James Holden

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James Holden
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James Holden en 2006

Informations générales
Surnom Holden, Ariane, Pulse State
Nom de naissance James Alexander Goodale Holden
Naissance
Angleterre - Exeter
Genre musical glitch, trance, progressive house, tech house, techno minimale
Instruments MAO, Synthétiseurs
Années actives 2000 à aujourd'hui
Labels Border Community
Site officiel jamesholden.org/

James Holden, né le 7 juin 1979 à Exeter dans le Devon en Angleterre[1], est un DJ et compositeur de musique électronique. Il est également producteur, étant à la tête du label indépendant Border Community. Outre ses travaux en solo, il a également collaboré à des projets collectifs comme Holden & Thompson, Mainline, Ogenki Clinic ou Slide Productions.

Carrière[modifier | modifier le code]

Débuts dans la trance[modifier | modifier le code]

James Holden débute la musique dès l'enfance, son père lui enseignant la pratique du piano et du violon. Etudiant intelligent, il est reçu à Oxford pour y suivre un cursus en mathématiques, mais préfère se tourner vers une carrière d'artiste. A 19 ans il sort son premier single Horizons, enregistré avec un simple freeware et qui lui vaut d'être immédiatement remarqué dans le milieu des clubs anglais et de la trance. L'intérêt porté par les labels le conduit à signer différents remixes (notamment pour Timo Maas et New Order) et morceaux originaux au cours des années suivantes, allant jusqu'à coproduire l'album Airdrawndagger de Sasha en 2002[1].

Durant cette période, Holden multiplie les alias et les collaborations : Ariane et Pulse State seul, Slide Productions puis Mainline avec Hywel Dunn-Davies et Duncan Ellis, Ogenki Clinic avec son ami Gwill Morris[2]. Il publie également un premier mix, Fear of a Silver Planet en 2001, en grande partie composé à partir de morceaux qu'il a lui-même écrits ou coécrits.

Lancement de Border Community[modifier | modifier le code]

En 2003, Holden fonde le label Border Community, qu'il inaugure avec l'EP A Break in the Clouds. Le son s'écarte de la trance, et prend des allures plus complexes et moins linéaires qui marquent sa nouvelle signature[3]. Ce changement d'orientation lui vaut l'attention de l'Allemagne, plus particulièrement des scènes minimale de Cologne et Berlin avec lesquelles il se découvre des affinités[4]. Border Community, créé au départ pour gagner en liberté de création et offrir un tremplin à ses amis les plus talentueux, devient vite un label très influent de la scène électro[4]. Il participe notamment à lancer les carrières de Nathan Fake, Fairmont et Luke Abbott.

Confiant dans ses inspirations, Holden s'associe avec Julie Thompson pour les EPs Nothing puis Come to Me, et enregistre en parallèle pour le compte du label EQ Recordings (en) le cinquième opus de la série de mixes Balance, qui attirera par la suite de nombreux grands noms tels que Magda, Agoria ou encore Danny Tenaglia. Durant cette période il continue de beaucoup remixer, avec notamment les refontes de Safari d'André Kraml, qui figurera sur l'album mixé Body Language Vol. 1 de M.A.N.D.Y. (en), de The sky was pink de Nathan Fake et même de Breathe on Me de Britney Spears, une version dont il est très fier mais qui lui sera refusé à son grand regret[5].

The Idiots are Winning[modifier | modifier le code]

Fin 2006, après une nouvelle série de remixes, cette fois entre autres pour Depeche Mode (The Darkest Star) et Madonna (Get Together), et le mix At The Controls pour le compte du label Resist Music (en), Holden sort son premier album The Idiots are Winning. Inspiré par la série satirique anglaise Nathan Barley (en) qui brocarde le mouvement hipster, il y a affirme un style devenu très personnel, complexe et minutieux, qui vaudra au disque une large reconnaissance[4],[6]. The Guardian va jusqu'à y voir « les plus impressionnants débuts dans la musique électronique depuis le Music Has the Right to Children de Boards Of Canada »[7].

