1918, l'Homme qui titubait dans la guerre

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1918, l'Homme qui titubait dans la guerre est un oratorio d'Isabelle Aboulker de 1998.

Contexte[modifier | modifier le code]

La pièce est une commande de l'État français pour fêter le quatre-vingtième anniversaire de la fin de la Première Guerre Mondiale. La pièce est composée sur un montage d'Arielle Augry[1] et des poèmes de Guillaume Apollinaire, Blaise Cendrars, Henri Barbusse, Henry Bataille Jean Cocteau, Louis-Ferdinand Céline, Ernst Jünger ou Romain Rolland. Elle rend compte de la réalité de l'époque, à travers les souffrances et les réflexions d'un soldat imaginaire lors de l'un des derniers combats au front le 11 novembre 1918, le jour même de la déclaration de l'armistice[2].

Isabelle Aboulker commence la composition en 1996, sous l'impulsion de Marie-France Messager, professeur au Conservatoire de Nevers. La première est jouée par le Chœur Capriccio et l'Orchestre de Picardie sous la direction d'Edmon Colomer[3] le [4] à l'Historial de la Grande Guerre de Péronne[5]. Elle est reprise à Weimar en 1999, alors Capitale européenne de la culture. Depuis, l'œuvre a été rejouée de nombreuses fois, notamment pour le centenaire de la fin de la Première Guerre Mondiale[6].

Structure[modifier | modifier le code]

L'œuvre se compose d'un prologue, de vingt et un tableaux en cinq scènes et d'un épilogue[1].

Analyse[modifier | modifier le code]

La pièce fait intervenir différents acteurs : un chœur d'enfants, un récitant, un baryton soliste, une mezzo-soprano soliste et un orchestre d'harmonie[2].

  • Les voix des enfants représentent l'ensemble des soldats de la guerre. Ils chantent en français, anglais et allemand. Ce chœur incarne les voix de la multitude des soldats partageant une expérience commune, les voix des enfants de « l'arrière » et plus généralement de l'humanité, qui se dénommera « le grand troupeau » lors de l'une des scènes de l'œuvre.
  • Le récitant est la conscience du soldat français qui est aussi la voix des discours de la propagande, tant la guerre est issue de ce paradoxe, mais aussi l'aspiration générale à la Paix.
  • Le chanteur, un baryton, est l'incarnation de tous les rôles ayant une dimension lyrique et ainsi, sera porteur de plusieurs points de vue. Il interprète tour à tour le soldat, l'instituteur, un profiteur et l'Instinct.
  • La chanteuse, une mezzo-soprano, incarne Lou, la femme du soldat, en hommage à Apollinaire, ainsi que représentante de toutes les autres paroles féminines.

L'essentiel de l'ouvrage repose sur un dialogue entre le chœur des enfants et le chanteur, la voix féminine n'intervenant que très peu. L'opposition entre la rudesse d'une instrumentation dépouillée, mais toujours expressive, et la pureté monodique des voix d'enfants intensifie l'émotion, souligne la désespérance qu'accentue encore le mouvement lancina du final[1].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Germain, Pierrette. et Association femmes et musique., Compositrices françaises au XXème siècle., Delatour, (ISBN 2-7521-0043-4 et 978-2-7521-0043-6, OCLC 163616754, lire en ligne)
  2. a et b « « 1918, l'homme qui titubait dans la guerre » par le Chœur Capriccio », sur Mission Centenaire 14-18 (consulté le 8 novembre 2020)
  3. « Isabelle Aboulker : « 1918. L'homme qui titubait dans la guerre ». Oratorio. Thierry Gaches, récitant, A. Dimitrova, soprano, Y. Toussaint, baryton. Chœur Capriccio. Orchestre d'Harmonie de la Police nationale, dir. Jérôme Hilaire et Marie-France Messager », sur www.leducation-musicale.com (consulté le 8 novembre 2020)
  4. « 1918/2018 COMMEMORATION DE L’ARMISTICE AVEC « 1918, L’HOMME QUI TITUBAIT DANS LA GUERRE » | Agenda », sur a Cultura (consulté le 8 novembre 2020)
  5. Isabelle Aboulker, 1918, l'homme qui titubait dans la guerre, (lire en ligne)
  6. « 100 collégiens chantent un oratorio pour le centenaire de la fin de la guerre 14/18 », sur France 3 Grand Est (consulté le 8 novembre 2020)

Liens externes[modifier | modifier le code]