Isabelle Aboulker

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Isabelle Aboulker, née le à Boulogne Billancourt, est une compositrice française de style néo-tonal, connue pour ses opéras, ses mélodies et œuvres pour jeune public.

Biographie[modifier | modifier le code]

Isabelle Aboulker
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Biographie
Naissance
Nationalité
Formation
Activité
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Mère
Fratrie
Conjoint
Edmond Rosenfeld (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfant
David et Michael Rosenfeld
Autres informations
A travaillé pour
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Maître
Genre artistique
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Distinctions

Jeunesse et études[modifier | modifier le code]

Isabelle Aboulker est née en 1938 dans la concordance d’influences d’un grand-père compositeur, Henry Février, et d’un père cinéaste et écrivain, Marcel Aboulker[1]. Son oncle est le pianiste Jacques Février[2]. Peu après sa naissance, elle grandit en Algérie. Elle se produit très tôt, notamment avec un concert à Alger à l'âge de six ans.

En classe de solfège spécialisé au Conservatoire de Paris, elle rencontre Edmond Rosenfeld, qui se prépare à une carrière de concertiste et deviendra son mari[2]. En 1959, elle interrompt ses études dans la classe de Maurice Duruflé pour se consacrer à son premier enfant. Parallèlement à des études d’écriture et ayant été admise dans la classe d’accompagnement de Henriette Puig-Roget au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris, elle y obtient son premier prix[3]et par suite est engagée comme assistante auprès de Jeanine Micheau et Xavier Depraz[4]. Elle compose pour le cinéma et le théâtre[3].

Carrière[modifier | modifier le code]

En 1978, La Lacune est créé à Compiègne, d'après une pièce d'Eugène Ionesco[5]. En 1979, une première œuvre lyrique, Les Surprises de l'Enfer, sur un livret de Jean-Pierre Vagué, est jouée à Caen, dans une mise en scène d'Erik Krüger. L'œuvre remporte un grand succès et est saluée par la critique[2],[3].

Accompagnatrice, chef de chant, puis professeur auprès des jeunes chanteurs au CNSM, c’est autour de la voix et de l’opéra que se concentre à partir de 1981 son activité créatrice[1]. Attentive à la prosodie et au choix des livrets, elle se veut héritière de la tradition française : Debussy, Ravel, Poulenc, etc[1].

En 1983, à la demande de Jean-Claude Malgoire, directeur de l'Atelier lyrique de Tourcoing, elle compose un petit opéra sur un texte d'Eugène Ionesco, Leçons de Français aux étudiants américains[6].

Titulaire de la classe d'accompagnement au Conservatoire d'Amiens, ville où Edmond Rosenfeld dirige l'ensemble Pupitre 14, implanté à la Maison de la Culture d'Amiens, son directeur, le metteur en scène Dominique Quéhec lui propose de composer des musiques de scènes [7].

A l'occasion de la création des "Surprises de l'enfer " à Caen, Jacques Longchamp avait distingué d'emblée dans Le Monde les qualités très personnelles émaillées de références stylistiques perceptibles d'une compositrice "qui ne se prend pas au sérieux" [8]. En 1996, Thierry Guérin exprime son admiration après avoir assisté à la création de Atchafalaya, dont le livret a été écrit par Rémi Laureillard[9]. Elle entre en relation avec des librettistes grâce à Charles Imbert[8].

En 1998, Isabelle Aboulker compose 1918, l'Homme qui titubait dans la guerre, œuvre ayant fait l'objet d'une commande d'Etat pour le quatre-vingtième anniversaire de la fin de la Première Guerre Mondiale[10],[11]. Elle compose une musique grave mais contrastée sur un montage de textes et de poèmes révélateurs de sentiments profonds et annonciateurs réalisés par Arielle Augry. Cet Oratorio créé par l'Orchestre de Picardie, a été joué en 1999 à Weimar, alors ville européenne de la Culture et interprété depuis à de nombreuses reprises, en particulier à l'occasion, en 2018, des commémorations du centenaire.

En 1999, dans La Nouvelle République du Centre-Ouest, Hervé Lansiaux remarque que « manifestement Isabelle Aboulker aime la voix. Et les voix de ce Monsieur de Balzac lui en ont su gré tant a éclaté leur bonheur de dire et de chanter ». Pour elle, la prosodie de la poésie procède de la musique. Elle s'intéresse à toutes les formes littéraires : fables, contes, récits, journaux intimes. Elle écrit notamment une pièce pour piano et voix sur des extraits du journal de Marie Curie intitulée « Cher Pierre que je ne reverrai plus ici... »[12].

