Jean-Charles Naouri

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Jean-Charles Naouri
Jean Charles Naouri, mai 20013.jpg
Jean Charles Naouri en 2013.
Biographie
Naissance
(70 ans)
Bône maintenant Annaba - Algérie
Nationalité
Formation
Activités
Fratrie
Enfant
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A travaillé pour
Distinctions

Jean-Charles Naouri, né le à Bône (Algérie), est un homme d'affaires et chef d'entreprise français. Il est l'actionnaire majoritaire — à travers les sociétés Rallye et Foncière Euris — et le président-directeur général du Groupe Casino, qui regroupe les enseignes de grande distribution éponymes, ainsi que les enseignes Monoprix, Franprix et Leader Price, sans compter le site de commerce en ligne Cdiscount. En 2018, sa fortune est estimée à 500 millions d'euros.

Jeunesse et études[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Jean-Charles Naouri est le fils d'un pédiatre né en Algérie et d'une agrégée d'anglais. C'est le frère de l'homme d'affaires Jean-Yves Naouri et le père de Gabriel Naouri, lui aussi homme d'affaires.

Formation[modifier | modifier le code]

À quatorze ans, il participe au concours général et termine premier tant aux épreuves de latin qu'aux épreuves de grec.[réf. nécessaire] À quinze ans, il obtient son baccalauréat avec la mention Très bien.[réf. nécessaire] Après des classes préparatoires au lycée Louis-le-Grand[1], il est admis 1er en 1967 au concours d'entrée à l'École normale supérieure (section Sciences)[2]. Il fréquente l'université Harvard[pas clair], puis revient en France pour obtenir un doctorat en mathématiques, en une seule année[réf. nécessaire], avec une thèse sur l'analyse factorielle des correspondances continues, soutenue en 1971 à la faculté des sciences de l'Université de Paris[3]. Il est étudiant à l'École nationale d'administration (ENA) de 1974 à 1976 (promotion Guernica) et sort dans "la Botte".

Débuts professionnels[modifier | modifier le code]

Au service de l'État[modifier | modifier le code]

Jean-Charles Naouri intègre le corps de l'Inspection des finances en 1976. Directeur de cabinet de Pierre Bérégovoy de 1982 à 1986, successivement au ministère des Affaires sociales puis au ministère de l'Économie et des Finances, il est le père de la réforme des marchés financiers entre 1984 et 1986 (création du MATIF, du MONEP, des certificats de dépôt, des billets de trésorerie).

Il est, à travers le « rapport Naouri »[4], l'architecte principal de la dérégulation des marchés financiers en France en allégeant le contrôle des changes et en supprimant l'encadrement du crédit[5],[6]. Il lance les produits dérivés[7]. Ces mesures ont notamment pour conséquence la suppression des réserves obligatoires sur les crédits accordés par les établissements bancaires et sont aujourd'hui considérées par nombre d'économistes comme partiellement à l'origine du gonflement incontrôlé de la masse monétaire et de la dette à l'origine de la crise bancaire et financière de l'automne 2008[8]. Cette réforme a permis toutefois de moderniser l’économie et le système financier français, qui enregistrait un décalage croissant avec les grandes places financières internationales[9]. Le « rapport Naouri » a permis d’orchestrer l’ouverture du système bancaire et de faciliter l’accès direct des entreprises aux marchés financiers[4]. Selon une étude de la Banque de France « un assouplissement de la réglementation et une ouverture des marchés étaient nécessaires »[10] pour faciliter la mise en concurrence des réseaux bancaires qui s’exerce désormais sur l’ensemble des crédits. La gestion financière des entreprises aura par « ailleurs été profondément modifiée et sera ainsi devenue source de rentabilité »[11] affirme Françoise Renversez, pour permettre un financement de l’économie française et préparer l’entrée dans l’Union économique et monétaire.

Rothschild & Cie Banque[modifier | modifier le code]

En 1987, Jean-Charles Naouri, marginalisé au ministère des Finances depuis la victoire de la droite en 1986, quitte la fonction publique et rejoint Rothschild & Cie Banque en tant qu’associé-gérant[12]. Il crée parallèlement un fonds d'investissement, Foncière Euris, qui prend des participations minoritaires dans des entreprises industrielles et accroît rapidement ses capacités d’intervention.

