Kočevje

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Kočevje
Blason de Kočevje
Héraldique
Drapeau de Kočevje
Drapeau
Kočevje
L'église paroissiale Saint-Barthélemy.
Administration
Pays Drapeau de la Slovénie Slovénie
Région Basse-Carniole
Code postal 1330
Démographie
Population 16 437 hab. (2012)
Densité 29 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 38′ 21,11″ nord, 14° 51′ 53,12″ est
Altitude 466 m
Superficie 56 400 ha = 564 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Slovénie

Voir sur la carte administrative de Slovénie
City locator 14.svg
Kočevje

Kočevje (en allemand : Gottschee) est une commune de Slovénie. Située dans la région méridionale de Basse-Carniole, elle est ceinte des rivières Krka et Kolpa. Part des Alpes dinariques, la sylve montagneuse environnante abrite encore quelques ours bruns.

Enclave germanophone du XIIIe au XXe siècle, la région voyait sa population user d'un parler bavarois dénommé Gottscheerish. Celui-ci est actuellement moribond, tant du fait de l'expulsion, après la Seconde Guerre mondiale, de la majorité des germano-yougoslaves que de l'assimilation presque totale des restants. La population s'élevait en 2008 à près de 17 000 habitants[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune, la plus étendue du pays d’une superficie de 555 km2, est située au milieu d'un plateau karstique (poljé). Les routes conduisent d'ici à Ljubljana, la capitale slovène, et à Novo mesto, le chef-lieu de la Basse-Carniole. Plus au sud, à la rivière Kolpa, se trouve le passage frontalier avec la Croatie.

Histoire[modifier | modifier le code]

La région au sud de Ribnica fut colonisée dès la fin des années 1300 par les comtes d'Ortenburg originaires de Carinthie. Pendant des siècles, les domaines faisaient partie de la marche de Carniole, une zone frontalière du Saint-Empire romain, gérée par les patriarches d'Aquilée. Les Ortenburg, leurs vassaux, favorisèrent le peuplement des zones de forêt vierge, notamment par des colons provenant de la Carinthie et du Tyrol oriental. Le , une charte du patriarche Ludovic de Torre autorisait les Ortenburg à établir les paroisses de Gottschee, Pölland (Predgrad), Kostel, Ossilnitz (Osilnica) et Göttenitz (Gotenica).

Le château et la ville de Gottschee, gravure de Janez Vajkard Valvasor (1689).

En 1364, la marche de Carniole et élevée en duché, une partie intégrante desterritoires héréditaires des Habsbourg. Des comtes d'Ortenburg, la localité obtint le droit de tenir marché en 1377. Lorsque la lignée s'éteint en 1418, le fief passa au comte Herman II de Celje et sa descendance, puis, après l'assassinat d'Ulric de Celje en 1456, il retourna à la maison de Habsbourg. En 1471, l'empereur Frédéric III concéda à Gottschee des droits urbains. En même temps, la région était ravagée par des incursions ottomanes et des guerres paysannes. Le pays de Gottschee, élevé en comté en 1622, englobait plus de 180 villages organisés en 31 localités ou paroisses. Une possession de la famille Auersperg à partir de 1641, la région fit par ailleurs partie de la monarchie de Habsbourg.

De 1809 à 1814, la Carniole faisait partie des Provinces illyriennes du Premier Empire français, avant de retourner à l'empire d'Autriche. Déjà à partir des années 1870, de nombreux habitants germanophones de Gottschee commencèrent à quitter la région sous-développée pour émigrer aux États-Unis, notamment à la région de Cleveland. Après la fin de la Première Guerre mondiale, lors de la dissolution de l'empire d'Autriche-Hongrie, Gottschee fut intégrée au Royaume de Yougoslavie en 1918. Ce royaume était alors gouverné par des Slaves alors qu'auparavant, l'empire austro-hongrois favorisait plutôt les germanophones. Le poids des mesures préconisées par les autorités officielles a pour effet d'accroître le nombre d'émigrés allemands. Dans les années vingt et trente du XXe siècle, les tensions ethniques grandissent.

L'inscription d'une famille allemande à la réinstallation, 1941.

Durant la Seconde Guerre mondiale, la population germanophone a été réintégrée en tant que Volksdeutsche par l'Allemagne nazie (heim ins Reich). À la suite de la campagne des Balkans, en , la ville de Kočevje fut occupée par des forces italiennes et incorporée dans la province de Ljubljana. Un accord entre Adolf Hitler et Benito Mussolini, en vigueur à partir du , réglait le déplacement (Umsiedlung) de la population germanophone, même si celle-ci se montre récalcitrant. Les autorités allemandes tentèrent de recoloniser la zone autour de Brežice dans le CdZ-Gebiet de Basse-Styrie en y installant de nouveaux colons allemands provenant de Gottschee ; en échange, plus de 36 000 Slovènes furent expulsés vers des camps de travail en Allemagne.

Ainsi Kočevje et les villages environnants ont peu à peu été dépeuplés. Il y eut de nombreuses atrocités entre les germanophones restants et les forces du Front de libération durant la guerre. De nombreux « collaborateurs » allemands furent par ailleurs exécutés par les Partisans. Leurs victimes étaient parfois jetées dans des puits naturels et des grottes de la région dont on rebouchait les accès à l'explosif. En , les Partisans communistes réunirent dans les forêts de la commune, plusieurs milliers de membres de l'armée nationale slovène, entre 8000 à 9000 hommes furent assassinés et enterrés et aussi deux cents femmes. Cette tragédie est connue comme le massacre de Kočevje[2]. De large parties de la ville historique ont été détruits à la suite des combats. À la fin de la guerre, presque tout le reste de la poulation germanophone fut expulsé par les décisions du Conseil antifasciste de libération nationale de Yougoslavie ; juste un peu plus d'une centaine d'habitants restent dans la ville. De nombreux villages aux alentours sont abandonnés jusqu'à nos jours.

Démographie[modifier | modifier le code]

Entre 1999 et 2008, la population de la commune de Kočevje a légèrement augmenté pour atteindre une population proche de 17 000 habitants[1].

Évolution démographique[1]

1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008
16 766 16 720 16 722 16 705 16 734 16 728 16 806 16 884 16 941 16 999

Personnalités célèbres[modifier | modifier le code]

  • Peter Kozler (1819–1898), géographe, né dans le village de Koče au sud de Kočevje ;
  • Viktor Parma (1858–1924), compositeur, a travaillé à Kočevje ;
  • Ivan Jurkovič, prélat catholique, né en 1952 à Kočevje ;
  • Janko Veber (né en 1960), homme politique, ancien maire de Kočevje ;
  • Klavdij Sluban (né en 1963), photographe, passe son enfance dans le village de Livold.

Jumelage[modifier | modifier le code]

Kočevje est jumelée avec :

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Karl-Markus Gauß: Die sterbenden Europäer. Unterwegs zu den Sepharden von Sarajevo, Gottscheer Deutschen, Arbëreshe, Sorben und Aromunen. Zsolnay, Wien 2001, (ISBN 3-552-05158-9) (Taschenbuchausgabe: dtv, München, (ISBN 3-423-30854-0))
  • (fr) Karl-Markus Gauss, La Forêt de l'histoire. Dans la Gottschee, in Voyages au bout de l'Europe, L'Esprit des péninsules, 2003 (trad. Valérie de Daran) (ISBN 2-84636-048-0)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c (en) « Démographie de Kočevje » (consulté le 2 février 2009)
  2. 'L'Europe barbare', Keith Lowe.