Conjointement au développement de sa carrière de compositeur, elle est distinguée en 1999 par un prix de l’Académie des Beaux-Arts[1]. En 2000 elle obtient le Prix Musique de la Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques, et le prix Maurice-Yvain en 2011[1]. En 2017, elle reçoit le prix des Editeurs de musique pour le conte musical Myla et l'Arbre-bateau pour lequel elle a écrit le texte et les chansons.

En septembre 2002, le conte en forme d'opéra Douce et Barbe Bleue, commande de Radio France[13]est créé à Paris. Adaptation du conte de Charles Perrault[14]. Le livret a été écrit par Christian Emery .

Dans L'Éducation musicale de décembre 2003, Pierrette Germain relève que « L'efficace simplicité du style [...], soit dans le récit accompagné de la dernière promenade et du dernier bouquet, soit dans la mélopée de l'élan brisé ». Laurence Bresset, à propos de la pièce Les Enfants du levant, observe la même chose dans La Lettre du Musicien : « sans emphase, mais au contraire avec beaucoup de sensibilité et d'humilité , les mélodies d'Isabelle Aboulker nous transportent ». Elle compose en se détournant des nouvelles techniques, elle compose de la musique tonale, en obéissant à des impératifs simples : faire chanter les mots, approfondir les caractères des personnages, traduire le plus précisément toute la palette des émotions[2]. À propos de son opéra Douce et Barbe Bleue, Isabelle Mili note dans la Lettre du Musicien de 2002 : « thématique alerte, rythme soutenu, harmonies grinçantes, intervalles acrobatiques ou polyphonies savantes contribuent à doter les voix d'un assortiment de couleurs et de variété d'expression tout à fait étonnants ».

En mars 2018, Isabelle Aboulker a été nommée Chevalier de l'Ordre des Arts et Lettres par le Ministre de la Culture[15].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Opéras[modifier | modifier le code]

Opéras de chambre[modifier | modifier le code]

  • Petit Opéra Thérapeutique, fantaisie lyrique (1977) d'après des textes médicaux de Félix Vicq d'Azyr
  • Leçons de Français aux étudiants américains (1983) d'après Eugène Ionesco
  • La Lacune (1993) d'après Eugène Ionesco
  • Opéra Thérapeutique (2006), version complétée du Petit Opéra Thérapeutique

Opéras pour jeune public[modifier | modifier le code]

  • La Fontaine parmi nous (1977)
  • Moi, Ulysse, livret de Rémi Laureillard (1982), commande de Jean-Claude Malgoire pour l’Atelier Lyrique de Tourcoing
  • Idriss ou la fête interrompue, livret de Rémi Laureillard (1986)
  • Lascaux, la grotte aux enfants, livret de Rémi Laureillard (1990)
  • Trois bateaux pour nulle part ː Christophe Colomb sur la mer Océane, livret de Rémi Laureillard (1990)
  • Jongleurs dans la jungle, livret de Rémi Laureillard (1993), création le à l'Opéra-Théâtre de Massy[17]
  • L'Opéra de Chiffon, livret de Rémi Laureillard(1994)
  • Martin Squelette (1995), d'après Les Disparus de Saint-Agil de Pierre Véry
  • Atchafalaya, livret de Rémi Laureillard (1996), inspiré de la rivière Atchafalaya en Louisiane
  • Le Petit Poucet (1998), d'après Charles Perrault
  • L'Anneau d’Or (1999)
  • La Petite Sirène (2000), d'après Andersen
  • La Fontaine et le Corbeau (2001)
  • Les Enfants du levant (2001), d'après Les enfants de l’île du Levant de Claude Gritti
  • Cendrillon (2002), d'après Charles Perrault
  • Douce et Barbe Bleue (2002), d'après Charles Perrault
  • Marco Polo et la Princesse de Chine (2004), d'après Le livre des merveilles de Marco Polo, création à Pékin le
  • Jérémy Fisher (2007), d'après la pièce éponyme de Mohamed Rouabhi
  • Si Molière nous était chanté ou la double vie de Jean-Baptiste P... (2008)
  • Myla et l'Arbre-bateau (2014), commande de l'Académie musicale de Villecroze

Chansons pour enfants[modifier | modifier le code]