Le rythme de ses remixes se ralentit alors, même s'il signe encore des réalisations pour Kieran Hebden et Steve Reid en 2007 (The Sun Never Sets), et l'année suivante pour Radiohead (Reckoner) puis Mercury Rev (Senses on Fire). Sa renommée nouvelle, associée à celle de Border Community et notamment de son ami Nathan Fake, le pousse à multiplier les apparitions sur scène, en festivals ou dans les clubs, ainsi qu'à se consacrer à faire tourner son label, en écoutant notamment la quantité grandissante de démos lui parvenant[3].

Ouverture à la scène live[modifier | modifier le code]

Il revient en 2010 pour la série de mixes DJ-Kicks du label Studio !K7, pour laquelle il écrit le morceau Triangle Folds, sa première composition personnelle depuis six ans. Quelques jours plus tard sort le mix Podcast 145 pour le compte du webzine XLR8R. Ces deux DJ sets illustrent non seulement la volonté de Holden de diffuser les productions des artistes de son label, mais surtout sa touche si particulière, qui mélange les genres, les époques, et transforme en hymnes dance des morceaux pas forcément initialement prévus pour[4]. Une recette qu'il applique également la même année sur des remixes de Caribou (Bowls) et Mogwai (The Sun Smells Too Loud).

L'esprit libre qui anime ses sets et ses productions le conduit progressivement à se rapprocher de la scène live. En 2011, Dan Snaith de Caribou le convie à son supergroupe Caribou Vibration Ensemble aux côtés notamment de Four Tet, mais Thom Yorke, chanteur de Radiohead, le convainc de créer son propre projet live, avec en perspective une tournée prévue à l'automne 2013 aux côtés de Atoms For Peace, le propre supergroupe de Yorke. Holden s'associe alors à Tom Page, le batteur du duo d'improvisation RocketNumberNine, et lance l'écriture de The Inheritors[8].

The Inheritors[modifier | modifier le code]

The Inheritors, sorti en juin 2013 et accompagné des singles Renata, Gone Feral, The Illuminations et Circle Of Fifths, marque un virage important dans le style développé par Holden. Sur scène comme en studio, il opère face au batteur, sur une installation portative beaucoup plus réduite qu'elle a pu l'être[3],[8]. Holden se dit très satisfait de cette nouvelle direction : jouer lui-même devant son public donne selon lui « plus de sens à ce qu'il fait »[9], et lui semble une réaction saine contre ce qu'il appelle la « musique fonctionnelle »[3]. Il avoue cependant regretter d'avoir mis si longtemps à sortir un nouvel album, car il commençait à sentir s'éloigner son public, encore habitué à ses précédentes productions[10].

Musicalement, The Inheritors, du nom du roman Les Héritiers de William Golding, ajoute des sonorités venues du krautrock et des rythmes du Mali aux mélodies glitch et psychédéliques devenues communes à l'artiste[6],[10]. Holden explique s'être inspiré d'une étude du département de physiques de Harvard pour programmer son logiciel Ableton Live de manière à le caler sur les erreurs ou imprécisions de son batteur, et ainsi donner de la vie à ses synthétiseurs, désormais modulaires[9]. Sur scène, le duo joue souvent avec le saxophoniste Étienne Jaumet du groupe français Zombie Zombie, dont les improvisations augmentent encore la sensation d'un spectacle vivant[8].

Nouvelles inspirations[modifier | modifier le code]

L'expérience The Inheritors pousse Holden à délaisser progressivement les clubs[3] et à se consacrer pleinement au live. Le festival belge Sonic City lui confie l'organisation de son édition 2014, qui réunira notamment Neneh Cherry, Gold Panda, Zombie Zombie en plus de Holden lui-même et de ses complices Nathan Fake et Luke Abbott[11]. La même année, il est invité par l'hôtel Fellah de Marrakech à jouer aux côtés de Maleem Mahmoud Ghania, un pilier du gnawa, l'une des musiques traditionnelles au Maroc. L'expérience aboutira à une collaboration entre les deux hommes, rejoints par Floating Points pour l'occasion, l'EP Marhaba[8].