En 1988, il est l'un des principaux protagonistes de l'affaire de la Société générale[13], raid lancé par Georges Pébereau et initié par Pierre Bérégovoy contre la Société générale. Il est accusé de délit d'initiés, mais l'affaire se soldera pour lui par un non-lieu[14].

Grande distribution[modifier | modifier le code]

Il rachète, en 1991, le distributeur breton Rallye[15], en proie à de graves problèmes de trésorerie. Il apporte Rallye au Groupe Casino, dont il devient le premier actionnaire en 1992[16].

En 1997, l'OPA hostile de Promodès sur le groupe Casino est mise en échec par la contre-offre menée avec succès par Jean-Charles Naouri, la famille Guichard et les équipes de Casino[17]. L'indépendance du groupe est ainsi préservée.

Il prend la présidence opérationnelle de Casino en mars 2005[18] revendant ses activités peu rentables en Pologne, aux États-Unis, à Taïwan et aux Pays-Bas et renforçant sa présence dans des pays en forte croissance. Casino devient ainsi le premier distributeur alimentaire en Amérique du Sud (Brésil et Colombie notamment), dans l’Océan Indien, au Viêt Nam et le deuxième en Thaïlande.

En France, à partir de la fin des années 1990, Jean-Charles Naouri mise sur le commerce de proximité, qui représente le cœur de métier du Groupe Casino.

Il prend ainsi en septembre 1997 une participation majoritaire dans le réseau Franprix-Leader Price[19],[20]. Ce double investissement a donné lieu à une bataille juridique de plus de trois ans avec la famille Baud et François Fiat, les anciens propriétaires. Cette procédure s’est finalement soldée par une condamnation de Robert Baud[21],[22].

La reprise de Leader Price lui permet notamment de positionner le groupe Casino sur le secteur du discount. Cette même année, il reprend l’enseigne SPAR en France[23], puis rachète en 1998 l’enseigne Vival, premier franchiseur alimentaire de France[24].

En 2012, Casino prend le contrôle du groupe brésilien Pão de Açúcar[25], principal employeur privé du pays. Le Groupe acquiert également les 50 % restants de Monoprix et en devient le propriétaire exclusif[26].

En mai 2019, surendettée avec une dette globale de 3,3 milliards d'euros, la société Rallye, holding de contrôle des groupes de distribution Casino et Go Sport, est contrainte de se placer sous la protection du tribunal de commerce de Paris et obtient l'ouverture d'une procédure de sauvegarde. Casino avait terminé l'année 2018 avec une perte de 54 millions d’euros. Si, selon le quotidien Libération, c’est la stratégie d’endettement du groupe pratiquée de très longue date par Jean-Charles Naouri, qui a entraîné la situation actuelle, « de nombreux observateurs jugent que la crise du modèle des hypermarchés est en réalité le véritable déclencheur de la crise »[27].

Mandats actuels[modifier | modifier le code]

  • Président-directeur général de Casino[28], Guichard-Perrachon
  • Président de Euris SAS
  • Président du conseil d'administration de Rallye[29]
  • Président du conseil d'administration de la Companhia Brasileira de Distribuição (CBD)
  • Président-directeur général de Casino Finance
  • Administrateur de F. Marc de Lacharrière (Fimalac)
  • Membre du conseil consultatif de la Banque de France
Mandats exercés au sein de fondations
  • Président de la Fondation Euris
  • Vice-président de la Fondation d’entreprise groupe Casino[30]
Mandats exercés dans des organisations d'intérêt général
  • Président d’honneur et administrateur de l’Institut de l’École normale supérieure
Mandats exercés pour le compte de l'État
  • Le , à la demande de Laurent Fabius (ministre des Affaires étrangères), Jean-Charles Naouri a accepté de devenir le représentant spécial du ministre des Affaires étrangères pour les relations économiques avec le Brésil. Il a remis son rapport de fin de mission en septembre 2015[31].

Prix et récompenses[modifier | modifier le code]

Vie privée[modifier | modifier le code]

Jean-Charles Naouri est marié et père de trois enfants : Gabriel Naouri, Emmanuelle Naouri et Mickaël Naouri.

