Ingrandes (Vienne)

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Ingrandes
La mairie.
La mairie.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Vienne
Arrondissement Châtellerault
Canton Châtellerault-2
Intercommunalité Communauté de communes Mâble et Vienne
Maire
Mandat
Bénédicte de Courrèges
2014-2020
Code postal 86220
Code commune 86111
Démographie
Gentilé Ingrandais
Population
municipale
1 768 hab. (2014)
Densité 50 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 52′ 36″ nord, 0° 34′ 04″ est
Altitude Min. 37 m – Max. 135 m
Superficie 35,03 km2
Localisation

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Ingrandes

Ingrandes est une commune du Centre-Ouest de la France, située dans le département de la Vienne en région Nouvelle-Aquitaine.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Le bourg est situé au nord du département de la Vienne.

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat est océanique avec des étés tempérés.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Attestée sous les formes Fines en 170, vicus Ingrandisse en 637 puis viculo Igorande à l'époque mérovingienne.

Ingrandes est un nom dérivé du toponyme gaulois equoranda[1] qui signifie juste aux limites ou limite équitable[2]. Il indique une limite territoriale ou une frontière. À l'époque gauloise, Ingrandes était située à la limite entre les peuples des Turons et des Pictons, qui devint ensuite limite entre l'évêché de Tours et celui de Poitiers, puis entre la Touraine et le Poitou, enfin, entre l'Indre-et-Loire et la Vienne.

Le nom d'Ingrandes apparaît pour la première fois en 637 (vicus Ingrandisse) ; mais auparavant, en 140, on trouve le nom latin Fines, qui a le même sens.

Equoranda a donné les noms d'Augurandes, Guirande… avant que le nom du village, après environ seize dénominations différentes, se stabilise à la fin du XVIIIe siècle pour devenir Ingrandes.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les plus anciens vestiges découverts sur le territoire datent du paléolithique inférieur : bifaces et éclats retouchés qui servaient d'armes et/ou d'outils, ainsi que de nombreuses autres pièces datant du paléolithique moyen (-150 000 ans à - 40 000 ans).

Du néolithique, le sol a gardé des traces d'une activité de défrichage par la présence de haches polies.

Les Gaulois, puis les Romains ont laissé des témoignages de leur occupation : tuiles, fibules, céramiques… Deux voies romaines existaient à Ingrandes dont l'une traversait la Vienne : la « Vigenna » des Gaulois.

En 681, le cortège accompagnant le corps de saint Léger se dirigeant à Saint-Maixent traversa la rivière en empruntant l'un des gués - probablement celui du Gers - mais avant, le cortège s'arrêta à Ingrandes. Le cortège comportait de nombreux mendiants et infirmes. L'évêque de Poitiers leur fait porter des vivres mais en quantité insuffisante. Une multiplication des pains vint à bout de la disette. Des guérisons miraculeuses furent rapportées : celles de boiteux, d'un paralytique, d'un jeune aveugle, d'une femme aux mains tordues…

Au IXe siècle, Ingrandes est le siège d'une viguerie, c'est-à-dire d'une circonscription administrative carolingienne qui s'étendait depuis Bellefonds et Bonneuil-Matours jusqu'à Noyers en Touraine.

La gare d'Ingrandes.

Au Moyen Âge, les pèlerins en partance pour Saint-Jacques-de-Compostelle faisaient halte à Ingrandes. Après la guerre de Cent Ans, les d'Allogny de la Groie contribuèrent à asseoir le pouvoir royal.

Sur l'axe Paris-Hendaye, Ingrandes voyait passer au XVIIIe siècle, des services de voitures régulières.

En 1844, un relais de poste, détruit en 1971, « la Poste aux chevaux » fut construit. Le transport par diligence prit fin vers 1853 avec l'arrivée du chemin de fer.

Le camp de Saint-Ustre (actuelle ZI) a été créé en 1914-1918 ; utilisé par les Allemands durant la Seconde Guerre mondiale, il est bombardé le 22 juillet 1944 par les aviations alliées. Les destructions dues au bombardement provoquent son abandon[3]. Il sert de dépôt à un régiment d'artillerie de Poitiers après la guerre. Il est occupé de 1952 à 1967 par les militaires américains qui en font un dépôt et centre de réparations de la COMZ (plus d'un millier de militaires US et d'un millier de salariés français). Au deuxième semestre 1967, le groupe Hutchinson s'installe sur une partie du camp (unité de fabrication de bottes - marque Aigle aujourd'hui - centre administratif et magasin d'usine), une centrale d'achat de Coop Atlantique s'y installe aussi quelques années plus tard. Dans cette même zone industrielle, l'usine des Fonderies du Poitou (appartenant actuellement aux groupes Teksid et Saint-Jean Industries) s'implanta à la fin des années 1970 par l'intermédiaire du groupe Renault, son propriétaire originel.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Ingrandes Blason D'azur au lion d'or accompagné de deux fleurs de lis en chef et d'une étoile en pointe, le tout du même; à la filière d'or.
Détails Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Le village de Saint-Ustre fut rattaché à Ingrandes en 1818.

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs[4]
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 mars 2014 Yves Régnier    
mars 2014 en cours Bénédicte de Courrèges    

Instances judiciaires et administratives[modifier | modifier le code]

La commune relève du tribunal d'instance de Poitiers, du tribunal de grande instance de Poitiers, de la cour d'appel Poitiers, du tribunal pour enfants de Poitiers, du conseil de prud'hommes de Poitiers, du tribunal de commerce de Poitiers, du tribunal administratif de Poitiers et de la cour administrative d'appel de Bordeaux, du tribunal des pensions de Poitiers, du tribunal des affaires de la Sécurité sociale de la Vienne, de la cour d’assises de la Vienne.

