Jean-Charles Naouri

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Naouri.
Jean-Charles Naouri
Description de l'image Jean-Charles-Naouri.jpg.
Naissance (68 ans)
Bône maintenant Annaba - Algérie
Nationalité Drapeau de la France France
Pays de résidence Drapeau de la France France
Profession
Activité principale
Formation
Distinctions
Officier de la Légion d'honneur (2013)
Chevalier de l'Ordre national du Mérite (2010)

Jean-Charles Naouri, né le (68 ans) à Bône, en Algérie, est un homme d'affaires et chef d'entreprise français. Énarque, docteur en mathématiques et normalien, il est l'actuel PDG du Groupe Casino[1] et président de Euris SAS.

Jeunesse et études[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Jean-Charles Naouri est né d'un père médecin et d'une mère professeur agrégée d'anglais. Il est le frère de Jean-Yves Naouri.

Formation[modifier | modifier le code]

Jean-Charles Naouri réalise, à 14 ans, un doublé au concours général en étant premier aux épreuves de latin et de grec. À 15 ans, il obtient son baccalauréat avec la mention très bien. Après des classes préparatoires au lycée Louis-le-Grand[2], en 1967, il est admis, cacique, au concours d'entrée à l'École normale supérieure, section sciences mathématiques[3]. Il fréquente l'université Harvard, puis revient en France pour obtenir un doctorat d'État en mathématiques, en une seule année. Il est étudiant à l'ÉNA de 1974 à 1976 (promotion Guernica) où il est major de sa promo.

Débuts professionnels[modifier | modifier le code]

Au service de l'État[modifier | modifier le code]

Jean-Charles Naouri intègre le corps de l'Inspection des finances en 1976. Directeur de cabinet de Pierre Bérégovoy de 1982 à 1986, successivement au ministère des Affaires sociales puis au ministère de l'Économie et des Finances, il est le père de la réforme des marchés financiers entre 1984 et 1986 (création du MATIF, du MONEP, des certificats de dépôt, des billets de trésorerie).

Il est l'architecte principal de la dérégulation des marchés financiers en France en allègeant le contrôle des changes et en supprimant l'encadrement du crédit[4],[5]. Il lance les produits dérivés[6],[7]. Ces mesures ont notamment pour conséquence la suppression des réserves obligatoires sur les crédits accordés par les établissements bancaires et sont aujourd'hui considérées par un certain nombre d'économistes comme en partie responsables du gonflement incontrôlé de la masse monétaire et de la dette ayant conduit à la crise bancaire et financière de l'automne 2008[8]. Cette réforme permettra également de moderniser l’économie et le système financier français qui enregistrait un décalage croissant avec les grandes places financières internationales[9]. Selon une étude de la Banque de France « un assouplissement de la réglementation et une ouverture des marchés étaient nécessaires »[10] pour faciliter la mise en concurrence des réseaux bancaires qui s’exerce désormais sur l’ensemble des crédits. La gestion financière des entreprises aura par « ailleurs été profondément modifiée et sera ainsi devenue source de rentabilité »[11] affirme Françoise Renversez, pour permettre un financement de l’économie française et préparer l’entrée dans l’Union économique et monétaire.

Rothschild & Cie Banque[modifier | modifier le code]

En 1987, Jean-Charles Naouri, marginalisé au ministère des finances depuis la victoire de la droite en 1986, quitte la fonction publique et rejoint Rothschild & Cie Banque en tant qu’associé-gérant[12]. Il crée parallèlement son fonds d'investissement, Foncière Euris, qui prend des participations minoritaires dans des entreprises industrielles et accroît rapidement ses capacités d’intervention.

En 1988, il est l'un des principaux protagonistes de l'affaire de la Société générale[13], raid lancé par Georges Pébereau et initié par Pierre Bérégovoy contre la Société générale. Accusé de délit d'initiés, l'affaire se soldera par un non lieu[14].