En 2016, Jean-Charles Naouri est classé par le magazine Challenges 100e fortune de France, avec 675 millions d’euros[33]. En 2018, sa fortune est estimée à 500 millions d'euros[34].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Naouri, Jean-Charles, dir., Livre blanc sur la réforme du financement de l'économie, Paris, ministère de l'Économie, des Finances et du Budget, La documentation française, 1986

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Louis-le-Grand a le chic pour former des millionnaires », sur www.journaldunet.com (consulté le 11 octobre 2015)
  2. Le total des points qu'il obtient au concours dépasse le record précédent, atteint en 1883 par Lucien Poincaré, le cousin du mathématicien Henri Poincaré
  3. Jean-Charles Naouri, « Analyse factorielle des correspondances continues », Thèse, Faculté des sciences de l'Université de Paris,‎ , p. 101 (lire en ligne, consulté le 4 septembre 2018)
  4. a et b Nicolas Colin, « Pour un nouveau rapport Naouri », sur L'Obs,
  5. Le PDG de Casino Jean-Charles Naouri devient représentant spécial de la France pour le Brésil, latina-eco.com, 20 juin 2013
  6. The Left's Dirty Job: The Politics of Industrial Restructuring in France and Spain, W. Rand Smith, University of Toronto press, 1998, p. 255
  7. 20 février 1986 : le Matif, la folle histoire du marché à terme, Pascale Besses-Boumard et Christèle Fradin, latribune.fr, 26 juillet 2013
  8. Et si on revenait à l'encadrement du crédit, Alexandre Kateb, Les Échos.fr, 28 juin 2012
  9. Ministère de l'Économie et des Finances, Livre blanc sur la réforme du financement de l'économie, Notes Bleues no 268, 24 février-2 mars 1986 (extrait), Le texte fondateur de la réforme financière française, CRDP Montpellier
  10. André ICARD et Françoise DRUMETZ, Développement des marchés de titres et financement de l'économie française, Banque de France, juin 1994
  11. Françoise Renversez, De l’économie d’endettement à l’économie de marchés financiers, Cairn, 2008
  12. Le carnet des décideurs -Jean-Charles Naouri, LSA conso, 26 septembre 2013
  13. Delits d'initiés : 2,2 millions d'amende requis, tempsreel.nouvelobs.com, 15 novembre 2002
  14. Procès du raid boursier sur la Société Générale : le tribunal correctionnel de Paris prononce une condamnation et deux relaxes, legalnewspublic.fr, 24 décembre 2002
  15. La bonne fortune de Jean-Charles Naouri, L'Express - L'Expansion, 4 mars 1993
  16. http://www.lexpress.fr/informations/casino-le-coup-de-poker-de-promodes_624199.html
  17. Rallye remporte la bataille de Casino. Promodès abandonne son OPA sur l'enseigne stéphanois, Libération, 30 décembre 1992
  18. http://www.groupe-casino.fr/fr/Jean-Charles-Naouri-devient.html?annee=2005
  19. « COMMENT JEAN-CHARLES NAOURI A BÂTI SON GROUPE », Les Echos,‎ (lire en ligne)
  20. Bertrand Bissuel, « Mort à 92 ans de Jean Baud, père du hard discount à la française », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  21. « Procès Casino-Baud : Robert Baud condamné », sur www.challenges.fr, (consulté le 14 février 2019)
  22. « La guerre de Casino », (consulté le 14 février 2019)
  23. « Spar, l’enseigne méconnue qui rapporte un milliard à Casino France », sur www.lsa-conso.fr/, LSA Conso, (consulté le 14 février 2019)
  24. « Casino perd le dernier dirigeant de la famille Guichard », sur www.lsa-conso.fr, LSA Conso, (consulté le 14 février 2019)
  25. Jean-Charles Naouri prend la présidence de GPA, Capital, 9 octobre 2013
  26. Feu vert au rachat de Monoprix par Casino, Le Monde, 10 juillet 2013
  27. Christophe Alix, Casino : comment Naouri a joué et perdu avec son empire, liberation.fr, 24 mai 2019
  28. Les Barons de la Bourse - Jean-Charles Naouri, Zonebourse
  29. Les Échos no 17621 - Jean-Charles Naouri est nommé président du conseil d'administration de Rallye
  30. Vice-président de la Fondation Casino
  31. Nomination de Jean-Charles Naouri, représentant spécial pour la relation économique avec le Brésil, France Diplomatie, 20 juin 2013
  32. Jean-Charles Naouri LSA, 26 septembre 2013
  33. Jean-Charles Naouri #100, Challenges, 2016
  34. « La fortune de Jean-Charles Naouri - Les 500 plus grandes fortunes de France - Challenges », Challenges,‎ (lire en ligne, consulté le 4 septembre 2018)

Liens externes[modifier | modifier le code]