ville est le centre culturel de Saint-Jean et est une destination touristique majeure à Terre-Neuve-et-Labrador et au Canada atlantique. Rue Water et rue Duckworth sont connus pour leur bâtiments historiques aux couleurs vives abritant de nombreuses boutiques touristiques, de vêtements, et des restaurants.

George Street, une rue latérale du centre-ville, concentre l'essentiel de la vie nocturne de la ville. La rue accueille de nombreux festivals annuels tels que le Festival de la rue George en août et le Festival Mardi Gras en octobre.

Culte[modifier | modifier le code]

Éducation[modifier | modifier le code]

Sports[modifier | modifier le code]

Le Royal St. John's Regatta est la plus ancienne manifestation sportive de l'Amérique du Nord.

Pour la saison 2011-2012, le Moose du Manitoba est forcé de déménager, à la suite du retour des Jets de Winnipeg au MTS Centre. La nouvelle formation devient les IceCaps de Saint-Jean, club-école des Jets.

Pour la saison 2014-2015, les IceCaps devient le club-école du Canadiens de Montréal, mais en 2017-2018 le club-école déménagea à Laval pour devenir le Rocket.

Transport[modifier | modifier le code]

La ville possède un aéroport situé à 6 kilomètres au nord-ouest du centre-ville : l'aéroport international de Saint-Jean de Terre-Neuve.

Informations additionnelles[modifier | modifier le code]

  • La ville est le centre des affaires, de l'éducation et du gouvernement de la province.
  • Saint-Jean est le siège de l'archévêché catholique de Saint-Jean et l'évêché anglican de l'est de Terre-Neuve-et-Labrador
  • Saint-Jean abrite le musée de Terre-Neuve, l'université Memorial et le collège de North Atlantic.
  • Saint-Jean est la seule ville canadienne servie par les stations de radio commerciales dont les sigles ne commencent pas par la lettre « C ». VOCM (AM et FM), VOAR et VOWR étaient en opération avant la confédération avec le Canada en 1949 ; le Dominion de Terre-Neuve avait comme sigle de radio le « VO ».
  • « VO » demeure en service pour les radioamateurs mais les nouvelles stations de radio/télé commerciales utilisent les sigles « CF »-"CK" canadiens.

Personnalités originaires de la ville[modifier | modifier le code]

Municipalités limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Logy Bay-Middle Cove-Outer Cove Rose des vents
Portugal Cove-St. Philip's N Océan Atlantique
O    Saint-Jean    E
S
Paradise (Terre-Neuve-et-Labrador) Petty Harbour-Maddox Cove

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. À noter que selon le gouvernement canadien, « seules deux municipalités du Canada possèdent un nom ayant deux formes officielles : Grand-Sault ou Grand Falls, et Cap-des-Caissie ou Caissie Cape, toutes deux situées au Nouveau-Brunswick. Les autres villes ne possèdent qu’une seule forme autorisée. C’est notamment le cas pour St. John’s (Terre-Neuve) et Saint John (Nouveau-Brunswick). La forme française Saint-Jean, bien que passée dans l’usage, n’a aucun statut officiel. » – « Bureau de la traduction du Canada » (consulté le 26 mars 2014)
  2. « Une francophone de Saint-Jean de Terre-Neuve obtient sa citoyenneté canadienne », sur Fédération des francophones de Terre-Neuve-et-Labrador, (consulté le 22 décembre 2008)
  3. « Océan Atlantique nord. Reproduction grandeur de l'original d'une partie de la mappemonde de 1544 / par Sébastien Cabot », Sebastian Cabot,
  4. La pêche anglaise à Terre-Neuve

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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