Johannes Nolet de Brauwere van Steeland

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Johannes Carolus Hubertus Nolet de Brauwere van Steeland
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Johannes Nolet de Brauwere van Steeland (1815-1888)
Nom de naissance Johannes Carolus Hubertus Nolet
Alias
Joannes Nolet de Brauwere van Steeland
Naissance
Rotterdam
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas
Décès (à 73 ans)
Vilvoorde
Drapeau de la Belgique Belgique
Activité principale
Distinctions
Membre associé de l'Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique
Membre de la Koninklijke Vlaamsche Academie voor Taal- en Letterkunde (maintenant Koninklijke Academie voor Nederlandse Taal- en Letterkunde)
Membre de Maatschappij der Nederlandsche letterkunde te Leiden[1]
Membre de la Berlinische Gesellschaft für deutsche Sprache[2]
Chevalier de l'ordre du Lion néerlandais
Officier de l'ordre de la Couronne de chêne
Commandeur de l'ordre du Christ de Portugal
Commandeur de l'ordre d'Ernest-Auguste de Hanovre[3]
Chevalier de l'ordre de Léopold de Belgique
Chevalier de l'ordre royal de Dannebrog
Chevalier de l'ordre royal de l'Étoile polaire
Chevalier de l’ordre royal de François Ier des Deux-Siciles
Chevalier de l'ordre d'Adolphe de Nassau
Chevalier de l'ordre de Henri le Lion
Chevalier de l'ordre de Sainte-Anne de Russie
Blason Nolet de Brauwere van Steeland[4]
Auteur
Langue d’écriture néerlandais

Johannes Nolet de Brauwere van Steeland (Johannes Carolus Hubertus Nolet sur son acte de naissance) (Jan Karel Huibert dans certaines publications) (Rotterdam, - Vilvoorde, ), poète de nationalité néerlandaise, produisit une œuvre épique et satirique, ainsi que des travaux de polémiste et de critique littéraire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il naît dans une famille de catholiques hollandais, distillateurs de genièvre. L'ancêtre de Johannes Carolus Hubertus Nolet, Johannes-Lucaszn Nolet (1634[5]-1702), avait fondé en 1691 une distillerie de genièvre dans la Boterstraat (Schiedam)[6]. La tante paternelle du futur poète, Jacoba Nolet (1779-1844), épouse en 1802 le Dr et littérateur Jacob Lodewijk Kesteloot (1778-1852) qui deviendra membre de l’Académie royale des Sciences et Belles-Lettres en 1816. Son père, Hubertus-Sigismundus Nolet (1788[7]-1818) (docteur en droit de l'université de Leyde), décède et sa mère se remarie avec Pierre-Benoît-François-Marie-Anne de Brauwere (van Steeland) (1781-1855), ami d'enfance de J.-L. Kesteloot, tous deux originaires de Nieuport (Belgique). Son beau-père, sa mère, et la famille de Brauwere demandent en 1836 à Guillaume Ier des Pays-Bas une adjonction de patronyme au nom de l'enfant, et l'obtiennent.

En 1825, la famille habitant Rotterdam s'installe également en Belgique. Johannes Nolet fait ses humanités à l'Athénée royal de Tournai[8]puis à Bruges.

De 1831 à 1838, il étudie le droit à l'université de Gand et intègre le cercle d'amis de Jan Frans Willems (Boechout 1793 - Gand 1846).

En 1840 et 1841, Nolet publie successivement deux chants de Noami (Leuven, 1840, in 8°, 34. p.), cinq d’Ambiorix[9] (Bruxelles, 1841, in-8°, 101 p.), un volume de caprices poétiques, Dichtluimen (Louvain, 1842, in-8°, 148 p.) et une légende, Het graf der twee gelieven (Louvain, 1842, in-8°, 21 p.), puis devient membre de la Maatschappij der Nederlandsche letterkunde te Leiden[1]et de la Brussels Taal en Letterkundig Genootschap (1842).

Il s'inscrit ensuite en histoire et lettres[10] à l'université catholique de Louvain sous la direction du chanoine professeur Jan Baptist David (Lierre 1801 - Louvain 1866), promoteur du mouvement littéraire flamand[11], avec qui il effectue un périple en traversant l'Allemagne, le Danemark, la Suède et la Russie de Saint-Pétersbourg à Moscou, en diligence, en train et en bateau, à partir de quoi il publie Een reisje in het Noorde[12], reisverslag (1843).

En 1843, ses œuvres lui valent le titre de docteur honoris causa de Louvain Alma Mater.