Services publics[modifier | modifier le code]

Les réformes successives de La Poste ont conduit à la fermeture de nombreux bureaux de poste ou à leur transformation en simple relais. Toutefois, la commune a pu maintenir le sien.

Politique environnementale[modifier | modifier le code]

Traitement des déchets et économie circulaire[modifier | modifier le code]

La commune accueille l'un des 11 centres de compostage des déchets organiques du département. Le tonnage annuel est de 110 000 tonnes alors que pour l'ensemble des équipements du département, il est de 175 050 tonnes[5].

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[6]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[7],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 1 768 habitants, en diminution de -0,9 % par rapport à 2009 (Vienne : 1,65 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
832 792 620 865 889 896 878 1 054 1 123
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 130 1 130 1 075 956 1 006 1 050 1 131 1 063 1 038
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 043 1 028 1 034 1 062 1 160 1 020 1 021 1 008 1 091
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2014
1 049 950 1 461 1 700 1 765 1 723 1 795 1 764 1 768
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[8] puis Insee à partir de 2006[9].)
Histogramme de l'évolution démographique

En 2008, selon l’Insee, la densité de population de la commune était de 52 hab./km2 contre 61 hab./km2 pour le département, 68 hab./km2 pour la région Poitou-Charentes et 115 hab./km2 pour la France.

Économie[modifier | modifier le code]

Agriculture[modifier | modifier le code]

Selon la direction régionale de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Forêt de Poitou-Charentes[10], il n'y a plus que 32 exploitations agricoles en 2010 contre 41 en 2000.

Les surfaces agricoles utilisées ont diminué et sont passées de 1 947 hectares en 2000 à 1 450 hectares en 2010. 57 % sont destinées à la culture des céréales (blé tendre essentiellement mais aussi orges et maïs), 27 % pour les oléagineux (1/4 en colza et 3/4 en tournesol),moins de 1 % pour le fourrage et 3 % reste en herbes. En 2010, 4 hectares (7 hectares en 2000) sont consacrés à la vigne. En 2000, 18 exploitations se répartissaient le vignoble contre 12 en 2010[10].

Les élevages de bovins et de volailles ont disparu en 2010 (respectivement; 241 têtes sur 6 fermes et 384 têtes sur 17 en 2000). En revanche, un petit élevage de caprins est apparu au cours de cette décennie : 24 têtes pour 3 fermes en 2010 (0 en 2000)[10].

Industrie[modifier | modifier le code]

La commune est fortement concernée par l'activité industrielle. En 2008, trois sociétés emploient plus de 200 salariés : La Fonderie du Poitou Aluminium (505), la Fonderie de Poitou Fonte (460) du groupe Teksid et Aigle (450 salariés)[11].

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église Saint-Pierre-et-Saint-Paul.
  • Château de la Groie dont l'enceinte, la porte et la tour son inscrites comme Monument Historique depuis 1935. Du château féodal construit par l'une des familles les plus anciennes du Poitou, les Allogny, qui occupaient des fonctions à la cour des rois français Louis XI et Charles VIII, il ne reste que les immenses communs. deux tours d'enceinte du XVe siècle, à mâchicoulis et le chemin de ronde flanquent deux ailes basses encadrant le porche d'entrée. la porte principale du porche comporte des armoiries du XVIIe siècle sculptées, surmontées d'une couronne marquisale. En effet, le domaine fut érigé en marquisat en janvier 1661.
  • Le logis Le Chêne, place forte des XIe et XIIe siècle.
  • Le Grand Marigny, importante forteresse connue dès le Xe siècle dont il ne reste que l'entrée du château, une tour d'angle et deux magnifiques fours à pain.
  • Le Petit Marigny daterait de la fin du XIVe siècle ou du début du XVe siècle.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • René Descartes, qui selon une tradition locale y serait né, le 31 mars 1596 au bord de la route avant d'être transporté avec sa mère au manoir de la Sybillière, chez des amis de la famille(non sourcé). Descartes possédait des terres et un domaine sur le territoire actuel d'Ingrandes. Il y écrivit en 1628, ses Regulae.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Sources[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Cf. Charles Rostaing, Les Noms de lieux, PUF, 1969, coll. Que sais-je ?, p. 40. Il s'agit d'un terme reconstitué, d'où la marque *
  2. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France : étymologie de 35 000 noms de lieux, vol. 1 : Formations préceltiques, celtiques, romanes, Genève, Librairie Droz, coll. « Publications romanes et françaises » (no 193), , 1869 p. (ISBN 978-2-600-02884-4, lire en ligne). § 3076, p 196
  3. Christian Richard, 1939-1945 : la guerre aérienne dans la Vienne, Geste éditions, 2005. 348 p. ( (ISBN 2-84561-203-6)) , p. 227
  4. Site de la préfecture de la Vienne, consulté le 10 mai 2008
  5. Rapport de l’AREC – La gestion des déchets ménagers en Vienne – Recueil des données – Année 2011
  6. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  7. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  8. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  9. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  10. a, b et c Fiches communales 2000 - 2010 de la Vienne
  11. Rapport de KPMG sur le FuturS en Vienne pour le Conseil Général de la Vienne - novembre 2009