La Tentation de saint Antoine

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La Tentation de saint Antoine est le titre de nombreuses œuvres traitant du thème de la tentation d'Antoine le Grand : ce saint, retiré dans le désert d'Égypte, y subit la tentation du Diable sous la forme de visions des voluptés terrestres.

La Tentation de saint Antoine, un thème fécond pour l'art occidental[modifier | modifier le code]

De nos jours, avant d'être un sujet pour les chrétiens, la Tentation de saint Antoine est connue par le très grand nombre d'œuvres d'art auxquelles elle a fourni leur titre. Du Moyen Âge au XXe siècle, le thème donne naissance à une iconographie abondante et variée, dans laquelle les artistes redoublent d'imagination.

En peinture, la tradition la plus fréquemment illustrée consiste à situer dans un paysage le malheureux saint aux prises avec quantités de créatures démoniaques, le plus souvent monstrueuses, rivalisant de cruauté, de supplices et d'obscénités. Jérôme Bosch, parmi une quinzaine d'œuvres qu'il dédie au saint, laisse ainsi un triptyque grouillant de monstres et d'évocations fantastiques des différentes formes du mal et du péché qui accablent Antoine (v. 1501, Museu Nacional de Arte Antiga de Lisbonne). Plusieurs siècles plus tard, les surréalistes se livrent à des variations qui permettent à leur imagination fertile de s'inscrire dans cette tradition. Max Ernst et Salvador Dalí en donnent, en 1945-1946, deux versions. Dans celles de Max Ernst (Duisbourg, Wilhelm Lehmbruck Museum), le saint est terrassé et torturé par divers monstres surgis d'un lac voisin ; Dalí dans sa Tentation de saint Antoine, pour sa part, situe la scène dans un désert où Antoine, nu, brandit la croix pour lutter contre l'apparition de quatre symboles de tentations, portés par des animaux aux immenses pattes graciles qui les suspendent entre terre et ciel. Le thème est beaucoup plus rare en sculpture. À la Basilique Sainte-Marie-Madeleine de Vézelay, un chapiteau montre le saint debout, hiératique, résistant à deux grands diables grimaçants qui tentent de lui ôter le manteau qu'il retient.

Auguste Rodin et la femme tentatrice

Rodin, quant à lui, se limite à deux personnages, disposés à l'horizontale[1] : saint Antoine, prostré sur le sol, encapuchonné et enveloppé dans un vêtement monastique, s'agrippe à une croix qu'il tient fermement contre son visage. Il supporte, sur son dos, un voluptueux nu féminin renversé en arrière, manifestation matérielle de la tentation qui l'assaille.
Rodin présenta publiquement pour la première fois le marbre de la Tentation de saint Antoine à l'exposition personnelle qu'il organisa en 1900 au pavillon de l'Alma[2], puis deux ans plus tard à Berlin, à l'exposition de la 5e Sécession. Le sculpteur avait alors donnée des indications précises sur la manière dont il souhaitait que le public la vît : il voulait en effet que la figure féminine fût découverte à contre-jour : « C'est ainsi que son modèle apparaîtra le mieux », écrivit-il au peintre allemand Max Liebermann.

« Le groupe de Rodin entre dans la mouvance symboliste qui s'empara du thème après la parution de la nouvelle de Gustave Flaubert, La Tentation de saint Antoine (1874), que le sculpteur appréciait. Le lien entre la femme, la sensualité, la tentation et le péché est en soi peu original, mais donne l'occasion à Rodin de livrer une démonstration virtuose du contraste qu'il souhaitait développer entre différents traitements du marbre : le polissage finement réalisé du corps de la femme, les traces d'outils laissées volontairement perceptibles sur la robe du saint, l'aspect inachevé de la base à peine dégrossie. Ce jeu de contrastes, qui se retrouve dans les marbres de Rodin autour de 1900, transcrit, dans la matière, le processus créatif dans sa genèse et sa réalisation. On peut y voir aussi une manière de traduire visuellement le travail de l'esprit victorieux de la matière. »

— Claire Barbillon. Maître de conférences en Histoire de l'art. (HDR).

Cinéma[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

Arts plastiques[modifier | modifier le code]

La tentation de saint Antoine. Martin Schongauer, Metropolitan Museum of Art.
Félicien Rops. La tentation de Saint Antoine, Bibliothèque royale de Belgique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La Tentation de saint Antoine, 1899-1900, Musée des beaux-arts de Lyon.
  2. Voir la Villa des Brillants, l'un des deux sites du musée Rodin.
  3. Jakuta Alikavazovic, Flaubert : biographie, analyse littéraire, étude détaillée des principales œuvres, Studyrama, (lire en ligne), p. 15.
  4. Martin Hervé, Le saint-poème selon Flaubert : le délire des sens dans La Tentation de saint Antoine.
  5. Selon Pierre Mac Orlan « tous les nombreux exégètes » de Rops considèrent la Tentation comme un chef-d’œuvre, quand bien même « on peut reprocher à ce tableau un côté anecdotique un peu facile »-Pierre Mac Orlan, « Félicien Rops », Masques sur mesure II.
  6. MBA-Lyon [1], consulté le 14 décembre 2016.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]