Lors d'une séance générale tenue le 23 juin 1843, à l'hôtel de ville de Bruxelles, il tient, le premier depuis 1830, un discours en néerlandais dans lequel il développe les effets du sentiment esthétique sur la langue et la littérature (Over den invloed van het gevoel voor het schoone, met toepassing op onze taal en letterkunde[13]).

En 1848, on forme, entre les diverses sociétés flamandes, une confédération connue sous le nom de Taalverbond. Nolet en devient président en 1848, 1851 et 1854. Cette fédération était un prélude aux congrès néerlandais, s'assemblant tour à tour dans une ville belge et dans une cité hollandaise. Il préside ce congrès de Bruxelles en 1851, et devient vice-président des congrès d'Utrecht, de Rotterdam et de Maastricht, en 1854, 1865 et 1875.

Le 7 mai 1849, Nolet est nommé membre associé de l'Académie royale de Belgique[14], Classe des Lettres et Sciences morales et politiques, et devient en 1856 membre étranger de la Berlinische Gesellschaft für deutsche Sprache[2].

En 1869, il apparaît parmi les 50 membres effectifs de la Société d'émulation pour l'étude de l'histoire et des Antiquités de la Flandre.

Il fut l'un des 18 premiers membres de la Koninklijke Vlaamsche Academie voor Taal en Letterkunde, maintenant Koninklijke Academie voor Nederlandse Taal- en Letterkunde fondée en 1886.

Le poète Hendrik Tollens (Rotterdam 1780 - Rijswijk 1856) dédia en 1839, à son compatriote Nolet, une série de vers dont voici le début :

« Batave et Belge par le sang et par le nom, si la discorde a séparé les deux peuples, ils se retrouvent unis en vous. Soyez l'honneur de tous les deux, et soutenez leur renommée. »

Bataaf en Belg door maagschap en door naam,
Bleeft staatskrakeel en tweespalt hen gescheiden,
In U nogtans hereenen zij zich zaam ;
Wees beider eer en staaf den roem van beiden.

Il disait être batave et belge, de parenté et de nom, et porter en lui l'amour des muses germaniques, mais se considérait sans ambiguïté comme hollandais : "(...) en moge dan het standpunt mijner nationalileit tweezijdig heeten, nimmer doch zal het den Noord-Nederlander dubbelzinnig zijn!...[15]".

Créé chevalier de l'ordre du Lion néerlandais et chevalier de l'ordre de Léopold de Belgique, Nolet ne renonça jamais à la nationalité néerlandaise (comme en témoigne l'acte de décès). N'ayant rien à démêler avec les luttes politiques de son pays d'adoption, il s'en tenait à l'écart et ne prononça jamais une parole, ni n'écrivit un mot au profit de l'un ou de l'autre parti.

Publications[modifier | modifier le code]

Poésies[modifier | modifier le code]

Odes poétiques satiriques et polémiques[modifier | modifier le code]

Proses antilibérales[modifier | modifier le code]

  • Achteruit (1852)
  • Vrijheid, Gelijkheid, Broederlijkheid (1853)
  • Constitutiekeuken (1856)
  • Vooruitgang (1858)
  • Maatschappelijke toekomstbeelden (1867)
  • Het Communisme in zijn vroegere en latere vormen (1871)

Pamphlet contre le particularisme linguistique Ouest-Flamand[modifier | modifier le code]

  • Epistel aan den Heer L. L. De Bo (1874)
  • Nederlandsch contra West-Vlaamsche Taalparticularisterij (1874)
  • Pieswieswiesje (1874)
  • Notice sur le particularisme linguistique flamand de la Flandre Occidentale (1874)

Autres proses[modifier | modifier le code]

  • Geschiedenis van het Joodse volk, schoolboek (1835)
  • Een reisje in het Noorde, reisverslag (1843)
  • Het Groote Dietsche Vaderland (1857)
  • Je maintiendrai (1867)
  • De beide Nederlanden (1869)

Œuvres complètes[modifier | modifier le code]

Nolet a lui-même donné la publication de ses œuvres complètes comme suit:

  • Gedichten 1839-1859 (1859)
  • Gedichten 1860-1870 (1871)
  • Proza 1843-1873 (1873)
  • Poezij en proza 1874-1877 (1877)
  • Poezij en lettercritiek 1878-1884 (1885)

Sources[modifier | modifier le code]

