Jacques François Dugommier

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Jacques François Dugommier
Jacques François Coquille peint par François Bouchot (1836)
Jacques François Coquille peint par François Bouchot (1836)

Surnom Dugommier
Naissance 1er août 1738
Trois-Rivières (Guadeloupe)
Décès (à 56 ans)
bataille de la Sierra Negra
Mort au combat
Origine Français
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau français Royaume de France
Drapeau français République française
Grade Général de division
Années de service 17501794
Conflits Guerre de Sept Ans
Guerres de la Révolution française
Commandement Armée des Pyrénées orientales
Faits d'armes Siège de Toulon
Bataille du Boulou
Bataille de la Sierra Negra
Distinctions Croix de Saint-Louis
Hommages Nom gravé sous l'Arc de triomphe de l'Étoile  : 33e colonne

Jacques François Coquille dit Dugommier1er août 1738 Trois-Rivières (Guadeloupe) - † lors de la bataille de la Sierra Negra), est un général français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il nait à Trois-Rivières de Germain Coquille, conseiller du Roi au Conseil supérieur de la Guadeloupe, il ajoutera Dugommier pour se distinguer des autres membres de sa famille. Il entre au service à l'âge de quinze ans dans la compagnie des cadets-gentilshommes des colonies à Rochefort[1] ; il y obtient quelque avancement et mérite la croix de Saint-Louis.

Il combat dès 1759, en participant à la défense de la Guadeloupe contre les Britanniques, puis en 1762 à la Martinique, au cours de la guerre de Sept Ans. Il prend le nom de Dugommier en 1785.

Après 25 ans de service aux colonies, il se retire pour s'occuper de l'exploitation de ses terres à la Guadeloupe. Dès le début de la Révolution française, il se distingue comme un patriote et est élu membre de l'Assemblée coloniale et commandant de la garde nationale de la Martinique; il prend une part très active aux troubles qui agitent l'île.

Commandant de l'armée d'Italie[modifier | modifier le code]

Arrivé en France en 1792, député à la Convention, il succède à Carteaux comme général de brigade à la tête de l'armée d'Italie qui assiège Toulon[2] aux mains des Britanniques. Il comprend le plan du capitaine Bonaparte, le fait appliquer et reprend la ville (1793). Il se distingue par son humanité après la reddition de la place. En septembre 1793, il repousse à Gilette les troupes Niço-Piémontaises de l'Autrichien de Wins en plusieurs combats.

La campagne des Pyrénées-Orientales[modifier | modifier le code]

Il est ensuite nommé à la tête de l'armée des Pyrénées Orientales le 16 janvier 1794 (16 nivôse an 2). Il est chargé de reprendre le terrain perdu face aux Espagnols du général Ricardos. Il réorganise l'armée, et la repose après les durs combats de l'année précédente, des assauts inutiles sur les positions fortifiées des Espagnols.

Le 28 avril 1794, il remporte la bataille du Tech, succès confirmé par la victoire des Albères, le 30 avril, remportée conjointement avec Moreau, sur les Espagnols et les Hollandais.

La victoire décisive du Boulou ou de Montesquieu, remportée sur les Espagnols de La Union le 1er mai, lui assure la reconquête du Roussillon. Port-Vendres, défendu par le général La Union (qui avait sous ses ordres les 400 nobles français de la Légion Panetier) tombe au cours du mois de mai ; Collioure est reprise le 26. Le 24 juin, c'est au tour de Commissari. Quelques combats assurent une avancée progressive : à Saint-Sébastien le 4 août, à Trèves le 8.

Il reprend le Fort de Bellegarde le (le siège durait depuis le 7 mai). Le 22 septembre, une offensive audacieuse lui permet d'enlever la redoute et le camp de Coustouges, mettant en fuite l'ennemi qui abandonne la majeure partie de son matériel.

Article détaillé : Bataille de la Sierra Negra.

Le 10 novembre, par un dernier courrier adressé au Comité de Salut Public, il rend un vibrant hommage à Pierre Bayle (1783-1794), un garçon de 11 ans natif de Tourreilles, engagé volontaire, tambour à l'État-Major du Général Augereau, mort au champ d'honneur en battant la diane afin que les Espagnols n'entendent pas le déplacement de l'artillerie légère française.

