La Tentation de saint Antoine

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La Tentation de saint Antoine est le titre de nombreuses œuvres traitant du thème de la tentation d'Antoine le Grand : ce saint, retiré dans le désert d'Égypte, y subit la tentation du Diable sous la forme de visions des voluptés terrestres. Saint Antoine a soutenu saint Athanase dans sa lutte contre les Ariens et celui-ci a écrit après sa mort une Vita Antonii, qui est le point de départ de la légende: saint Athanase relate en effet les tentations du Diable qui apparaît lui-même ou envoie à l'ermite des animaux féroces qui l'assaillent. Au 13e siècle, s'appuyant sur saint Athanase qu'il cite, Jacques de Voragine a résumé sa vie dans La Légende dorée. De nombreux peintres se sont inspirés de ce récit. Au 19e siècle, Flaubert écrit trois Tentations de saint Antoine dont il ne publie que la dernière en 1874. Il s'éloigne de la tradition hagiographique en créant des hallucinations nouvelles au cours desquelles Antoine voit apparaître les religions et les hérésies des premiers siècles du christianisme. Dans la version de 1874, l'ermite retrouve sa sérénité en découvrant l'origine de la vie, sous la forme d'êtres microscopiques.

La Tentation de saint Antoine, un thème fécond pour l'art occidental[modifier | modifier le code]

De nos jours, avant d'être un sujet pour les chrétiens, la Tentation de saint Antoine est connue par le très grand nombre d'œuvres d'art auxquelles elle a fourni leur titre. Du Moyen Âge au XXe siècle, le thème donne naissance à une iconographie abondante et variée, dans laquelle les artistes redoublent d'imagination.

En peinture, la tradition la plus fréquemment illustrée consiste à situer dans un paysage le malheureux saint aux prises avec quantités de créatures démoniaques, le plus souvent monstrueuses, rivalisant de cruauté, de supplices et d'obscénités. Jérôme Bosch, parmi une quinzaine d'œuvres qu'il dédie au saint, laisse ainsi un triptyque grouillant de monstres et d'évocations fantastiques des différentes formes du mal et du péché qui accablent Antoine (v. 1501, Museu Nacional de Arte Antiga de Lisbonne). Plusieurs siècles plus tard, les surréalistes se livrent à des variations qui permettent à leur imagination fertile de s'inscrire dans cette tradition. Max Ernst et Salvador Dalí en donnent, en 1945-1946, deux versions. Dans celles de Max Ernst (Duisbourg, Wilhelm Lehmbruck Museum), le saint est terrassé et torturé par divers monstres surgis d'un lac voisin ; Dalí dans sa Tentation de saint Antoine, pour sa part, situe la scène dans un désert où Antoine, nu, brandit la croix pour lutter contre l'apparition de quatre symboles de tentations, portés par des animaux aux immenses pattes graciles qui les suspendent entre terre et ciel.

En sculpture le thème est beaucoup plus rare. À la Basilique Sainte-Marie-Madeleine de Vézelay, un chapiteau montre le saint debout, hiératique, résistant à deux grands diables grimaçants qui tentent de lui ôter le manteau qu'il retient. Auguste Rodin, quant à lui, se limite à deux personnages, disposés à l'horizontale[1] : saint Antoine, prostré sur le sol, encapuchonné et enveloppé dans un vêtement monastique, s'agrippe à une croix qu'il tient fermement contre son visage. Il supporte, sur son dos, un voluptueux nu féminin renversé en arrière, manifestation matérielle de la tentation qui l'assaille.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]


Musique[modifier | modifier le code]

Arts plastiques[modifier | modifier le code]

La tentation de saint Antoine. Martin Schongauer, Metropolitan Museum of Art.
Félicien Rops. La tentation de Saint Antoine, Bibliothèque royale de Belgique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La Tentation de saint Antoine, 1899-1900, Musée des beaux-arts de Lyon.
  2. Jakuta Alikavazovic, Flaubert : biographie, analyse littéraire, étude détaillée des principales œuvres, Studyrama, (lire en ligne), p. 15.
  3. Martin Hervé, Le saint-poème selon Flaubert : le délire des sens dans La Tentation de saint Antoine.
  4. Selon Pierre Mac Orlan « tous les nombreux exégètes » de Rops considèrent la Tentation comme un chef-d’œuvre, quand bien même « on peut reprocher à ce tableau un côté anecdotique un peu facile »-Pierre Mac Orlan, « Félicien Rops », Masques sur mesure II.
  5. MBA-Lyon [1], consulté le 14 décembre 2016.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gustave Flaubert, Flaubert, Ses Pensees, Son Art, Ses Procédés. la Premiere Tentation de Saint Antoine, Perpignan, Fantasy Rcl, , 604 p. (ISBN 979-10-92557-48-0)
  • Michel-Jean Sedaine, La tentation de S. Antoine, ornée de figures et de musique, Gale ECCO. Print Editions, (ASIN B009G54BCS)
  • Gustave Flaubert et Claudine Gothot-Mersch, La Tentation de saint Antoine, Folio, coll. « Folio Classique », (ISBN 978-2-07-034141-2)
  • Gisèle Séginger, Naissance et métamorphoses d'un écrivain. Flaubert et Les Tentations de saint Antoine, Paris, H. Champion, 1997.
  • Mary Orr, Flaubert's tentation: remapping nineteenth-century French histories of religion and science, Oxford university press, 2008.
  • Paul van Moorsel, Les Peintures du Monastère de Saint Antoine Pres de la Mer Rouge Texte et Planches, Ifao, , 194 p. (ISBN 978-2-7247-0156-2)
  • Gustave Flaubert, La tentation de saint Antoine, Imprint unknown, coll. « Garnier Flammarion / Littérature française », (ISBN 978-2-08-070131-2)
  • Antonio Tabucchi, José-Luis Porfirio et Dominique Ferrault (Traduction), La Tentation de Saint-Antoine : Un peintre Jérôme Bosch, un écrivain Antonio Tabucchi, Adam Biro, coll. « Les Voies singulières », (ISBN 978-2-87660-059-1)