  • P. ALBERDINCK THIJM, Levensberichten der afgestorvene medeleden van de Maatschappij der Nederlandsche Letteren, Leyde, 1889.
  • P. ALBERDINGK THIJM, Levensbericten van J.-C.-H. Nolet de Brauwere van Steeland, Jaarboek der Koninklijke Vlaamszche Academie voor Taal- en Letterkunde, Gand, 1899, p. 73 et suiv.
  • L. WILLEMS, Jan Nolet de Brauwere van Steelant, in: Biographie nationale de Belgique, t. XV, Bruxelles, 1899, col. 810-812.
  • Léonard WILLEMS (Notice par), t. XV, col. 809. Notices biographiques, éd. 1886, p. 391.
  • W. DE VOGELAERE, Johannes Nolet de Brauwere van Steelant, in: Nationaal Biografisch woordenboek, vol. I, Bruxelles, 1964, col. 725-728.
  • Louis-Chrétien ROERSCH, membre de l’Académie royale de Belgique, Notice biographique de Johannes Nolet de Brauwere van Steeland, membre associé de l'Académie royale de Belgique, Classe des Lettres et des Sciences morales et politiques; portrait gravé par Joseph Franck (Bruxelles, 1825 - Saint-Joost-ten-Node, 1883) [(d'après Louis-Benoît Tuerlincks Bruxelles (1820-1894)], publiée en 1888 à Bruxelles par F. Hayez, imprimeur de l'Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique, rue de Louvain, 108 (Bruxelles).
  • Académie royale de Belgique[22].
  • Digitale Bibliotheek voor de Nederlandse letteren[23].
  • Annales de la Société d'Emulation, pour l'étude de l'Histoire et des Antiquités de la Flandre, Bruges, 1869.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Maatschappij der Nederlandsche letterkunde
  2. a et b Berlinische Gesellschaft für deutsche Sprache
  3. Liste d'ordres civils et militaires allemands
  4. Héraldique Nolet de Brauwere
  5. 21.I.1634, Brugge / Sint-Anna & Sint-Kruis: Bapti(satus) Johannes filius Lucas (N)OLET et Catharinae CABELAER ux(or) Susc(eptores) Johannes MESCHAERT nomine Johannes (N)OLET et Catharina DELLEMA(N) uxor Petri HELLYNCK. Baptême catholique. Le père de "Jan-Lucassen Nolet", Lucas Nolet Lucasz., tisserand de lin, fils de Jan Nolet Pietersz. et d'Elisabeth Kindt, quitte Bruges avec sa famille pour Malines jusqu'en 1644, Malines dont, en tant que natif et bourgeois de Courtrai, il prend la bourgeoisie (au sens ancien de "citoyenneté"). On retrouve son fils aîné, "Jan-Lucassen Nolet", tisserand de lin puis distillateur, lors de ses fiançailles et mariage à Overschie en 1662 en tant que "jongman van Brugge" ; le patronyme erroné de l'acte de baptême de 1634 est occasionnellement mentionné à Schiedam : 13.X.1682. Nolet, Jan : Alias Ollet, echtgenoot van Heijltje Pietersdr Timmers, wonende binnen Schiedam, zie Jan Jansz. Prins, mede wonende binnen Schiedam, in dato 13 oct. 1682 (O.N.A. inv. no.: 766 blz.: 1329). La filiation remonte à Courtrai Saint-Martin, 1607.
  6. Boterstraat (Schiedam)
  7. bp Schiedam 27.IV.1788, † Rotterdam 20.I.1818
  8. Athénée royal Jules-Bara
  9. Ambiorix, texte néerlandais et traduction en français par P. Lebrocquy, 1846
  10. Nationaal Biografisch Woordenboek
  11. Le mouvement littéraire flamand
  12. Een reisje in het Noorde
  13. Digitale Bibliotheek voor de Nederlandse letteren
  14. Séance de réception des nouveaux Académiciens, Académie Royale de Belgique
  15. du congrès néerlandais de Bruxelles en 1851, Notice de Louis-Chrétien Roersch, 1888
  16. Johannes Nolet de Brauwere van Steeland, Naomi, repris dans Ernst en Boert, Recueil, en 1847
  17. Johannes Nolet de Brauwere van Steeland, Ambiorix, 1846, trad. de P. Lebrocquy
  18. Johannes Nolet de Brauwere van Steeland, Ernst en Boert, Recueil, 1847
  19. Maison de Hanovre
  20. Onno Klopp
  21. Napoléon III
  22. Notice par Léonard Willems
  23. Digitale Bibliotheek voor de Nederlandse letteren