La Mort de Socrate (David)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir La Mort de Socrate.
La Mort de Socrate
David - The Death of Socrates.jpg
Artiste
Date
1787
Type
Technique
Mouvement
Dimensions
(H × L)
130 × 196 cm
Localisation
Numéro d’inventaire
31.45 +

La Mort de Socrate est un tableau, réalisé par le peintre français Jacques-Louis David, en 1787. Il représente la mort du philosophe grec Socrate, condamné par les Athéniens à boire la ciguë pour avoir perverti la jeunesse. Alors que ses amis lui conseillent de s'enfuir, Socrate préfère la mort, pour faire la preuve que, même dans ces circonstances extrêmes où il est frappé par l'injustice, il reste fidèle aux lois de sa cité, comme il l'a toujours été.

à la face arriere, file basse, cinquième de gauche

Le tableau avait été commandé à David par Charles-Michel Trudaine de la Sablière[1].

Il était presenté la première fois au Salon de peinture et de sculpture de l' année 1787.

Il est actuellement conservé au Metropolitan Museum of Art, à New York[2]. David exécuta plusieurs études préparatoires à la pierre noire, qu'on peut voir à Bayonne, Dijon, Tours, New York. Une étude, provenant d'une collection particulière, a été exposée à l'exposition David organisée à Paris à l'occasion du bicentenaire de la Révolution française.

Analyse[modifier | modifier le code]

Dans ce tableau, on peut voir :

  • Socrate, l'index pointé vers le ciel, comme Platon sur le tableau de Raphaël (L'école d'Athènes) en référence à sa doctrine idéaliste, qui dialogue avec ses disciples sur l'immortalité de l'âme (dialogue du Phédon de Platon).
  • On aperçoit à gauche, drapé assis et immobile, tournant le dos à Socrate, Platon qui, d'après les textes, n'aurait pas assisté à sa mort.
  • Notons que ce tableau est bien représentatif du mouvement dit néoclassique dont Jacques-Louis David fut une figure éminente. Socrate est représenté comme un exemplum virtutis, le doigt pointé vers le ciel renvoie à la transcendance même de ses idées, qui demeureront après sa mort.
  • Ses traits sont idéalisés, bien qu'atteint d'alopécie dans ses représentations sculptées il est représenté ici chevelu, sa musculature est volontairement soignée en dépit de son âge avancé. Son attitude sévère et sûre contraste avec la tristesse de ses élèves.
  • La couleur blanche est réservée aux tuniques de Socrate et de Platon afin de mettre en exergue leur sagesse.
  • Le décor volontairement dépouillé et spartiate, rappelle son œuvre précédenteLe Serment des Horaces. Toutefois, la mort de Socrate se caractérise par des couleurs moins tranchantes donnant au tableau plus d'unité, cet effet est rendu notamment par les tons cassés de rouge.
  • Notons que l'artiste représente Platon, élève de Socrate, avec des caractéristiques physiques relatives à la vieillesse (canitie physiologique et alopécie androgénétique). Ce constat pourrait être considéré de prime abord comme une erreur historique. En effet Socrate est né en  en 470 av. J.-C. et mort en 399 av. J.-C, tandis que Platon serait venu au monde aux alentours de 428/427 av. J.-C avant de mourir vers 348/347 av. J.-C . Ce dernier avait donc entre 28 et 29 ans au moment où Socrate but le poison. Sachant que Jacques-Louis David, à l'étape liminaire de la réalisation de ses œuvres, procédait à une lecture attentive des sources historiques, ce procédé fut sûrement voulu par l'artiste afin de rendre le tableau plus intelligible. La vieillesse et la sagesse étant des notions souvent associées dans l'imaginaire collectif contemporain.

Dessin préparatoire[modifier | modifier le code]

Un dessin préparatoire a été acheté par le Metropolitan Museum of Art en janvier 2013. Voir le site La Tribune de l'art [1]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Metropolitan Museum of Art, New York (ed.): (Europe in the Age of Enlightenment and Revolution, 1988, S. 11 (ISBN 0870994514 (Hardcover), 0870994522 (Paperback))
  2. Notice du musée

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alphonse Salmon, « Le « Socrate » de David et le « Phédon » de Platon », Revue belge de philologie et d'histoire, 1962, volume 40, numéro 40-1 [lire en ligne]
  • Antoine Schnapper et Arlette Sérullaz, David, Paris, RMN, 1989, n°76, p. 178