Grande Distribution[modifier | modifier le code]

Rallye[modifier | modifier le code]

Au début des années 1990, Jean-Charles Naouri réoriente sa stratégie d’investissement afin d’accompagner durablement le développement des entreprises dans lesquelles il investit. C’est ainsi qu’il rachète, en 1991, le distributeur breton Rallye[15], en proie à de graves problèmes de trésorerie. Convaincu du potentiel du secteur et des deux entreprises réunies, il apporte Rallye au Groupe Casino, dont il devient le premier actionnaire en 1992[16].

Le Groupe Casino[modifier | modifier le code]

En 1997, l'OPA hostile de Promodès sur le groupe Casino est mise en échec par la contre-offre menée avec succès par Jean-Charles Naouri, la famille Guichard et les équipes de Casino[17]. L'indépendance du groupe est ainsi préservée.

Il prend la présidence opérationnelle de Casino en mars 2005[18] et modifie en profondeur le profil du distributeur, revendant ses activités peu rentables en Pologne, aux États-Unis, à Taïwan et aux Pays-Bas et renforçant sa présence dans des pays en forte croissance. Casino devient ainsi le premier distributeur alimentaire en Amérique du Sud (Brésil et Colombie notamment), dans l’Océan Indien, au Viêt Nam et le deuxième en Thaïlande.

En France, Jean-Charles Naouri mise dès la fin des années 1990 sur le commerce de proximité, le cœur de métier du Groupe Casino.

Les prises de participation dans les enseignes Franprix et Leader Price ont donné lieu à une bataille juridique de plus de trois ans avec la famille Baud et François Fiat, les anciens propriétaires. Cette procédure s’est soldée par une condamnation de Robert Baud.

Il positionne aussi Casino sur le secteur du discount avec le développement de l’enseigne Leader Price, de la marque hard-discount Prix gagnant et du site de commerce en ligne Cdiscount acquis en 2000[19].

En 2012, Casino prend le contrôle du groupe brésilien Pão de Açúcar[20], principal employeur privé du pays. Le Groupe acquiert également les 50 % restant de Monoprix et en devient le propriétaire exclusif[21].

Engagements[modifier | modifier le code]

En marge de l’activité industrielle, Jean-Charles Naouri crée, en 2000, via sa société patrimoniale, la Fondation Euris, qui attribue chaque année quarante bourses à des bacheliers prometteurs issus des zones d'éducation prioritaires[22].

En 2009 il crée la fondation d'entreprise Groupe Casino dont il est vice-président. Son but est de favoriser l'accès à la culture et à la connaissance d'enfants défavorisés ou confrontés à la maladie.

Par ailleurs, Jean-Charles Naouri est président d’honneur et administrateur de l’Institut d’expertise et de prospective de l’École normale supérieure, qui a pour vocation d’être le lien entre l’École normale supérieure et les entreprises.

Mandats actuels[modifier | modifier le code]

  • Président Directeur Général de Casino, Guichard-Perrachon
  • Président de Euris SAS
  • Président du Conseil d'Administration de Rallye[23]
  • Président du Conseil d'Administration de Companhia Brasileira de Distribuição (CBD)
  • Président- Directeur Général de Casino Finance
  • Administrateur de F. Marc de Lacharrière (Fimalac)
  • Membre du Conseil Consultatif de la Banque de France
Mandats exercés au sein de fondations
  • Président de la Fondation Euris
  • Vice-président de la Fondation d’entreprise groupe Casino[24]
Mandats exercés dans des organisations d'intérêt général
  • Président d’honneur et Administrateur de l’Institut de l’École Normale Supérieure
Mandats exercés pour le compte de l'État
  • Le , à la demande de Laurent Fabius (Ministre des Affaires Etrangères), Jean-Charles Naouri a accepté de devenir le Représentant spécial du Ministre des Affaires étrangères pour les relations économiques avec le Brésil. Il a remis son rapport de fin de mission en septembre 2015[25].

