Kh-22

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Kh-22 Burya
(OTAN : AS-4 « Kitchen »)
Image illustrative de l’article Kh-22
Un Kh-22 sous le ventre d'un Tu-22M2.
Présentation
Type de missile Missile antinavire
à très longue portée
Constructeur Drapeau de l'URSS MKB Raduga
Déploiement 1962 - 2007
Caractéristiques
Moteur Moteur-fusée à ergols liquides
(Hydrazine et IRFNA)
Masse au lancement 5 820 kg
Longueur 11,65 m
Diamètre 92,0 cm
Envergure 3,00 m
Vitesse Mach 4.6 [1]
Portée 600 km (Kh-22M/MA)[2]
Altitude de croisière maxi : 10 - 14 km ou 27 km
Charge utile conventionnelle : 1 000 kg
ou
nucléaire : 350 - 1 000 kT
Guidage navigation inertielle
+ radar actif
(en phase terminale)
Détonation impact
Plateforme de lancement Tu-22M, Tu-22K, Tu-95K22

Conçu par les bureaux d'études MKB Raduga, le Kh-22 Burya (en russe : « Х-22 Буря », « tempête »), nom de code OTAN : AS-4 « Kitchen », est un très gros missile de croisière anti-navire soviétique. Il a été conçu en particulier pour détruire les porte-avions de l'US Navy, voire des groupes aéronavals complets, lorsqu'il est équipé d'une charge nucléaire.

Historique[modifier | modifier le code]

Après avoir analysé les résultats des grandes batailles navales de la Seconde Guerre mondiale et des accrochages du début des années 1950, les stratèges du gouvernement soviétique avaient conclu que le temps des grandes batailles navales était révolu, et que, dorénavant, le meilleur moyen de détruire une flotte était de mener une attaque à distance de sécurité (stand-off). Cela devait permettre d'attaquer une flotte de taille importante sans pour-autant devoir disposer d'une force similaire aussi imposante pour l'affronter.

Substituant l'emploi de missiles de croisières aux bombes pour leurs attaques, les commandants des forces aériennes et navales de l'URSS décidèrent de convertir leurs bombardiers lourds en « raketonosets », ou « porte-missiles », qui seraient lancés pour contrer l'arrivée d'une flotte ennemie ou d'une force tactique près des bases aériennes côtières ou insulaires. Le Kh-22 (complexe 22) fut conçu et mis-au-point par le bureau d'études MKB Raduga et utilisé pour armer le Tupolev Tu-22[3].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Le Kh-22 utilise un moteur-fusée Isayev à ergols liquides, brûlant un mélange d'hydrazine et d'IRFNA, lui procurant une vitesse maximum de Mach 4.6 et une portée de près de 600 km.

Il peut être tiré en deux modes différents : haute ou basse altitude. En mode « haute-altitude », il grimpe à une altitude de 27 000 m et effectue un plongé à haute vitesse vers sa cible, avec une vitesse terminale d'environ Mach 4.6 à l'impact. En mode « basse-altitude » il grimpe vers 12 000 m et descend en légère pente à une vitesse d'environ Mach 3.5, effectuant son approche finale en dessous des 500 m d'altitude. Le missile est guidé par un pilote automatique gyrostabilisé associé à un radar altimétrique.

Les tests effectués par les soviétiques révélèrent que lorsqu'une charge creuse de 1 000 kg était utilisée dans le missile, le cratère résultant à l'impact mesurait 5 m de diamètre et 12 m de profondeur[4],[5].

Histoire opérationnelle[modifier | modifier le code]

Des missiles Kh-22 sous un Tu-22M3

Les premiers missiles prêts-à-l'emploi furent mis en service en 1962.

La plateforme principale de lancement du Kh-22 est le Tu-22M « Backfire »[6],[7]. La Russie l'a aussi utilisé sur les Tu-22K « Blinder-B » et Tupolev Tu-95К22 « Bear-G ».

Versions[modifier | modifier le code]

Deux versions initiales furent produites :

  • Kh-22A : doté d'une grosse charge militaire conventionnelle,
  • Kh-22N : équipé d'un ogive nucléaire de 350 à 1 000 kT[8].

D'autres versions suivirent, dès le milieu des années 1960 :

  • Kh-22P : missile anti-radar, destiné à la destruction des installations radars ennemies.
  • Kh-22M / Kh-22MA : nouveaux profils de vol et d'attaque et nouvelle liaison de données, permettant des mises à jour de milieu de carrière. Vitesse d'environ Mach 5, portée de presque 600 km et charge militaire de 1 000 kg de RDX.
  • Kh-22E : version à charge conventionnelle pour l'exportation.
  • Kh-32 : version profondément revue et modernisée, développé par NPO Raduga, prévue pour équiper le Tu-22M3 modernisé. Propulseur amélioré et autodirecteur nouveau.
Un Kh-22 sous un Tu-22M3

Anciens utilisateurs[modifier | modifier le code]

(Le missile a été déclassé en 2007.)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Anti-shipping missile survey », Scribd, p. 37.
  2. (en) « Anti-shipping missile survey : Air-Launched Cruise Missiles », ausairpower.
  3. (ru) « Х-22 Буря », sur airwar.ru, Уголок неба,‎ (consulté le 18 mars 2018).
  4. (en) Carlo Kopp, « Precision Guided Munitions in the Region », technical Report APA-TR-2007-0109, © 2004 - 2012, ausairpower.net.
  5. (ru) « КРЫЛАТАЯ РАКЕТА Х-22Н "Буря", Д-2Н, AS-4 Kitchen », Образцы вооружений Военно - морского флота, vs.milrf.ru.
  6. (en) Rosoboronexport air force department and media & PR service, « AEROSPACE SYSTEMS export catalogue », Rosoboronexport State Corporation, p. 122.
  7. (en) James R. Lilley et David L. Shambaugh, « China's military faces the future », M.E. Sharpe, (ISBN 0765605066 et 9780765605061).
  8. (ru) « В Полтаве готовятся к утилизации последнего бомбардировщика », aviaport.ru,‎ .
  9. (ru) « В Полтаве готовятся к утилизации последнего бомбардировщика », http://www.aviaport.ru,‎ .

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • (en) Yefim Gordon, Soviet/Russian aircraft weapons since World War Two, Midland Publishing (Hinckley, England), (ISBN 1-85780-188-1).