  • Petites histoires naturelles, d'après Jules Renard
  • Chansons pour mon doudou
  • Huit chansons pour une ou deux voix
  • Le Chat, le Papillon, la Feuille et les autres, d'après les Histoires Naturelles de Jules Renard

Conte musical[modifier | modifier le code]

  • Si j’étais grand (1979)
  • La Belle et la Bête (2007)
  • Histoire du Petit Ivan qui ne voulait pas devenir soldat (2010)
  • Antoinette, la poule savante (2013)
  • L'Énorme crocodile (2016) d'après le conte de Roald Dahl
  • Un amour de tortue (2016 également) d'après le livre de Roald Dahl

Musique pour livre audio[modifier | modifier le code]

Spectacle musical[modifier | modifier le code]

Comédie musicale[modifier | modifier le code]

  • Passeport Musical pour Paris, livret et mise en scène d'Alain Maratrat, créé en 1990, à Evian, avec la participation et sous la direction de Mstislav Rostropovitch[19]

Oratorio[modifier | modifier le code]

Pièces instrumentales[modifier | modifier le code]

  • Le miroir aux Clarinettes, suite pour ensemble de clarinettes
  • Comme au cinéma, suite pour ensemble à cordes et piano
  • Petite suite pour octuor à vent

Ouvrages pédagogiques[modifier | modifier le code]

  • Les intervalles, Editions Henry Lemoine
  • La voix et le rythme, Editions Henry Lemoine
  • Musique mode d'emploi, Editions Billaudot - Cotage

Récompenses et distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e « Isabelle Aboulker : biographie, actualités et musique à écouter », sur France Musique (consulté le 8 novembre 2020)
  2. a b c et d Germain, Pierrette. et Association femmes et musique., Compositrices françaises au XXème siècle., Delatour, (ISBN 2-7521-0043-4 et 978-2-7521-0043-6, OCLC 163616754, lire en ligne)
  3. a b et c Ircam-Centre Pompidou, « Isabelle Aboulker », sur brahms.ircam.fr, (consulté le 8 novembre 2020)
  4. « ABOULKER Isabelle (1938) », sur Centre de documentation de la musique contemporaine, (consulté le 8 novembre 2020)
  5. « La Lacune - Spectacle - 1978 », sur data.bnf.fr (consulté le 8 novembre 2020)
  6. « Isabelle Aboulker : biographie, actualités et émissions France Culture », sur France Culture (consulté le 8 novembre 2020)
  7. Yuko Mishima, Isabelle Aboulker et Dominique Quéhec, « Cinq nô modernes », sur catalogue.bnf.fr, (consulté le 8 novembre 2020)
  8. a et b « " LES SURPRISES DE L'ENFER " à Caen La sève gaillarde d'Isabelle Aboulker », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 7 novembre 2020)
  9. Isabelle Aboulker, Rémi Laureillard, Pierre-Marie Dizier et Choeur d'Enfants du Festival de la Voix de Chinon, Atchafalaya : opéra pour enfants, APEM, (lire en ligne)
  10. « https://www.lanouvellerepublique.fr/chateauroux/l-hommage-d-isabelle-aboulker-aux-soldats-de-la-grande-guerre », sur lanouvellerepublique.fr (consulté le 8 novembre 2020)
  11. Isabelle Aboulker, 1918, l'homme qui titubait dans la guerre, (lire en ligne)
  12. Isabelle Aboulker, « Cher Pierre que je ne reverrai plus ici... », sur data.bnf.fr, (consulté le 8 novembre 2020)
  13. Isabelle Aboulker, Douce et Barbe bleue, (lire en ligne)
  14. « DOUCE ET BARBE-BLEUE - Théâtre Nouvelle Génération | THEATREonline.com », sur www.theatreonline.com (consulté le 8 novembre 2020)
  15. ministre de la culture, « Nomination dans l'ordre des Arts et des Lettres - hiver 2018 », sur www.culture.gouv.fr/, (consulté le 8 novembre 2020)
  16. « Evénement 2015 : création contemporaine des mélodies d'Isabelle Aboulker - Festival d'art lyrique », sur Festival d'art lyrique, https://plus.google.com/+RencontresLyriquesdeLuchon (consulté le 24 décembre 2015)
  17. « Jongleurs dans la jungle / Les Archives du Spectacle », sur Les Archives du Spectacle (consulté le 15 août 2020).
  18. « Les Savants et la Révolution » (consulté le 20 août 2019)
  19. http://www.theatreonline.com/Artiste/Isabelle-Aboulker/10335

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]