Son dernier projet Outdoor Museum of Fractals consiste en une longue pièce hypnotique de 45 minutes, hommage au pionnier de la musique minimaliste Terry Riley qu'il a composé pour Hello Terry Riley, un festival organisé conjointement par le Barbican Centre de Londres (pour lequel il avait déjà mis en musique une conférence de Marcus du Sautoy[12]) et le Muziekgebouw d'Amsterdam. Holden l'a conçu à partir de séquenceurs qu'il a lui-même programmés pour laisser une grande part au hasard et à la « théorie du chaos ». Il joue sur scène accompagné de Camilo Tirado à la tabla, en dernier concert d'une soirée qui offre également des performances de Luke Abbott et Koreless (en)[13].

Influences[modifier | modifier le code]

James Holden cite volontiers comme première inspiration le monde du clubbing, l'idée de se retrouver la nuit ensemble, « désinhibés, tous tournés vers un même rituel ». Symbole de cet univers qui revient souvent dans sa bouche, le morceau End of Time de The Black Dog[10],[14].

Mais son sens de l'expérimentation le pousse continuellement vers des expériences nouvelles. Parmi ses nombreuses et diverses inspirations, il évoque ainsi le krautrock (en particulier les groupes Harmonia et Cluster[15]), le compositeur minimaliste Terry Riley, à qui il rend hommage dans Outdoor Museum of Fractals, le trompettiste jazz Don Cherry (père de Neneh Cherry), le pianiste jazz Sun Ra, la musique malienne, le Shaabi (en) égyptien, l'album Chill Out du combo acid house The KLF[16], le saxophoniste jazz Pharoah Sanders[17], ou plus récemment le multi-instrumentiste Ariel Pink[10]. Holden reconnaît également s'inspirer de ses amis Caribou, Four Tet, Gold Panda[16], Nathan Fake et Luke Abbott[10].

Discographie[modifier | modifier le code]

Albums[modifier | modifier le code]

Mixes[modifier | modifier le code]

Singles et EPs[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) « Artist Biography », sur AllMusic
  2. (en) « Biography », sur thedjlist.com
  3. a, b, c, d et e (en) « James Holden steps out of the DJ booth and into the improv », sur irishtimes.com,‎
  4. a, b, c et d (en) « James Holden », sur Resident Advisor
  5. (en) « Daily B: The Official James Holden Remixes for “Breathe On Me” »,‎
  6. a et b (en) « James Holden », sur electronicbeats.net
  7. (en) « Holden, The Idiots Are Winning », sur The Guardian,‎ 1er déembre 2006
  8. a, b, c et d (en) « James Holden », sur earth-agency.com
  9. a et b (en) « James Holden: “I know that if I spend the time making music with a framework of tools that no one else has got, then I’ll make music that no one else can make.” », sur cyclicdefrost.com,‎
  10. a, b, c, d et e « James Holden », sur attackmagazine.com,‎
  11. « Sonic City 2014 at De Kreun », sur Resident Advisor
  12. (en) « Consciousness - A performance lecture by Marcus du Sautoy Featuring music by James Holden and visuals by one of us », sur barbican.org.uk
  13. (en) « Barbican announces Hello Terry Riley: James Holden, Koreless, Luke Abbott (9 April 2015) », sur Barbican Centre
  14. « The 10 best trance tracks, according to James Holden », sur dummymag.com,‎
  15. (en) « Interview: James Holden », sur Red Bull,‎
  16. a et b « James Holden : « Je suis curieux des franges de la société » », sur sourdoreille.net,‎
  17. (en) « Q & A: James Holden », sur sixamatthegarage.com,‎

Liens externes[modifier | modifier le code]