Prix et récompenses[modifier | modifier le code]

Vie privée[modifier | modifier le code]

Jean-Charles Naouri est marié et père de trois enfants : Gabriel Naouri, Emmanuelle Naouri et Mickaël Naouri.

En 2016, Jean-Charles Naouri est classé par le magazine Challenges 100e fortune de France, avec 675 millions d’euros[27].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Naouri, Jean-Charles, dir., Livre blanc sur la réforme du financement de l'économie, Paris, Ministère de l'économie, des finances et du budget, La documentation française, 1986

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les Barons de la Bourse - Jean-Charles Naouri, Zonebourse
  2. « Louis Le Grand a le chic pour former des millionnaires », sur www.journaldunet.com (consulté le 11 octobre 2015)
  3. Le total des points qu'il obtient au concours en 1967 dépasse le record précédent atteint en 1883 par Lucien Poincaré, le cousin du mathématicien Henri Poincaré
  4. Le PDG de Casino Jean-Charles Naouri devient représentant spécial de la France pour le Brésil, latina-eco.com, 20 juin 2013
  5. The Left's Dirty Job: The Politics of Industrial Restructuring in France and Spain, W. Rand Smith, University of Toronto press, 1998, p. 255
  6. …et pendant ce temps-la, une nouvelle crise se prépare, Georges Ugeux, finance.blog.lemonde.fr, 12 avril 2013
  7. 20 février 1986 : le Matif, la folle histoire du marché à terme, Pascale Besses-Boumard et Christèle Fradin, latribune.fr, 26 juillet 2013
  8. Et si on revenait à l'encadrement du crédit, Alexandre Kateb, Les Echos.fr, 28 juin 2012
  9. Ministère de l'Économie et des Finances, Livre blanc sur la réforme du financement de l'économie, Notes Bleues no 268, 24 février-2 mars 1986 (extrait), Le texte fondateur de la réforme financière française, CRDP Montpellier
  10. André ICARD et Françoise DRUMETZ,Développement des marchés de titres et financement de l'économie française, Banque de France, juin 1994
  11. Françoise Renversez, De l’économie d’endettement à l’économie de marchés financiers, Cairn, 2008
  12. Le carnet des décideurs -Jean-Charles Naouri, LSA conso, 26 septembre 2013
  13. Delits d'initiés: 2,2 millions d'amende requis, tempsreel.nouvelobs.com, 15 novembre 2002
  14. Procès du raid boursier sur la Société Générale : le tribunal correctionnel de Paris prononce une condamnation et deux relaxes, legalnewspublic.fr, 24 décembre 2002
  15. La bonne fortune de Jean-Charles Naouri, L'Express - L'Expansion, 4 mars 1993
  16. http://www.lexpress.fr/informations/casino-le-coup-de-poker-de-promodes_624199.html
  17. Rallye remporte la bataille de Casino. Promodès abandonne son OPA sur l'enseigne stéphanois, Libération, 30 décembre 1992
  18. http://www.groupe-casino.fr/fr/Jean-Charles-Naouri-devient.html?annee=2005
  19. Cdiscount : Casino seul maître à bord, Easy Bourse, 7 janvier 2011
  20. Jean-Charles Naouri prend la présidence de GPA, Capital, 9 octobre 2013
  21. Feu vert au rachat de Monoprix par Casino, Le Monde, 10 juillet 2013
  22. [1] Un article du Figaro.
  23. Les Echos no 17621 - Jean-Charles Naouri est nommé président du conseil d'administration de Rallye
  24. Vice-président de la Fondation Casino
  25. Nomination de Jean-Charles Naouri, représentant spécial pour la relation économique avec le Brésil, France Diplomatie, 20 juin 2013
  26. Jean-Charles Naouri LSA, 26 septembre 2013
  27. Jean-Charles Naouri #100, Challenges, 2016

Liens externes[modifier | modifier le code]