Il est lui-même tué le 18 novembre à la bataille de la Sierra Negra[3] (ou de Sant Llorenç de la Muga, ou de Figuières ou Figueres) en Catalogne. Suite à cette bataille, Figueres est reprise le 27 novembre par Pérignon.

Il fut d'abord inhumé au fort de Bellegarde, dans le bastion qui regarde l'Espagne, et son nom est inscrit au Panthéon. Napoléon conserva son souvenir, puisqu’il légua 100 000 francs à son fils en mémoire du siège de Toulon. Il repose actuellement à Perpignan au cimetière Saint Martin.

Hommages et souvenirs[modifier | modifier le code]

Stèle où ont reposé ses cendres, du au . Fort de Bellegarde (Le Perthus).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. *Henri Adolphe Lara, Contribution de la Guadeloupe à la Pensée Française, Paris, Jean Crès,‎ 1936 (lire en ligne), p. 11-15
  2. « Le brave Dugommier prend le commandement du siège de Toulon le 20 novembre. Il a quarante ans de service. C'est un des riches colons de la Martinique, officier retiré. Au moment de la Révolution, il se met à la tête des patriotes et défend la ville de Saint-Pierre. Chassé de l'île par les Anglais, il perd tous ses biens. Il a toutes les qualités d'un vieux militaire ; extrêmement brave de sa personne, il aime les braves et en est aimé. Il est bon, quoique vif, très-actif, juste, avait le coup d'œil militaire, du sang-froid et de l'opiniâtreté dans le combat. » (Le Mémorial de Sainte-Hélène.)
  3. Voici en quels termes le duc de Bellune a raconté sa mort  :

    « Du côté de la France, la montagne Noire s'élève presque à-pic; sa pente va se perdre, à droite, dans le ruisseau de Darnuys, à gauche dans l'Obregal. Le comte de La Union, général en chef des troupes espagnoles, avait garni de retranchements toutes les hauteurs à la gauche de Darnuys et sous la montagne; pas une éminence qui n'eut sa batterie. La mauvaise saison approchait. La Union paraissait décidé à la passer derrière ses 80 et quelques redoutes; mais Dugommier, lui, avait résolu de se rendre maître de toutes ces positions formidables. Son plan était arrêté, et l'exécution en fut fixée au .

    Pour mieux suivre les chances du combat, Dugommier s'était rendu à quatre heures du matin sur la montagne Noire, au centre de la ligne de bataille, avec le représentant Delbrel et tout son état-major. Dès que le jour permit de distinguer les objets, une pareille affluence de monde sur ce point fit présumer à l'ennemi que le général en chef s'y trouvait, et il y dirigea bombes et obus avec acharnement. L'action était engagée ; les opérations prescrites s'exécutaient avec précision et rapidité : Dugommier le vit et alla s'établir, pour déjeuner, au pied d'un mur en pierre sèche, qui formait une espèce de petit enclos, sur le sommet de la montagne ; près de lui se tenaient plusieurs de ses officiers, et le nègre Patoche son domestique, ou plutôt son ami le plus dévoué et le compagnon le plus fidèle de tous ses périls. Le représentant Delbrel était à cinquante pas de là dans une batterie d'où nous faisions feu sur le Castillet.

    Dugommier, tout en prenant de bon appétit son repas du matin, observait avec attention les mouvements de ses troupes et ceux de l'ennemi. Tout à coup, il lui semble que l'attaque de sa gauche se ralentit. Il se lève...., en ce moment un obus, parti des redoutes de Pasamilens, passe en sifflant au-dessus de notre batterie, et rase le mur du petit enclos. Dugommier tombe; on accourt, on le soulève, on l'examine. Il avait trois côtes brisées et l'épaule droite emportée. Il n'était plus, le vaillant capitaine, le vertueux citoyen, le père de l'officier et du soldat. »

  4. Site de la mairie de Pointe-à-Pitre, rubrique "Raconter Pointe-à-Pitre"

Source partielle[modifier | modifier le code]